EGYPTE

La lutte est globale... Solidarité a-nationale !

EGYPTE

Messagepar NOSOTROS » Samedi 17 Mai 2008 9:02

J'ouvre un fil pour compiler les infgos relatives à l'Egypte


magazine francophone d'Egypte
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Spirale inflationniste
Le 11-05-2008 par Arnaud Saint Jean

Pour compenser l'augmentation salariale promise par Hosni Moubarak, le gouvernement a adopté des hausses tarifaires sans précédent sur des produits sensibles comme les carburants et le tabac, faisant craindre une nouvelle flambée des prix.


En mars dernier, Hosni Moubarak affirmait qu'il ne permettrait jamais que l'on touche au prix du carburant, dernière denrée stratégique protégée de l'inflation galopante qui, depuis janvier, a fait doubler le prix du panier moyen égyptien. C'était sans compter son initiative de début avril : à la veille d'un nouvel appel à la grève générale, le raïs offrait une augmentation de salaire de 30% aux fonctionnaires. De quoi couper l'herbe sous le pied de quelques manifestants.

De quoi, surtout, alourdir encore le budget de l’état. "L'important est d'oeuvrer en vue d'un équilibre entre le niveau des salaires et de la hausse des prix" expliquait alors à la télévision le président égyptien, précisant : "Pour cela, je demande au gouvernement d'oeuvrer en vue de trouver les ressources nécessaires pour appliquer une augmentation salariale de 30%."

Les ressources, le gouvernement les a donc trouvées à la pompe, décidant dans la nuit de dimanche à lundi dernier une augmentation de 40% du prix des carburants. "Le gouvernement voulait prendre ces mesures depuis plus d’un an, mais se heurtait au veto du président. La hausse des primes qu’il a demandée a été le moment propice pour faire passer ces mesures impopulaires", selon Al Ahram Hebdo.

Financer les subventions publiques

Le tabac est aussi concerné, avec une hausse de 10% du prix des cigarettes locales et de 33% pour les cigarettes importées. Ces mesures devraient rapporter près de 6 milliards de LE (1,1 milliards dollars) et servir à compenser le poids toujours plus handicapant des subventions publiques, qui pourraient doubler d'ici 2009, passant de 64 à 128 milliards de LE. Mais ces augmentations de prix pourraient surtout aggraver une inflation déjà inquiétante, qui a dépassé les 16% en avril, du jamais vu depuis 2005.

Le Premier ministre Ahmed Nazif s'est voulu rassurant, expliquant que l'objectif était de "prendre aux riches pour donner aux pauvres". Les 40% d'Egyptiens vivant aujourd'hui sous le seuil de pauvreté (soit moins de 2 dollars par jour) auront du mal à comprendre l'argument. Dès le lendemain de cette hausse des prix, les tarifs des transports privés (taxis et minibus) s'alignaient, provoquant plusieurs échauffourées dans les stations. Surtout, par ricochet, toutes les denrées transportées devraient subir cette hausse, des frais de transport plus élevés devant se ressentir dans le prix de vente final.

Risques politiques

Dans un document de synthèse publié il y a quelques semaines, la mission économique du Caire revenait sur les résultats encourageants de l'économie égyptienne, tout en pointant le danger politique d'une inflation incontrôlée et d’une mauvaise redistribution des richesses : "Les bons résultats enregistrés depuis trois ans tardent à être perçus par la grande majorité de la population, et la défiance de l'opinion publique vis-à-vis du programme de modernisation économique du gouvernement est grande. La flambée actuelle des prix des denrées alimentaires de base aggrave, à cet égard, le mécontentement populaire. Il y a là un risque majeur pour la stabilité du pays si les résultats ne sont pas rapidement au rendez-vous en termes d'emplois comme de pouvoir d'achat."

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Al-Ahram Hebdo (en français)

Hebdomadaire paraissant le mardi. Groupe Al-Ahrâm. Site fonctionnel, d’accès facile. Rédacteur en chef : Mohamed Salmawy.

Egypte

Grève. L’appel à la grève lancé sur Internet par des activistes ralliés par le mouvement d’opposition Kéfaya et qui devait avoir lieu le 4 mai n’a pas été suivi.

Désamorces

Tout est calme au Caire en ce dimanche 4 mai. Rien ne montre qu’un appel à la grève a été lancé ou que des marches de protestation doivent avoir lieu. Seuls les quelques véhicules de la sécurité centrale, déployés devant les syndicats, sur la place Tahrir et devant les universités indiquent le climat d’expectative qui règne dans les rues de la ville. Devant le Syndicat des avocats, quelques personnes se rassemblent. Ce sont des activistes du mouvement d’opposition Kéfaya. Leur nombre : 10, peut-être 12 tout au plus. Ils appellent les passants à participer à la grève pour protester contre la hausse des prix et la détérioration de la conjoncture économique, réclamer le départ du président de la République et l’instauration d’un régime démocratique. « Un président qui a 80 ans ne peut pas gouverner un pays de 80 millions de citoyens. Faites la grève pour protester contre la pauvreté, contre le chômage et les mauvaises conditions de vie », lance l’un des activistes à qui veut l’entendre. A quelques dizaines de mètres du syndicat, c’est une autre scène qui se monte. Devant un magasin de jus de fruits, plusieurs dizaines de citoyens se bousculent. Mais ici, il n’est pas question de grève. On est venu pour se désaltérer. « Pourquoi faire la grève ? Si autant de gens achètent du jus de mangue et de banane c’est qu’ils ont de l’argent. Il y a 20 ans, ils n’avaient pas cette possibilité », lance le propriétaire du magasin. Et d’ajouter : « Et puis tout le monde va avoir sa prime de 30 %. Pourquoi faire la grève ? ».

L’appel à la grève a été lancé sur Internet par des protagonistes du site Facebook ralliés par le mouvement d’opposition Kéfaya et par la confrérie interdite mais tolérée des Frères musulmans. Comme pour le 6 avril, les Egyptiens étaient appelés à rester chez eux et à se vêtir en noir en guise de protestation contre le régime. Mais quelques jours après cet appel à la grève, le président Moubarak annonce une augmentation-surprise de 30 % des salaires pour les 5,5 millions de fonctionnaires de l’Etat. Un moyen de couper l’herbe sous les pieds de l’opposition et la nébuleuse de bloggueurs, qui avaient symboliquement prôné la grève pour le 4 mai, jour d’anniversaire du président. La stratégie a bien marché. Dans les universités, qui sont habituellement des foyers de protestation, le calme régnait et il n’était pas question de grève. Les professeurs, qui protestaient déjà depuis quelque temps contre la médiocrité de leurs salaires et leurs mauvaises conditions de travail, n’ont pas quitté les salles de cours. Si elle avait eu lieu en ce 4 mai, cette grève aurait fortement embarrassé l’Etat. Il fallait donc la désamorcer à tout prix.

Outre cette prime sans précédent de 30 % accordée aux employés, le président Moubarak s’est rendu dans un complexe industriel de la banlieue du Caire, découpant un gâteau d’anniversaire devant un parterre d’ouvriers, encadrés par un solide service d’ordre. Histoire de prouver qu’il n’y a pas de grève et que la vie suit son cours normal. Tout ceci pendant que les félicitations et les vœux de bon anniversaire au « raïs » pleuvaient dans la presse officielle et que des dizaines de publicité, payées par des hommes d’affaires, louaient le président. Si la grève du 6 avril, lancée également par les protagonistes du Facebook et qui avait donné lieu à des accrochages entre manifestants et forces de l’ordre dans la ville industrielle de Mahallah (ayant fait 3 morts, des centaines de blessés et des arrestations en série) a été un casse-tête pour les autorités, l’Etat a semble-t-il bien retenu la leçon cette fois-ci. En comparaison avec le 6 avril, la présence policière dans les rues du Caire est plus discrète en ce 4 mai. Et aucune mise en garde n’a été adressée à la population dans les journaux officiels contre la grève comme la fois précédente (ce qui avait contribué à accentuer le climat de tension). La seule intervention de la sécurité a été de saisir les t-shirts noirs dans certains commerces afin qu’ils ne soient pas portés par des activistes ou des militants de Kéfaya. En ce 4 mai, la circulation est normale dans les rues de la capitale. Les rues sont calmes. Devant un kiosque à journaux sur la place Tahrir, des citoyens affluent pour acheter les journaux. Personne ne parle de grève. Et lorsqu’on demande à certains pourquoi ils n’y participent pas, ils répondent qu’ils ne savent pas qu’un appel à la grève a été lancé. « Je n’ai pas entendu parler de grève », lance Hagga Mohsena, vendeuse de légumes dans le quartier de Maarouf. Quant aux petits commerçants, ils sont contre la grève qui influe négativement sur ceux qui n’ont pas un salaire fixe et mensuel.

Si la grève du 4 mai n’a pas été suivie, c’est parce que l’Etat est intervenu au moment opportun pour la désamorcer mais peut-être aussi parce que cette grève n’est pas partie d’une base ouvrière ou populaire réelle. Malgré tout, on se plaît à penser que la culture de la protestation a déjà fait son chemin dans la société. « Après le 6 avril, les gens ont commencé à parler et après le 4 mai, les gens parleront encore. Les appels à la grève ont au moins poussé le gouvernement à agir et à augmenter les salaires », souligne un activiste.

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Messagepar NOSOTROS » Samedi 17 Mai 2008 9:46

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Messagepar tommy gun » Mardi 20 Mai 2008 15:04

Je n'arrive pas à ouvrir le deuxième lien...

Sinon, pas mal le coup de Mubarak d'augmenter les salaires de 30% et le lendemain d'augmenter l'essence de 30%. Si c'est pas prendre les gens pour des crétins...

Voici un point de vue intéressant sur la journée de la manif du 4 mai:

http://snony.wordpress.com/2008/05/05/u ... -resultat/
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Messagepar NOSOTROS » Mardi 20 Mai 2008 15:20

Salut Tommy gun et bienvenu !

Pour le lien, je vais essayer de trouver une parade ... (il s'agissait essentiellement de photos)

Sinon je me permets de copier/colelr le texte de ton lien car cela permet de garder une "mémoire" ici :

Une non grève … et un vrai résultat


Depuis la grève générale du 6 avril la tension n’a cessé de monter en Egypte et tout laissait penser qu’un grand mouvement était en préparation pour ce 4 mai, jour anniversaire de Mubarak (80 ans).

* Tout d’abord la grossièreté des mensonges d’état pour démontrer qu’il ne s’était rien passé le 6 : reportages mensongers à la télévision montrant une “vie normale”, (jusqu’à la météo qui a menti ce jour là annonçant un soleil radieux alors que le Khamsin déversait des tonnes de sable sur la ville). On a appris par la suite (Al-Yom Al-Misry) que la sécurité avait été jusqu’à modifier le débit des trames de metro pour qu’elles apparaissent moins vides.

* Mais surtout la répression incroyable qui s’est abattue sur toutes les personnes engagées dans ce mouvement : arrestation de Georges Ishaq (Kefayya), des jeunes ayant lancé l’appel sur Face-Book, de nombreux militants politiques ou syndicaux, sans compter les trois morts de Malaha, les centaines de blessés par les matraques de flics dans cette ville du delta, et des centaines d’autres arrestations partout dans le pays. En vertu de l’état d’urgence, toujours en vigueur depuis 1981, les personnes peuvent être inculpées sans procès pendant de longues semaines. La sécurité nationale avait donc largement mis à profit ce long mois pour “préparer” cette journée du 4 mai à sa manière.

Et avec résultat pourrait-on dire puisqu’hier, contrairement au 6 avril, le métro semblait aussi rempli que d’habitude, les embouteillages aussi nombreux…Mais ce n’est qu’une lecture apparente : vu le nombre de personnes qu’il a fallu arrêter ou museler d’une façon ou d’une autre, Mubarak sait parfaitement que ce pays est au bord de l’explosion. L’inflation galopante, la crise alimentaire qu’il ne sait pas juguler plongent dans une misère noire des millions d’égyptiens. Mubarak a donc été obligé d’en faire un peu plus : il a annoncé la semaine dernière une hausse de 30% des salaires de fonctionnaires, et l’octroi de 15 millions de cartes d’approvisionnement supplémentaires !


La dernière fois qu’en France, les fonctionnaires ont gagné 30% d’augmentation de salaire, ça doit remonter …à 68 non ? Certes, il va falloir sans doute encore beaucoup d’efforts pour que cette annonce devienne réalité, mais à elle seule elle est, dans ce pays sans institut de sondage et où la peur empêche une véritable expression, un excellent thermomètre du mouvement social qui prend forme.
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Messagepar NOSOTROS » Mercredi 21 Mai 2008 11:58

BOYCOT DE L4EURO DE FOOT EN SUISSE

Selon le canard enchainé de ce jourr :

La suisse a frolé le pire : une pénurie de frites pendant l'Euro de foot, qui va attirer des milliers de supporters. Mais l'association Swisspatat,notel'Hebdo (15/5), "a reçu l'autorisaton d'importer 5 000 tonnnes de rab' en provenance d'Egypte , un des nombreux pays ébranlés par les émeutes de la faim"

C'est plus "du pain et des jeux" mais "du pain et des jeux pour les riches, les autres peuvent crever la gueule ouverte" ...
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