Prostitution

Mille-feuilles à tendance séditieuse.

Re: Prostitution

Messagepar kuhing » Vendredi 20 Déc 2013 20:39

elquico a écrit:Tu sais ce que c'est une manipulation,l'article que tu as mis en ligne n'est pas dans anarchosyndicalisme no 137


Manipulation ?
C'est une plaisanterie ?
Tu délires ou c'est plutôt toi qui cherches à manipuler ?
Dans ce cas, c'est quoi ces méthodes nauséabondes ?

Puisqu'il faut, en plus, se justifier sur l'évidence : je suis tombé sur cet article, aujourd'hui même, à partir d'une annonce, alors que j'allais jeter un œil sur le forum pseudo "anarchiste" sur lequel je n'interviens plus pour la bonne raison que mes messages sont, pour être publiés, soumis à "modération" par les deux ou trois flics qui ont pris le contrôle de cet espace de discussion ( flics parmi lesquels il y a d'ailleurs un membre de la CNT-ait particulièrement proche des VRP-commerciaux de la Fédération "Anarchiste" )

Voilà le lien :http://forum.anarchiste.free.fr/viewtopic.php?f=44&t=8325&p=155369#p152092

il s'agit pas du numéro 137 ( et, je n'ai jamais dit qu'il s'agissait du numéro 137 ) mais du numéro 135 et, ce numéro est accessible en ligne sur le site de la CNT-ait Toulouse ici :

http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?rubrique1

et l'article en question est bien là : http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article601

Décidément ça sent pas très bon tout ça et pas juste ce texte du numéro 135 "d'Anarchosyndicaliste!" sur la prostitution.
Une révolution sinon rien
Fédérica Montseny : "En général, on croyait que la monnaie allait disparaître"
sur le coté, Fanny Kaplan à qui je rends hommage
Avatar de l’utilisateur
kuhing
 
Messages: 1428
Inscription: Lundi 05 Fév 2007 20:57

Re: Prostitution

Messagepar l autre » Samedi 21 Déc 2013 10:12

j ai lu cet article il me semble pas soutenir le fait de la prostitution mais la prohibition par une hypocrite loi pénalisant le client. L article de janvier 2013 N° 132 de l anarcosyndicaliste :prostitution,mariage, travail, dit clairement que la prohibition est un leurre que ses partisans sont hypocrites car si vendre son corps et illicite il faut pousser la logique a son terme acheter la marchandise force de travail doit être illicite aussi. L article de jean Picard continue sur cette lancé avec un ton plus anti prostitution , ces article concluent tous par le problème de la prostitution particulière ne sera abolit que par la disparition de la prostitution générale présentement le capitalisme. Il me semble a te lire que tel est ta position Kuhning d ou ton refus de position sur ce débat pénalisation . soyons claire j ai compris l article de Jean Picard après car sans être inscrit sur d autre forum j ai visité et suis abasourdie des certaines positions. en effet le groupe A-L si je comprend bien depuis un certain temps avançait l idée d une loi anti client. C est a dire que des anti étatistes demande a l Etat une loi qui en plus ne supprime pas le fait et le droit de produire la dite marchandise mais prohibe de fait non la prostitution mais le racolage. C est a dire la frange la plus misérable de la prostitution celle des pauvres car la plus aisée n est pas sur la voix publique mais les chics réseaux. Ces dits révolutionnaires présentent cela comme anti capitaliste , féministe etc mais quant ils ramènent la lutte de classe a négocier le statut d exploiter; c est l illusion de ce petit syndicalisme ils ne sont pas si révolutionnaire. Ou a lors si le fait de négocier comme dit J Picard le taux d exploitation est révolutionnaire , ils ne peuvent dans ce cas s opposer aux revendications salariales des tx du sexe. Ont voient bien l hypocrisie de leurs discours qui vise a du marketing d organisation. pour autant si ont ne pu actuellement supprimer l exploitation resterons nous insensible a l extrême misère et par principe,compassion, charité, justice, solidarité selon l éthique de chacun . je pense que non. Faire que la condition objective de la grande misères soit la moins pénible possible. car selon le matérialisme historique si la condition objective détermine la conscience , la grande misère ne produit pas le meilleurs de notre cause car Marx dénonçai le lumpen prolétaria. C est sans doute le jeux complexe de cette conjugaison présent futur de l' anarcosyndicalisme . je reconnais que les dite article et principalement celui de J Picard donne quelques pertinences a cette idée. tenir le tout agir ici maintenant , prendre la réalité actuelle pour la tordre; développer les contradictions( austérité contre pouvoir d achat par ex); critiquer ce monde en proposer un autre etc. je reconnait que l exercice et périlleux; délicat, contradictoire, complexe, pas évident, ce qui fait que le juger demande de la subtilité voyons au delà de quelques petits schématismes .
l autre
 
Messages: 448
Inscription: Mercredi 11 Juil 2012 22:40

Re: Prostitution

Messagepar kuhing » Samedi 21 Déc 2013 10:57

j ai lu cet article il me semble pas soutenir le fait de la prostitution


On n'en a pas la même lecture.

Ce texte défend la prostitution en rangant ceux qui sont pour sa disparition de "prostituphobes "
et tout cela est légitimé par une psychologie de bistro des plus bas étages ainsi que par "le droit à la liberté" que donne l'argent et la société marchande : celui de se payer une pute et celui de se vendre à celui qui a la monnaie suffisante.

Voilà pour la psychologie de bistro :

"Pourquoi tant de haine contre le cannabis, les prostituées, les gays ? Cette question mériterait de longs développements. Soulignons simplement que les pires «  anti  » sont en général des individus qui, lourdement travaillés par ces problématiques, refusent d’admet-tre leurs tendances à cause de leur fameuse morale. Refusant de s’accepter tels qu’ils sont, ils en viennent à transformer en haine l’objet de leur désir, à maudire ceux qui assument, transformant ainsi des pulsions tout à fait normales en violence et en perversion. C’est pourquoi il n’y a pire homophobe qu’un homosexuel refoulé. Il n’y a pire prostituphobe qu’un pervers. Il n’y a pire anticannabis qu’un alcoolique franchouillard. Et, sur le plan législatif, la haine se traduit par un seul mot : interdiction."


Voilà pour la défense de la société marchande libérale avancée :

"Il est clair que, dans tout débat sociétal, notre place ne peut être que du côté de la liberté"


Autrement dit notre ou nos auteurs de cet article se placent clairement pour la défense de "la liberté" de se payer une pute pour celui qui a assez d'argent dans la poche pour le faire et de "la liberté" de louer sa bouche, son vagin ou son anus en échange de quelques billets de 20 euros ( et moins pour les prostituées chinoises ).

Je réitère : ce texte est une honte.

Je le considère comme un discours des plus réactionnaires et indigne d'anarchistes.
J'ose espérer que cette position est marginale à la CNT-ait ( bien que, non signé, cet article engage tous ses membres )

NB : Cette tendance ultra-réactionnaire rejoint d'ailleurs celle défendue par un membre de la frange la plus sectaire lénino-trotskiste du NPA ( les cliffistes ) qui s'en remet à la constitution canadienne, une des plus capitaliste-libérales, pour justifier cette même position décrite dans cet article du n°135 d' "Anarchosyndicaliste !"
ici
Une révolution sinon rien
Fédérica Montseny : "En général, on croyait que la monnaie allait disparaître"
sur le coté, Fanny Kaplan à qui je rends hommage
Avatar de l’utilisateur
kuhing
 
Messages: 1428
Inscription: Lundi 05 Fév 2007 20:57

Re: Prostitution

Messagepar l autre » Samedi 21 Déc 2013 17:36

si un article engage tous les membres dans ce cas les autre article aussi la règle ne peut se soustraire a son principe. Il y a sans doute une discussion a la CNt si je crois comprendre mais je pense qu ils cherrerons pas sur un forum mais entre eux la réponse. de plus je suis pas aussi catégorique que toi sur l interprétation des textes. Je trouve bien qu ils s interrogent sur le comment faire. J espère que nos discutions seront utiles a cela; Ne cherchons pas mauvaise querelle a celui qui cherche ni a ceux qui convergent. sur ce forum sans être représentant de qui que se soit mais que nous même, nous sommes libres de nos propos et la cnt caen ne censure rien de si qui est tolérable dans ce type d"échange . c est si rare que nous devons le saluer. on ne peut demander la liberté de parole et vouloir qu une autorité nous la dicte? Si la CNT-AIt avait comme certaine orga un comité de la ligne unique a suivre se serait grave . On aurai des exclusions et censures a répétition comme sur certain forum de plus c est une orga fédéraliste donc une certaine souplesse et le droit d une certaine liberté de parole ( evidant pas au point de dire tout le contraire des principes). Mais ne trouve pas très grave que des prétendus anarchiste demande une hypocrite loi d état pour prohiber le racolage. Peux t ont d un point de vue anarchiste défendre cela. allons ami au delà des petites digressions et élevons le débat pour faire avancer la réflexion a ce sujet.
l autre
 
Messages: 448
Inscription: Mercredi 11 Juil 2012 22:40

Re: Prostitution

Messagepar kuhing » Samedi 21 Déc 2013 20:25

l autre a écrit: Ne cherchons pas mauvaise querelle a celui qui cherche ni a ceux qui convergent.


Je préfère de très loin être d'accord qu'être en désaccord.
Donc, je ne cherche pas de "mauvaises querelles".
J'aurais d'ailleurs bien aimé trouver un regroupement qui corresponde vraiment à ce que je pense.
Malheureusement je ne le trouve pas et, ce n'est pas faute d'avoir cherché.
Alors comme je ne suis pas en quête d'une bande de copains ( j'ai des copains déjà ), je poursuis ma route seul du point de vue de mes convictions.
Et, comme j'existe, je les exprime.
Désolé.

Quand je ne suis pas d'accord, ce n'est pas la volonté d'appartenir à une groupe, à une organisation qui va m'empêcher de le dire et encore moins la peur de me faire exclure d'un forum ou d'une bande.
Je ne suis pas membre de la CNT-ait mais ce forum "cnt-ait caen" est le premier en rapport avec l'anarchisme sur lequel je me suis inscrit.
Je n'ai pas trop aimé mes débuts ici d'ailleurs. Sans doute étais-je trop idéaliste ?
Puis j'en ai trouvé un autre "le café anar" qui m'a paru plus ouvert mais qui a évolué vers toujours le même scénario dans ses suites : des petits chefs qui s'emparent des commandes techniques pour imposer leur loi.
Finalement le virtuel n'est pas très différent du réel.

Je suis encore sur ce forum où, pour le moment, je m'exprime librement.
Doit-on en remercier l'administrateur ?
Peut-être; alors merci Lucien !(à moins qui ne le lise pas :) )
Mais cela me semble tout de même être vraiment le minimum ( pour des anarchistes ) de laisser la parole libre notamment à ceux qui adhèrent au projet d'une société sans classes ni Etats; quelle que soit la stratégie pour y aboutir vite.

Mais c'est vrai que sur un autre forum anciennement anarchiste, j'ai lu récemment un des petit-chefs ou ami du petit-chef dire qu'il allait "vaporiser" quelqu'un du forum qui était, à son gout, indésirable.
"Vaporiser , " le terme n'est pas anodin et, ramène directement aux chambres à gaz.
ça ne fait pas ( ou cela fait ) dans "le détail" .
"Anarchiste " vous disiez ?
Personnellement ça me fait plutôt penser à de la merde et ça me laisserait de glace si l'anarchisme, cette belle idée, ce grand projet, n'était pas sali par ce genre d’énergumènes.
Mais ce n'est pas si grave finalement.

Sur ce forum, plus ça avance plus je comprends que je ne suis pas anarcho-syndicaliste pour diverses raisons et c'est déjà bien de savoir au moins ce que l'on est pas.
Par élimination, on finit par savoir ce que l'on est . :)
Mais "Syndicaliste" est de trop pour moi.

Mais je vois aussi que même parmi les membres de la CNT-ait, les divergences sont très grandes.
Par exemple certains sont favorables à l'abolition de la prostitution , d'autres ne le sont pas; comme certains étaient pour l'intervention militaire de l'OTAN en Libye ou en Syrie et d'autres ne l'étaient pas.

Je dirais qu'il y a même quelques individus parmi le peu qui s'expriment ici avec qui j'ai des convergences voire des affinités de pensée.( je ne donnerai pas de noms pour ne pas les compromettre :) )
Et, d'autres pas...

Sur la question de la prostitution et de cette loi de pénalisation du client, j'exprime donc ici ce que je pense, clairement.
Si un jour il n'était plus possible de le faire sur ce sujet ou sur un autre, j'utiliserai un autre moyen pour m'exprimer librement.
Il n'y a vraiment rien de grave là-dedans; non plus.
Une révolution sinon rien
Fédérica Montseny : "En général, on croyait que la monnaie allait disparaître"
sur le coté, Fanny Kaplan à qui je rends hommage
Avatar de l’utilisateur
kuhing
 
Messages: 1428
Inscription: Lundi 05 Fév 2007 20:57

Re: Prostitution

Messagepar elquico » Samedi 21 Déc 2013 23:41

je crois que l'on trouve ce que l'on veut et que l'on se cherche parfois la cnt ait toulouse a publié un texte de soutien et invitation a manif avec les prostitué(e)s,la solidarité et l'anarchosyndicalisme sont avant tout action,il n'y a aucune ambiguité sur la position sauf celle que l'on veut bien voir;a vrai dire pour moi si l'on oeuvre pour une autre humanité on se rend vite compte de l'urgence de l'action et le positionnement est important mais pas necessairemeent pour se positionner mais pour trouver l'action commune ;abolitionniste ou pas,le sort de ceux qui se prostituent ,le positionnement de la classe au pouvoir sur ce phénoméne me concerne
elquico
 
Messages: 428
Inscription: Dimanche 28 Nov 2010 23:59

Re: Prostitution

Messagepar elquico » Samedi 21 Déc 2013 23:49

Et concernant,le théme qui voudrait ramener l'esclavage du corps à celui de l'aliénation capitaliste ,ou au contraire dire que l'abolition du capitalisme verra celui de la prostitution ce sont des thémes rabattus,et dont on peut se faire des gorges chaudes la réalité est tout autre ayons au moins le respect de ceux qui le vivent pour ne pas parler à leur place,pour moi nous aavons à apprendre des autres dans la lutte
elquico
 
Messages: 428
Inscription: Dimanche 28 Nov 2010 23:59

Re: Prostitution

Messagepar Denge » Dimanche 22 Déc 2013 0:12

rapidement.

kuhing a écrit:
j ai lu cet article il me semble pas soutenir le fait de la prostitution


On n'en a pas la même lecture.


j'en ai une lecture differente.
il me semble que le texte en question est lié aux autres textes sur cette question.

si je prends un texte de decembre 2012, extrait :

la prostitution est un fléau, mais ce fléau est inhérent au type de société dans lequel nous vivons : une société où tout s’achète et tout se vend, une société où les êtres humains sont obligés de vendre à l’État, à un patron ou à un client leur force de travail et leur corps pour subsister, où la violence est générale qu’elle soit physique ou morale. La disparition de la prostitution est donc liée à la fin du système économique et social actuel. Lutter pour la construction d’un autre futur est donc la seule manière de lutter pour l’abolition de la prostitution. Tout le reste n’est qu’hypocrisie


ça exprime clairement que la prostitution est à abolir (que c'est lié à un type de société), mais pour cela il faut aller vers la construction d'un autre futur, un futur anarchiste.

quand je lis cet extrait du texte énoncé precedemment par kuhing, je met en gras certaines parties que je commenterai après :

Il est clair que, dans tout débat sociétal, notre place ne peut être que du côté de la liberté. Entendons-nous bien : pour nous, ces questions de société ne sont pas les seules. Nous savons qu’elles peuvent servir à faire diversion. Par ailleurs, dans ce journal - et c’est suffisamment rare en milieu libertaire pour être souligné-, nous avons fait une critique sévère de la drogue (en l’occurrence, l’alcool, mais la critique a une portée générale) et de ses effets contre-productifs en milieu militant [6]. Toujours dans ce journal, nous nous battons, numéro après numéro, contre toute forme d’exploitation. Ce sont justement ces prises de position, ces combats permanents qui nous donnent la force et la légitimité pour écrire ce que nous écrivons : les atteintes portées à la liberté des consommateurs de cannabis, les attaques contre les prostituées (et, encore plus, quand elles ont la perversité d’interdire en pratique ce qu’elles autorisent en principe) sont totalement inacceptables.


en résumé :

* "notre place [est] du coté de la liberté" : ne se place pas du coté de l'autorité. ne dit pas etre pour la prostitution.
* "critique sévère de la drogue, mais la critique a une portée plus générale" : critique plus generale comme pour la prostitution, puisque le lien est fait plus bas.
* "contre toute forme d’exploitation" : contre l'exploitation, donc contre l'exploitation sexuelle, contre la prostitution.
* "atteintes portées à la liberté des consommateurs de cannabis, attaques contre les prostituées sont totalement inacceptables" : il s'agit de partir de ici et maintenant, où l'Etat s'attaque (pour se donner bonne conscience politique) aux effets de la misère que le capitalisme provoque, ne s'attaquant évidemment pas aux causes qui lui donnent son existence. et que cela est innaceptable que des personnes qui veulent prendre leur dose se la fassent subtiliser par des flics, ou que des prostituées se fassent emmerdées par des flics, car elles essaient de survivre.

pour revenir en arriere, en rappelant que la critique severe de la drogue comme de la prostitution, et contre l'exploitation, ça n'énonce en rien le soutien à la prostitution, mais ça énonce une solidarité vis à vis des victimes de l'Etat/capitalisme (dont les prostituées, mais on pourrait parler des prisonniers), ici et maintenant, ça pointe du doigt le système capitaliste qui met des personnes dans cette situation à se vendre (les salariés) pour quelques sous, et que l'Etat gère cette misère au profit de quelques uns. qu'il faut donc sortir de ça.
Denge
 
Messages: 184
Inscription: Dimanche 17 Oct 2010 15:17

Re: Prostitution

Messagepar elquico » Dimanche 22 Déc 2013 0:28

Il n'y a pas de liberté elle est une illusion et tout est à construire ,à bas l'état policier
elquico
 
Messages: 428
Inscription: Dimanche 28 Nov 2010 23:59

Re: Prostitution

Messagepar kuhing » Dimanche 22 Déc 2013 10:46

Denge a écrit:

en résumé :

* "notre place [est] du coté de la liberté" : ne se place pas du coté de l'autorité. ne dit pas etre pour la prostitution.
* "critique sévère de la drogue, mais la critique a une portée plus générale" : critique plus generale comme pour la prostitution, puisque le lien est fait plus bas.
* "contre toute forme d’exploitation" : contre l'exploitation, donc contre l'exploitation sexuelle, contre la prostitution.
* "atteintes portées à la liberté des consommateurs de cannabis, attaques contre les prostituées sont totalement inacceptables" : il s'agit de partir de ici et maintenant, où l'Etat s'attaque (pour se donner bonne conscience politique) aux effets de la misère que le capitalisme provoque, ne s'attaquant évidemment pas aux causes qui lui donnent son existence. et que cela est innaceptable que des personnes qui veulent prendre leur dose se la fassent subtiliser par des flics, ou que des prostituées se fassent emmerdées par des flics, car elles essaient de survivre.


Il est effectivement possible d’interpréter des phrases de façons différentes voire complètement opposées.
On peut trouver aussi des arrangements qui permettent de rester dans la ligne d'un groupe ou d'une de ses têtes pensantes, de s'en accommoder.
C'est vrai : ce n'est pas toujours facile d'être seul.

Mais même de la façon dont tu interprètes ce texte, ce qui y est défendu reste pour moi inacceptable simplement parce qu'il s'inscrit dans la gestion, même radicale dans la forme, du cadre dans lequel nous sommes aujourd'hui et, qu'un anarchiste veut détruire.
Et, en restant dans un cadre, on l'accepte avec tout ce qu'il a de pire.

"Arbeit macht frei ", "le travail rend libre"; c'est ce qui est inscrit à l'entrée du camp d’Auschwitz.
Je suis allé assez récemment sur les lieux pour que cela rentre vraiment pour moi dans la réalité.

"Arbeit macht frei" : cette phrase peut -être interprétée de différentes façons, y compris de façon positive.
Seulement il y a la rhétorique d'un coté et la réalité de l'autre, celle qui existait une fois la grille du camp d'extermination franchie.
Fallait-il, pour ceux qui étaient à l'intérieur, réclamer des bourreaux un peu plus de pain, un peu moins de morts, un peu plus de musique pendant qu'eux-mêmes débarrassaient les cadavres de la veille ?
Fallait-il revendiquer un peu moins de brimades pour survivre quelques jours de plus ?

Ou fallait-il tout rejeter en bloc, même dans le silence, même si la mort était de toutes façons au bout du court chemin ?

Cette question rejoint quelque part l'objet de cette discussion et, pour moi, comme je l'ai expliqué longuement, la réponse est claire.
Et c'est la divergence profonde que j'ai avec l' anarcho-syndicalisme dont je comprends petit à petit plus précisément la stratégie.
Une révolution sinon rien
Fédérica Montseny : "En général, on croyait que la monnaie allait disparaître"
sur le coté, Fanny Kaplan à qui je rends hommage
Avatar de l’utilisateur
kuhing
 
Messages: 1428
Inscription: Lundi 05 Fév 2007 20:57

Re: Prostitution

Messagepar l autre » Dimanche 22 Déc 2013 14:58

je pense que ku pose là un autre débat sur la anarcoho-syndicalisme qu il parait important de tenir faut ouvrir un autre sujet car je croîs que sur la prostitution nous avons pour l instant fait le tour. je vois que la conviction ne fait pas obstacle a la courtoisie, la discrétion, le respect, et résiste aux censeur. Continuons je crois que la critique du radicale réformiste fait partie des l'argumentaire des anarcos. de plus ici est c'est un des avantages se sont des individus qui s"expriment restons dans ce prisme .
l autre
 
Messages: 448
Inscription: Mercredi 11 Juil 2012 22:40

Re: Prostitution

Messagepar kuhing » Dimanche 22 Déc 2013 18:12

l autre a écrit:je pense que ku pose là un autre débat sur la anarcoho-syndicalisme qu il parait important de tenir faut ouvrir un autre sujet car je croîs que sur la prostitution nous avons pour l instant fait le tour. je vois que la conviction ne fait pas obstacle a la courtoisie, la discrétion, le respect, et résiste aux censeur. Continuons je crois que la critique du radicale réformiste fait partie des l'argumentaire des anarcos. de plus ici est c'est un des avantages se sont des individus qui s"expriment restons dans ce prisme .


Si l'appel à la courtoisie s'adresse à moi, je ne crois pas avoir manqué de respect à qui que ce soit et à aucun moment dans ce débat.
J'ai dit que ce que je pensais, sur le fond et rien de plus.
Ensuite, comme je l'ai précisé : chacun est bien sur libre de penser ce qui lui semble juste.
Je suis anarchiste et je m'adresse aussi à des anarchistes, malgré les nuances parfois importantes qui peuvent exister entre nous.
( je ne fais pas la démarche, par exemple, d'aller discuter sur un forum du PCF , du PS ou du PG ; quant à celui de "l'extrême-gauche", je m'en suis fait exclure 2 fois de suite :) )

Tu peux, par ailleurs, ouvrir un débat sur l'anarcho-syndicalisme si tu veux.
ça peut-être l'occasion de développer les points qui me semblent critiquables dans ce courant et d'en discuter.
C'est cette discussion sur la prostitution qui a d'ailleurs mis plus précisément en lumière ce pourquoi je doute que l'anarcho-syndicalisme soit une bonne stratégie pour l'anarchisme.
Mais bon, je ne suis pas là non plus pour attaquer ceux qui ont ouvert ce forum et défendent l'anarcho-syndicalisme ( et prendraient ces critiques pour eux ) donc c'est toi qui vois pour ouvrir ou non ce sujet.
Une révolution sinon rien
Fédérica Montseny : "En général, on croyait que la monnaie allait disparaître"
sur le coté, Fanny Kaplan à qui je rends hommage
Avatar de l’utilisateur
kuhing
 
Messages: 1428
Inscription: Lundi 05 Fév 2007 20:57

Re: Prostitution

Messagepar l autre » Mardi 24 Déc 2013 10:28

j ai poster un texte dans anarco-s ;Ont pu partir de texte et discuter dessus et laisser filer la conversation . pour le reste la lecture des divers postes sont encourageants comme type de rapports ont parlent sur le fond pas sur des petites tactiques . le ton est bon et je pense que les positions sont pas si éloignées que cela ? jais compris le parcours de K j ais un peu le même ; vaut mieux un franc tireur claire qu une cohorte pétrit de contradictions. mais un bon franc tireur pu jouer de concert avec un cohorte cohérente est la sa fait boun
l autre
 
Messages: 448
Inscription: Mercredi 11 Juil 2012 22:40

Re: Prostitution

Messagepar kuhing » Mardi 24 Déc 2013 18:38

l autre a écrit: le ton est bon


J'aurais plutôt dit " Le thon c'est bon " même si je ne suis pas d'accord avec ça.

( c'est Noël , je me lâche un peu )
Une révolution sinon rien
Fédérica Montseny : "En général, on croyait que la monnaie allait disparaître"
sur le coté, Fanny Kaplan à qui je rends hommage
Avatar de l’utilisateur
kuhing
 
Messages: 1428
Inscription: Lundi 05 Fév 2007 20:57

Re: Prostitution

Messagepar kuhing » Mercredi 25 Déc 2013 11:02

Pour revenir au sujet de façon plus sérieuse, ci-joint un texte, trouvé sur le FMR, d'une anarchiste québécoise qui se présente comme étant "anarchiste matérialiste" et qui me parait intéressant même si je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'elle dit. ( un peu long de détailler quoi )

Ce texte concerne la récente loi de la cour suprême canadienne qui légalise la prostitution et la place au rang de "travail sexuel" .

source

Fille de survivantEs et hétérosexuelle, j’emmerde la décision de la Cour suprême du Canada !

La décision rendue vendredi par la Cour suprême du Canada ravive en moi la peur que m'ont transmise mes parents eux-mêmes survivantEs d'agressions sexuelles. Cette petite alarme qui se déclenche dans votre ventre, juste en bas du nombril et qui irradie tout votre corps, quand un événement violent se passe sous vos yeux ou pour vous prévenir d'un danger imminent. Celle qui sonne quand on sait que c'est le temps de partir avant qu'il nous arrive une merde. Cette envie d'aller vous cacher loin de tous pour être certaine que personne ne pourra vous trouver, là où vous vous sentirez protégée. Cette alarme a retenti dans mon corps quand j'ai compris la décision de la Cour suprême.

En tant que jeune femme et sans emploi, j'ai mon mot à dire quant il s'agit de la décriminalisation de la prostitution. Une fois qu'il deviendra vraiment un métier comme un autre au sens de la loi, croyez-vous qu'Emploi Québec ne se servira pas de ce nouveau secteur d'emploi pour refuser des demandes d'aide ou nous diriger eux-mêmes vers les bordels ? Quand on rend acceptable au sens de la loi la violence prostitutionnelle, on la rend acceptable pour toutes. En plus, je ne sais pas si vous vous êtes présentées dans un bureau local d'emploi dernièrement, mais il n'offre aucune aide au changement de carrière. Alors qu'arrivera-t-il si vous n'avez que des expériences prostitutionnelles ? Plus de pression s'exercera sur les femmes qui ne sont pas dans la prostitution pour garder leur emploi coûte que coûte et pas plus de choix ne seront offerts aux femmes prostituées qui veulent sortir de la prostitution.

Je n'utiliserai pas le langage d'une universitaire parce que je ne suis pas allée à l'université. Il n'y aura pas de citations d'auteures que vous risquez de ne pas avoir lues parce que je n'en utilise aucune. Il n'y aura que très peu de réflexions compliquées sur les violences sexuelles parce que je pars surtout de mon propre vécu. Et surtout, je ne prendrai pas la parole à la place des femmes prostituées parce que je réfléchis sur l'impact qu'a l'exploitation sexuelle (entre autre commerciale) et la pornographie dans ma vie de femme non-prostituée. Trop souvent la sphère prostitutionnelle est représentée comme si elle ne touchait que la femme prostituée, le prostitueur et le proxénète. Alors que le prostitueur est souvent un homme de notre entourage.

La décision de la Cour suprême du Canada

La Cour suprême du Canada a décidé d'invalider trois articles du Code criminel concernant la prostitution : l'article 210 sur les maisons de débauche, l'article 212(1)(j) concernant le fait de vivre des fruits de la prostitution et l'article 213(1)(c) sur la communication (sollicitation). Durant un an, le jugement est suspendu laissant le temps au parlement, s'il le veut, de prendre de nouvelles dispositions ou d'écrire une nouvelle loi. Dans le cas où le parlement n'agirait pas, le jugement serait appliqué sans ces trois articles et ceci équivaudrait à une décriminalisation non seulement des femmes prostituées, ce que les féministes de toutes tendances confondues demandaient, mais aussi des pimps et des prostitueurs, ce qui est bien moins réjouissant pour nous, les abolitionnistes... de toutes tendances confondues.

Dans plusieurs articles de la presse mainstream, il est écrit que les femmes prostituées se réjouissent de la décision de la Cour suprême. Bon nombre d'articles ne mentionnent même pas le point de vue de survivantes de la prostitution qui veulent une criminalisation des prostitueurs et des proxénètes. La crédibilité des femmes prostituées est toujours remise en question à savoir si elles sont représentatives ou non de leur condition. Sait-on demandé à qui sert cette division ?

Les femmes qui ont porté la cause devant la Cour, Terri Jean Bedford, Amy Lebovitch et Valerie Scott sont présentées partout comme étant trois prostituées ou ex prostituées alors que deux d'entre elles veulent ou ont été des pimps. Il y a peu de moyens pour se sortir de la prostitution, mais il en existe un qui consiste à profiter de l'exploitation sexuelle des autres femmes autour de soi. Il s'agit de devenir pimp ou Madame. Terri Jean Bedford a été tenancière de bordels. Elle opérait le Bondage Bungalow qui a été perquisitionné et fermé dans les années 1990. Puis, elle a été accusée d'exploiter une maison de débauche en 1994, la Sade's House of Erotica, et condamnée en 1999. Quant à Valerie Scott, elle avait espoir de pouvoir en ouvrir un. Passer sous silence cette information revient à nier l'existence du proxénétisme à l'intérieur même des forces qui agissent dans cette cause et qui déterminera le sort des femmes prostituées et de toutes les autres femmes. Je vous invite à lire cet article pour en savoir plus Some “Sex Workers” Aren’t Just That…

Pour la décriminalisation des femmes prostituées et la criminalisation de tous les proxénètes et prostituteurs

Fille d'une mère survivante d'inceste et d'un père survivant d'actes pédophiles, le seul moyen qu'elle/il aient trouvé pour nous protéger de ce qu'elle/il ont considérés comme étant les causes de leurs agressions, c'était de nous cacher. Nous vivions dans un coin reculé d'un village de moins de 3000 habitantEs. Le moins de contact possible avec la famille de ma mère, le moins de contact possible avec des zones habitées densément peuplées. Intérêt principal dans la vie, protéger mon intégrité physique et sexuelle coûte que coûte parce que mes parents ont perdu la leur.

Par conséquent, j'en connais beaucoup sur les impacts des violences sexuelles sur la vie des femmes et des hommes les ayant vécus. Je souffre d'une merde qui s'appelle la transmission intergénérationnelle d'un psychotraumatisme liée à la violence, ça signifie que les agressions que mes parents ont vécues, je les vis en partie, du moins certaines conséquences, sans pour autant les avoir vécues moi-même. Je fais partie de ces deux tiers de femmes qui n'ont pas été abusées, mais qui en vivent tout de même une partie non négligeable des impacts. Quelle chance !

Quand bien même que je ne comprend pas tout parce que je n'ai pas vécu ces agressions directement, hériter du traumatisme de quelqu'unE d'autre et construire son enfance sur les non-dits, les peurs, la culpabilité, la honte, une estime de merde, l'incompréhension du manque d'intimité physique avec mon père et la peur qui s'y rattache, l'isolement en général,..., n'ont rien d'évident. J'ose à peine imaginer l'impact que peuvent avoir des viols répétitifs vécus dans le système prostitutionnel. Acheter le silence de la femme prostituée ne signifie pas avoir son consentement.

Mes parents m'ont inculqué par la peur l'importance de préserver cette petite partie de nous que les survivantEs n'ont plus et ont peine à reconstruire. Alors, c'est avec beaucoup de colère et de peur que j'emmerde la décision de la Cour suprême d'un système de justice qui ne me représente pas.

Alors que la quasi-totalité des anti-capitalistes se réjouissent depuis les derniers jours de cette grande avancée pour l'autodétermination des femmes prostituées, ils et elles se leurrent par cette mise en scène grotesque d'un système de justice pour les riches et les propriétaires. Lorsqu'il s'agit d'identifier un patron qui se présente dans un habit de cuir avec un fouet, il semble bien difficile pour les anti-capitalistes d'y voir clair.

Tout ceci au nom des libertés individuelles comme si elles ne seraient pas assez défendues par le système capitaliste, les anarchistes non-matérialistes ont encore démontré leur incohérence alors qu'ils et qu'elles défendent une industrie très lucrative et reproductrice de violence contre-révolutionnaire.

On m'a enlevé mes amoureux, mes amants et mes camarades

Ma mère m’a bien sensibilisée sur les risques des agressions sexuelles dès le plus jeune âge, à 4 ans, mais a négligé de me dire que c’est plus souvent des hommes près de nous que nous devions nous méfier... ainsi que de nous-mêmes. Étant restée à l'écart des relations avec les hommes jusqu'au début de la vingtaine, ne répondant à aucun standard de la prétendue féminité afin de repousser le plus d'hommes possibles, ayant défini une liste claire sur les qualités que devrait avoir un homme respectable, je croyais être en mesure de déceler les hommes avec lesquels je pourrais vivre des relations sans risquer de vivre des abus sexuels dans mon intimité.

Je me croyais en sécurité avec un homme qui n’avait « pratiquement » pas eu de relations intimes jusqu’alors avec une femme, mais mon lit est rapidement devenu un champ de bataille. « Ralentie ! », « Pas si fort ! », « Tu me fais mal ! », « Arrête ! », « Pas comme ça ! ». Je n’arrivais jamais à avoir du plaisir et il essayait, et il essayait, toujours PLUS FORT. Incapable de lui dire ce que je pouvais apprécier ou ce qui pourrait me donner du plaisir, je lui ai laissé du terrain, je lui ai laissé mon corps et j'ai attendu.

Lui, il avait l’air de savoir ce qu’il voulait, ce devait être moi qui n’avais pas assez de goût pour le cul pour aimer ces prouesses. Quand je l'ai aidé à vider son garde-robe, j'ai compris d'où venait le fait qu'il sache tant ce qu'il voulait...

À ces dires, il n’avait pas vraiment eu de relation intime avec une femme auparavant. Je me suis questionné un jour sur le « pas vraiment ». J’ai finalement appris qu’il avait prostitué une femme pour ses 18 ans. Il faut croire que selon lui une prostituée n’est pas une femme ! Peut-être que ça faisait davantage référence à sa définition d’un trou qu’on défonce plus qu’à une femme. Selon lui, il n’a pas prostitué cette femme, se sont ses amis qui lui avait payé « une pute ». Alors il ne l'a pas prostitué, il en a juste profité pour la « baiser ». Elle avait déjà été payée, il ne pouvait quand même pas lui dire qu’elle s’était déplacée pour rien et de repartir avec l’argent !!!! Vous savez les jeunes hommes qui ne sont pas populaires avec les femmes ont de ces désirs IRRÉPRESSIBLES qu'ils doivent combler à tout prix !!! Note à moi-même : Si une telle confidence m’était à nouveau confiée, dévisser le gland du pénis de l’homme en question et puis le greffer sur sa tête pour que toutes puissent voir quelle partie du corps cet homme utilise par-dessus toutes les autres.

C’est là que les « C’est à mon tour cette fois ! » sont arrivés, puis les « J’ai presque fini ! » Je me demande encore quand ça été mon tour. Il pouvait jouir sans jamais se rendre compte que je n’avais eu aucun plaisir et que je regardais le plafond ou le plancher tout le long qu’a duré la relation. Je ne la qualifierai pas uniquement de sexuelle, mais de pornographique aussi, parce que selon moi dans une relation sexuelle il existe un partage et un échange du plaisir entre les partenaires « dumb-ass ».

Une relation sexuelle pornographique est presque toujours dirigée par l'homme. Elle tend à nous convaincre, nous les femmes, que nous ne pouvons trouver de plaisir que dans la pénétration du « toujours plus fort, toujours plus profond, plus dégradant » qui passe entre autre par notre douleur et qui n’a que pour résultat le viol de notre intimité et notre domestication à la passivité. Nous demeurons dans l’attente du plaisir qui ne pourra arriver que si nous nous domestiquons suffisamment à apprendre à jouir lorsque et seulement si notre partenaire y arrive.

Ces efforts pour me donner du plaisir ont rapidement fait place à ces efforts pour me faire taire. Sa sensibilité et son sentiment de culpabilité de ne pas arriver à me donner du plaisir ont fait place à son égoïsme machiste. Il me rendait responsable de ne pas réussir à éprouver du plaisir et par le fait même se déresponsabilisait de devoir essayer de m’en donner. Je n’avais même pas à faire semblant d’aimer ça, il a simplement fini par s’en foutre éperdument. Et tout ça pendant que je faisais mes premiers pas dans le(s) milieu(x) féministe(s).

Ce n’était pas la façon de faire de cet homme qui devait être remise en question, mais mon corps qui ne réagissait pas comme il le devait. C’était mon corps le problème parce que lui, il arrivait à en avoir du plaisir. C’était devenu toujours son tour ! Je me sentais de plus en plus comme une poupée de chiffon : sur les genoux, accroupie, sur le ventre, les jambes écartées, sur le dos, les jambes dans les airs, sur le côté,…, mais mon esprit s’éloignait toujours de plus en plus loin de moi. C’est l’impression qu’a laissé sur moi cette relation de « violence ordinaire », l’impression d’être loin de moi-même.

La notion même de consentement est complètement pervertie dans la civilisation patriarcale. Elle ne sert en ce moment qu’une justice bourgeoise qui s’illusionne d’avoir atteint l’égalité entre les sexes et qui empoche des milliards en profit provenant d’industries qui encouragent la haine des femmes envers elles-mêmes.

Je savais qu’il avait grandi avec la pornographie comme seule éducation sexuelle, mais je sous-estimais à quel point il était colonisé par elle. Je trouvais plusieurs de ces « nouvelles idées qui tombaient de nulle part » assez douteuses. J’ai appris plus tard qu’il consultait des sites porno pour savoir comment me donner du plaisir. Pas étonnant qu’il ait cru que c’était mon corps qui ne réagissait pas comme il l’aurait dû, il n’a pas compris que les femmes qu’il regardait dans la porno ne sont le fruit que des fantasmes d’hommes débiles comme lui et qu’elles n’éprouvent pas de plaisir à faire ce qu’elles font. Il m’avait menti lorsqu’il m’avait dit qu’il n’avait pas eu de relation intime avec une femme avant moi. En fait, il avait partagé sa sexualité, ou plutôt les plaisirs de sa queue, avec des centaines et des centaines d’actrices porno et une femme prostituée.

Je lui ai donné le choix : tu vis ta sexualité avec des actrices porno ou une femme en chair et en os. Nous avons vidé sa garde-robe remplie de DVD porno aux covers plus douteux les uns que les autres et de quelques vieux VHS dans un sac à vidange XL, que nous avons dû doublé puis triplé. J’ai voulu prendre mes jambes à mon coup et partir. Note à moi-même : Si l’envie me gagne à nouveau de prendre mes jambes à mon coup et de partir sans jamais revenir, faire confiance à mon corps sur ce coup là parce qu’il n’est pas si mal foutu que ça finalement !

Le suivant n’a pas fait mieux. Après une première aventure, ce nouvel amant m’a demandé si je pouvais lui faire une fellation et s’il pouvait finir en m’éjaculant dessus. Il a eu droit à un flot d’insultes de ma part, lui rappelant à quel point il était un porc ainsi qu’un con doublé d’un misogyne... Pour lui, cette demande était tout à fait normale parce que d'autres femmes avaient déjà acceptées.

La pornographie colonise tout l’imaginaire fantasmatique des hommes. Il nous faut mener la lutte révolutionnaire telles des Amazones jusque dans notre lit, au moment où nous sommes nues et fragiles. Décoloniser nos fantasmes et notre corps de cette domestication à la soumission si nous ne voulons pas être détruites par eux.

Il y a quelques années, j’ai vu de mes camarades communistes regarder de la pornographie et prétendre que ce n’était qu’un divertissement. « Libérer tous les prolétaires, la libération des femmes se fera après. » « Il ne s’agit pas de la question principale en ce moment. » « La femme serait passée de la domination par l’homme à celle du capital. »

Chez les anarchistes non-matérialistes, ce n'est pas mieux. On défend l'exploitation sexuelle commerciale en souhaitant une décriminalisation de la prostitution légitimant ainsi une industrie capitaliste lucrative et les pimps qui ne sont rien de moins que des patronNEs. Ils et elles prônent une réappropriation de l'exploitation sexuelle dans une logique d'autogestion comme si ceci rendrait plus acceptable la violence de l'oppression.

L'exploitation sexuelle et son contexte ont réduit toutes mes chances de trouver un amoureux accompli, un amant respectueux et des camarades de lutte.

Anarchistes et matérialistes

Les anarchistes matérialistes sont peu nombreux/ses, mais il en existe. Ce n'est pas au nom des libertés individuelles que nous réussirons à combattre la violence de l'oppression, mais en privilégiant le bien-être collectif et global.

La sur-représentation des femmes autochtones dans l'industrie du sexe est le résultat direct de l'oppression coloniale et rend caduque la notion de choix dans le processus d'entrer dans la prostitution. L'inaction des policiers de la GRC dans l'enquête sur les femmes autochtones tuées et portées disparues démontre tout autant l'incohérence des abolitionnistes réformistes de vouloir renforcir une structure machiste. Ce n'est pas en laissant fleurir une industrie qui se nourrit des oppressions sexistes, coloniales, racistes... et j'en passe, que nous serons solidaires des femmes dans la prostitution, mais bien en reconnaissant la violence vécue par ces femmes qui osent en parler.

Il faut mettre de l'avant des groupes autonomes de femmes menés par des femmes qui ont/ont eu un vécu prostitutionnel pour créer des initiatives réelles afin de permettre de sortir de la prostitution.

Si les organisations pro-travail du sexe sont des syndicats dans lesquels les proxénètes jouissent d'une position de choix, dans les organismes abolitionnistes réformistes se sont les militantes féministes qui jouissent de cette position.

Elles sont rares celles qui poseront un regard sur leur propre vie intime afin de témoigner des impacts du système prostitutionnel sans prendre la parole à la place des femmes prostituées. Je prend la parole pour moi-même en tant que femme non-prostituée affectée moi aussi par les différentes formes d'exploitation sexuelle commerciale ou non.

Nous devons aussi nous rendre compte que nous pouvons entretenir nous-mêmes la reproduction de la domination patriarcale dans nos relations intimes, alors que l'on défend publiquement des positions politiques complètement différentes et ceci ne se limite pas qu'aux femmes hétérosexuelles.

Je vous invite dans la prochaine année, vous, femmes non-prostitutées solidaires des femmes dans la prostitution, à faire de même.
Une révolution sinon rien
Fédérica Montseny : "En général, on croyait que la monnaie allait disparaître"
sur le coté, Fanny Kaplan à qui je rends hommage
Avatar de l’utilisateur
kuhing
 
Messages: 1428
Inscription: Lundi 05 Fév 2007 20:57

Re: Prostitution

Messagepar Denge » Samedi 28 Déc 2013 22:49

critiquer et denoncer ce système etato-capitaliste, ses effets néfastes, ses pratiques brutales et la nécessité de l'abolir, je n'y vois pas de problème, que cela soit dans les prisons, dans le milieu du travail salarié, contre les prostituées, etcetera. dénoncer cela n'est ni demander une réforme ni une révolution. c'est dénoncer un État de fait, une chose inaceptable (le quotidien de nombres d'entre nous), après c'est un point d'appui pour développer nos conceptions et possiblement amener à nous de futurs companer@s. quoiqu'il en soit ce sujet a diverses appréciations et interprétation, mais je ne vois pas où il est question de soutenir la prostitution.
il ne faut pas confondre travail et travailleurs, ni salariat et salariés, ni prostitution et prostitués. on peut rejeter l'un (l'institution) et défendre l'autre (les personnes) contre l'un.

il appartient à ceux et celles qui vivent directement l'oppression de trouver leurs solutions. les soutiens/les solidarités ont aussi leur importance, si c'est pas trop isolé pour avoir de meilleures conditions ou pour trouver un moyen de s'évader avec la complicité extérieure. il n'y a qu'à voir les camps de rétention actuels.
rejeter en bloc, c'est peut être facile à dire quand on est extérieur à cette situation, mais cela dépend beaucoup du rapport de force et de l'idée de révolte (de rejet) existante.
Denge
 
Messages: 184
Inscription: Dimanche 17 Oct 2010 15:17

Re: Prostitution

Messagepar kuhing » Dimanche 29 Déc 2013 8:39

Personne n'est en dehors du système.
On est tous sur la même mer même si certains nagent, d'autres se noient et, d'autres encore les voient se noyer de leurs bateaux.
Mais peut-on faire croire que depuis l'eau, il sera possible d'obtenir une place sur le yacht ?
Si cela arrive ce sera dans la cale et pour briquer le pont.
Ne vaut-il pas mieux alors nager ou ramer pour les plus chanceux, en silence, en espérant atteindre la rive un jour ?

" On peut être contre la prostitution mais défendre la situation des prostitué-e-s ... contre le salariat mais pour défendre la situation des salariés ... "
Dans ce cas, pourquoi ne pas être contre la police et défendre les conditions de travail des policiers ? être contre l'armée et réclamer des augmentations de salaires des militaires ou le maintien des emplois de ceux qui travaillent dans les usines d'armement ?
Et finalement être contre l'Etat mais participer au gouvernement pour décréter de meilleures lois ?
Une révolution sinon rien
Fédérica Montseny : "En général, on croyait que la monnaie allait disparaître"
sur le coté, Fanny Kaplan à qui je rends hommage
Avatar de l’utilisateur
kuhing
 
Messages: 1428
Inscription: Lundi 05 Fév 2007 20:57

Re: Prostitution

Messagepar Denge » Lundi 30 Déc 2013 9:28

c'est mieux de citer les propros d'une personne et non de le faire selon sa propre compréhension, sinon ça peut vite déformer les propos de la personne. Je dis "il ne faut pas confondre travail et travailleurs, ni salariat et salariés, ni prostitution et prostitués. on peut rejeter l'un (l'institution) et défendre l'autre (les personnes) contre l'un." et non "On peut être contre la prostitution mais défendre la situation des prostitué-e-s ... contre le salariat mais pour défendre la situation des salariés ... ". utiliser l'homme de paille n'a pas d'interet quand on veut discuter à égaux. ni de faire des raccourcis réformiste... car d'un point de vue anarchosyndicaliste ou anarchiste, les métiers répressifs ne sont pas défendables (ça paraît logique puisque ces derniers défendent concrétement ce système), et pourtant, c'est à noter, des "anarchistes réformistes" vont dans des syndicats syndiquant des métiers répressifs (cgt française et espagnole, sac, FO, uss, etc) ou en soutenant ce genre de syndicats, ou appelant à plus de police (voir "Trotskistes et anarchisme http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewtopic.php?f=25&t=6971").
Denge
 
Messages: 184
Inscription: Dimanche 17 Oct 2010 15:17

Re: Prostitution

Messagepar kuhing » Lundi 30 Déc 2013 10:33

Denge a écrit:c'est mieux de citer les propros d'une personne et non de le faire selon sa propre compréhension, sinon ça peut vite déformer les propos de la personne. Je dis "il ne faut pas confondre travail et travailleurs, ni salariat et salariés, ni prostitution et prostitués. on peut rejeter l'un (l'institution) et défendre l'autre (les personnes) contre l'un." et non "On peut être contre la prostitution mais défendre la situation des prostitué-e-s ... contre le salariat mais pour défendre la situation des salariés ... ".


Je n'ai pas cherché à falsifier tes propos.
J'ai beau les relire et, je ne vois pas de différence avec la synthèse que j'en ai faite.

Quand on s'exprime c'est bien pour que ceux à qui on s'adresse comprennent un sens et renvoient ce qu'ils ont saisi, non ?
Sinon c'est un monologue en miroir et pas un échange.

Donc quand tu dis ensuite in extenso : "car d'un point de vue anarcho syndicaliste ou anarchiste, les métiers répressifs ne sont pas défendables", la conclusion que je ne peux qu'en tirer, au regard de cette discussion, c'est que la prostitution est, elle, un métier défendable.
Et, je ne peux pas être d'accord avec ça.

Par ailleurs je ne conçois pas "d'anarchisme réformiste" et, plus j'avance dans ma réflexion plus je considère que le syndicalisme, quel qu'il soit, parce qu'il croit possible d'améliorer la situation dans le cadre du système et qu'il oppose pour cela le particulier au général, est par contre, lui, réformiste par essence.
Une révolution sinon rien
Fédérica Montseny : "En général, on croyait que la monnaie allait disparaître"
sur le coté, Fanny Kaplan à qui je rends hommage
Avatar de l’utilisateur
kuhing
 
Messages: 1428
Inscription: Lundi 05 Fév 2007 20:57

Re: Prostitution

Messagepar l autre » Mercredi 01 Jan 2014 16:28

ce débat a lieu sur anarco syndicalisme? je connais pas Denge mais ayant lu ces textes je crois pas qu il défende le réformisme. Je pense moi que le syndicalisme n a pas en la matière une essence il est ce que en font les gens. dans les grandes tentatives historiques de révolution sociale types libertaire cela fut poosible parce que les anarco-syndicalisme étaient présent en masse et l expression même de un fraction de la masse. Cela ne fut et serait impossible si par essence le syndicalisme est réformiste. Allons Ku t es assez fin pour comprendre . Certes le droit a une autre jeu du possible ne put être écarté mais réunir ce qui est possible est l impérieuse nécessité .
l autre
 
Messages: 448
Inscription: Mercredi 11 Juil 2012 22:40

PrécédenteSuivante

Retourner vers Discussions diverses

cron