Prostitution

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Messagepar l autre » Lundi 25 Nov 2013 9:00

le sujet fait grand bruit. Diverses positions s 'affrontent . Je me pose pas mal de questions a ce sujet. faut il tolérer, combattre, légaliser, la prostitution?
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Messagepar kuhing » Lundi 25 Nov 2013 10:54

Me concernant, je considère que la prostitution est une des expressions ultimes de l'avilissement et de la soumission de l'être humain par la société marchande ( il y en a d'autres )
S'il n'y a avait pas besoin d'argent pour vivre, il parait évident que la prostitution n'existerait pas.
Donc je me refuse de prendre position dans le cadre de la société actuelle sur cette question : rien d'acceptable ne peut y être possible.
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Messagepar Lambros » Mardi 26 Nov 2013 14:34

kuhing a écrit:Me concernant, je considère que la prostitution est une des expressions ultimes de l'avilissement et de la soumission de l'être humain par la société marchande

Oui. Je suis abolitioniste de la prostitution.

Après je suis contre le salariat. Pourtant je défends les luttes slariales et même je tente d'en mener au taf.

Alors... je défends le fait que les travailleurs-euses du sexe s'organisent, non pas pour défendre leur "métier", mais pour se défendre tout simplement. Je soutiens le STRASS. En vérité, j'étais plutôt contre, puis j'ai rencontré des adhérent-es du STRASS à La Belle Rouge, où illes se faisaient insulter par toute la flore gauchiste habituelle. Alors évidemment, quand je vois des gauchistes ou des libertoïdes insulter des gens, je sais pas c'est comme un éman :D La réponse qui a fait se barrer un gauchiste : "Quand on a 30 copines roumaines qui se font tabasser par les flics pour racolage on doit laisser faire ?"... Pour moi non. J'ai discuté un long moment, ça a été super intéressant. D'ailleurs pour les partisans (y compris libertaires...) de l'abolitionisme d'Etat, punir le client c'est punir le/la prostituée. D'ailleurs au STRASS y'a des abolitionistes de la prostitution. Et le STRASS refuse de syndiquer bien évidemment les mac, mais aussi les réalisatuers-trices, et a refusé une subvention :)

A Besançon, il y avait une banderole dans le cortège anarchiste "Travailler c'est faire la pute. Faire la pute est un travail".
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Messagepar l autre » Mardi 26 Nov 2013 16:13

j ai du mal a me positionner . je serais pour m extraire de ce sujet vu que s est vicelard. mais je serais contre la prostitution avec tout la complexité de cette réalité. Mais lam le strass y réclame quoi une meilleur statut ou la suppression du salariat ? ce débat touche le fond du problème la rapport a l exploitation.
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Messagepar kuhing » Mardi 26 Nov 2013 17:10

Lambros a écrit:
A Besançon, il y avait une banderole dans le cortège anarchiste "Travailler c'est faire la pute. Faire la pute est un travail".


Personnellement je ne vois pas comment on peut abolir la prostitution dans le cadre du système actuel.
Je ne vois pas la nécessité de prendre une position quand aucune position n'est acceptable dans le cadre du système actuel.

Quant au slogan de ce cortège de Besançon, je ne suis pas d'accord avec lui puisqu'il semble légitimer la prostitution comme étant un travail qu'il faudrait réglementer avec des droits à défendre.
En tous cas, je ne le trouve pas clair du tout.
Faut-il aussi, par exemple, défendre les droits de ceux qui travaillent dans les usines d'armement ?

Trouver des formules qui "sonnent bien" n'en font forcément pas de bonnes formules.
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Messagepar l autre » Mardi 26 Nov 2013 17:29

suis dac avec Kuhing sur la pervésité de ce slogan . Si on l admet pole emploi a trouver la solution au chômage tous au tapin, j ai toujours refuser de soutenir les usines d' armes et critiqué le fait que des travailleurs de ce secteur soient complice pour fabriquer ce qui sera contre nous. ce qui pose dans la lutte de classe la prb de la conscience de classe . Reste la question peut on doit on soulager la misère dans ce système, peut on attendre le grand soir ?
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Messagepar kuhing » Mardi 26 Nov 2013 17:37

l autre a écrit: . Reste la question peut on doit on soulager la misère dans ce système, peut on attendre le grand soir ?


Personnellement, je ne crois pas que l'on puisse soulager quoi que ce soit dans le cadre du système actuel et au stade où il en est mis à part peut-être quelques sparadraps sur des jambes de bois.

Donc je pense qu'à part, non pas "le grand soir" parce que ça me semble un peu court, mais "la grande quinzaine" il n'y a pas grand chose, de plus ni de moins. à attendre

Et comme je ne crois pas non plus que "la grande quinzaine" dépende d'une petite frange conscientisée mais de la conscience de l'ensemble de la population, à part la patience je n'ai pas trop de solution à ce problème.
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Messagepar l autre » Mardi 26 Nov 2013 17:54

c'est un peu plus subtil que le grand soir je te le concède mais un peu trop spontex car l idée vient en marchant remarque que les péripatéticiennes semblent pas avoir de plus grandes jambes. question un début de conscience peut il venir du conflit? Suis interloqué que cette question de prostitution clive ou déchire les camps sois disant idéologiques. je croit que certains choix de luttes actuelles seront lourd de conséquences ? Si je te suis la position de principe ou de font l emporte sur négocier un statut dans l oppression ou l exploitation.
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Messagepar kuhing » Mardi 26 Nov 2013 19:25

Je suis effectivement spontanéïste.
Je le suis faute de mieux.
Faute de mieux parce que j'aurais aimé croire encore, comme je l'ai cru longtemps et ai dépensé pas mal d'énergie en rapport, qu'avec d'autres je pouvais influer sur le cours des choses.
Il n'en est rien et, pire encore, je me suis aperçu que cette tâche non seulement épuise mais encore transforme beaucoup de ceux qui s'y attachent en donneurs de leçons ou en petits chefs.

L'espoir que la révolution sociale , la vraie, dépende de l'activité de quelques uns peut aussi grandement décevoir parce qu'il n'en est rien.

J'ai reçu aujourd'hui le film de Romain Goupil " Mourir à trente ans " que j'avais vu il y a longtemps et que j'avais envie de revoir.
Je ne l'ai pas encore déballé.
Je vais revoir ça : ça résume bien ce que je dis en ce moment.

Donc oui, spontanéïste parce que je n'arrive pas à me résoudre, au bout de 40 ans, depuis que je réfléchis à ces choses là, qu'il faut se résigner et, en même temps, que je ne crois plus du tout à une avant-garde, même si elle déclare ne pas souhaiter prendre "la direction".

Concernant les positions à prendre vis à vis de telle ou tellequestion, je me réserve le droit de ne pas en prendre lorsque j'estime que rien d'acceptable n'est possible dans le cadre du système actuel
C'est particulièrement valable pour la prostitution.
La prostitution n'est pas un "travail", c'est un asservissement, une humiliation, une dégradation extrême de l'être humain et de sa dignité.
Cela va bien au delà du travail salarié courant.
Penser pouvoir abolir la prostitution dans ce système est une chimère.
La réglementer, réclamer des droits pour ceux qui sont contraints de la pratiquer pour vivre ou survivre c'est, à mon avis, accepter cet asservissement ultime.

Je crois donc qu'il y a des cas où il faut rester en dehors de tout ça et laisser ceux qui pensent que le système est adaptable s'exprimer et proposer leurs solutions.
Personnellement je crois qu'il n'y en a pas.
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Messagepar l autre » Jeudi 28 Nov 2013 11:12

je comprend la position du refus de position quelques fois c'est salutaire et pose un autre regard sur la situation. Refuser de prendre position sur le statut de la prostitution et la position de rejet la prostitution;O-K. Reste la question historique: la condition misérable si elle ne fut anéanti a t elle par le jeu des revendications immédiates subi une modification qui par extension joue dans le champ de la lutte des classes? Par exemple la conscience de cette lutte des classes et d une position de classe sur l exploitation, la grande misère économique conduit elle a plus d'oppression? Si Lam pouvait donner plus d 'infos sur les positions du strass; Je prend bonne note des infos des copins de la CNt-AIT Caen qui devraient faire un papier la dessus. toutes ces éléments seront efficaces pour se faire une idée.Je croîs a l intelligence collective et aux bonnes volontés. Par contre les faux culs anars et autres révolutionnaire qui font la leçon sont d une ignorance crasse, d une incohérence parfaite, mais surtout des manipulateurs a deux sous. En effet j ai lu que certains critiquent le soutient a certaines prostitués. Pour raison de féminisme ,anti patriarcal, de la marchandise sexe, anti capitalisme etc... C'est mêmes qui dans les syndicats réformistes se font fort de soutenir n importes quelles luttes salariales dont le but n est pas de supprimer cette situation mais de négocier un meilleur rapport du niveau d'exploitation c'est a dire un statut de prostitution généralisé. Ces mêmes qui si critique du système quant cela les arranges étaient en Bretagne selon leurs tactique, au cul des syndicats réformistes (pilier du système) ou avec les patrons. Drapeaux rouges ou noirs voire noirs et rouges cela ne fait pas la cohérence pratique-principe.
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Messagepar elquico » Vendredi 29 Nov 2013 0:34

pour répondre à l'autre,le vrai faux débat est une "taxe" sur les usagers,visant en quelque sorte à pénaliser les relations sexuelles tarifées,il ne s'agit pas d'un débat sur la prostitution,mais d'empêcher ,voire de dissuader les usagers de la prostitution. il s'agirait ainsi de mettre à mal les réseaux de proxénétisme,c'est la raison invoquée
Cette mesure aurait pour conséquence,certains l'affirment de précariser encore plus les prostituées
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Messagepar l autre » Vendredi 29 Nov 2013 10:18

un cadre juridique existe pour lutter contre les proxos pas besoin de la taxe qui a un autre but elle ne changera rien a ce sujet. La précarité étant induite par le système économique pourquoi l industrie du sexe y échapperai? Le racolage n est que une partie de la prostitution (le tapin, le trottoir ) une grande partie de la prostitution se fait ailleurs .
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Messagepar kuhing » Vendredi 29 Nov 2013 11:17

Se prononcer, pour un anarchiste, sur le fait qu'il faut ou non une loi pour pénaliser le client d'une prostituée, me parait aussi ridicule et déplacé que de prendre position pour une loi qui préférerait ou non l'utilisation du Zyklon B à la place du gaz sarin pour gazer la population en Syrie; sous prétexte que le Zyklon B aurait une action létale plus rapide et moins douloureuse que le Sarin.
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Messagepar elquico » Vendredi 29 Nov 2013 22:06

tA QUESTION EST INTERESSANTE QUEL EST LE BUT DE CETTE TAXE ?
Aller au fond de cette question necessite de la prendre au sérieux ,et d'en débattre,j'avancerai un but simple,et qui à lui seul mérite son pesant de cacahuettes,cette taxe est faite pour gagner du fric,mais ce n'est qu'un aspect et nous devons en démonter les mécanismes sans nous opposer dans des querelles
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Messagepar Denge » Samedi 30 Nov 2013 10:25

la taxe contre les clients est clairement une volonté de restreindre l'activité des prostitués. mais peut on défendre cette répression ou cette activité d'autoexploitation ? je pense que non.cette activité prostitutionnelle des auto-entrepreneuses du sexe est à abolir dans une perspective sociale communiste libertaire. cela fait parti des métiers inutiles dans une societe communiste libertaire.
prostitution et vente de drogue sont reprimès actuellement, il me semble que si on aboli les sociétés de classe, le capitalisme, et l'argent, ce genre d'activite n'aura plus d'intérêt. les besoins et désirs sexuels ou de drogue, s'exprimeront d'une autre manière...
cette taxe ne resoud pas cette misere sexuelle enegendré dans cette societe.

un texte de Goldman à ce sujet (en espagnol) :

la partie du film "libertarias" des miliciennes dans le bordel :
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Re: Prostitution

Messagepar kuhing » Samedi 30 Nov 2013 15:11

Denge a écrit:la taxe contre les clients est clairement une volonté de restreindre l'activité des prostitués. mais peut on défendre cette répression ou cette activité d'autoexploitation ? je pense que non.cette activité prostitutionnelle des auto-entrepreneuses du sexe est à abolir dans une perspective sociale communiste libertaire. cela fait parti des métiers inutiles dans une societe communiste libertaire.
prostitution et vente de drogue sont reprimès actuellement, il me semble que si on aboli les sociétés de classe, le capitalisme, et l'argent, ce genre d'activite n'aura plus d'intérêt. les besoins et désirs sexuels ou de drogue, s'exprimeront d'une autre manière...
cette taxe ne resoud pas cette misere sexuelle enegendré dans cette societe.


Je n'aurais pas dit les choses de cette façon mais je suis en gros d'accord sur le fond.

Et dommage, je ne comprends pas l'espagnol et je me demande bien ce que dit Emma Goldman au sujet de la prostitution et des lois qui l'encadrent.
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Re: Prostitution

Messagepar Denge » Samedi 30 Nov 2013 19:17

j'ai trouvé un texte concernant les positions de e Goldman sur la prostitution

[url]http:/ /www. marxists.org/espanol/goldman/1910/005.htm[/url]


Nuestros reformistas hicieron de repente un gran descubrimiento: la trata de blancas. Los diarios se llenaron de exclamaciones y hablaron de cosas nunca vistas e increíbles, y los fabricantes de leyes se prepararon para proyectar un haz de leyes nuevas a fin de contrarrestar esos horrores.

Es altamente significativo este hecho toda vez que a la pública opinión se le presenta, como si fuera una distracción más, unos de estos males sociales, enseguida se inaugura una cruzada contra la inmoralidad, contra el juego de azar, las salas de bailes, etc. ¿Y cuáles son los resultados de semejantes campañas aparentemente moralizadoras? El juego aumenta cada vez más, las salas funcionan clandestinamente a la luz del día, la prostitución se encuentra siempre al mismo nivel y el sistema de vida de los proxenetas y sus similares se vuelve un poco más precario.

¿Cómo puede ser que esta institución, conocida hasta por los niños de teta, haya sido descubierta recientemente? ¿Qué es, después de todo, este gran mal social, -reconocido por todos los sociólogos- para que dé lugar a tanto ruido y a tanta alharaca la publicación de todas esas informaciones?

Resumiendo las recientes investigaciones sobre la trata de blancas -por lo pronto muy superficiales- nada de nuevo se descubrió. La prostitución ha sido y es una plaga sumamente extendida, y asimismo la humanidad continuó hasta ahora imbuida en sus asuntos, indiferente a los sufrimientos y a la desventura de las víctimas de ese tráfico infame; tan indiferente como lo fue ante nuestro sistema industrial, o ante la prostitución económica.

Solamente cuando el humano dolor se convierte en una diversión, en una especie de juguete de brillantes colores, el niño que es el pueblo se interesa por él, siquiera un tiempo determinado; el pueblo es un niño de carácter veleidoso; todos los días quiere un juguete nuevo. Y el desaforado grito contra la trata de blancas, es precisamente eso. Le servirá para divertirle durante un tiempo y también dará lugar a que se instituya una serie de puestos públicos, unos cuantos parásitos más, que se pasearán por ahí, como detectives, inspectores, miembros investigadores, etc.

¿Cuál es la verdadera causa que origina el tráfico de la mujer, no solamente de la blanca, sino de la negra y la amarilla? Naturalmente es la explotación, que engorda el fatídico Moloch del capitalismo con una labor pagada a un misérrimo precio, lo que empuja a miles de jóvenes mujeres, muchachas y niñas de poca edad hacia el pozo sin fondo del comercio del lenocinio. Es que todas ellas sienten y opinan como la Sra. Warren: ¿para qué agotar la existencia por la paga de algunos chelines semanales en un obrador de modista, etc., durante diez, once horas por día?

Es lógico esperar que nuestros reformistas no dirán nada acerca de esta causa fundamental. Comprenden demasiado que son verdades que rinden poco. Es más provechoso desempeñar el papel del fariseo, esgrimir el pretexto de la moral ultrajada, que descender al fondo de las cosas.

Sin embargo, hay una recomendable excepción entre los jóvenes escritores: Reginald Wright Kauffmong, cuyo trabajo The House of Bondage es uno de los primeros y serios esfuerzos para estudiar este mal social, no desde el punto de vista sentimental del filisteísmo burgués. Periodista de vasta experiencia, demuestra que nuestro sistema industrial no ofrece a muchas mujeres otras alternativas que las de la prostitución. La heroína femenina que se retrata en The House of Bondage, pertenece a la clase trabajadora. Si el autor hubiese pintado la vida de una mujer de otra esfera, se habría hallado con idéntico asunto y estado de cosas.

En ninguna parte se trata a la mujer de acuerdo al mérito de su trabajo; por eso, ese procedimiento es todavía más flagrantemente injusto. Es imperiosamente inevitable que pague su derecho a existir, a ocupar una posición cualquiera mediante el favor sexual. No es más que una cuestión de gradaciones que se venda a un hombre, casándose, o a varios. Que nuestros reformistas lo admitan o no, la inferioridad social y económica de la mujer, es directamente responsable de su prostitución.

Justamente en estos días la buena gente se asombró de ciertas informaciones, donde se demostraba que solamente en Nueva York, de diez mujeres que trabajaban en fábricas, nueve percibían un salario de seis dólares semanales por 48 horas de trabajo, y la mayoría de ellas debían afrontar varios meses de desocupación; lo que en total representaba una suma anual de 280 dólares. Ante estas horribles condiciones económicas, ¿hay motivo de asombro al constatar que la prostitución y la trata de blancas se hayan convertido en un factor tan predominante?

Si las precedentes cifras pueden ser consideradas exageradas, no estará de más escuchar lo que opinan algunas autoridades en materia de prostitución:

Las múltiples causas de la creciente depravación de la mujer se hallan en los cuadros estadísticos, indicando la trayectoria de los empleos ocupados, sus remuneraciones antes de que se produjera su caída; entonces se dará la oportunidad para que el economista político decida si la mera consideración de los negocios es una suficiente disculpa para el patrono que disminuye el nivel general de los jornales obreros o si bien aumentándolos en un pequeño porcentaje, los contrabalancea, por la enorme suma de tasas y ex-acciones impuestas al público sobre los gastos que éste hace al adentrarse -para su satisfacción- en la vasta maquinación de los vicios, la cual es un resultado directo, la mayoría de las veces, de una insuficiente retribución del trabajo honesto.(Dr. Sanger, La Historia de la Prostitución).

Nuestros actuales reformistas podrían muy bien enterarse del libro del Dr. Sanger. Entre 2,000 casos observados por él, son raros los que proceden de la clase media, de un hogar en prósperas condiciones. La gran mayoría salen de las clases humildes y son, por lo general, muchachas y mujeres trabajadoras; algunas caen en la prostitución a causa de necesidades apremiantes; otras debido a una existencia cruel de continuo sufrimiento en el seno de su familia, y otras debido a deformaciones físicas y morales (de las que hablaré después). También para edificación de puritanos y de moralistas, había entre esos dos mil casos, cuatrocientas mujeres casadas que vivían con sus maridos. ¡Es evidente que no existía mucha garantía de la pureza de ellas en la santidad del matrimonio!

El Dr. Blaschko en Prostitution in the Nineteenth Century, hace resaltar más aún que las condiciones económicas son los más poderosos factores de la prostitución.

Aunque la prostitución existió en todas las edades, es el siglo XIX el que mantiene la prerrogativa de haberla desarrollado en una gigantesca institución social. El desenvolvimiento de esta industria con la vasta masa de personas que compiten mutuamente en este mercado de compra y venta, la creciente congestión de las grandes ciudades, la inseguridad de encontrar trabajo, dio un impulso a la prostitución que nunca pudo ser soñado siquiera en periodo alguno de la historia humana.

Otra vez Havelock Ellis, aunque no se incline absolutamente hacia las causas económicas, se halla empero obligado a admitir que directa o indirectamente éstas vienen a ser uno de los tantos motivos, y de los principales. Encuentra, pues, que un gran porcentaje de prostitutas se reclutan entre las sirvientas, no obstante sufrir menos necesidades. Pero el autor no niega que la diaria rutina, la monotonía de sus existencias de servidumbre, sin poder compartir nunca las alegrías de un hogar propio, sea también causa preponderante que las obliga a buscar el recreo y el olvido en la vida de los ficticios placeres de la prostitución. En otras palabras, la muchacha que es sirvienta no posee nunca el derecho de pertenecerse a sí misma; maltratada y fatigada por los caprichos de su ama, no puede encontrar otro desahogo que el de prostituirse un día u otro, lo mismo que la muchacha de la fábrica y de la tienda.

La faz más divertida de esta cuestión que acaba de hacerse pública, es la superabundante indignación de nuestras buenas y respetables personas, y especialmente de algunos caballeros cristianos, quienes siempre encabezan esta suerte de cruzadas y también otras que surjan de cualquier parte o por cualquier motivo. ¿Es que ellos ignoran completamente la historia de las religiones y particularmente de la cristiana? ¿Por qué razones deberían gritar contra la infortunada víctima de hoy, desde que es conocido por los estudiosos de alguna inteligencia que el origen de la prostitución es, precisamente, religioso, lo que la mantuvo y la desarrolló por varios siglos, no como una vergüenza, sino como digna de ser coronada por el mismo dios?

Parece que el origen de la prostitución se remonta a ciertas costumbres religiosas, siendo la religión la gran conservadora de las tradiciones sociales, la preservó en forma de libertad necesaria y poco a poco pasó a la vida de las sociedades. Uno de los ejemplos típicos lo recuerda Herodoto; quinientos años antes de Cristo, en el templo Mylitta, consagrado a la Venus babilónica, se establecía que toda mujer que llegase a edad adulta había de entregarse al primer extraño que le arrojase un cobre en la falda como signo de adoración a la diosa. Las mismas costumbres existían en el oriente de Asia, en el norte de África, en Chipre, en las islas del Mediterráneo, y también en Grecia, donde el templo de Afrodita en Corinto poseía más de mil sacerdotisas dedicadas a su servicio.

El hecho que la prostitución religiosa se convirtiese en ley general, apoyada en la creencia que la actividad genésica de los seres humanos poseía una misteriosa y sagrada influencia para promover la fertilidad de la naturaleza, es sostenido por todos los escritores de reconocida autoridad en la materia. Gradualmente y cuando la prostitución llegó a ser una institución organizada bajo la influencia del clero, se desarrolló entonces en sentido utilitario, coadyuvando así a las rentas públicas.

El Cristianismo, al escalar el poder político cambió poco semejante estado de cosas de la prostitución. Los meretricios bajo la protección de las municipalidades se encontraban ya en el siglo XIII. Los principales jefes de la Iglesia los toleraron. Constituían esas casas de lenocinio una especie de servicio público, cuyos dirigentes eran considerados como empleados públicos. (Havelock Ellis, Sex and Society).

A todo esto débese agregar lo que escribe el Dr. Sanger en su libro citado anteriormente:

El papa Clemente II, dio a la publicidad una bula diciendo que se debía tolerar a las prostitutas, porque pagaban cierto porcentaje de sus ganancias a la Iglesia.

El papa Sixto IV fue más práctico; por un solo meretricio que él mismo mandó construir, recibía una entrada de 20,000 ducados.

En los tiempos modernos la Iglesia se cuida más, respecto a este asunto. Por lo menos abiertamente no fomenta el comercio del lenocinio. Encuentra mucho más provechoso constituirse en un poder casi estatal, por ejemplo la Iglesia de la Santísima Trinidad, y alquilar a precios exorbitantes las reliquias de un muerto a los que viven de la prostitución.

Aunque desearía mucho extenderme sobre la prostitución de Egipto, de Grecia, de Roma y de la que existió durante la edad media, el espacio no me lo permite. Las condiciones de este último periodo son particularmente interesantes, ya que el lenocinio se organizó en guildas -asociaciones gremiales- presidido por el rey de un meretricio. Estas corporaciones empleaban la huelga como medio de mantener inalterable sus precios. Por cierto es algo mucho más práctico que el usado por los explotadores modernos de ese mismo tráfico.

Pero sería demasiado parcial y superficial por nuestra parte, sostener que el factor económico es la única causa de la prostitución. Hay otros no menos importantes y vitales. Los mismos reformistas los reconocen, mas no se atreven a discutirlos, ni hacerlos públicos, y menos aumentar esa cuestión, que es la savia de la verdadera vida del hombre y de la mujer. Me refiero al tema sexual, cuya sola mención produce ataques espasmódicos en la mayoría de las personas.

Se concede que una mujer es criada más para la función sexual que para otra cosa; no obstante se la mantiene en la más absoluta ignorancia sobre su preponderante importancia. Cualquier cosa que ataña a este asunto se le suprime con aspaviento, y la persona que intentara llevar la luz a estas espesas tinieblas, sería procesada y arrojada a la cárcel. Sin embargo, sigue siendo incontrovertible que mientras se continúe en la creencia que una joven no debe aprender a cuidarse a sí misma, ni debe saber nada acerca de la más importante función de su vida, no tiene que sorprendernos que llegue a ser fácil presa de la prostitución, o de otra forma de relaciones, que la reducen a convertirse en un mero instrumento sexual.

A esta criminal ignorancia se debe que la entera existencia de una joven resulte deformada y estropeada. Desde hace tiempo la gente se halla convencida que un muchacho, en su adolescencia, sólo responde al llamado de su naturaleza, es decir, tan pronto como despierta a la vida sexual puede satisfacerla; pero nuestros moralista se escandalizarían al sólo pensar que una muchacha de esa edad hiciese lo mismo. Para el moralista la prostitución no consiste tanto en el hecho que una mujer venda su cuerpo, sino en que lo venda al margen del hogar, del matrimonio. Este argumento no as muy infundado, ya que lo prueban la cantidad de casamientos por conveniencias monetarias, legalizados, santificados por la ley y la opinión pública; mientras que cualquier otra unión, aun siendo más desinteresada y espontánea, será considerada ilegítima, y por ende condenada y repudiada. Y eso que la prostitución, definida con propiedad, no significa otra cosa que la subordinación de las relaciones sexuales a la ganancia. (Guyot, La Prostitución).

Son prostitutas aquellas mujeres que venden su cuerpo, ejerciendo actos sexuales y haciendo de ellos una profesión (Banger, Criminalité et Condition Economique).

En efecto, Banger va más allá; sostiene que el acto de prostituirse es intrínsecamente igual para el hombre y la mujer que contrae matrimonio por razones económicas.

Naturalmente, el matrimonio es el único fin a que tienden todas las jóvenes, pero a miles de muchachas, cuando no pueden casarse, nuestro convencionalismo social las condena al celibato o a la prostitución. Y la naturaleza humana afirma siempre su improrrogable derecho, sin cuidarse de las leyes; ya que no existen razones plausibles para que esa naturaleza se adapte a una pervertida concepción de moralidad.

Generalmente la sociedad considera el proceso sexual del hombre como un atributo de su propio desarrollo viril; entre tanto, lo que idénticamente se realiza en la vida de la mujer es mirado como una de las más terribles calamidades: la pérdida del honor. y todo lo que es bueno y noble en la criatura humana. Esta doble modalidad moral tuvo no poca participación en la creación y perpetuación de la prostitución. Ello entraña mantener a la juventud femenina en una absoluta ignorancia de la cuestión sexual, con el pretexto de la inocencia, junto con una represión anormal de los deseos genésicos, lo que contribuye a originar morbosos estados de ánimo, que nuestros puritanos particularmente ansían evitar y prevenir.

Tampoco la venta de los favores sexuales ha de conducir necesariamente a la prostitución; es más bien responsable la cruel, despiadada, criminal persecución llevada a cabo por los poderosos contra la masa de los vencidos; los primeros tienen aún el cinismo de divertirse a costa de los últimos.

Muchachas, todavía niñas, que trabajan amontonadas, en talleres, a veces con temperaturas tórridas, durante diez o doce horas al pie de una máquina, forzosamente deben hallarse en una constante sobreexcitación sexual. Muchas de esas muchachas no poseen hogares confortables ni nada parecido; al contrario, viven en continua penuria; entonces la calle o cualquier diversión barata le servirá para olvidar la rutina diaria. Todo esto trae como consecuencia natural la proximidad de los dos sexos. Es pues, muy difícil afirmar cuál de los dos factores condujeron a ese punto culminante de la sobreexcitación sexual de la joven; mas el resultado será el mismo. Ese es el primer paso hacia la prostitución. No es ella la responsable, por cierto. Al contrario, esa falta recae sobre la sociedad; es la total carencia de comprensión; nuestra falta de una justa apreciación de los sucesos de la vida; especialmente la culpa es del moralista, que condena a la que cayó para una eternidad, solamente porque se desvió del sendero de la virtud; eso es, porque realizó su primera experiencia sexual sin la sanción de la iglesia y del Estado.

Ella se sentirá completamente al margen de la vida social, que le cerrará las puertas. Su misma educación y todo lo que se le ha inculcado, hará que se reconozca una depravada, una criatura caída para siempre, sin el derecho a levantarse más, sin que nadie le extienda la mano; al contrario, se tratará de hundirla cada vez más. Es así como la sociedad crea las víctimas y luego vanamente intenta regenerarlas. El hombre más mezquino, el más corrompido y decrépito podrá aún considerarse muy bueno para casarse con una mujer, cuya gracia comprará muy ufano, en vez de pensar que puede salvarla de una vida de horrores. Tampoco podrá dirigirse a su hermana la honesta en busca de amparo, de auxilio moral; ésta, en su estupidez, teme mancillar su pureza y castidad, no comprendiendo que en muchos aspectos su posición es más lamentable que la de su hermana en la calle.

La mujer que se casa por dinero, comparada con la prostituta, es verdaderamente un ser despreciable, dice Havelock Ellis. Del mismo modo se prostituye, se le paga menos, en cambio, por su parte retribuye mucho más en trabajo y cuidados y se halla atada a un solo dueño. Por empezar, la prostituta nunca firma un contrato, por el cual pierde todo derecho sobre su persona, conserva su completa libertad de entregarse a quien quiere, no obstante hallarse obligada siempre a someterse a los brazos de los hombres.

No se trata mejor a esa mujer casada, si llegan a su noticia las palabras de la apología de Lecky, al decir de la prostituta: aun cuando sea la suprema encarnación del vicio, es también la más eficiente salvaguarda de la virtud: gracias a ella, cuántos hogares aparentemente respetables escaparon de ser corrompidos, mancillados por prácticas antinaturales; sin ella, estas aberraciones del sentido genésico abundarían más de lo que se puede suponer.

Los moralistas se hallan siempre dispuestos a sacrificar una mitad de la raza humana para conservación de algunas miserables instituciones que ellos no pueden hacer prosperar. En rigor, la prostitución no representa tampoco una salvaguarda más para asegurar la pureza del hogar, como no lo representan esas mismas leyes, cuyos efectos pretende contrarrestar. Casi el cincuenta por ciento de los hombres casados frecuentan los prostíbulos o los patrocinan. Es a través de este virtuoso elemento que las casadas -y aun los niños- contraen enfermedades venéreas. Asimismo no tiene ninguna palabra de condenación para el hombre, mientras que para la indefensa víctima, la meretriz, no hay ley lo suficientemente monstruosa que la persiga y la condene. No es solamente la presa de los que la poseen, durante el ejercicio de su profesión; lo es también de cada policía y de cada miserable detective que la persiga, de los oficialitos de los puestos de policía y de las autoridades de todas las cárceles a donde llegue.

En un reciente libro, escrito por una mujer que regenteó una de esas casas, se puede hallar la siguiente anotación: Las autoridades del lugar me obligaban a pagar todos los meses, en calidad de multa de $14.70 a $29.70; las pupilas debían pagar de $5.70 hasta $9.70 solamente a la policía. Si se tiene en cuenta que la autora hacía sus negocios en una ciudad pequeña, las sumas que cita no comprenden las extras en forma de contravenciones, coimas. etc.; de lo que se puede deducir la enorme renta que reciben los policías de los departamentos, extraídas, sonsacadas del dinero de esas víctimas, que ellos tampoco desean proteger. Guay de la que se rehúse a obrar esa suerte de peaje; será arrastrada como ganado, aunque no fuera más que para ejercer una favorable impresión sobre los honestos y buenos ciudadanos de esas ciudades, o también para obedecer a las autoridades que necesitan cantidades extras de dinero. además de las lícitas. Para las mentalidades enturbiadas por los prejuicios que no creen a la mujer caída incapaz de emociones, les será imposible imaginarse, sentir en carne propia la desesperación, las afrentosas humillaciones, las lágrimas candentes que vierte cuando la hunden cada vez más en el fango.

¿Parecerá acaso extraño que una mujer que regenteara una de esas casas sepa expresarse tan bien con tal vehemencia, sintiendo de tal manera? Más extraño me parece el proceder de este buen mundo cristiano que supo sacar provecho, trasquilar, hacerle pagar su tributo de sangre y dolor a semejante criatura y luego no le ofrece otra recompensa que la detracción y la persecución. ¡Oh la caridad de este buen mundo cristiano!

Se está investigando con mucha violencia contra la trata de blancas que se importa desde Europa a Norteamérica. ¿Cómo podrá conservarse virtuoso este país si el viejo mundo no le presta su ayuda? No niego que en una pequeña parte sea esto verdad, tampoco niego que existen emisarios en Alemania y en otras naciones haciendo su innoble comercio de esclavas con los Estados Unidos. Pero me niego absolutamente a creer que este tráfico asuma apreciables proporciones, en lo que respecta a Europa. Si es verdad Que la mayoría de las prostitutas de Nueva York son extranjeras, sucede también por lo mismo que la mayoría de su población está compuesta de extranjeros. Desde el momento que se va a otra ciudad del territorio norteamericano, Chicago, por ejemplo, encontraremos que las prostitutas extranjeras se hallan en ínfima minoría.

Igualmente exagerada es la creencia basada en que la mayoría de las mujeres que comercian sus encantos en las calles de esta ciudad, ejercitaban el mismo tráfico en sus países respectivos antes de venir a Norteamérica. Muchas de estas muchachas hablan un excelente inglés, se americanizaron en sus modales y su vestir, lo que es un fenómeno imposible de adaptación, de verificarse, a menos que hayan permanecido bastantes años en este país. Lo cierto es esto, que fueron arrastradas a la prostitución por las condiciones del ambiente norteamericano, a través de las costumbres norteamericanas, inclinadas a un lujo excesivo, a la afición desmedida por sombreros y vestidos vistosos, y naturalmente para todas estas cosas se necesita dinero, un dinero que no se gana en las fábricas, ni en las tiendas.

En otras palabras, no hay razón para creer que ningún grupo comercial de hombres deseen correr los riesgos de gastos exorbitantes para importar aquí productos extranjeros, cuando por las mismas condiciones del ambiente el mercado rebasa con miles de muchachas del país. Por otra parte, hay también pruebas suficientes para afirmar que la exportación de mujeres jóvenes norteamericanas, no es tampoco un factor desdeñable.

Ahí está un ex secretario de un juez de Cook County, III., Clifford G. Roe, quien acusó abiertamente que se embarcaban muchachas del Estado de Nueva Inglaterra para el exclusivo uso de los empleados del Tío Sam en Panamá. Mr. Roe agregaba que le pareció que había un ferrocarril subterráneo entre Boston y Washington, en el que continuamente viajaban mujeres de esas. ¿No es muy sugestivo que esa línea ferroviaria vaya a morir en el centro y en el corazón de las autoridades federales? Ese Roe dijo mucho más de lo que se deseaba en las esferas oficiales, y la prueba es que al poco tiempo fue destituido. No es muy sensato que los empleados de la administración nacional se pongan a narrar cierta clase de cuentos.

Las excusas que se adujeron para aminorar la gravedad de este suceso, estribaban en las particularidades climatológicas de Panamá y en que allí no existía ningún meretricio. Es el sólito sofisma, la sólita hoja de parra con la que un mundo hipócrita quiere escudarse porque no se atreve a enfrentar la verdad.

Después de Mr. Roe se halla James Bronson Reynolds, quien hizo un estudio completo de la trata de blancas en Asia. Siendo este un típico norteamericano y amigo del futuro Napoleón estadounidense, Teodoro Roosevelt, se puede asegurar que es el último hombre que intenta desacreditar las virtudes innatas de su país. Así es como nos informa sobre los establos de Augias del vicio norteamericano. Hay allí prostitutas norteamericanas que se pusieron de tal modo en evidencia, que en el Oriente la American girl es sinónimo de prostituta. Mr. Reynolds le hace recordar a sus conciudadanos que mientras los norteamericanos en China se hallan bajo la protección de sus cónsules, los chinos en Estados Unidos están completamente desamparados. Todos los que conocen las brutales y bárbaras persecuciones que la raza amarilla soporta en casi toda la costa del Pacífico, han de ver con agrado la amonestación de Mr. Reynolds.

En vista de todos los hechos descriptos, es un poco absurdo señalar a Europa como un foco de infección, de donde proceden la mayoría de las enfermedades sociales que llegan a las playas norteamericanas. Y esto es tan absurdo como proclamar que la raza judía es la que proporciona el más cuantioso contingente de esta desarmada presa ante todos los apetitos. Estoy segura que nadie podrá acusarme de nacionalista en ningún sentido. He podido despojarme de este prejuicio como de otros, de lo que me hallo muy satisfecha. Es por eso que me fastidia oír la afirmación de que aquí se importan las prostitutas judías, y si protesto acerca de tal infundio, no es por mis simpatías judaizantes, sino por los rasgos inherentes de la vida de esa gente, que conozco muy bien. Nadie ha de decir que las jóvenes judías emigran a tierras extrañas, si no sabe que algún pariente cercano o lejano ha de acompañarlas. La muchacha judía no es aventurera. Hasta hace pocos años no abandonaba su hogar, aun para ir a la próxima aldea o ciudad, donde podía visitar a alguien de su relación. ¿Es entonces probable que una joven judía deje su familia, viaje miles de millas hacia tierras desconocidas bajo la influencia de promesas y de fuerzas extrañas? Id si queréis hacia esos grandes transatlánticos y comprobad si esas muchachas no llegan acompañadas con sus parientes, hermanos, tías o familias amigas. Habrá excepciones, naturalmente, pero de ahí a establecer que un gran número de jóvenes judías vienen importadas con el propósito de la prostitución y de cosas parecidas, es desconocer completamente la psicología hebrea.

Los que viven en casas de cristal no deberían arrojar piedras al techo de las ajenas; además, los cristales norteamericanos son un poco delgados y pueden romperse fácilmente, y en el interior no habrá cosas placenteras para ser exhibidas en público.

Adjudicar el aumento de la prostitución a la alegada importación extranjera, al hecho de extenderse cada vez más el proxenetismo, es de una superficialidad abrumadora. Como ya me referí al primer factor, el segundo, los proxenetas, detestables como son, no se debe ignorar que forma parte esencialmente de una fase de la prostitución moderna, fase acentuada por las persecuciones y los castigos resultantes de las esporádicas cruzadas llevadas a cabo contra ese mal social.

El proxeneta, no dudando que es uno de los miserables especimenes de la familia humana, ¿en qué manera puede ser más despreciable que el policía, quien le arranca hasta el último centavo a la pobre trotadora de la calle para luego conducirla presa todavía? ¿Cómo el proxeneta ha de ser más criminal, o una más grande amenaza para la sociedad cuando los propietarios de grandes almacenes, de tiendas o fábricas, buscan sus víctimas entre el personal femenino para satisfacer sus ansias bestiales y después enviarlas a la calle? No intento defender al proxeneta de ningún modo, mas no comprendo por qué se le ha de dar caza despiadadamente, cuando los verdaderos perpetradores de las iniquidades sociales gozan de inmunidad y de respeto. Entonces, hay que recordar muy bien que ellos también contribuyen a hacer a las prostitutas, no solamente el proxeneta. Es por nuestra vergonzosa hipocresía que se creó la prostituta y el proxeneta.

Hasta el año 1894 estaba muy poco difundido en Norteamérica el hombre que vivía exclusivamente de las mujeres alegres. Por entonces tuvimos unos ataques epidérmicos de virtud. El vicio debía abolirse y el país purificarse a toda costa. El cáncer social fue extirpado del exterior para que sus raíces arraigaran más hondamente en el organismo de la nación. Los propietarios de prostíbulos y sus infelices víctimas se hallaron a merced de la policía. Se subsiguió la inevitable consecuencia con exorbitantes multas, las coimas y la penitenciaría.

Las pupilas antes relativamente amparadas en los meretricios, por representar ellas cierto valor monetario, se encontraron en la calle como presas indefensas en las manos del policía groseramente codicioso. Desesperadas, necesitando que alguien las protegiera amándolas, les fue muy fácil caer en los brazos de los proxenetas, uno de los productos más genuinos de nuestra era comercial. De ahí que la modalidad social del proxenetismo no fue más que una excrescencia natural de las persecuciones de la policía, de las bárbaras puniciones y el intento siempre frustrado de suprimir la prostitución. Sería absurdo confundir esa faz moderna de los males sociales con esta última.

La opresión simple y pura y los proyectos de leyes coercitivas no han de servir más que para amargar a la infortunada víctima de su misma ignorancia y estupidez, y luego llevarla a la última degradación. Uno de ellos logró su máxima severidad, proponiendo que a las prostitutas se les diera el tratamiento de los criminales, y las cogidas en flagrante, se las penaría con cinco años de cárcel y 10,000 dólares de multa. Semejante actitud sólo demuestra la obtusa incomprensión de las verdaderas causas de la prostitución, como factor social, como también esto es una manifestación del puritánico espíritu de otros días sangrientos en la historia del puritanismo.

No existe un escritor moderno que al tratar este asunto no señale la completa futilidad de estos métodos legislativos con sus innumerables medios de coerción. El Dr. Blaschko dice que las represiones gubernativas y las cruzadas moralizadoras nada consiguen más que dispersar el mal social que quieren combatir por miles de otros conductos secretos, multiplicando así los peligros para la sociedad. Havelock Ellis. el temperamento más humanitario y el estudioso más profundo de la prostitución, nos hace comprobar con el fehaciente testimonio de citas históricas, que cuanto más drástico es el método de represión, mucho más empeora las condiciones de ese mal. Entre una de esas citas se halla la siguiente: En 1560 Carlos IX abolió con un edicto todos los prostíbulos; pero el número de las meretrices no hizo más que aumentar, mientras otras casas de lenocinio fueron apareciendo clandestinamente, siendo mucho más peligrosas que las anteriores. A despecho de esa legislación, o por causa de ella, no hubo país entonces en el que la prostitución se extendiera con más fuerza, jugando un rol preponderante. (Sex and Society).

Solamente una opinión pública inteligentemente educada, que deje de poner en práctica el ostracismo legal y moral hacia la prostitución, ha de coadyuvar al mejoramiento del presente estado de cosas. Cerrar los ojos por un falso pudor y fingir ignorancia ante este mal y no reconocerlo como un factor social de la vida moderna, no hará más que agravarlo. Debemos estar por encima de la estúpida noción soy mejor que tú, tratando de ver en la prostituta solamente a un producto de las condiciones sociales. Semejante actitud por parte nuestra, al desterrar para siempre toda postura hipócrita, establecerá una más amplia comprensión, haciéndonos espiritualmente aptos para otorgarle un trato más humanitario, casi fraternal a esas desventuradas.

Respecto a la total extirpación de la prostitución, nada, ningún método podrá llevar a cabo esa magna empresa, sino la más completa y radical transmutación de valores, en la actualidad falsamente reconocidos como beneficiosos -especialmente en lo que atañe a la parte moral- junto con la abolición de la esclavitud industrial, su causa causarum.


sinon il y a son texte en anglais (pour ceux qui ne comprennent pas l'espagnol) : http://womenshistory.about.com/library/etext/bl_eg_an8_traffic_in_women.htm
un texte sur les positions de Goldman :
http://www.robin-woodard.eu/spip.php?article196

Emma Goldman et ses divergences avec le mouvement féministe bourgeois

mercredi 17 septembre 2008 par anik

Emma Goldman, une révolutionnaire anarchiste active au tournant du siècle, était une féministe dans plusieurs sens du terme. Elle croyait fermement à l’égalité des hommes et des femmes, et se refusait à être limitée par son sexe. Elle a travaillé comme sage femme pour aider les femmes des ghettos et a aidé les femmes à s’organiser à l’intérieur de syndicats. Elle a pris partie contre l’Etat, la famille et l’église, en tant que médiums de l’oppression féminine. Malgré cet activisme, Emma Goldman refusait de s’identifier comme féministe et a pris parti contre le mouvement féministe de son époque. Elle considérait ce mouvement comme bourgeois et excluant des victimes réelles de la société : la classe ouvrière ; A son avis, la revendication d’une supériorité morale face aux hommes était arrogante, et leur activisme permettait seulement la perpétuation des institutions qui les enchaînaient. L’attitude des femmes de classe moyennes face aux ouvrières la mettait en fureur notamment parce que beaucoup des lois supportées par le mouvement féministe portaient une atteinte directe aux femmes de la classe ouvrière. Ainsi, malgré son activisme et ses théories féministes, Emma Goldman se retrouva mise à part du mouvement féministe

Emma Goldman est née dans une famille juive russe durant l’été 1869. Durant son enfance, elle vit des femmes et des enfants battus, des paysans fouettés, des femmes enceintes chassées et des juifs isolés- autant de faits qui l’avertirent des démons de la société dès son plus jeune âge (2). Elle même subit la violence de son père. A 13 ans, elle déménageait avec sa famille un quartier du ghetto de St Pétersbourg. C’est à St pétersbourg qu’Emma commença à lire les écrits des révolutionnaires et à questionner les valeurs de la société dans laquelle elle vivait(2).En 1886, elle fuit avec sa soeur en direction de l’Amérique dans l’espoir de trouver le pays de toutes les opportunités, mais se retrouva à la place au pays de la répression. Elle se rendit très vite compte que la vie dans la cité industrielle de Rochester, NY ne différait pas tellement de la vie dans le ghetto de St Pétersbourg (2). A 20 ans, Goldman déménage à New York City pour se joindre aux anarchistes révolutionnaires qui se retrouvaient là.

Goldman devint bientôt la voix la plus célèbre et la plus entendue des révolutionnaires, gagnant des titres tels que « la reine des anarchistes »(2). Elle était considérée par beaucoup comme une ennemie de la société, et suite à ses activités, fut condamnée à trois reprises à de la prison. Les charges retenues contre elle incluaient l’incitation d’ouvriers à des émeutes, la tenue de réunions d’informations sur la contraception, et avoir conspiré pour faire obstruction à l’incorporation (2). Si l’on en croit l’historienne Alix Kates Shulman, Goldman « fut arrêtée si souvent qu’elle n’allait jamais parler en public sans avoir sur elle un livre à lire en prison »(2). En 1901, après l’assassinat du président Mc Kinley par un autre anarchiste, la réprobation publique força Goldman à rejoindre la clandestinité pour quelques années. Elle revint en 1906 pour commencer la publication de son mensuel radical, Mother Earth (la terre mère). Son célèbre livre, et l’analyse de son journal « Anarchism and other essays » (anarchisme et autres essais ) fut publiée en 1910.

En 1917, Emma Goldman fut déportée de force vers les Etats Unis, avec son compagnon et amoureux anarchiste Alexander Berkman, après leur arrestation pour conspiration et obstruction à la conscription(2). Ils retournèrent en Russie avec de grands espoirs, mais perdirent vite leurs illusions à la vue de l’état de leur pays, et s’installèrent dans divers endroits d’Europe. Goldman continua à lire et écrire, malgré le peu d’attention reçu par ses écrits. Emma Goldman mourut d’une attaque en 1940, au Canada, alors qu’elle essayait de réunir des fonds pour venir en aide aux partis de gauche dans la révolution espagnole.

Emma Goldman bien qu’elle soit extrêmement au fait des situations d’oppression de la femme dans la société, a toujours refusé de se considérer en tant que féministe. A cause de ses origines sociales ouvrières, c’était difficile pour elle de s’identifier aux femmes de classe moyennes impliquées dans le mouvement à l’époque. Goldman considérait leurs efforts pour étendre leurs rôles de mères et de femmes comme hypocrites. Il lui semblait que c’était justement ces positions qui contribuaient à renforcer la position d’oppressée de la femme en société. Elle pensait que les féministes issues de la classe moyenne ignoraient les problèmes réels de la société et supportaient la continuelle oppression de la femme par l’Eglise, la famille et l’Etat. Les deux extraits « women suffrage » (les femmes et le vote) et (the trafic in women) (le trafic de femmes) tirés de son livre « anarchism and other essays( anarchisme et autres essais), attaquent directement les questionnements féministes les plus fort à l’époque, montrant clairement son désaccord avec le mouvement.

Goldman s’opposa au mouvement pour le vote des femmes, le considérant comme un moyen de renforcer la persécution des femmes. Elle protestait que les suffragettes, en argumentant que le vote ferait des femmes de meilleures chrétiennes, épouses et citoyennes, cherchaient sans le savoir un moyen de renforcer leur propre oppression. Goldman relève que la nature même de la religion met les femmes dans une position d’infériorité, mais malgré cela, quelques femmes ont continué à supporter dévotement l’Eglise (1). Ainsi, l’Etat envoie les fils et les frères de ces femmes se faire tuer à la guerre, et pourtant les femmes restent patriotes. La maison reste aussi une prison pour les femmes, mais elles continuent à défendre leur position dans la famille. Goldman supposait que les femmes de son époque devaient être aveugles pour ainsi supporter les institutions qui les maintenaient ainsi dans une position inférieure. Elle écrit : « Il faut dire que parce que la femme reconnaît la dette qu’elle est faite pour payer à l’Eglise, l’Etat et la maison, elle veut le droit de vote pour se libérer... la majorité des suffragettes répudient fermement ce blasphème....bien que le droit de vote ne soit qu’un moyen de renforcer l’omnipotence de chaque Dieu que la femme doit adorer depuis la nuit des temps. » (1) Goldman est devenue révolutionnaire pour pouvoir s’opposer aux actions répressives de l’Eglise, l’Etat et la Société, et un mouvement pour le droit de vote qui proposait que ces institutions perdurent était opposé à ses idéaux.

Le travail de Goldman en association avec la classe ouvrière et ses activités en tant que révolutionnaire lui ont révélées les injustices inhérentes au système politique. Elle comprit qu’un succès par rapport au droit de vote ne changerait rien au fonctionnement de la société. Goldman argumente que le vote n’a de tout temps été qu’un moyen décevant de faire croire au peuple qu’il s’était élevé au dessus de sa condition, alors que voter n’avait en rien changé leurs conditions de vie. Goldman note : « ....que le droit de vote est juste une diablerie, qui a juste contribué à enchaîner le peuple, et à lui fermer les yeux pour qu’il ne voit pas à quel point il était fait pour se soumettre » (1) ;Goldman suggère aux suffragettes de considérer la situation des pays dont les femmes ont déjà obtenu le droit de vote et de déterminer si cela a changé quelque chose dans la domination des femmes et des enfants de ces pays ; Les suffragettes sont tombées dans un piège illusoire, un de ceux dont elles n’ont même pas conscience. Mais les suffragettes revendiquent leur capacité à « purifier » de telle malhonnêteté dans les affaires politiques.

Du point de vue de Goldman, la purification des polices était impossible. La perspective anarchiste maintient que le gouvernement est par nature corrompu, répressif et immoral. Goldman pensait que « supposer... que « (la femme) arriverait à purifier quelque chose qui n’est pas susceptible de l’être revient à la créditer de superpouvoirs »(1). Prétendre avoir de tels pouvoirs ajoute encore à l’auto oppression pratiquée sans le savoir par les féministes issues de la classe moyenne. Si l’on en croit Goldman, c’est seulement en insistant sur l’égalité avec les hommes que le mouvement féministe commencera à changer le système. En revendiquant une différence naturelle des sexes, mettant les femmes au même rang que des anges par leur aptitude à purifier ce qui est par nature impurifiable, les féministes fournissent à leurs opposants une raison de faire perdurer la stratification des sexes. Goldman note « la véritable solution (pour les femmes) est d’être reconnues sur terre en tant qu’être humain comme les autres, et donc sujettes à toutes les folies et erreurs humaines ; » (1). Si les femmes ne peuvent purifier la politique (ce qui est impossible), elles peuvent être sujettes à l’erreur, et ainsi juste ajouter aux innombrables erreurs déjà présentes en politique. Goldman semble penser que la demande de droits égaux aux hommes serait un argument plus logique et raisonnable en faveur du vote.

L’argument puritain mis en avant par les suffragettes féministes isolait encore plus Goldman. Elle pensait fermement que les femmes et les hommes étaient égaux par nature. Elle trouvait que la revendication des féministes de la classe moyenne, portant sur la supériorité morale des femmes, était basé sur l’arrogance et le snobisme. Elle méprisait l’ utilisation par les féministes de cet argument puritain pour condamner leurs soeurs ouvrières. Ainsi que Goldman l’écrivait dans son essai « The trafic in women » (le trafic de femmes), le mouvement féministe supportait souvent des lois qui allaient directement à l’encontre des femmes ouvrières. Un exemple fut la prohibition, qui aida le commerce à générer plus de profits encore que lorsque la vente était légale. De la même façon, les lois anti-prostitution, ardemment défendues par les féministes « moralement correctes », encourageaient la corruption policière en permettant aux prostituées d’échanger leur liberté contre des faveurs sexuelles. Goldman écrivait : « on peut dès à présent voir les revenus du département de police dérivant de l’argent du sang des victimes qu’ils ne protègent même plus. » En conséquence les lois défendues par les féministes pour purifier la société aggravèrent simplement les comportements immoraux.

Que cette étroitesse de vues soit le résultat de l’arrogance ou de l’ignorance, cela met en relief un défaut majeur du mouvement féministe bourgeois dans son incapacité à sympathiser avec les femmes de la classe ouvrière. Les écrits de Goldman exposent l’hypocrisie des femmes issues de la classe moyenne à adopter une attitude supérieure depuis le confort de leurs vies somptueuses, quand elles n’avaient jamais elle-même expérimentés les rigueurs de la pauvreté. Par leur élitisme, les femmes de la bourgeoisie n’ont pas réalisé que leur position était fort semblable à celles des prostituées. Dans le mariage, et particulièrement quand il est conclu pour des raisons économiques, la femme fournit son travail en échange du confort d’une vie de classe moyenne (1). En fait, une prostituée peut avoir plus d’avantages qu’une épouse, parce qu’elle peut conserver « sa liberté et ses droits personnels » (1). Les classes moyennes refusent aussi le fait de reconnaître le fait que la prostitution permet à l’immoral de rester en dehors de la maison, fournissant un service qui permet de préserver la pureté du foyer de classe moyenne (1).

Goldman était perturbée par cette notion , portée par beaucoup de féministes, que les prostituées étaient plus des criminelles que des victimes de l’économie et de la société. Elle note que la majorité des prostituées sont des femmes de classe ouvrière amenées à cette profession par la nécessité d’augmenter leurs revenus. Ces femmes « furent conduites à la prostitution par les conditions de vie aux Etats unis, par la coutume américaine de dépenser excessivement en parures et vêtements, pour lesquels...on a besoin d’argent... »(1). Beaucoup de femmes se sont retrouvées dans cette profession suite à des stigmates sociaux qui leur ont fait perdre leur innocence. Goldman décrit la fille qui se retrouve hors la loi à cause d’expériences sexuelles hors mariage : « Le moindre des hommes, le moins dépravé et décrépit persiste à se considérer comme trop bien pour prendre pour épouse une femme dont il aurait pu avoir envie d’acheter les charmes, même si ainsi il la sauverait de la pire des horreurs. Même sa propre soeur ne peut l’aider. Dans sa stupidité, la deuxième se considère comme trop pure et trop chaste , et ne réalise pas que sa position propre est de beaucoup bien plus déplorable que celle de sa soeur des rues. » (1).

La jeune fille peut facilement tomber dans ce piège, à cause de la confusion qui résulte du paradoxe entre une société qui fait de la femme un objet seulement bon à engendrer des enfants, mais la garde complètement ignare en matière de sexualité(1). Goldman s’est rendu compte de l’importance des pressions économiques et sociétales qui conduisaient les femmes à la prostitution, et excluait le mouvement des féministes de la classe moyenne, qui demandait la criminalisation de la prostitution.

Emma Goldman croyait fermement à l’égalité entre hommes et femmes, mais refusait de participer à un mouvement qui se revendiquait comme moralement supérieur, rejetait la classe ouvrière et encourageait les institutions responsable de leur propre oppression. Goldman considérait que les féministes de son époque ne voyaient pas leur propre esclavage, « (du) non pas seulement aux hommes, mais aussi à leurs croyances et leurs traditions idiotes ».Goldman maintenait que les femmes n’accèderaient pas à l’égalité par le vote ou la purification de la société, mais en prenant la responsabilité de leur position dominée et en agissant pour la changer. Parce que pour les femmes, être indépendantes revient à se rebeller contre les contraintes sociales que leur imposent l’Eglise, la famille et l’Etat(1). Les femmes doivent aussi commencer à prendre le contrôle de leurs corps et de leur sexualité. Et plus que tout, Goldman pensaient que les femmes devaient commencer à s’approprier par elles-mêmes le sens de leur vies au lieu d’adhérer aux valeurs que leur proposent la société. Tant que les femmes issues de la classe bourgeoise refuseraient de participer à une révolution active de la société, Goldman s’opposerait à leur politique.

Karen


REFERENCES

1 – Goldamn, Emma anarchism and other essays (anarchisme et autres essais) , (New York 1969), pp.177 – 211

2 – Shulman, Alix Kates, « Emma Goldman : anarchist queen » (Emma Goldman : une reine anarchiste) dans feminist theorists (théoriciens féministes), Dale Spender, ed. (Londres 1983), pp.218 - 228

Source : l’endehors

Ce texte a été traduit par Gast à partir de l’original en anglais publié sur le siteKarens’Home Page
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Re: Prostitution

Messagepar elquico » Lundi 02 Déc 2013 15:14

Non seulement la femme mais l'homme doit apprendre à penser par lui même,je poursuis donc mon idée une taxe vise d'abord à prendre de l'argent ,certes cela aura des conséquences sur les clients puis sur les prostituées,le montant de la dite taxe qui s'éléve à 1500 E ,qui penelalisera t il,le député,le bourgeois?Je crois plûtot que ce sera l'ouvrier,célibataire, immigré qui gagne cela en un mois ,donc cet homme là ne pourras plus ou plus difficilement avoir une activité sexuelle .
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Re: Prostitution

Messagepar kuhing » Lundi 02 Déc 2013 17:16

elquico a écrit:Non seulement la femme mais l'homme doit apprendre à penser par lui même,je poursuis donc mon idée une taxe vise d'abord à prendre de l'argent ,certes cela aura des conséquences sur les clients puis sur les prostituées,le montant de la dite taxe qui s'éléve à 1500 E ,qui penelalisera t il,le député,le bourgeois?Je crois plûtot que ce sera l'ouvrier,célibataire, immigré qui gagne cela en un mois ,donc cet homme là ne pourras plus ou plus difficilement avoir une activité sexuelle .


C'est la première fois que je vois de l'ouvriérisme sexuel.

Payer une prostituée peut-il être considéré comme une "activité sexuelle", je veux dire : dans le bon sens du terme ?

S'il s'agit d'avoir une "activité sexuelle", il me semble qu'il vaut mieux faire l'effort de rencontrer une partenaire avec qui la relation sera non tarifée, bien sur consentie, et donc forcément plus harmonieuse, même si c'est peut-être plus difficile et plus long.

Et, s'il s'agit de se vider les couilles, autant faire ce que je faisais quand j'étais ado ( et parfois plus tard ) et entre deux copines : faire travailler son imagination et se payer une branlette : ça coûte pas cher et ça n'avilit pas la personne qui est contrainte de vendre son corps. ( j'espère ne choquer personne en appelant les choses par leurs noms )

Encore une fois, prendre position pour ou contre cette loi me parait déplacé pour des gens qui se réclament de l'anarchisme donc pour la liberté de disposer librement de son corps, ce qui va à l'encontre d'en faire une marchandise dans sa forme la plus extrême.

Quant au "travail" des prostitué-e-s, pour moi ce n'en est pas un, c'est juste une atteinte à la dignité humaine générée par la société marchande.
Une révolution sinon rien
Fédérica Montseny : "En général, on croyait que la monnaie allait disparaître"
sur le coté, Fanny Kaplan à qui je rends hommage
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kuhing
 
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Re: Prostitution

Messagepar l autre » Lundi 02 Déc 2013 18:07

l autre a écrit:je comprend la position du refus de position quelques fois c'est salutaire et pose un autre regard sur la situation. Refuser de prendre position sur le statut de la prostitution et la position de rejet la prostitution;O-K. Reste la question historique: la condition misérable si elle ne fut anéanti a t elle par le jeu des revendications immédiates subi une modification qui par extension joue dans le champ de la lutte des classes? Par exemple la conscience de cette lutte des classes et d une position de classe sur l exploitation, la grande misère économique conduit elle a plus d'oppression? Si Lam pouvait donner plus d 'infos sur les positions du strass; Je prend bonne note des infos des copins de la CNt-AIT Caen qui devraient faire un papier la dessus. toutes ces éléments seront efficaces pour se faire une idée.Je croîs a l intelligence collective et aux bonnes volontés. Par contre les faux culs anars et autres révolutionnaire qui font la leçon sont d une ignorance crasse, d une incohérence parfaite, mais surtout des manipulateurs a deux sous. En effet j ai lu que certains critiquent le soutient a certaines prostitués. Pour raison de féminisme ,anti patriarcal, de la marchandise sexe, anti capitalisme etc... C'est mêmes qui dans les syndicats réformistes se font fort de soutenir n importes quelles luttes salariales dont le but n est pas de supprimer cette situation mais de négocier un meilleur rapport du niveau d'exploitation c'est a dire un statut de prostitution généralisé. Ces mêmes qui si critique du système quant cela les arranges étaient en Bretagne selon leurs tactique, au cul des syndicats réformistes (pilier du système) ou avec les patrons. Drapeaux rouges ou noirs voire noirs et rouges cela ne fait pas la cohérence pratique-principe.

j aimerai un avis sur ce poste parce que quelque chose me taraude l articulation ici maintenant et la posture radical et idéologique.
l autre
 
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