pourrait-on m'expliquer ?

Mille-feuilles à tendance séditieuse.

Messagepar guillermo » Samedi 24 Jan 2009 21:15

Desolé pour pourrir lambience .pour savoir quellle sont les opinions des syndicats il faut venir aux congres peut etre comme ca vous verez que ici ce nest pas une question de Pau _RESEAU , je nai pas besoin des pauistes pour me faire une opinion . ce que jai vu depuis que je milite à la CNT AIT me suffit , la position de Caen je la connais . Quant aux caporaux soit plus explicite ..ou , qui , ? moi je peux sans probleme te dire ou ilya des caporaux mais le malaise serait enorme ... Mes convictions Foristes Partent de la solidarité et le respect des acords , pactes de non agresion , le probleme jinsiste ce ne sont pas les tendances
ce quand on veux les imposser par la force , ce qui pour moi est le cas , la contremotion de montpellier na pasa ete voté car la motion de toulouse a été retire sur place , et meme ilya eu de la presion pour pas traiter la question , ca ete vraiement un show que je ne voyais pas depuis la recuperations des ag
de chomeurs en argentines par les politicards activistes de gauche .onh nous a meme menacé legalement !!!!
carrement vous avez loupé quelque chose
les plus anarchistes en train de menacer avec la loi .... la baha la je me suis dit que cetait plusb grave questce que je pensais
voila
lucien
ca fait plaisir de te lire
ahhhh notre syndicat distribue le CS national
et dans les lieux de travail a valence , lyon , gap , Montpellier , marseille grenoble etc , on a aussi fait un choix on sorte la maquette national avec notre regional a linterieur , des fois on nest pas d'accord avec tout et
baha on l'ecrit dans notre partie du journal ,
Autre chose , tres habile le petit manege
de
victimisation
Nosotros On vois bien que tu est un politicien
dans le sang !!!!
guillermo
 
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Messagepar NOSOTROS » Samedi 24 Jan 2009 22:17

Oui, et sur le fond ?
Capitalismo delenda est
NOSOTROS
 
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Messagepar douddu » Dimanche 25 Jan 2009 19:02

guillermo écrit
ce quand on veux les imposser par la force , ce qui pour moi est le cas , la contremotion de montpellier na pasa ete voté car la motion de toulouse a été retire sur place , et meme ilya eu de la presion pour pas traiter la question , ca ete vraiement un show que je ne voyais pas depuis la recuperations des ag
de chomeurs en argentines par les politicards activistes de gauche .onh nous a meme menacé legalement !!!!


j'étais pas au congrés de Pau et dans le BI qui rapporte les propos des délégués ce que tu dis s'applique bien au discours tenu par ton syndicat (isére )

Au dernier congrés le SIPN (le syndicat de paris ) a été interdit de mandat par vote de tous les syndicats (ce qui est un mensonge ) . Donc la demande de motion du SIPN ne peut être prise en compte car le congés a déjà pris position dessus
Isére page 6 BI CNT AIT Nov 2008

visiblement vous connaissez bien le double langage

page 19 du même BI l'Isére déclare

"c'est statutaire si les syndicats le décident . les syndicats sont souverains "


Et bien tiens voilà une vision des statuts a échelle variable que nous ne connaissions pas encore . On peut alors se demander pourquoi l'Isre , et surtout Toi , déclaraient antistatutaires les syndicats ayant décidé de fonctionner en réseau .

Tiens , dans un mois il y a un CCN "statutaire" et dans l'ordre du jour pas un mot de l'immense crise sociale qui traverse le monde .

C'est un silence qui en dit long sur Toi et tes accolytes en termes de complicité avec le Pouvoir et vos propos crapuleux ne font que confirmer cette sale impression ......
douddu
 

Messagepar Paul Anton » Lundi 26 Jan 2009 11:10

Guillermo,

je suis d'accord lorsque tu dis qu'il ne s'agit pas que d'une simple question Pau-réseau : quel plan tactico-stratégique voulons nous affirmer (a fortiori une position politique) ?

- La résistance populaire autonome (dont l'expression organique est l'auto-organisation qui s'incarne dans les assemblées générales et les comités de lutte).

ou bien

- l'intersyndicale (signer avec les syndicats-réformistes), ce qui signifie à court terme une réunification avec les Vignoles.

Tu parles de solidarité et du respect des accords, etc ; mais ce sont des lieux communs et ils ne sont pas l'apanage des anarchistes, tout comme l'amitié et le bien. Ça ne définit en rien une position politique.

J'avoue que sur le congrès tes propos sont contradictoires. En effet, tu dis qu'il est organique tout en affirmant que c'était un peu n'importe quoi dans ton dernier post.

Salud y anarquía
"Salut Carmela, je suis chez FIAT ! Je vais bien... Si, si, nous pouvons parler tranquillement, c'est Agnelli qui paye !"
Paul Anton
 
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Messagepar Paul Anton » Lundi 26 Jan 2009 11:30

Pour se faire une idée...

Ces deux textes sont diamétralement opposés :


http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewt ... highlight=

LA CHARTE DE PARIS ADOPTEE AU CONGRES CONSTITUTIF DE LA CNT (Décembre 1946)

En présence de l'instabilité politique et financière de l'Etat français, qui peut à tout instant provoquer une crise de régime et, par conséquent, poser la question d'un ordre social nouveau par les voies révolutionnaires.
Le Congrès, en même temps qu'il se refuse à donner au capitalisme le moyen de se rééquilibrer, déclare que le syndicalisme doit tirer de cette situation catastrophique le maximum de résultats pour l'affranchissement des travailleurs.
En conséquence, il affirme que les efforts du prolétariat doivent tendre, non seulement à renverser le régime actuel, mais encore à rendre impossible la prise du pouvoir et son exercice par tous les partis politiques qui s'en disputent déjà âprement la possession.
C'est ainsi que le syndicalisme doit savoir profiter de toutes les tentatives faites par les partis pour s'emparer du pouvoir, pour jouer lui-même son rôle décisif qui consiste à détruire ce pouvoir et à lui substituer un ordre social reposant sur l'organisation de la production, de l'échange et de la répartition dont le fonctionnement sera assuré par le jeu des rouages syndicaux à tous les degrés.
En proclamant le sens profondément économique de la révolution prochaine, le Congrès tient à préciser essentiellement qu'elle doit revêtir un caractère de radicale transformation sociale devenue indispensable et reconnue inévitable aussi bien par le capitalisme que par le prolétariat.
Ce caractère ne peut lui être imprimé sur le plan de classe des travailleurs que par le prolétariat organisé dans les syndicats, en dehors de toute autre direction extérieure, qui ne peut que lui être néfaste.
C'est seulement à cette condition que les soubresauts révolutionnaires des peuples, jusqu'ici utilisés et dirigés par les partis politiques, permettront enfin d'apporter un changement notable dans l'ordre économique et social, ainsi que l'exige le développement des sociétés modernes.
En considération de ce qui précède, le Congrès déclare que les évènements prochains, en se déroulant dans l'ordre économique, vont poser les nouvelles conditions de vie des peuples et fixer avec une force grandissante et insoupçonnée les véritables caractères de la vie sociale. Cette vie sera l'œuvre des forces productrices et créatrices, associant harmonieusement les efforts des manœuvres, des techniciens et des savants, orientés constamment vers le progrès.
Ainsi se précisent logiquement les caractères de la transformation nécessaire.
Reprenant les termes de cette partie de la résolution d'Amiens qui déclare que le syndicat, aujourd'hui groupement de résistance, sera, dans l'avenir, le groupement de production et de répartition, base de la réorganisation sociale.
Le Congrès affirme que le syndicalisme, expression naturelle et concrète du mouvement des producteurs, contient à l'état latent et organique toutes les activités d'exécution et de direction capables d'assurer la vie nouvelle. Il lui appartient donc, dès maintenant, de rassembler sur un plan uniquement d'organisation toutes les forces de la main-d'œuvre, de la technique et de la science, agissant séparément, en ordre dispersé, dans l'industrie et aux champs.
En réunissant, dès que possible, dans un même organisme toutes les forces qui concourent à assurer la vie sociale, le syndicalisme sera en mesure, dès le commencement de la révolution, de prendre en main, par tous ses organes, la direction de la production et l'administration de la vie sociale.
Comprenant toute la grandeur et toute la difficulté de ce devoir, le Congrès tient à affirmer que le syndicalisme doit, dès maintenant, remanier son organisation, compléter ses organes, les adapter aux nécessités - comme le capitalisme lui-même - et se préparer à agir, demain, en administrateur et en gestionnaire éclairé de la production, de la répartition et de l'échange.
Il ne méconnaît pas l'extrême complexité des problèmes qui seront posés par la disparition du capitalisme. Aussi, il n'hésite pas à déclarer que le mouvement des travailleurs, qui ne recèle pas encore toutes les forces nécessaires à la vie sociale de demain, doit faire la preuve de son intelligence et de sa souplesse en appelant à lui tous les individus, toutes les activités qui, par leurs fonctions, leur savoir, leurs connaissances, ont leur place naturelle dans son sein et seront indispensables pour assurer la vie nouvelle à tous les échelons de la production.
N'ignorant pas les changements profonds qui sont survenus dans le domaine de la science et de la technique, que ce soit dans l'industrie ou dans l'agriculture, le Congrès, préoccupé des transformations nécessaires, n'hésite pas à faire appel aux savants et aux techniciens.
De même, il s'adresse aux paysans, pour assurer conjointement avec leurs frères ouvriers la vie et la défense de la révolution qui ne saurait s'effectuer sans leur concours éclairé, constant et complet. Le Congrès pense qu'ainsi se scellera, par un effort concordant, harmonieux et fécond, qui les rassemblera tous pour une même tâche de libération humaine, l'Union des travailleurs de la Pensée et des Bras, de l'industrie et des champs.
N'ayant pour unique ambition que d'être les pionniers hardis d'une transformation sociale dont les agents d'exécution et de direction ouvreront sur le plan du syndicalisme, les syndicalistes désirent que leur mouvement, vivant reflet des aspirations et des besoins matériels et moraux de l'individu, devienne la véritable synthèse d'un mécanisme social déjà en voie de constitution où tous trouveront les conditions organiques, idéalistes et humaines de la révolution prochaine, désirée par tous les travailleurs.
Demain doit être aux producteurs, groupés ou associés, en vertu de leurs fonctions économiques. L'organisation politique et sociale surgira de leur sein. Elle portera en elle-même tous les facteurs de réalisation, organisation, cohésion, impulsion et action.
De cette façon se dressera en face du citoyen : entité fuyante, instable et artificielle, le travailleur : réalité vivante, support logique et moteur naturel des sociétés humaines.
Le syndicalisme dans le cadre national
Son action générale
La Confédération Nationale du Travail affirme, dès sa constitution, qu'elle entend être exclusivement un groupement de classe : celui des travailleurs. Elle doit donc, en plein accord sur ce point avec la Charte d'Amiens, mener la lutte sur le terrain économique et social.
Véritable organisme de défense et de lutte de classe, elle est, en dehors de tous les partis et en opposition avec ceux-ci, la force active qui doit permettre à tous les travailleurs de défendre leurs intérêts immédiats et futurs, matériels et moraux. S'inspirant de la situation présente, elle déclare vouloir préparer sans délai les cadres complets de la vie sociale et économique de demain, dont elle tient à examiner tout de suite les caractères possibles et le fonctionnement général.
Au capitalisme - conséquence et résultante de la vie passée, adaptée et façonnée par les forces dirigeantes en dehors de toute doctrine comme de toute théorie - entrant dans le dernier cycle de son évolution historique, le Congrès entend substituer le syndicalisme, expression naturelle de la vie sociale des individus en marche vers le communisme libre.
Rejetant le principe du partage des privilèges chers aux défenseurs de l'intérêt général et de la superposition des classes qui est aussi celui de nos adversaires, le syndicalisme doit poursuivre sa mission qui est : de détruire les privilèges, d'établir l'égalité sociale. Il n'atteindra ce but qu'en faisant disparaître le patronat, en abolissant le salariat individuel ou collectif et en supprimant l'Etat. Il préconise à ce sujet la grève générale, l'expropriation capitaliste et la prise de possession des moyens de production et d'échange, ainsi que la destruction immédiate de tout pouvoir étatique.
Ses moyens d'action
Précisant sa conception de la grève générale, le Congrès tient à déclarer très fermement que ce moyen d'action conserve à ses yeux toute sa valeur, en toutes circonstances, que ce soit corporativement, régionalement, nationalement ou internationalement. Que ce soit pour faire triompher les revendications particulières ou générales, fédérales ou nationales, offensivement ou défensivement, pour protester contre l'arbitraire patronal ou gouvernemental, la grève, partielle ou générale, reste et demeure la seule arme du prolétariat.
En ce qui concerne la grève générale expropriatrice, premier acte révolutionnaire qui sera marqué par la cessation immédiate et simultanée du travail en régime capitaliste, le Congrès affirme qu'elle ne peut être que violente. Elle aura pour objectif :
1)de priver le capitalisme et l'Etat de toute possibilité d'action en s'emparant des moyens de production et d'échange et de chasser du pouvoir ses occupants du moment ;
2)de défendre les conquêtes prolétariennes qui doivent permettre d'assurer l'existence de l'ordre nouveau ;
3)de remettre en marche l'appareil de la production et des échanges, après avoir réduit au minimum
- pour la prise de possession - le temps d'arrêt de la production et des échanges ruraux et urbains ;
4)de remplacer le pouvoir étatique détruit par une organisation fédéraliste et rationnelle de la production, de l'échange et de la répartition.
Confiant dans la valeur de ce moyen de lutte, le Congrès déclare que le prolétariat, non seulement saura prendre possession de toutes les forces de production, détruire le pouvoir étatique existant, mais encore sera capable d'exploiter ces forces dans l'intérêt de la collectivité affranchie et de les défendre contre toute entreprise contre-révolutionnaire, les armes à la main, et de donner à l'organisation sociale la forme qu'exigera le stade d'évolution atteint par les individus vivant à cette époque.
Il déclare que le terme des conquêtes révolutionnaires ne peut être marqué que par les facultés de compréhension des travailleurs et les possibilités de réalisation de leurs organismes économiques, dont l'effort devra être porté au maximum.
Par là, le Congrès indique que la stabilisation momentanée de la révolution doit s'accomplir en dehors de tout système préconçu, de tout dogme, comme de toute théorie abstraite, qui seraient pratiquement en contradiction avec les faits de la vie économique qui doit nécessairement donner naissance à la vie politique et sociale exprimant l'ordre nouveau.
Proclamant son attachement indéfectible à la lutte révolutionnaire, le Congrès tient, pour bien préciser sa pensée, à déclarer qu'il considère la révolution comme un fait social, déterminé par la contradiction permanente des intérêts des classes en lutte, qui vient tout à coup marquer brutalement leur antagonisme en rompant le cours normal de leur évolution qu'il tend à précipiter.
En conséquence, il déclare que le syndicalisme (comme tous les autres mouvements) a le droit de l'utiliser, suivant ses desseins, pour atteindre le maximum des buts qu'il s'est fixé, sans confondre son action avec celles des partis qui prétendent, eux aussi, transformer l'ordre politique et social et préconisent pour cela la dictature prolétarienne et la constitution d'un Etat soi-disant provisoire.
En dehors de cette action essentielle, le Congrès déclare que, par son action revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l'accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d'améliorations immédiates, telles que : la diminution des heures de travail, l'augmentation des salaires, etc., il prépare chaque jour l'émancipation des travailleurs qui ne sera réalisée que par l'expropriation du capitalisme. En condamnant la "collaboration des classes" et "le syndicalisme d'intérêt général", le Congrès tient à déclarer que ce ne sont pas les discussions inévitables entre patrons et ouvriers qui constituent des actes de collaboration de classes. En ne voyant dans ces discussions qui résultent de l'état de choses actuel qu'un aspect de la lutte permanente des classes, le Congrès précise que la collaboration des classes est caractérisée par le fait de participer, dans des organismes réunissant des représentants des ouvriers, des patrons ou de l'Etat, à l'étude en commun des problèmes économiques dont la solution apportée ne saurait que prolonger, en la renforçant, l'existence du régime actuel.
Le syndicalisme dans la période pré-révolutionnaire
Considérant que dans la période prérévolutionnaire le rôle du syndicalisme est de dresser une opposition constante aux forces capitalistes, de diminuer le pouvoir patronal en augmentant celui du syndicat, le Congrès estime que ces résultats ne peuvent être obtenus que par l’introduction du contrôle syndical dans les entreprises capitalistes, par la création des comités et des conseils d’ateliers, d’usines, de bureaux, de chantiers, de gares, de ports, de fermes ou d’exploitations agricoles dans tous les domaines de la production.
En même temps que sera menée à bien la besogne de documentation, d’éducation technique et professionnelle en vue de la réorganisation sociale, sera enfin réalisé, dans les meilleures conditions, l’apprentissage de classe de la gestion.
En indiquant que les syndicats constitueront les cadres de la société nouvelle, le Congrès déclare qu’en ouvrant l’accès du syndicat aux techniciens et aux savants, ceux-ci s’y trouveront placés sur un pied de complète égalité avec les autres travailleurs. C’est de la collaboration intelligente et amicale de tous ces éléments que surgira le véritable Conseil économique du travail, qui aura pour mission de poursuivre le travail de préparation à la gestion des moyens de production, d’échange et de répartition et aura à charge, sous la direction des Congrès, de chercher les moyens les meilleurs pour faire aboutir les revendications ouvrières.
Rapport du syndicalisme avec les autres forces révolutionnaires
Le Congrès affirme à nouveau que le syndicalisme doit vivre et se développer dans l’indépendance absolue, qu’il doit jouir de l’autonomie complète qui convient à son caractère de force essentielle de la révolution. Par sa doctrine, ses buts, son action corporative et sociale, le syndicalisme s’affirme comme le seul mouvement de classe des travailleurs. Il est capable de réaliser, par lui-même, aux différents stades de l’évolution humaine, aussi bien le communisme organisé que le communisme libre.
Cela implique qu’il ne peut concourir à la poursuite des objectifs politiques affirmés par les partis et qu’il ne peut lier son action à la leur. L’affirmation sans cesse plus nette des buts poursuivis par les autres confédérations syndicales et leurs partis oblige la C.N.T à répudier toutes alliances avec ces forces sur le terrain révolutionnaire. En effet, s’il est encore possible de réunir dans une action corporative commune toutes les forces ouvrières groupées dans les différentes confédérations syndicales, il est indéniable que toute conjugaison de ces mêmes forces pour une lutte révolutionnaire apparaît inutile et vaine en raison de l’opposition fondamentale des buts que se sont assignés les diverses fractions du syndicalisme.
De toute évidence, cette incompatibilité d’action révolutionnaire s’étend "a fortiori" aux ententes avec les partis politiques ouvriers qui, tous, sans exception, veulent et c’est leur raison d’être - instaurer un Etat politique dont ils auraient la direction. Etat dont le syndicalisme-révolutionnaire proclame la nocivité et nie la nécessité.
En conséquence, le Congrès déclare que la C.N.T. ne peut unir ses efforts à ceux des autres confédérations syndicales que sur le terrain de l’action quotidienne. Il est d’ailleurs persuadé que l’unité de toutes les forces révolutionnaires se réalisera sur le terrain de classe, dans la phase décisive de destruction de l’Etat bourgeois et du capitalisme pour se continuer dans la période constructive, qu’elle se scellera par l’entrée de tous les travailleurs dans leur groupement naturel : le syndicat, organe complet de production, d’administration et de défense d’une société reposant exclusivement sur le travail, sa répartition, son échange, de la base au faîte de son édifice.
Le syndicalisme dans le cadre international
Considérant que, plus que jamais, les travailleurs ont pour devoir de se tendre la main par - dessus les frontières et de proclamer qu’ils appartiennent à une même classe - celle des exploités.
Le Congrès estime que, pour opposer un front unique, commun et irrésistible à la puissance capitaliste, les ouvriers doivent se réunir au sein d’un organisme international dans lequel ils retrouveront le prolongement de leur propre action de classe qu’ils engagent dans chaque pays, contre leur patronat respectif.
Il estime que la place d’un mouvement syndical basé sur la lutte de classes ne peut être que dans une Internationale qui accepte les principes suivants : autonomie complète, indépendance absolue du syndicalisme dans l’administration, la propagande, la préparation de l’action, dans l’étude des moyens d’organisation et de lutte future et dans l’action elle-même.
Ayant ainsi défini sa compréhension de l’action du syndicalisme-révolutionnaire sur le terrain national et international, le Congrès donne l’adhésion de la C.N.T. à l’Association Internationale des Travailleurs. Il proclame que cette internationale est la continuation logique de la Première Internationale, de même que la C.N.T est la continuation de la C.G.T. De 1906.
"Salut Carmela, je suis chez FIAT ! Je vais bien... Si, si, nous pouvons parler tranquillement, c'est Agnelli qui paye !"
Paul Anton
 
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Messagepar Paul Anton » Lundi 26 Jan 2009 11:33


http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewt ... highlight=

NOTE HISTORIQUE SUR LA FORA
(Traduction, préface et notes : Angel Rodriguez Sierra.)

On peut dater le début du mouvement ouvrier anarchiste argentin des années 1885, date à partir de laquelle se développèrent bon nombre de sociétés ouvrières. Très rapidement, l’idée d’une organisation ouvrière ouvertement truffée d’idéal anarchiste, développée par la quasi totalité des militants et relayée par une presse abondante (dont La Protesta), s’étendit de la capitale à l’intérieur de pays, entraînant la création de sociétés de résistance dans les principales villes de province.
En Mai 1901, une quarantaine de ces sociétés ouvrières établirent entre elles un pacte solidaire et constituaient ainsi la FORA. La référence à l’anarchisme constituait la pierre angulaire de cette organisation comme l’exprime la motion adoptée par le Congrès de 1905 : "Le Vème Congrès de la FORA déclare que non seulement il approuve mais qu’il recommande à tous ses adhérents, le plus amplement, la propagande et l’illustration par l’exemple des principes économico-philosophiques du communisme anarchiste."
Quelque uns des grands principes sur lesquels reposait la FORA sont synthétisés dans la présentation que cette organisation a envoyé au Congrès constitutif de l’Association Internationale des Travailleurs à Berlin en 1922 :
"D’esprit essentiellement anarchiste, la FORA ne peut concevoir d’autre système d’organisation que celui qui découle du fédéralisme le plus ample ... Ce système, d’après lequel tous les individus, groupements, unions, jouissent de leur ample liberté, non seulement évite un centralisme odieux et générateur d’un fonctionnement bureaucratique, mais a pour vertu de mettre en mouvement une infinité de groupes fédérés, intelligemment en relation entre eux. Il en résulte que les affaires de l’organisation se trouvent entre les mains du plus grand nombre possible de militants."
"La FORA ne voit dans le syndicalisme autre chose que ce qu’il peut être : un moyen qui, parce qu’il est aux mains des déshérités, se positionne face au régime d’iniquité actuel, mais un moyen qui, en dernier examen, est en quelque sorte un enfant de ce même régime. Créé dans les entrailles de la société bourgeoise, dans l’autoritarisme du monde ambiant, le syndicalisme est une arme, et, justement, parce qu’il est une arme, il peut servir autant la cause du bien que celle du mal (et nous sommes avertis que les armes se prêtent plus facilement au mal qu’au bien !)."
"Face aux voix qui réclament tout le pouvoir aux syndicats, la FORA, qui connaît tout le mal que constituent tous les pouvoirs, même lorsqu’ils sont aux mains de ceux qui préconisent une libération complète, réplique aucun pouvoir pour personne."
"Ces réserves faites, la FORA, et c’est la raison pour laquelle elle l’adopte, reconnaît dans le syndicalisme le seul moyen dont disposent les travailleurs pour faire face à l’exploitation démesurée du patronat et pour se défendre contre la tyrannie de l’Etat. Mais elle n’attend pas du syndicalisme plus que ce qu’il peut donner en tant qu’arme défensive. Elle reconnaît en lui le moyen le plus efficace pour que les travailleurs prennent conscience de leur propre force, pour qu’ils acquièrent la capacité des résister au pouvoir des privilégiés et pour que puisse se produire, dans un moment particulier, les événements qui matérialiseront la révolution."
"En résumant sa conception du syndicalisme, la FORA déclare :
1)Que le syndicalisme est la manifestation embryonnaire du principe de solidarité et le creuset dans lequel prennent forme les premières rébellions prolétariennes. C’est dans ce sens qu’elle l’adopte, comme moyen face à l’ordre régnant.
2)Que rien, pas même le syndicalisme, n’a le droit de s’attribuer un rôle de direction dans les périodes révolutionnaires.
3)Qu’une fois que la révolution aura aboli le système capitaliste et la domination étatique, les organes du syndicalisme n’auront plus aucun rôle."
S’agissant des partis politiques, "La FORA constate que tous les partis politiques, y compris ceux qui s’appellent d’extrême gauche sont des partis de gouvernement. Elle constate également que tous les gouvernements sont et seront nécessairement des ennemis de la liberté. Elle affirme donc que non seulement elle n’attend rien des partis politiques mais que, qu’elle que soit le contenu de leurs programmes, elle se place face à eux et les combat sans pitié, en tant qu’ennemis de la liberté et du peuple".
A partir de la constitution de la FORA, les luttes, sporadiques jusque là, prirent une ampleur croissante dans tous le pays. Forte d’un demi-million d’adhérents dans les années 20, la FORA fit trembler plusieurs fois le pouvoir sur ses bases et son importance dans l’histoire ouvrière est de tout premier plan : "Pendant les quarante dernières années, tout le progrès, toutes les avancées, toutes les conquêtes du monde ouvrier - et même la démocratie - ont été dues au mouvement prolétarien et paysan à la tête duquel se trouvait la FORA." (Juan Lazarte, 1933).
Ce mouvement, aussi original dans sa théorie et dans sa pratique que dangereux pour l’Etat et les patrons fit l’objet, de 1885 à 1930 où il démontra sa vigueur, d’attaques ininterrompues. Le pouvoir utilisa ses deux armes habituelles : la tentative de pourrissement de l’intérieur et la force brutale.
Dès les premières années de la FORA, les partis "de gauche", "les syndicalistes-révolutionnaires" et autres "apolitiques" pénétrèrent dans la FORA pour y semer la confusion idéologique, mener des campagnes de calomnie contre les "anarchistes dogmatiques" et plaider au nom des "réalités", des "revendications immédiates", de "l’unité de classe"... une "désanarchisation" de l’organisation. Leurs tentative de prise en main échouant, les politiciens et réformistes menèrent une série de scissions -suivies d’autant de tentatives de réunification - qui sous les noms les plus divers (Union Générale des Travailleurs en 1903, Confédération Ouvrière Régionale Argentine par la suite, Confédération Générale du Travail pour finir) avaient pour objectif d’affaiblir la FORA, de ramener les travailleurs vers les urnes, de concilier la classe ouvrière avec l’Etat.
Parallèlement, la répression se faisait de plus en plus terrible. On estime que plus de cinq mille militants de la FORA ont été abattus par les "forces de l’ordre" essentiellement dans les dernières années. Des dizaines de milliers d’autres ont été déportés (en Terre de Feu, l’équivalent de la Sibérie pour les révolutionnaires russes). Le total des peines de prison qui se sont abattues sur les militants de la FORA se chiffre à hauteur de 500 000 ans ! Les locaux de l’organisation ont été dévastés par la police, et les centaines de bibliothèques ouvrières qu’elle animait, incendiées. Les années de dictature qui suivirent le coup d’Etat du général URIBURU (6 septembre 1930) finirent de décimer les adhérents et réduisirent la FORA à de simples noyaux militants. L’expérience de la FORA, si elle garde en Argentine une aura historique, continue d’être totalement méconnue en Europe alors qu’elle constitue une des pratiques les plus riches de l’anarchisme international et que l’élaboration théorique à laquelle étaient parvenus ses militants pourrait largement servir de point de départ à un anarchisme du troisième millénaire.

I

Le deuxième thème du Forum International organisé par "La Protesta" [1] à l’occasion de son trentième anniversaire, soulève diverses questions relatives à la théorie et à la tactique de l’anarchisme en tant que philosophie humaniste et que mouvement révolutionnaire.
Une étude approfondie des problèmes aigus du moment serait sans doute du plus grand intérêt. Mais, nous nous limiterons ici à tenter un bref essai sur quelques aspects de l’anarchisme en soulignant tout spécialement l’erreur du "neutralisme syndical" et de "l’unité de classe", deux questions qui ont été des plus débattues ces dernières années dans les milieux révolutionnaires d’Europe et d’Amérique.
Il existe des anarchistes, et non des moindres, qui sont partisans des "organisations spécifiques" [2] et, qui néanmoins, n’acceptent pas qu’une organisation syndicale soit libertaire ! C’est cette contradiction qui nous amène à présenter ici le point de vue le plus répandu de l’anarchisme militant en Argentine.

II

Chaque jour, la position des anarchistes partisans des organisations spécifiques nous semble plus contradictoire : cet anarchisme élude les fondamentaux de la doctrine pour se fixer sur des facteurs secondaires. La contradiction de cette tactique n’apparaît pas seulement dans les faits ; elle finit par se manifester également dans la doctrine. Cette dernière devient tellement élastique que, tout en se voulant universelle, elle réussi le tour de passe-passe de faire abstraction de l’universalité des facteurs qui déterminent l’état des choses actuel !
La spécialisation des activités révolutionnaires en secteurs cloisonnés conduit à l’étroitesse dogmatique et à un anarchisme de secte, qui confond les effets avec les causes du mal-être social, et qui, forcément, ne donne pas naissance à des mouvements vigoureux, impulsés par les anarchistes.
Les idées ne doivent pas être élaborées simplement pour trouver des réponses aux questions ponctuelles d’un moment transitoire, mais aller vers l’élaboration d’une nouvelle conscience universelle. Pour cela, il est nécessaire que les anarchistes soient dans le peuple ; qu’ils puissent se faire les interprètes de sa douleur, de sa misère mais aussi de ses désirs collectifs.
Ce réalisme dans la propagande et dans l’action révolutionnaire peut-il dénaturer la substance philosophique de l’Anarchisme ? Certains prétendent que la "prolétarisation" de l’Anarchisme est un danger car les conceptions philosophiques, définies par nos précurseurs, seraient pratiquement inaccessibles à l’intellect de l’ouvrier manuel. Ils font semblant d’ignorer que les Bakounine, Kropotkine, Reclus, Salvochea, etc. ont popularisé eux-mêmes leurs idées dans le prolétariat et que la majorité des propagandistes anarchistes ont été ou sont des travailleurs ou se sont totalement identifiés à la classe des travailleurs.
La tendance à ne voir dans l’anarchisme qu’une philosophie, qu’une doctrine située au-dessus des préoccupations quotidiennes, qu’un principe inaccessible à la majorité, porte en elle la négation des valeurs éthiques de notre doctrine. Il n’est pas possible de parler de rénovation sociale en mettant de côté le prolétariat ou en le traitant comme un sujet d’étude, un animal de laboratoire. Les idées révolutionnaires doivent s’incarner dans l’âme populaire, traduire les aspirations collectives, embrasser l’ensemble humain, ses souffrances, ses infortunes et ses espérances.
La pratique de l’anarchisme "fractionné", qui élude le problème essentiel - la lutte contre le capitalisme et de l’Etat - pour centrer la critique sur des aspects précis du problème social (antimilitarisme, féminisme...), conduit souvent ceux qui emploient ce procédé à la négation de toute lutte sociale réelle. Il y a pourtant une base commune à tous les anarchistes : la lutte contre l’autorité, contre le système économique, qui génèrent la violence et l’oppression organisées. Comment méconnaître l’oppression économique, fait aussi réel que palpable ? Refuser d’intervenir dans les luttes ouvrières, en alléguant que le contact avec les masses ouvrières tâcherait la blancheur immaculée de l’idéal, c’est transformer l’anarchisme en un jeu philosophique, un simple sujet de littérature.
Il y a des courants anarchistes qui se spécialisent exclusivement sur un thème, et qui n’analysent les problèmes sociaux qu’au travers du filtre de leur spécialité. Par exemple, nous avons des individualistes qui exhibent leur "superhumanité" comme une décoration et qui portent un regard méprisant sur la vile racaille. Nous avons aussi des organisations spécifiques - antimilitariste, végétarienne, anti-alcoolique, rationaliste... - qui font passer l’avenir de l’humanité par la solution de "leur problème".
Nous ne nions pas l’importance que peut revêtir, en un moment donné et dans un milieu propice, l’exagération d’un des nombreux vices du système, et donc la systématisation de la propagande suivant un axe antimilitariste, antireligieux... Ce que nous combattons, en tant que déviation de la doctrine révolutionnaire, ce sont les dérives d’un certain anarchisme qui isole tel ou tel facteur, en ignorant que ce facteur se rattache à un phénomène social unique.
La synthèse du mouvement anarchiste peut facilement être trouvée dans la globalisation de tous les facteurs politiques, économiques et éthiques qui contribuent à donner sa physionomie à la cause unique, bien connue : l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est donc sur la base de cette réalité sociale globale, et non sur une des différentes facettes de cette réalité, que l’anarchisme doit définir le sens de sa propagande et de son action révolutionnaire. Et c’est parce que cette réalité est globale que nous pouvons être à la fois syndicalistes et anarchistes, c’est-à-dire œuvrer dans les luttes à caractère économique comme membres d’une organisation prolétarienne et, en même temps, propager dans le syndicat des idées qui amplifient le domaine de l’action dans le champ de la lutte de classe. Pour que ces deux tâches soient complémentaires, - pour que les nécessités quotidiennes ne l’emportent pas indéfiniment sur les préoccupations idéologiques - il faut porter nos principes dans le mouvement ouvrier et impulser la lutte des travailleurs dans un sens clairement révolutionnaire. Les syndicats orientés par les anarchistes doivent être en même temps des écoles, des groupes d’action, des centres culturels, ... regroupant toutes les aspirations qui convergent vers la solution du problème unique : la transformation de la société contemporaine.
Ce qui fait obstacle à cette conception, ce n’est pas tant les différences, de tempéraments, de goûts, etc. que l’absence dans le mouvement du niveau de compréhension nécessaire pour être capable d’appréhender le problème social dans sa globalité. Cet obstacle existe partout. En Europe, il constitue un rempart insurmontable, élevé par les anarchistes eux-mêmes dans le mouvement ouvrier.
La conception qui est la nôtre, en Argentine, d’un "mouvement ouvrier anarchiste" résulte de l’analyse du processus suivi durant un demi-siècle par les idées socialistes et de l’étude des luttes du prolétariat pendant cette même période. En Argentine, il n’y a pas de différence substantielle entre le syndicat et le groupe anarchiste ; les deux remplissent la même mission de propagande, même s’ils se gèrent de façon différente. Les syndicats sont constitués d’ouvriers d’un même métier, les groupes remplissent des fonctions de propagande là où, pour quelque raison que ce soit, l’organisation ouvrière n’existe pas. Mais, dès que cela est possible, le travail de prosélytisme anarchiste est fait directement par le syndicat, ce qui explique pourquoi la propagande doctrinale et l’action professionnelle des travailleurs se complètent.
Nous avons en notre faveur l’expérience d’un mouvement qui ne se fractionne pas en fonction des différents aspects du problème social, sans que pour cela il oublie de les prendre en compte. C’est cette expérience constructive qui inspire nos critiques contre l’anarchisme de chapelle et de secte, si en vogue dans la majorité des pays.
Est-ce que la clarification sur ce point n’amènerait pas les anarchistes à trouver la base commune de leurs activités futures ?

III

Quand nous signalons l’importance, pour l’anarchisme militant, du retour à l’activité dans le mouvement ouvrier, nous exprimons le souhait de reprendre le combat là où s’interrompit la tradition révolutionnaire de la Première Internationale. Nous ne faisons pas référence au concept classiste qui anima cette première tentative d’union fraternelle entre toutes les victimes du joug capitaliste. Ce que nous revendiquons dans l’Internationalisme d’il y a un demi-siècle, ce n’est pas la force instinctive qui lui a donné des apparences révolutionnaires, mais très précisément la doctrine qui amena des orientations idéologiques à ce regroupement d’individus dont le point de départ était la satisfaction des nécessités les plus urgentes. Cela veut dire que nous voyons en Bakounine l’interprète d’une conception opposée à la doctrine marxiste et à la tendance manifestée par les socialistes autoritaires de subordonner les problèmes éthiques au facteur économique.
Nous considérons cependant que le bakounisme n’est pas une doctrine achevée. C’est sur la base de l’esprit subversif de Bakounine et non par rapport à l’éventail de ses conceptions tactiques - répondant presque toujours au caractère transitoire des phénomènes sociaux - que nous devons construire l’Internationale et notre propagande dans le mouvement ouvrier. Il est intéressant dans cette perspective de souligner que l’échec de la Première Internationale était un événement inévitable, indépendant des luttes personnelles qui l’agitèrent pendant sa courte existence. Même sans l’inimitié entre Marx et Bakounine, la scission se serait produite entre les autoritaires et les libertaires. Ils étaient dans les mêmes organisations, mais sans avoir entre eux un véritable lien de solidarité.
La politique unitaire de la Première Internationale ne peut plus être appliquée aujourd’hui. L’évolution idéologique du prolétariat ne s’est pas faite conformément à ce que prévoyait dans sa rigidité le dogme marxiste, mais a eu des manifestations éthiques diversifiées. Dans l’enfance du socialisme, il a pu être facile d’organiser la classe ouvrière sous un même drapeau. Seule existait une conception classiste rudimentaire - qui était plus un désir d’amélioration économique qu’un espoir conscient d’émancipation sociale. Pour parer à cela, certains ont proposé de faire du syndicalisme une doctrine intermédiaire, équidistante du marxisme et de l’anarchisme. Mais, l’ouvrier ne peut être une chose quand il mange et une autre quand il pense ! D’autant que, c’est un fait prouvé, les "intérêts de classe" qui justifieraient une telle union n’émergent qu’à partir du moment où une minorité consciente parvient à leur donner une expression.
Le mouvement ouvrier suit un processus parallèle à l’évolution de la société. La réalité économique, par ce qu’elle impose quotidiennement aux esclaves du salariat, amène la classe ouvrière à ajuster son action aux impératifs monstrueux de l’économie. Mais, le fait que les travailleurs s’organisent en fonction de la structure économique du capitalisme ne veut pas dire que c’est dans ce modèle organisationnel que se trouve le modèle, l’objectif de la révolution !
Même si les besoins et les espoirs d’amélioration immédiate des hommes soumis à la même dure loi du salaire sont strictement communs, même si tous les travailleurs sont organisés sur le terrain de la lutte de classes, même s’ils luttent avec la même passion, ressentent la même haine pour l’exploitation et la tyrannie... Quand se pose la question "comment abattre cette tyrannie", les divergences surgissent immédiatement. Le socialiste essayera toujours d’éviter des conflits graves : il proposera des mesures de conciliation, des arbitrages, des lois "protectrices", des transactions humiliantes. L’anarchiste, au contraire, soulignera la nécessité de poursuivre directement la lutte - tant qu’il y a de l’énergie pour cela -, et pas seulement contre l’exploiteur direct - le patron au centre d’un conflit en cause - mais aussi contre les lois qui protègent son avarice, contre l’autorité qui protége les exploiteurs. Et il reste encore la tendance intermédiaire : le syndicalisme de classe qui se veut neutre, car il serait au-dessus des idéologies. Quelle attitude ont les "syndicalistes" face aux conflits sociaux ? Ils cherchent toujours une solution acceptable, adaptée à l’apparence des "contingences économiques" du moment, de peur de contredire "la réalité". Les tendances syndicalistes, nées de la théorie neutraliste, ont fini par coller aux aspects les plus passagers de la réalité économique.
Ces faits nous amènent aux conclusions suivantes : une tactique unique au mouvement ouvrier n’est pas possible, et il est encore moins facile de trouver une base commune aux tendances qui divisent aujourd’hui le prolétariat. En particulier, nous affirmons que le syndicalisme échoue en tant que doctrine, en tant que principe classiste se voulant au dessus des tendances.
Actuellement, sur le plan international, le socialisme se divise en trois tendances bien définies : la FSI d’Amsterdam, l’ISR de Moscou, l’AIT de Berlin, qui correspondent à la social-démocratie, au communisme bolchevique et à l’anarchisme. La division idéologique du prolétariat ne se résume pas à ses trois internationales. D’autres tendances autoritaires, politiques et confessionnelles, comme le cléricalisme et le fascisme, dominent une part du prolétariat... sans que la "conscience de classe" révèle aux esclaves du salariat les mensonges des démagogues, des partis et des églises !
Rappelons que, dans des pays comme la Hollande et l’Allemagne, toutes sortes d’organisations idéologiques - catholiques, protestantes, socialistes, bolcheviques, anarchistes, syndicalistes... - sont présentes dans le mouvement ouvrier. Peu ou prou, elles reposent toutes sur la notion de lutte des classes. Pourtant, elles ne coïncident pas entre elles, ni en ce qui concerne leurs théories, ni leurs tactiques ni leurs actions. Quelle valeur pouvons-nous alors accorder à ceux qui prêchent l’unité ouvrière au-dessus des hommes et des idées ?
Il n’est pas nécessaire de chercher d’autres exemples en Europe pour démontrer la tromperie de la politique unitaire. Dans les Amériques, toutes les nuances du mouvement ouvrier sont également représentées. Le courant internationaliste s’exprime dans deux tendances principales : autoritaire et libertaire.
Nous, anarchistes d’Argentine, luttons pour donner au mouvement ouvrier une traduction anarchiste. Nous ne nous obstinons pas à méconnaître la réalité ou à tordre les faits pour qu’ils correspondent à de vagues chimères unitaires. Nous n’avons pas non plus une politique de conciliation envers les ennemis occultes ou déclarés de l’anarchisme. C’est pour cela, qu’outre le danger capitaliste, nous soulignons la dangereuse tendance que constitue l’autoritarisme marxiste ainsi que la propension des syndicalistes neutres à confondre le fond du problème avec ses aspects contextuels.

IV

Il est indiscutable qu’il existe une tendance marxiste, prédominante dans le mouvement ouvrier, qui s’exprime avec une phraséologie subversive et assume très souvent, sous la pression des événements, les aspects les plus aigus de la lutte des classes. Cette tendance n’a pas de signe extérieur permettant de la reconnaître. Généralement elle se confond avec les courants révolutionnaires du syndicalisme. C’est d’autant plus facile qu’elle masque habilement ses objectifs politiques (en particulier l’activité parlementaire) pour obtenir, l’adhésion des travailleurs syndiqués. De ce fait le double jeu des disciples de Marx n’est pas toujours facile à dévoiler.
Cependant, la critique du socialisme parlementaire est aisée. Elle se fonde sur l’analyse des pratiques socio-réformistes et sur l’expérience qui démontrent sa stérilité. Mais le marxisme ne se trouve pas seulement dans les parlements et le parlementarisme. Nous pourrions dire que c’est dans les organisations ouvrières que la doctrine du matérialisme historique s’exprime avec le plus de force, d’autant qu’elle se calque sur la centralisation industrielle. Sur cette base elle développe dans le prolétariat une mentalité qui s’enchâsse parfaitement dans la mentalité capitaliste. La sujétion de la classe laborieuse aux facteurs matériels correspond parfaitement à la doctrine autoritaire : elle transforme le salarié en un engrenage inconscient de la machine économique, tout en faisant du régime actuel une conséquence naturelle du déroulement de l’histoire.
De la "réalité historique" ainsi conçue découle le fatalisme selon lequel le processus d’extension et de centralisation industriels "ne peut être cassé par les travailleurs" quelle que soit leur volonté consciente et de la force de leurs organisations. Le mouvement ouvrier, au lieu de constituer le pôle opposé du développement capitaliste, devient ainsi la conséquence de ce dernier. C’est pourquoi les organisations ouvrières sont sujettes, d’après les disciples de Marx, à des lois inexorables qu’elles ne peuvent pas abolir.
En théorie, ceux qu’on appelle les "syndicalistes-révolutionnaires" n’acceptent pas les pratiques réformistes des marxistes. Mais, dans les faits, ils se trouvent d’accord avec eux : non seulement ils subordonnent le mouvement ouvrier au processus de centralisation capitaliste, mais encore ils soutiennent que les syndicats doivent conserver la neutralité idéologique la plus absolue. Le syndicalisme unitaire (qui "se suffit à lui-même", qui comprend l’action du prolétariat comme une lutte d’intérêts économiques et qui fait reposer tout le changement social sur le remplacement des maîtres actuels) a finalement la même pratique que les tendances autoritaires dans leur conception primitive.
Les chefs syndicaux socio-réformistes, prétendent eux aussi que les syndicats doivent écarter les questions politiques. Cependant, ils ne renoncent pas pour autant à leurs finalités politiques lorsqu’ils gèrent les syndicats !
Voici comment les théoriciens marxistes posent le problème de l’industrialisation du mouvement ouvrier :
"Il est connu, d’après Marx, que l’association ouvrière moderne est une conséquence nécessaire de l’apparition de la grande industrie, laquelle suit un processus de développement qui la conduit à une concentration chaque jour plus grande. La forme de l’organisation ouvrière doit être déterminée par la forme de l’organisation industrielle. C’est un fait qui peut difficilement être discuté aujourd’hui. Il est fréquent, dans les milieux ouvriers et comme thème de propagande, d’exagérer ce principe en invoquant, pour stimuler l’organisation des prolétaires, les succès obtenus par les organisations de résistance patronales face aux revendications ouvrières."
Pour les marxistes, le mouvement ouvrier n’est pas indépendant du processus de développement capitaliste - des conflits industriels provoqués par la concurrence et des crises subséquentes provoquées par la spéculation. Pour eux, en incluant sous cette étiquette même ceux qui ne participent pas aux activités parlementaires, ce qui est important, c’est de diriger la machine étatique. Le marxisme économique, qui se pose en ennemi de la conquête politique, accepte ce point de départ comme nécessaire au perfectionnement des organisations ouvrières : "Ici et là naîtront différentes usines qui, peu à peu, ressentiront la nécessité de se mettre en relation pour résoudre des problèmes communs : acquisition de matières premières, machines, conquêtes de marchés, etc. A ce stade de développement industriel correspondra approximativement une organisation constituée par un organe national centralisé, faible et indifférencié, chargé de modeler progressivement l’organisation dans son ensemble au fur et à mesure que ses exigences deviendront plus grandes et ses conflits plus complexes. Au fur et à mesure que la concentration industrielle progresse, l’organisation ouvrière devra aussi progresser en complexité, en spécialisation dans les fonctions, en concentration et unification de sa vie organique. A la concentration d’une industrie, peu différenciée regroupant divers métiers, devra correspondre à peu près dans l’organisation ouvrière la formation de Fédérations nationales de métiers, en tant qu’organes plus perfectionnés des syndicats isolés dans l’organisation nationale. A la concentration d’une grande industrie différenciée en métiers divers devra correspondre dans l’organisation ouvrière l’apparition de Fédérations nationales d’industrie, capables de résoudre, du point de vue ouvrier, les problèmes que les grands propriétaires résolvent du point de vue du capital."
Voilà la synthèse du point de vue de la tendance marxiste, qui prédomine dans le mouvement ouvrier. Et, même si cela peut paraître étrange, beaucoup d’anarchistes et de syndicalistes, amourachés de grandes corporations, d’armées ouvrières disciplinées, du monstrueux progrès industriel et des révolutions vouées à l’échec (qui entendent créer la société nouvelle dans la coquille de la vieille), l’acceptent.

V

Nous ne comprenons pas cet anarchisme qui se veut "historique et scientifique" et qui se différencie seulement des théories marxistes par son opposition à l’Etat en tant qu’entité politique. La théorie du syndicalisme-révolutionnaire apolitique n’exprime pas avec assez de clarté les objectifs d’une révolution sociale. En effet, on peut combattre l’Etat sous sa forme historique actuelle, s’opposer à la propagande réformiste des social-démocrates, nier l’efficacité des lois et même faire une critique acerbe du parlementarisme sans que tout cela suppose nécessairement une attaque de fond contre le système Etatico-capitaliste. Si, sur le plan politique on nie l’efficacité des tactiques marxistes mais que, sur le terrain économique on accepte ces mêmes tactiques, comment peut-on élaborer un mouvement révolutionnaire capable de se libérer du cercle vicieux dans lequel tournent actuellement tous les partis ouvriers ? Et, si on pense que le prolétariat est seulement le résultat d’un processus social qui se réalise sans qu’il ait besoin d’intervenir - si ses idées sont le fruit de la nécessité et si toutes ses actions sont commandées par le facteur économique - comment les anarchistes pourraient-ils rompre le cordon ombilical qui attache la classe ouvrière au ventre de la bourgeoisie ?
Pour les socialistes, les marxistes, à la centralisation du pouvoir économique doit répondre la centralisation du pouvoir politique. C’est là la clef de la "science historique" de Marx. C’est de là qu’ils préconisent la nécessité pour la classe ouvrière de conquérir l’Etat car, de cette conquête découlerait ce qu’ils appellent la direction de l’économie, la socialisation du capitalisme. Il s’agit clairement d’un sophisme sociologique, dont les faits montrent l’inanité, puisque le "gouvernement du prolétariat" - en fait, le gouvernement du parti politique qui exerce le pouvoir en son nom - appelé également gouvernement du peuple par le peuple est en fait le despotisme d’une minorité qui s’appuie sur la passivité de la majorité exploitée et tyrannisée.
Nous avons parlé de la logique marxiste qui, même si cela n’est pas toujours le cas dans les faits, exprime, au moins dans sa théorie, des préoccupations matérialistes. Mais, que penser de l’erreur dans laquelle tombent beaucoup d’anarchistes qui, à la fois, plaident pour la destruction de "l’Etat politique" et défendent - en l’appelant évidemment d’une autre manière - un "Etat économique ?"
Mais précisons d’abord le sens de ces deux expressions que d’aucuns considèrent comme équivalentes. Par "Etat politique", nous entendons un ensemble de lois qui imposent aux populations un "contrat social" fort coûteux pour elles. Par "Etat économique" nous entendons l’ensemble de l’organisation constitutive du système capitaliste capable de perdurer et de survivre, malgré les réformes et les révolutions politiques. Nous voulons dire par là que l’organisation sociale peut être détruite, la phase historique actuelle de l’Etat peut être abolie, la bourgeoisie expropriée et l’exploitation privée éliminée, sans que ces changements matériels soient le signe de la chute définitive du capitalisme.
L’URSS nous offre l’exemple de cette persistance de l’organisation capitaliste après la défaite de la bourgeoisie. On pourrait penser que le retour au capitalisme a été simplement permis par l’Etat, conservé par les bolcheviques. En fait, c’est bien plus que de cela dont il s’agit : ce qu’on observe en Russie, c’est un développement tout à fait exceptionnel du capitalisme, très embryonnaire jusque-là. En réalisant ce développement, la dictature du prolétariat trouve les conditions qui justifient sa persistance. On notera que dans ce cas, contrairement à la théorie marxiste, ce n’est donc pas le capitalisme qui donne naissance à la classe ouvrière.
Nous soutenons que l’assujettissement des organisations ouvrières au processus capitaliste et plus particulièrement au centralisme industriel, loin de faciliter la découverte de solutions économiques permanentes par le prolétariat, tend à transformer les salariés en esclaves volontaires d’un régime qui devient ainsi pour eux nécessaire bien qu’il soit absurde. Quant à l’action politique des peuples, subordonnée qu’elle est aux impératifs économiques, elle se réduit à changer les castes qui nous gouvernent, elle entend la révolution comme un coup de force qui détruit les systèmes juridiques anciens pour les adapter aux "nouvelles nécessités" économiques. Mais, que signifie pour le prolétariat mettre en phase le régime politique avec le régime économique ? Au mieux, de se transformer lui même en classe directrice et administratrice dans l’espoir que le capitalisme rende cette fonction historique compatible avec ses besoins !
Employer deux stratégies contradictoires pour combattre une même injustice et un même mal est une erreur. Il n’est pas possible de parvenir à détruire un Etat politique en laissant en place un Etat économique, car c’est ainsi qu’il faut l’appeler, même si les gouvernements accommodent en fonction de leurs exigences les structures de la société et régulent par des lois le fonctionnement des organes capitalistes.
Quand un gouvernement tombe, un autre le remplace promptement. C’est sur la base des intérêts et des ententes individuelles que les castes gouvernantes, avec l’appui de catégories variées de privilégiés, se relayent au pouvoir. Qu’importe si une situation révolutionnaire donne au prolétariat l’initiative de constituer le gouvernement, puisque, dans cette théorie, il procède, sur un critère de classe, à l’élection des administrateurs de la chose publique, ce qui les oblige en premier lieu à maintenir la machine économique en fonctionnement. C’est ainsi que, "révolutionnairement", l’Etat est restauré sur les bases du capitalisme, car la mentalité syndicaliste ne conçoit pas d’autres solutions, car elle les trouve extérieures à "l’ordre naturel des choses", c’est-à-dire aux besoins créés par le régime du salariat, de l’exploitation sur une vaste échelle, de l’économie régie par la loi de l’offre et de la demande, du monopole et du commerce.
Il faut donc que nous posions cette question : est-il possible d’arriver au communisme par le capitalisme ? Il n’y a pas un seul anarchiste qui soutiendra une telle absurdité.
Pour élaborer, dès à présent, les fondements éthiques et économiques de la société communiste libertaire, il est nécessaire de détruire chez les travailleurs l’esprit et les habitudes de l’esclavage, le culte de la loi, le respect des représentants du principe d’autorité. Et, les anarchistes qui appliquent au mouvement ouvrier les théories "scientifiques" de Marx en soutenant que la subordination du syndicalisme aux différentes étapes de développement capitaliste est une nécessité révolutionnaire inévitable, ne peuvent que très mal y parvenir. Pour parvenir au communisme anarchiste, il sera nécessaire de détruire l’organisation capitaliste et toutes ses copies révolutionnaires.

VI

Il n’y a rien de plus opposé à la réalité du mouvement ouvrier révolutionnaire que la théorie unitaire. Le concept d’unité ouvrière exprime l’amalgame d’hommes liés par nécessité et par un précaire instinct de défense. Elle serait un fait si chaque individu dépendait d’un intérêt commun et dépasserait les passions et les égoïsmes particuliers. Mais, comme le progrès social est caractérisé par les particularités, ou plus exactement par l’individualisation, comme il se déroule moyennant un développement partiel des capacités et pas en suivant un processus uniforme de sélection de classe, il en résulte que les classes économiques ne rentrent pas exactement dans les petites cases prévues par les théologiens marxistes.
L’unité ouvrière est une thaumaturgie qu’expliquent à leur manière les différents apôtres de la révolution classiste. Si l’individu est le résultat du milieu social dans lequel il vit, ces idées et sa volonté propre n’œuvrent pas comme déterminants pour le progrès humain. Nous admettrons clairement que les contingences économiques seules déterminent l’action de l’homme qui sera dans ce cas inconsciente ou produite par des causes ignorées. Cette métaphysique matérialiste ne nous convainc pas. Quelle valeur a pour la marche du monde cette pulsion purement instinctive, "biologique", qui serait le seul déterminant de l’organisation ouvrière ? L’homme lutte pour son pain, pour la satisfaction de ses besoins, certes. Mais, dans cette lutte, il y a presque toujours une impulsion altruiste : le désir d’assurer leur pain à tous les hommes. C’est ce qui explique le mobile de la révolte, qui va bien au-delà de la couverture des besoins urgents et de la division de classe.
En conséquence, nous constatons que la politique d’unité ouvrière - essence du classisme - cache des projets de subordination du mouvement ouvrier à l’autorité des chefs politiques qui agissent tout autour de la sphère syndicale. Ceux qui exploitent les revendications du prolétariat à des fins électorales, ont déclaré la guerre aux idéologies qui affichent clairement leurs projets. Et, cependant, ils appliquent leur propre idéologie aux organisations prolétariennes tombées sous leur contrôle.
Si nous, anarchistes, nous parlons aussi de lutte de classes, c’est pour souligner la réalité du contraste qui existe dans les conditions intellectuelles, éthiques et économiques des hommes qui constituent une même société mais qui sont séparés par un antagonisme irréductible d’intérêts et de privilèges. Mais, si, à cause de cela, nous prétendions donner un fondement à une théorie classiste, subordonnée au développement économique du capitalisme, nous tomberions dans l’erreur d’attribuer des valeurs révolutionnaires au mécontentement passager des affamés. Nous ne méconnaissons pas l’importance, pour l’évolution des peuples, de la faim, des épidémies et de la guerre. Ce que nous nions, c’est qu’il se constitue un processus évolutif linéaire, lié à ses phénomènes, indépendamment de toute idée. La misère, peut soulever une population, mais elle peut en écraser une autre. La guerre, peut provoquer une révolte chez un peuple, mais épuiser ses voisins. Et il y a des tremblements de rage, des secousses d’énergie, d’irrépressibles besoins qui conduisent les hommes au désespoir et à la paralysie et non à la révolution.
De plus, deux révolutions provoquées par la conquête du pain peuvent suivre deux voies divergentes. Il n’existe pas de parallélisme entre les mouvements de la classe ouvrière dans tous les pays, même entre ceux qui semblent proches sur le plan social et économique, parce que des facteurs idéologiques, qui prévalent sur les intérêts immédiats, modifient les orientations révolutionnaires.
Les différences entre les différents secteurs du mouvement ouvrier sont de plus en plus marquées. Le processus de différenciation idéologique, qui détermine la conduite des individus, s’observe même dans leurs journaux de propagande, qui limitent pourtant leurs propos à "des objectifs immédiats". Tous les travailleurs auraient-ils les mêmes besoins, souffriraient-ils des mêmes injustices, dépendraient-ils du même maître ... Ils n’ont pas tous la même culture, les mêmes capacités, les mêmes idées. Conséquence logique : c’est sur le terrain des interprétations que le problème se pose, pour déterminer par quel chemin il faudra mener l’action collective pour mettre fin au règne de l’exploitation et de l’opprobre.
C’est en fonction de ces interprétations - pas tant sur le "pourquoi" de l’exploitation mais sur le "comment" y mettre fin - que les différents courants du mouvement ouvrier définissent leur doctrine particulière. L’équivalence des intérêts n’est pas égale à l’équivalence des opinions, des idées, des volontés. Ces dernières sont toujours supérieures aux premières car l’homme qui lutte est plus inspiré par ce qu’il pense que par ce qu’il sent. Cela veut dire qu’une masse de malheureux peut suivre, sous l’impulsion de ses besoins immédiats, une trajectoire révolutionnaire. Mais elle l’interrompt, la fait stagner, la paralyse aussitôt que ce besoin purement physique est satisfait. A l’inverse, une minorité consciente n’abandonne pas la lutte parce qu’elle a obtenu la satisfaction d’un objectif immédiat, au contraire, elle base sur cette réussite une stratégie dirigée vers l’émancipation totale.
Ces divergences de motivations et d’objectifs expliquent la désagrégation des conglomérats syndicaux unis "organiquement" par une discipline. Mais posons-nous la question : la variété et les différences que les idées introduisent dans le mouvement ouvrier sont-elles un mal ? Il est des anarchistes qui s’obstinent à ignorer ce fait naturel en soutenant comme "nécessaire par force" la conjonction de toutes les énergies du prolétariat dans un organisme représentatif de la classe. En réalité, ceux qui pensent ainsi se nient en tant qu’individus et s’excluent du processus qui détermine l’évolution véritable du mouvement révolutionnaire.
Les différents courants du mouvement ouvrier représentent, sur la scène de ce qu’on appelle la lutte des classes, une variété de motivations révolutionnaires, de degrés de conscience, d’états idéologiques. Et les travailleurs apportent à la lutte des opinions, des initiatives, des idées qui divergent de l’uniformisation classiste ... et cela, parce que l’interprétation des problèmes sociaux n’est pas identique pour un catholique et pour un socialiste, pour un autoritaire et un libertaire, pour un individu passif ou pour un rebelle.

VII

Les considérations qui précédent nous conduisent à une révision partielle de la tactique anarchiste, du moins en ce qui concerne l’attitude de la majorité des militants libertaires présents dans le mouvement ouvrier.
On nous dira que notre mouvement embrasse l’universalité des problèmes que posent à l’homme les expériences successives de vie sociale, et que, par tant, il n’est pas possible de fixer en un principe stable l’ensemble de l’idéologie révolutionnaire. Nous pourrions ajouter pour notre part que la force de l’anarchisme se trouve dans sa variété de nuances, d’interprétations, de tempéraments. Mais, sans méconnaître les préférences de chaque individu dans le travail éducatif des masses, dans l’activité de prosélytisme, n’est-il pas possible de définir une méthode de propagande et d’action pour la conduite de tous les anarchistes en ce qui concerne l’œuvre collective ?
Nous ne pouvons pas exiger de l’individualiste qu’il accepte des compromis d’ordre collectif - puisque cela blesse son individualité ... De même, nous ne pouvons réclamer l’aide des groupes anti-syndicalistes pour faire de la propagande qui a comme objet immédiat l’organisation du prolétariat. Mais nous pourrions compter avec l’appui moral des uns et des autres, qui consisterait, dans ce cas, à renoncer à leurs hostilités et à leurs tentatives de détruire ce qui, finalement, n’exige d’eux aucun sacrifice.
Que les différentes interprétations de l’anarchisme s’entrechoquent sur le terrain de la pratique - champ d’expériences des théories révolutionnaires - est tout à fait explicable. Face au bolchevisme tous les anarchistes sont d’accord. Il s’agit de combattre la dictature, la restauration de l’Etat, le centralisme bureaucratique et le retour vers le régime capitaliste en Russie. Mais, face au social-réformisme, l’accord n’est déjà plus aussi complet pour lui opposer une conception révolutionnaire et une force bien définie capable de limiter ses pillages. La majorité des compagnons d’Europe reconnaît la nécessité de prendre en compte le vieux litige entre autoritaires et libertaires mais continue de penser que le syndicat sera un champ neutre par rapport aux différentes tendances, qui ne sera subordonné à aucune des idéologies qui donnent le ton à la lutte sociale. Le syndicalisme, disent-ils, est exclusivement économique et doit se dédier, en marge des influences politiques qui lui sont étrangères, à l’impératif de la nécessité. Cette erreur tactique, qui laisse le prolétariat à la merci des aventuriers politiques et des fonctionnaires syndicaux élimine les anarchistes en tant que facteur d’influence dans les orientations d’un mouvement ouvrier que les politiciens du socialisme utilisent pour leurs besoins électoraux.
A cette opinion, généralement acceptée par les anarchistes de la majorité des pays, nous opposons la tactique du mouvement ouvrier à orientation libertaire. En quoi consiste notre globalisme révolutionnaire ? Dans la propagande révolutionnaire, dans le cas général, nous ne faisons pas de différences entre l’ouvrier et l’employé, le travailleur manuel et l’intellectuel. Nous ne considérons pas que le facteur économique détermine de par lui-même la révolte du prolétariat et, encore moins, qu’il le rende capable de mener une lutte émancipatrice. Nous reconnaissons l’importance de ce facteur, mais sans lui subordonner l’ensemble des autres facteurs qui contribuent à faire de l’être humain une entité pensante. D’un autre côté, si dans les domaines politique et économique tous les maux sociaux sont étroitement en relations, si toutes les injustices découlent d’un même principe et trouvent dans l’Etat leur personnification historique, pourquoi s’obstiner à isoler les différents effets d’une même cause et appliquer différents remèdes aux symptômes d’une maladie universelle ?
En répétant la tactique des social-démocrates et en se situant sur le plan politique, ceux qui recherchent des remèdes partiels à un mal historique ne font autre chose que de tomber dans le cercle vicieux du marxisme. Au lieu d’embraser l’ensemble des problèmes sociaux dans un mouvement révolutionnaire global, ce que nous faisons, ils ont créé autant de mouvements que la question sociale offre d’aspects ! Cette parcellisation nous a amené à la désagrégation actuelle de nos forces, affaiblissant l’anarchisme face à l’ennemi commun.
Il faut réagir contre cette désagrégation des forces et des volontés. L’anarchisme peut trouver une base d’action globale, sans que pour cela les animateurs des différentes particularités idéologiques renoncent à leur point de vue, si l’esprit libertaire anime et impulse la lutte de ceux qui ont fait leur la cause de la liberté et de l’émancipation du prolétariat.

VIII

Pour les révolutionnaires d’il y a un demi-siècle, il était relativement facile de trouver au mouvement ouvrier une base commune d’action. La devise de la Première internationale, "Travailleurs de tous les pays, unissez-vous", constituait en soi un ample programme d’action. Le socialisme, qui était l’idéal de toute une classe, n’avait pas encore été corseté par les formules "scientifiques". Les intérêts immédiats unissaient tous les travailleurs organisés, en fonction d’un objectif commun. Et la Révolution, comprise comme un coup de force dirigé contre les capitalistes, représentait l’ensemble des intérêts économiques identifiés grâce au contraste social et à la pression des antagonismes entre exploités et exploiteurs.
Avec l’évolution des idées, les méthodes de lutte ont changé. La devise "L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes", bien qu’elle constitue le leitmotiv du socialisme, a perdu sa force initiale de suggestion. Les travailleurs peuvent chercher leur émancipation par des méthodes directes, révolutionnaires, mais, selon les théoriciens marxistes, ils y parviendront plus facilement et à moindre coût en exerçant leur citoyenneté, en envoyant des députés au parlement, en utilisant la crise du capitalisme pour prendre progressivement le pouvoir... Cette tactique, fruit d’une théorie autoritaire qui a des millions d’adeptes, influe puissamment sur l’orientation du prolétariat et paralyse les forces révolutionnaires par l’illusion démocratique.
Quoiqu’on en dise, le syndicalisme - qualifié de neutre ou de révolutionnaire - n’est pas une doctrine. C’est un moyen d’action, fonction du processus social d’un peuple, qui prend dans les différentes écoles socialistes les méthodes de propagande et le programme de ses possibles réalisations.
Si nous synthétisons notre pensée, nous parvenons aux conclusions suivantes :
Nous préférons l’organisation syndicale au groupe spécifique, non pas par le simple fait qu’elle soit "ouvrière" mais bien plus parce qu’elle réussit à attirer dans son cercle d’influence un plus grand nombre d’individus et offre ainsi un champ plus grand à l’action révolutionnaire. Nous rejetons le dogme réformiste selon lequel le syndicalisme n’admet pas d’autres luttes que celles dictées par les intérêts immédiats des salariés et nous concevons au contraire l’organisation prolétarienne comme un mouvement global du peuple. De la sorte, l’anarchisme cesse d’être une doctrine "particulière", extérieure aux travailleurs, située en marge ou au-dessus des syndicats.
Si nous préférons le syndicat au groupe d’affinité, et si, globalement, nous rejetons l’organisation spécifique anarchiste, cela ne veut pas dire que nous accordons de l’importance à la seule question économique. Ce que nous voulons précisément, c’est rompre avec la tradition syndicaliste et faire de l’anarchisme le nerf du mouvement ouvrier. Notre principal objectif est d’en terminer avec la division et la propagande sur deux terrains différents et chaque fois plus éloignés : l’économisme syndical et la doctrine pure.

E. Lopez Arango


[1] Journal de la FORA
[2] Ils sont partisans d’une organisation spécifiquement anarchiste mais aussi d’organisations spécialisées, spécifiquement antimilitaristes, rationalistes, végétariennes, antialcooliques... qui fractionnent l’anarchisme en autant de "spécialités"

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Messagepar Paul Anton » Lundi 26 Jan 2009 11:36

Et

Texte qui reflète la position politique de Caen :


ORGANISATION REVOLUTIONNAIRE ET REVOLUTION SOCIALE

COMMUNISME ANARCHISTE

Nous sommes « communistes » au sens non vulgaire et non caricatural, à l'inverse de ce qui apparaît à tout bout de champ dans les pages de livres d’histoire et des médias (« régime communiste », « Etat communiste », « parti communiste », etc.). Le véritable communisme est d’essence anarchiste : antiétatique (affirmation de la disparition de l’Etat) et anti-autoritaire. Cela signifie la commune libre et l'association des individus. Quand les opprimés et les exploités décident ensemble, dans les assemblées générales, comment ils vivent et ce qu'ils font pour s’entraider. Quand ils utilisent et mettent en commun par la collectivisation et la socialisation tous les biens et les produits de la terre, selon les mots du poète anarchiste du XVIIIème siècle, Sylvain Maréchal : « On utilise la lumière du soleil qui brille pour tous. » Malheureusement, en 1917, le sens de ce terme a été détourné et dénaturé par les bolcheviks, devenant ensuite la risée du reste du monde.

ASSEMBLEES GENERALES, PIERRE ANGULAIRE DE LA SOCIETE LIBRE

Nous sommes « communistes » dans nos idées, dans le but pour lequel nous œuvrons ; nous le sommes également dans notre lutte même. Nous sommes convaincus que, seules, les assemblées générales des usines, des services et des habitants de quartiers ou de localités doivent décider comment organiser les grèves (ou les révoltes), les manifestations et les meetings ; comment résister face à la répression des forces coercitives du système. Elles doivent décider, elles-mêmes, sans les représentants autoproclamés des partis, des syndicats, des députés ou des juges. C’est-à-dire rejeter toute forme de bureaucratie. De telles assemblées générales souveraines sont un gage de succès dans la lutte actuelle, mais aussi un prototype, voire une pierre angulaire de la société libre.

Anarchistes, si vous êtes pour les assemblées générales, puisque vous y voyez une pierre angulaire de la société libre, pourquoi considérez-vous nécessaire la création de « l'organisation anarchiste ouvrière » ? Le lecteur peut alors se demander à quoi servent de telles assemblées.

Commençons par le simple constat que les assemblées générales sont très rares dans la Russie contemporaine. La lutte est menée et conduite, ici, le plus souvent par les politiciens des partis et les bureaucrates syndicaux. Leur comité syndical décide de tous les aspects de la grève. Les ouvriers ne se réunissent que pour confirmer les décisions déjà prises par ce comité syndical. D’après eux, la masse, « incompétente », n'est pas capable de s’organiser par elle-même – leur opinion est, hélas, devenue banale. Brisons cette triste tradition coûte que coûte ! C’est pour cela qu’il est d'une importance vitale d’unir les opprimés et les exploités qui défendent le principe de souveraineté des assemblées générales.

Cependant, ces assemblées générales seules ne suffisent pas à ce jour, ce d’autant plus qu’elles ne se réunissent que lorsqu’une grève sérieuse éclate. Le pouvoir se manifeste très vite par les représentants des partis et des syndicats. Ceux-ci arrivent à prendre toutes les décisions sur la conduite de la lutte. Ce sont eux qui parlent, délibèrent et négocient avec les patrons et les autorités pour conclure des alliances sur les dos des travailleurs... Les opprimés et les exploités ne deviennent donc que des figurants, comme toujours sous le capitalisme. Outre ce phénomène, les masses « abdiquent » parfois même de leur souveraineté, confiant le soin de penser et de décider aux petits chefs improvisés et aux bureaucrates syndicaux.

Pourquoi ces choses se passent-elles ainsi ?

Les assemblées générales sont généralement un lieu où se prennent les décisions, mais elles ne sont pas une fin en soi. On peut prendre des décisions très différentes, dans cette agora, qui sont contradictoires, voire incompatibles avec les intérêts des exploités et des opprimés en lutte. La forme est fondamentale, le contenu aussi, comme leur harmonie. Car le contenu des décisions est déterminé par ceux qui y participent par leurs besoins, leurs désirs, leurs idées et leurs convictions. Tout ceci dépend d'eux.

Bien sûr, l'homme est un être social (c’est sa spécifié biologique, si on veut). Son comportement est évidemment structuré par de multiples rapports qui peuvent impulser une profonde entraide et la solidarité. Mais les millénaires d’autorité, de domination et de propriété ont gravement déteint sur sa personnalité. Grâce à des vecteurs idéologiques (concurrence à outrance, poursuite d’avantages privés, égoïsme bestial, conformisme plat et consumérisme pervers), le capitalisme a largement contribué à aller dans cette direction. De plus, aujourd’hui, une fraction significative des exploités et des opprimés est prête à échanger sa liberté contre du confort, à se contenter des miettes acquises au prix d'efforts minimaux et, autant que possible, sans recourir à la lutte. Elle ne veut en aucun cas rompre avec le capitalisme.

Par conséquent, si nous voulons que les assemblées générales restent un lieu libre et indépendant, pour que les exploités et les opprimés soient maîtres de leur lutte et de leur destinée, tous les partisans de ce choix doivent s'unir résolument afin de le défendre. Pour mener à bien cette ambition, nous avons besoin d’une organisation révolutionnaire qui unit dans ses rangs les opprimés et les exploités qui veulent lutter consciemment pour le triomphe de la liberté, de la solidarité et de l'acratie. Si, dès à présent, peu de personnes rejoignent cette organisation révolutionnaire, nous sommes persuadés que nos idées convaincront tôt ou tard, dans un premier temps, une fraction significative des opprimés et des exploités.

NI PARTI NI GROUPE SPECIFIQUE IDEOLOGIQUE

Est-ce que ça signifie que les partisans du « communisme libre » doivent créer un parti politique pour lutter contre le capitalisme sous toutes ses formes ?

Le mot parti contient en lui-même ce que nous refusons. Il signifie ni plus ni moins qu’une « parti-e » du peuple agit pour défendre ses propres intérêts de classe. Un parti se forme par ceux qui prétendent aux postes de chefs afin d’être des représentants institués. Ceux-ci veulent que les exploités et les opprimés leur confient le rôle de conduire la lutte. Les membres d’un parti agissent toujours selon les instructions venues d'en haut, même quand, par exemple, ils agissent à la base en direction du milieu populaire. – « Confiez-nous la représentation de vos intérêts. Nous ferons alors… » disent-ils aux opprimés et aux exploités.

Peu importe de quel parti il s'agit, parlementaire, d'avant-garde ou les deux. Dans le premier cas, les dirigeants tentent de représenter les intérêts des différentes classes de la société en promettant tout et n’importe quoi, mais en ne satisfaisant exclusivement que les détenteurs de la richesse et du pouvoir. Dans le deuxième cas, les dirigeants s’autoproclament comme une minorité éclairée du peuple, une élite naturelle qui n'est pas comprise et estimée par les maîtres du moment. Cependant, les objectifs et les tâches de ces partis sont toujours les mêmes : s'emparer du pouvoir, installer un gouvernement et abandonner continuellement, au final, les intérêts des opprimés et des exploités.

Nous n'avons pas l'intention de construire un parti politique. Nous ne voulons pas rester non plus un groupe idéologique de propagande qui se limite à la diffusion simple de nos idées, bien que nous soyons parfois forcés de commencer de cette manière. C'est trop peu pour nous de fréquenter la masse là où elle se trouve et de lui parler. Il est insuffisant pour nous d'aller aux meetings et aux assemblées générales des grévistes ou des habitants. Nous ne voulons certainement pas être un groupe idéologique qui produit des analyses, en synthétisant l'expérience de la lutte et en faisant la leçon aux frères de classe - guidés et dirigés de ses hauteurs scientifiques ou culturelles avec plus ou moins de morgue.

La théorie est morte sans la pratique. La conceptualisation pure dans une tour d`ivoire est impuissante sans une réelle confrontation dans le champ social, d’où l’on dégage l’enseignement de l’expérience. Des idées (a fortiori les nôtres, celles du « communisme anarchiste ») ne peuvent qu’avancer dans le monde que lorsqu’elles sont capables de générer une force sociale. Cela sous-entend, logiquement, que le mouvement social reprenne à son compte plusieurs de nos idées telles que l’acratie et l’action directe, avec l’idéal de liberté. Nous aspirons à ce que le mouvement social détruise ce système pour le remplacer par un nouveau.

La lutte contre le monde actuel de l’autorité, de la domination, de l’exploitation et de l'injustice commence en résistant contre chaque atteinte à notre vie et à notre liberté : des grèves pour l'augmentation du salaire, la diminution du temps de travail, la réduction de notre exploitation, par conséquent, et l’accroissement du temps libre, pour notre auto-développement ; des rassemblements contre la construction de maisons pour les riches et contre la replanification commerciale des quartiers où nous habitons ; de l'opposition contre la construction et l'installation des industries produisant des énergies nuisibles à notre santé et à la nature. Autrement dit, elle commence par des actions au moyen desquelles les opprimés et les exploités défendent leurs droits et leurs intérêts de classe, jusqu`à pouvoir changer le système social.

Cela concerne avant tout la sphère du travail, qui nous asservit à chaque instant. C’est-à-dire dans la place que nous occupons au niveau du procès de fabrication, de production et de reproduction du capital (le lieu où nous vivons et où nous faisons nos études)... Notre absence de droits se trouve là où demeure le fondement de notre esclavage de tous les jours : l’extraction de la plus-value placée centralement dans l'immense mécanisme totalitaire de notre humiliation et de notre servitude. Nous passons la plupart de notre vie au travail, en vendant notre corps et notre cerveau pour un maigre salaire. Nous dépensons, ensuite, le reste du temps pour reprendre un peu d’haleine, nous détendre, bien dormir, nous mettre en « ordre relatif » et repartir afin d’être plus productifs et rentables. Nous sommes ravalés au rôle d'une machine qui est juste l’appendice d’autres machines de métal et de plastique. C'est précisément là où nous créons la plupart des biens indispensables pour la vie que nous dépendons totalement de n'importe quel caprice de nos maîtres (patron ou chef), qui usurpent les biens sociaux réalisés par nous-mêmes à leur seul profit… C'est pourquoi nous tentons de mettre la sphère du travail (l'entreprise ou le service où nous travaillons, l'école ou l'université où nous étudions) au centre de notre résistance contre le capital et l'Etat, qui nous oppriment, sans nier pour autant tous les autres aspects de la domination : le consumérisme, l’enfermement, la religion, la famille, etc.

PAS DE SYNDICAT SANS IDEOLOGIE

Quelqu'un pourrait nous suggérer d'entrer activement dans un syndicat ou d’en fonder un nouveau ? Nous devons répondre « non » !

Les syndicats ont émergé au XIXème siècle pour remplacer le plus souvent les associations des producteurs (les corps de métiers ou les unions), dissoutes et détruites par le capitalisme. En s'unissant dans les unions selon les professions, les ouvriers ont tenté de s’entraider dans le travail et la vie. Beaucoup de ces unions ont justement agi comme des sociétés de résistance en luttant pour l'augmentation des salaires, l'amélioration des conditions de travail et la diminution du temps de travail. Ces ouvriers ont également agi souvent de manière révolutionnaire, en menant des grèves agitatrices ou des grèves générales. Ils ont aussi favorisé l’émergence d’une culture ouvrière qui s’opposait au capitalisme. Car elle proclamait clairement et ouvertement une finalité révolutionnaire.

Néanmoins, toutes les organisations syndicales, y compris même les plus révolutionnaires, ont toujours eu une faiblesse. Elles ont été conçues en partant des conditions matérielles des travailleurs dans la société existante. Certes, celles-ci étaient liées au contexte d’horrible misère des deux siècles précédents. Le capitalisme n’entendait satisfaire aucun besoin des travailleurs, jusqu’à ce qu’il fût mis au pied du mur, à savoir : la possibilité d’en finir avec lui. Toutefois, cette épreuve a été perdue par les travailleurs. Il s’est trouvé que le capitalisme, dans sa variante industrielle, s’est restructuré par l’avènement du fordisme et du taylorisme. Ces derniers se sont caractérisés par « une production impersonnelle de masse », fondée sur le découpage et le chronométrage des tâches (parcellisation), l’apparition des chaînes ou des lignes de montage, etc. En se passant d’un certain « savoir-faire technique » des ouvriers, les capitalistes pouvaient donc réduire les frais de production. Des produits standards ont commencé à envahir le marché, en stimulant le jeu de l’offre et de la demande. La bourgeoisie humaniste et progressiste (via l’Etat) a été capable d’accepter un certain nombre de revendications immédiates des ouvriers. Elle y a parfaitement trouvé son compte : le taux de productivité s’est intensifié au maximum tout en pressurant davantage la force de travail par une diminution du temps de travail ; la masse salariale s’est élevée, tout en conservant et en réalisant d’énormes gains. Le mieux-être des travailleurs n’a pas forcément engendré la destruction du système.

En ne restant que dans le cadre de ce dernier, au lieu de lutter pour une autre société, les syndicats se sont également ouverts aux opprimés et aux exploités possédant des convictions très différentes, qui ne voulaient pas nécessairement risquer une rupture avec le capitalisme et l’Etat, préférant même chercher des maîtres plus conciliants, comme les chefs des partis socialistes, puis les bolcheviks. En confiant la lutte pour leurs intérêts aux mains de ces aventuriers avides de pouvoir, les membres des syndicats se sont limités volontairement à la défense du niveau de vie : le pouvoir d’achat (si l’on préfère). Une dualité a ainsi émergé : la lutte politique aux partis et la lutte économique aux syndicats. Ces derniers se sont peu à peu réorganisés selon le même schéma de la représentation parlementaire. Une bureaucratie a grandi et est devenue omnipotente à l’intérieur des organisations syndicales. Ces membres ont été rabaissés à de simples figurants : payeurs de cotisations et exécutants de décisions prises par la bureaucratie. Finalement, les syndicats sont aujourd’hui des appareils idéologiques d’Etat, bien qu’ils s’en défendent, soi-disant, au moyen du neutralisme idéologique (même le syndicalisme révolutionnaire).

Nous ne voulons pas de ce syndicalisme revendicatif qui négocie uniquement un meilleur taux de la valeur de la force de travail. Nous refusons de nous contenter de l'amélioration simple de notre situation d’esclave moderne. Nous n’acceptons pas que l’on parcellise, fragmente et cloisonne la lutte contre le système. L’idéologique, le politique, l’économique, le culturel… sont interdépendants, consubstantiels, voire dialectiquement et transversalement liés. Nous souhaitons vivre non seulement mieux, mais aussi autrement. Nous voulons juste être libres !

UNION OUVRIERE A FINALITE COMMUNISTE ANARCHISTE

L'organisation révolutionnaire que nous voulons construire n'est ni un parti et ni un syndicat. Elle est dans son mode d’organisation une union (ou association) ouvrière, rassemblant les travailleurs qui résistent contre l'exploitation et l'oppression de tous les jours, dans le cadre des revendications immédiates (énumérées précédemment), ces dernières n'étant pas une fin en soi. L’union ouvrière - ou plutôt, « sociétés ouvrières de résistance » - ne sont pas fondées uniquement que sur celles-ci. Elles sont seulement un moyen pour qu’ils prennent conscience de leur subjectivité (une classe en soi et pour soi), lorsqu’ils font preuve de solidarité et d’entraide pendant la lutte, lorsqu’ils en viennent à remettre en cause l’autorité, l’oppression, la propriété, l’inégalité, etc.

En défendant de front tous leurs droits, les travailleurs pourront seuls surmonter l’égoïsme, acquérir la dignité humaine en se réveillant de la léthargie séculaire et en se rendant compte aussi qu’il faut en finir entièrement avec le système capitaliste. C`est pourquoi nos sociétés ouvrières de résistance (professionnelles et interprofessionnelles) sont en même temps des organisations idéologiques dont la finalité est le « communisme anarchiste ».

Nous sommes donc pour l’union ouvrière qui regroupe les travailleurs pleinement conscients des principes du « communiste anarchiste ». C’est-à-dire qu’ils sont libres de toute forme de bureaucratie, de politicaillerie et d’arrivisme. Toutes leurs décisions sont prises dans les assemblées générales ou à l'échelle supérieure d'un niveau local par leurs mandatés. Ces derniers sont seulement la « voix » de ceux qui les ont désignés.

Ses unions ouvrières ont la vocation de réaliser un travail idéologique de propagande et culturel pour diffuser les principes et la finalité du « communisme anarchiste », en paroles et en actes. Ces unions ouvrières doivent être en capacité de préparer, mener des grèves et autres actions contre le joug du capital et de l'Etat. Notre but est que les travailleurs s’imbibent des positions du « communisme anarchiste », qu'ils commencent à penser et agir comme tel, indépendamment de nos unions ouvrières.

Alors, les assemblées générales créées par eux - aujourd’hui si rares et si instables - peuvent se transformer, dans le futur, en des structures régulières, constantes et permanentes issues de l'auto-organisation et de l'autogestion sur la base du communisme libre. Nous appellerons celles-ci les conseils, les soviets ou les assemblées populaires (selon les us et coutumes de chacun). Alors, en nous inspirant des idées et des principes du « communisme anarchiste », nous, les exploités et les opprimés, irons au grand soir, à l'assaut ultime des bastions de ce vieux monde.

Vadim, du KRAS-AIT Moscou avec la collaboration de la CNT-AIT Caen.

http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewt ... highlight=

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Messagepar guillermo » Lundi 26 Jan 2009 18:12

C'est un silence qui en dit long sur Toi et tes accolytes en termes de complicité avec le Pouvoir et vos propos crapuleux ne font que confirmer cette sale impression ......



DouDou si tu ne te cacherais pas derriere un pseudo , bagha on arongerais tete a tete cette acusation , CoMPLICite avec le pouvoir ...ca ce une acusation , quil faudrait faire sans pseudo non , ?
nimporte qui qui me connaise , connait bien que je peut etre en desacord avec plain des positions mais js sais bien u je suis situé , concernanat le pouvoir ..

Apropos de la remarque du BI sur les propos de lisere , Nous AVONS dit que les syndicats sont souverains en congres point . Sur la" crise"(je pense que le capitalisme est une crise en soi ) au CCN vous avez vous envoyé des propositions a ce sujet ?

pAUL ANTON je connais tous ces textes , je suis aussi pour les ags souveraines , mais au sein de une organisation qui se construisse avec des acords et une finalité claire , la FORA para exemple meme avec toutes ses posibilités et son antsyndicalisme telle quon l'entend ici en france est une organisation(FEDERATION) qui se place dans le terrain du travail " ouvriere" , et de finalité comuniste anarchiste" donc avec une orientation bien defini , a travers justement des acords entre les differents societes de resistence ,
PAR EXEPMLE LA FORA
EST CONTTRE LES groupes , Comment avoir une organisation finaliste telle que la fora et etre pour les GrOUPES? , jai tres du mal a le comprendre ca ,
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Messagepar Guillermo_ » Lundi 26 Jan 2009 20:52

DouDou si tu ne te cacherais pas derriere un pseudo , bagha on arongerais tete a tete cette acusation


Parfaitement ! les pseudos c'est nul, alors qu'internet c'est super !
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Messagepar douddu » Mardi 27 Jan 2009 9:15

C'est ça , retournes a tes conférences avec ton réseau de mandarins internationaux de l'anarchosyndicalisme .

Toi qui nous donne de leçons de fédéralisme tu pourras peut être nous expliquer qui sont ces compagnons de la FORA et de la CNT qui viennent exclusivement a Pau pour vernir une exposition !


Samedi 14 février 2009,
Local de la CNT-AIT, 18 rue Jean-Baptiste Carreau, Pau.
12H00 : Vernissage de l'exposition « Woodland » par PEINTURE INTERDITE.
14H00 : Conférence-débat « Le mandat impératif » avec Pierre Henri Zaidman.
16H00 : Conférence-débat « L'Association Internationale des Travailleurs aujourd'hui, les exemples de la CNT espagnole et de la FORA Argentine » avec un compagnon de chacune de ces organisations.
douddu
 

Messagepar zebulon » Mardi 27 Jan 2009 9:33

guillermo a écrit:C'est un silence qui en dit long sur Toi et tes accolytes en termes de complicité avec le Pouvoir et vos propos crapuleux ne font que confirmer cette sale impression ......



DouDou si tu ne te cacherais pas derriere un pseudo , bagha on arongerais tete a tete cette acusation , CoMPLICite avec le pouvoir ...ca ce une acusation , quil faudrait faire sans pseudo non , ?
nimporte qui qui me connaise , connait bien que je peut etre en desacord avec plain des positions mais js sais bien u je suis situé , concernanat le pouvoir ..



Tiens guillermo, je te copie une spéciale dédicace à toi et tes potes :

zebulon a écrit:
J'entends par "militants qui génèrent de l'inertie", ceux qui parmi les militants ne respectent pas le principe communiste libertaire : "De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins" :
Ce principe s'applique aussi au militantisme. En effet que ceux qui militent plus ne viennent pas reprocher à ceux qui militent moins d'être des fainéants. Mais que ceux qui militent moins ne viennent pas freiner des deux pieds, sans aucune force de proposition ni aucune critique constructive, l'action de ceux qui militent plus. Or les militants qui génèrent de l'inertie sont ceux qui justement freinent des deux pieds l'action de leur "compagnons" avec un mépris destructeur, sans aune action ni critique constructives, et qui de plus se cachent derrière la gesticulation fétichiste et bureaucratique. Ils sont pour cela facilement reconnaissables...

A bon entendeur !




Suite à ta réaction de machiste, décidément très à la mode ces jours-cis, je me dois pour être plus complet de rajouter à la gesticulation fétichiste et bureaucratique explicitée ci-dessus, la gesticulation type "insultes et gros bras-macho".
C'est souvent aussi la position de celui qui n'a rien à dire, rien à opposer intellectuellement, et à qui il ne reste plus justement que la gesticulation.

guilermo tu es un gesticulant... :D
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Messagepar guillermo » Mardi 27 Jan 2009 20:48

ohhhhhhhhhhhh
vous me faites si mal !!!
rien sur
la question de menace legal de toulouse
ni sur
les caporaux
et de plus le sujet est efface du forum
et
la question du SECRETARIAT autoproclamé
ou les groupes ,?
Rennes ?


...mmmmmmmmm
ce si libre par ici
internet ca a l'air d etre super
gros bras machiste
ca ce vraiement
sympa
il te manque sale etranger et on est tous contents
bisous machistes
guille
a samedi
a paris
......
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Messagepar zebulon » Mardi 27 Jan 2009 21:21

zebulon a écrit:C'est souvent aussi la position de celui qui n'a rien à dire, rien à opposer intellectuellement...


CQFD

C'est décidément trop facile :(
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Messagepar NOSOTROS » Mardi 27 Jan 2009 22:35

oui, et sur le fond ?

Je veux dire, le fédéralisme ?
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Messagepar ravachol » Mardi 27 Jan 2009 23:02

les pantins des vignoles doivent s'esclaffer s'ils lisent ces sujets.
ne peut-on pas laver le "linge sale" en dehors d'un site public?
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Messagepar manouche du soir » Mardi 27 Jan 2009 23:09

tans pis pour eux s'ils n'ont que ca à faire :twisted:
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Messagepar NOSOTROS » Mardi 27 Jan 2009 23:25

C'est plus sain quand il y a une plaie de la laisser secher à l'air libre. Sinon ça fermenete et ça gangrene (la preuve ...)

Anton Pannekoek a écrit un de ses textes un passage intéressant sur les enguelades en milieu révolutionnaire, qui permet de relativisere. (je ne le retrouve plus, si quelqu'un peu m'aider ... Paul anton ?)

Un autre moyen c'est de faire la part des choses en essayant de revenir au fond du débat.
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Messagepar Guillermo_ » Mercredi 28 Jan 2009 13:45

petit proverbe chinois :

Les principes gouvernent les gens honnêtes,
les lois gouvernent les gens méchants.


hi hi
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Messagepar lucien » Vendredi 30 Jan 2009 10:25

Guillermo_ (le faux), arrête de faire le malin.

guillermo (le vrai), aucun sujet n'est effacé (peut-être que ce que tu cherches se trouve en page 1 de ce fil).

Quand diogène parle de caporaux, il pense notamment à la volonté qu'ont eu certains de donner un pouvoir décisionnel au BC (tu as les références dans son message). Maintenant, si tu refuses d'entendre ce qui a pu se passer avant ton arrivée à la CNT-AIT, le dialogue de sourd perdurera.

Nous sommes plusieurs à trouver l'ambiance particulièrement déplaisante. Continuez comme ça.
Le monde ne se compose pas d'anges révolutionnaires, de travailleurs généreux d'une part, de diables réactionnaires et de capitalistes cupides de l'autre.
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Messagepar Paul Anton » Vendredi 30 Jan 2009 12:58

Entièrement d'accord avec toi Lucien !
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