CNT-AIT, qui sommes nous ?

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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar kuhing » Jeudi 26 Déc 2013 21:36

Lambros a écrit:Quelques "petites" "victoires" (les 2 entre guillemets...) :
Par exemple localement, le gars était surexploité, on a obtenu des papiers, il a un énorme salaire désormais, on reste en contact .


Et, il est donc passé du coté des "nantis", de l'autre coté de la barricade ?
Mènerait-il le même combat pour un autre sans-papiers au risque de perdre son énorme salaire ?
On peut possiblement en douter et dans ce cas est-ce vraiment une victoire pour l'élévation de niveau de conscience, le sien et le collectif ? ( puisque finalement le but du jeu se situe là )

Pour les deux autres exemples que tu cites, as-tu idée de la contrepartie imposée ici ou ailleurs ?

Je le répète : pas si évidement que ça, pour moi, le syndicalisme même avec anarcho devant.

Je précise par ailleurs ( et sans vouloir jouer au kéké des plages ) que j'ai 'été un syndicaliste acharné qui montait sur les bureaux des amphis lorsque j'étais étudiant et que l'on a mené d'importantes luttes locales ( parfois violentes ) victorieuses .
Ces acquis ont été intégralement repris par l'administration quelques années plus tard quand les copains du syndicat et moi avons fini nos études ( et ce que nous avions obtenu a sans doute coûté plus cher à ceux qui nous ont succédés )
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar l autre » Vendredi 27 Déc 2013 13:13

il serait aussi souhaitable de répondre a mes interrogations. voici ci devant deux aspects contradictoires . Une victoire qui valide une inégalité de revenu donc légitime ce fait. Pour autant le niveau de revenu ne détermine pas celui de la conscience avoir plus d'argent ne signifie pas être un bourgeois cupide. l important est ce que l on fait de son argent et pour l obtenir. Hélas souvent c est le petit arrivisme qui prime quelques fois une âme bien faite mais c'est rare. mais la victoire pour ses droits accident du travail ou contre la précarisation est elle de même niveau. je dirais non car c est refuser de revenir au plus bas niveau de l existence
je repose les question
le point de rupture est il concomitant avec le niveau de pouvoir d achat
l amélioration générale du niveau de vie du salaria par exemple modifie t il quelque chose dans la culture
la ou les revendications immédiates peuvent ou pas avoir une incidence dans les rapports de classe
je dit cela car sur le rapport revendications et révolution sociale je me pose des questions et moi aussi je croîs que cela est compliqué
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar Lambros » Vendredi 27 Déc 2013 18:01

Non, il reste salarié. Il émerge très très haut, mais a dit que dans sa branche (c'est un "génie"), il pourrait nous faire une formation quand on veut. De toutes façons, vu le racisme qu'il a vécu et vit encore... et on a réussi a le faire évoluer sur certaines attitudes (sexisme par exemple).

Pour la compagne, elle payera pas de sa poche, donc ça me va.

Le workfare, c'est utiliser des chômeurs-euses GRATUITEMENT s'illes refusent, on leur coupe les aides, donc illes crèvent. Holland and Barret a du annuler ses contrats workfare sous la pression. Et ça aussi, ça me va très bien :D

l autre a écrit:le point de rupture est il concomitant avec le niveau de pouvoir d achat
l amélioration générale du niveau de vie du salaria par exemple modifie t il quelque chose dans la culture
la ou les revendications immédiates peuvent ou pas avoir une incidence dans les rapports de classe

Pour le point de rupture, je pense que malheureusement oui, c'est pour ça que demander le retour du pouvoir d'achat, c'est anéantir la conscience de classe.
Pour le reste, pour moi ça dépend avant tout des manières d'obtenir...
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar kuhing » Vendredi 27 Déc 2013 20:22

Lambros a écrit:Non, il reste salarié. Il émerge très très haut, mais a dit que dans sa branche (c'est un "génie"), il pourrait nous faire une formation quand on veut. De toutes façons, vu le racisme qu'il a vécu et vit encore... et on a réussi a le faire évoluer sur certaines attitudes (sexisme par exemple).

Pour la compagne, elle payera pas de sa poche, donc ça me va.

Le workfare, c'est utiliser des chômeurs-euses GRATUITEMENT s'illes refusent, on leur coupe les aides, donc illes crèvent. Holland and Barret a du annuler ses contrats workfare sous la pression. Et ça aussi, ça me va très bien :D


Sans vouloir te faire c... , tout cela ne règle pas la question globale et, pour moi, ça alimente l'illusion que le système peut encore aller dans le sens social positif à condition qu'on le lui "demande" fermement.
Je ne crois pas ce ce soit le cas.
Ce n'est donc pas forcément bon pour une progression de la conscience individuelle et collective.

Tant mieux, bien sur, pour la compagne que vous connaissez et qui ne payera pas.
Mais qui va payer ? les actionnaires, les patrons ou bien ceux qui bossent pour eux ?

Pour Workfare, c'est bien que les chômeurs puissent refuser de travailler gratuitement pour cette compagnie mais qui va continuer à payer leurs aides ?
Les actionnaires, les patrons ou ceux qui bossent pour eux et en bavent déjà assez ?

Poser la question c'est y répondre.

Quant au génie pour qui vous avez réussi à faire obtenir des papiers, quelle garantie as-tu que son gros salaire ne lui permettra pas de monter sa boite dans laquelle il sera obligé aussi d'exploiter ses salariés ou de délocaliser pour que son entreprise reste à flot en faisant des bénéfices financiers ?
N'avez vous pas finalement permis au système de disposer d'un nouvel exploiteur potentiel ?

Ce que je dis sous-entend qu'il n'y a pas grand chose à faire.
C'est vrai.
Ce que je dis annihile quelque part l'illusion qu'il est possible de combattre positivement dans le quotidien alors que ces luttes sont directement préhensiles et qu'on a l'impression d'avancer, de servir à quelque chose.
C'est vrai.
Cela augmente encore d'un cran l'impossibilité qu'une frange organisée, même anarchiste, puisse avoir une influence quelconque sur un déferlement révolutionnaire.
C'est vrai et cela peut décourager.

Mais cela remet à plat la situation telle quelle est : dépendante d'un sursaut conscient spontané et global qui va immédiatement mettre en place un système non-marchand.
Et tout cela nous dépasse de très très loin.

Le seul point, peut être positif, c'est que j'entends de plus en plus les gens "lambda" autour de moi dire qu'ils sentent venir une révolution.
A eux donc de la faire et, surtout qu'ils comprennent eux-mêmes comment procéder pour qu'elle aboutisse.
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar Lambros » Samedi 28 Déc 2013 14:02

Tu me fais pas du tout chier, au contraire c'est très intéressant je trouve !

kuhing a écrit:Sans vouloir te faire c... , tout cela ne règle pas la question globale et, pour moi, ça alimente l'illusion que le système peut encore aller dans le sens social positif à condition qu'on le lui "demande" fermement.
Je ne crois pas ce ce soit le cas.
Ce n'est donc pas forcément bon pour une progression de la conscience individuelle et collective.

"Les libertés ne se donnent pas elles se prennent" disait Kropot'. Après justement, les gauchistes, (syndicats ou partis) font croire ce que tu dis. Nous, si on précise qu'on obtient rien sans lutter, on rajoute que les miettes nous intéressent pas. Après tout le monde est pas d'accord of course : une personne était venue nous voir à une perm : il était dans une asso municipale d'apprentissage du français tenue par Verts et PG. Promesse d'embauche de la patrone (élue Verts), résultat le gars a 3 mois sans un rond, et elle l'embauche pas. On occupe le CA, illes votent l'embauche. La patrone convoque un autre CA illégale et annule le vote précédent. Avec le dossier qu'on avait sur cette asso, un coup de tribunal et l'asso fermait. Le copain (il avait adhéré par la suite) n'était pas prêt à aller jusque là...

kuhing a écrit:Tant mieux, bien sur, pour la compagne que vous connaissez et qui ne payera pas.
Mais qui va payer ? les actionnaires, les patrons ou bien ceux qui bossent pour eux ?

Son assurance, et une partie le patron.

kuhing a écrit:Les actionnaires, les patrons ou ceux qui bossent pour eux et en bavent déjà assez ?

Non c'est l'Etat, sauf que là je peux te l'assurer, cette victoire a fait des remous, c'est peu de le dire...

kuhing a écrit:Quant au génie pour qui vous avez réussi à faire obtenir des papiers, quelle garantie as-tu que son gros salaire ne lui permettra pas de monter sa boite dans laquelle il sera obligé aussi d'exploiter ses salariés ou de délocaliser pour que son entreprise reste à flot en faisant des bénéfices financiers ?
N'avez vous pas finalement permis au système de disposer d'un nouvel exploiteur potentiel ?

Alors ça j'en doute franchement... on a jamais eu de sans-papiers visant à être patron qui soit venu nous voir...

Le problème c'est que la révolution spontanée j'y crois pas. Bien sûr je crois en une spontaéité certaine, qui sera inévitable. Cependant, juillet 36, Ukraine 21, c'est parce qu'il y a eu un travail de fond des anarchistes/anarchosyndicalistes auparavant. Argentine 2001, ça a été spontané. Résultat, les marxistes y ont implanté leurs sales graines... Alors en attendant, on bricole... on a aucune illusion, mais par exemple, la grève générale, on la tient comment ? Les contre-attaques bourgeoises (nationalistes et marxistes avec) on fait quoi ? Je pense que tout ça se prépare un minimum, bien qu'évidemment je ne veux pas de programme !

"J'attends impatiemment le matin du grand soir, pour pouvoir leur cramer les poils sous les bras" :wink:
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Messagepar l autre » Samedi 28 Déc 2013 17:14

vos propos visent des cas individuels quels effets sur une masse. Est il possible que des revendication immédiates participe d un tension pré révolutionnaire.
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar Lambros » Samedi 28 Déc 2013 20:01

on est obligé-e de faire des "cas" individuels quand une personne vient nous voir pour un problème au taf.

Sinon ben sûr lutte collective et autonome...
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar kuhing » Samedi 28 Déc 2013 21:47

Lambros a écrit:
Non c'est l'Etat, sauf que là je peux te l'assurer, cette victoire a fait des remous, c'est peu de le dire...


L'Etat est financé par ceux qui bossent donc ça revient au même.
Pareil pour les assurances qui ne sont pas des oeuvres de charité.

C'est cet aspect qui occulte le global qui me dérange beaucoup dans le syndicalisme et, "occulter le global" c'est freiner l'avancée de la conscience.
Je le crois.

Concernant le spontanéisme, je conçois qu'il est difficile pour des gens qui comme toi ont réfléchi à la question, de penser qu'il sera suffisant pour qu'une révolution sociale aboutisse favorablement.
J'étais aussi dans ce cas.
Et puis nous sommes habitués à ce qu'une révolution soit toujours dirigée puisque cela c'est toujours passé comme ça.
C'est un peu comme l'argent , c'est très difficile de penser qu'on peut vivre sans même s'il n'y a que sans qu'on peut vivre mieux.

Mais aujourd'hui, je pense que c'est plutôt les franges organisées dites "conscientes" qui sont les principaux obstacles sur le chemin d'une société sans classes ni Etat.
ça a été valable pour le bolchevisme bien sur mais ça l'a été aussi pour les anarchistes organisés à la CNT espagnole : sans Federica Montseny , Juan Garcia Oliver , Juan Peyro Beliz et Juan Lopez Sanchez qui ont participé au gouvernement de Front populaire de 36, peut-être que la révolution aurait évolué favorablement. ou en tous cas moins défavorablement.
Et, c'est la structure organisée qui a permis à ces quatre anarchistes espagnols d'intégrer l' appareil d' Etat.

Rappelons par ailleurs , comme le raconte Voline dans "La révolution trahie ", et si mes souvenirs sont exacts, que le premier soviet de St Peterbourg en 1905, s'est mis en place spontanément et qu'une bonne partie de ses participants n'étaient pas membres d'une organisation.
Ce sont les organisations qui se sont greffées ensuite qui ont permis aux bolcheviks d'en prendre le contrôle par des manœuvres d'appareils.

Je préfère donc miser sur le spontanéisme des foules et l'élévation du niveau de conscience global que sur des regroupements d'avant-garde qui sont des nids de luttes de pouvoir ( comme on le voit d'ailleurs y compris aujourd'hui dans les petites organisations anarchistes existantes )
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Messagepar l autre » Dimanche 29 Déc 2013 9:06

ça part dans tous les sens, pouvons nous partir des revendications et traiter les autres questions au fur et a mesure? Je pense que les processus sociaux type révolutionnaire sont plus complexe que d un coté les forme organisées a priori , les ou la masses spontanées . La capacité spontanée de la masse est fort pratique car magique elle répondra a un défaut présentement invalidant le contenu politico-idéologique . Ce type de spontanéisme est un peu créationniste: les choses naissent de rien ,le vide engendre quelque chose. de plus si une révolution suppose une intention un a priori idéologique comment a défaut de cette a priori une révolution existerait? De l autre croire que comme certains que la révolution implique un programme près établie un corpus juridique élaboré bref le tout ficeler est une absurdité. Parce que tout ne peut être prévu et qu apparaissent dans le processus des questions formes, possibilités non prévues. En fait la capacité spontanée des masses(comme on dit) et une réalité l histoire démontre que que cette capacité fut un des éléments des processus . Cette capacité n est pas si spontanée que cela car on néglige les éléments a priori organisé, les groupes idéologiques qui ne sont pas en dehors mais constitutif de la dite masse car une masse est une totalité plus ou moins floue.
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar kuhing » Dimanche 29 Déc 2013 10:43

l autre a écrit: Ce type de spontanéisme est un peu créationniste: les choses naissent de rien ,le vide engendre quelque chose. de plus si une révolution suppose une intention un a priori idéologique comment a défaut de cette a priori une révolution existerait?


Je n'ai pas dit que le spontanéisme et la maturation de la conscience individuelle et collective naissaient de rien.
Ils naissent des conditions matérielles de vie et des relations dialectiques qu'elles créent sur les idées.

une masse est une totalité plus ou moins floue.


Peut-être mais si l'objectif devient connu et compris de tous, c'est le but qui compte :
Si des automobilistes, des cyclistes, des piétons partent de toutes les régions du monde, ça va paraître flou, chaotique et désordonné pour un observateur qui voit ça de haut surtout s'il ne sait pas ou ils vont.
ça va lui sembler partir dans tous les sens.
Il va vouloir mettre de l'ordre là dedans, de son point de vue.
Mais si chacun de ces voyageurs sait qu'il veut se rendre à Paris pour voir la tour Eiffel, personne ne se rentrera dedans et, tout s'organisera parfaitement de lui même sans que qui que ce soit montre la voie.( et surtout pas l'observateur qui voit ça de haut )

Parce que tout le monde a envie de voir la tour Eiffel.
Il suffit de s'en donner les moyens.
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Messagepar l autre » Lundi 30 Déc 2013 16:58

c est exactement le sens de mon poste précèdent mais tu parts vite, relis. j ai dit que une masse pour faire la révolution doit disposer d a priori . le fait de prendre la tour Eiffel et la bonne démonstration de non point de vue . Une masse sans but ne sait que faire d elle même c est un informel de masse cela va dans tous les sens y compris le pire. mais quant cette masse a un cap un but en la matière une idéologie elle agit selon cette idéologie. la production d une idéologie en rupture ou nouvelle ce que certains désignent comme la prise de conscience est un long processus . Qui est le produit certes des conditions de vies objectives la condition matérielle ( je vois la vulgate commune aux anars communistes et les marxiste et cela et juste les patrons n ont jamais défendu le socialisme) . parce que la condition objective des patrons c est le capitalisme celle des prolos la misère et le désir du socialisme. Mais la simple considération de la condition ne suffit pas car l automaticité exploiter révolutionnaire devrait faire obstacle a la division qui elle est la produit du poids idéologique du système . La prise de conscience doit produire la réponse a cet état de fait. Il faut une dialectique conditions objectives et production idéologique.
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Messagepar l autre » Lundi 30 Déc 2013 16:59

c est exactement le sens de mon poste précèdent mais tu parts vite, relis. j ai dit que une masse pour faire la révolution doit disposer d a priori . le fait de prendre la tour Eiffel et la bonne démonstration de non point de vue . Une masse sans but ne sait que faire d elle même c est un informel de masse cela va dans tous les sens y compris le pire. mais quant cette masse a un cap un but en la matière une idéologie elle agit selon cette idéologie. la production d une idéologie en rupture ou nouvelle ce que certains désignent comme la prise de conscience est un long processus . Qui est le produit certes des conditions de vies objectives la condition matérielle ( je vois la vulgate commune aux anars communistes et les marxiste et cela et juste les patrons n ont jamais défendu le socialisme) . parce que la condition objective des patrons c est le capitalisme celle des prolos la misère et le désir du socialisme. Mais la simple considération de la condition ne suffit pas car l automaticité exploiter révolutionnaire devrait faire obstacle a la division qui elle est la produit du poids idéologique du système . La prise de conscience doit produire la réponse a cet état de fait. Il faut une dialectique conditions objectives et production idéologique.
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar kuhing » Lundi 30 Déc 2013 19:00

l autre a écrit:.... la production d une idéologie en rupture ou nouvelle ce que certains désignent comme la prise de conscience est un long processus .....


Tu t'exprimes aussi clairement que Guy Debord :mrgreen:
( Prend ça comme un compliment )

Sur ta phrase que j'ai isolée, et dont je crois avoir compris le sens, je dirais que le déclenchement d'un processus révolutionnaire est certes dépendant de l'élévation d'un niveau de conscience global mais est avant tout l'expression directe des conditions matérielles, ce qui simplifie pas mal les choses et les chances que cela aboutisse.

Je m'explique :

Le départ de feu d'une révolution sociale peut selon toutes probabilités commencer par un déclencheur qui peut être de différents ordres : un dérapage policier, une colère locale qui s'étend ( comme par exemple celle de l'écotaxe en Bretagne aurait pu ou pourrait encore l'être ) , un lutte sociale ou étudiante locale qui s'amplifie, une revendication sociétale etc, etc...

En général ce sont des événements auxquels on s'attend le moins.

Je crois que si un arrêt général du travail salarié et/ou monnayé s'opère ( grève générale ) cela peut constituer la phase 1 de la révolution.

Mais pour passer à la phase 2, il faut très vite, dans les deux ou trois jours qui suivent l'arrêt de travail, que des distributions gratuites de produits de toutes sortes ( et particulièrement les denrées alimentaires ) qui existent déjà se mettent en place.
Mais très vite aussi, dans les quelques jours suivants, les gens devront investir les lieux de production et distribuer sans échanges monétaires ce qu'ils réalisent.

La phase finale dépend du volant d'entrainement opéré par la phase 2 parce que si ça se passe de façon suffisamment étendue et coordonnée, le bon sens va suffire pour comprendre, sans préalable "idéologique", que cela marche mieux de cette façon pour l'immense majorité de la population.

La gratuité annihilant la valeur de l'argent, l'Etat et ses moyens de répression, faute de pouvoir être payés, s’effondreront sur eux-mêmes et plus les phases se mettront en place vite, moins il y aura de dégâts de tous ordres.
Aucun retour en arrière ne sera possible.

Processus assez simple finalement.
Même si on sait bien que ce qui est simple est compliqué à atteindre.
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar elquico » Mercredi 01 Jan 2014 1:53

iL y a beaucoup à dire ,c'est quoi qui te gêne dans anarchosyndicat, pour moi l'individu est tout, c'est un concept trés monarchique ,l'être sacré, le souverain ,et l'anarchosyndicat ne peut à mon avis se théoriser lui même à travers des textes qui le définissent,il est action et c'est à travers ses actions que se définit collectivement le groupe qui est somme des actions individuelles et de leur èventuelle théorisation
Un exemple ,nous parlons des sans papiers,voir article dans no 137 ,est ce vraiment utile dans un monde comme le notre d'avoir des papiers oui ou non ? et si oui à qui?
Si non pourquoi dans la lutte globale contre le capital faudrait séparer les exploités entre sans et avec papiers?
Au nom de la sacrosainte lutte des classes qui divise?
Qui nous sommes ?Ceux qui agissent et nous avons aucun intérêt à nous diviser,oui il y a le mot syndicat dans anarchosyndicat ce qui nous unit n'est ni syndicat ni anarcho,mais bien la somme.
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar kuhing » Mercredi 01 Jan 2014 14:11

elquico a écrit:iL y a beaucoup à dire ,c'est quoi qui te gêne dans anarchosyndicat, pour moi l'individu est tout, c'est un concept trés monarchique ,l'être sacré, le souverain ,et l'anarchosyndicat ne peut à mon avis se théoriser lui même à travers des textes qui le définissent,il est action et c'est à travers ses actions que se définit collectivement le groupe qui est somme des actions individuelles et de leur èventuelle théorisation
Un exemple ,nous parlons des sans papiers,voir article dans no 137 ,est ce vraiment utile dans un monde comme le notre d'avoir des papiers oui ou non ? et si oui à qui?
Si non pourquoi dans la lutte globale contre le capital faudrait séparer les exploités entre sans et avec papiers?
Au nom de la sacrosainte lutte des classes qui divise?
Qui nous sommes ?Ceux qui agissent et nous avons aucun intérêt à nous diviser,oui il y a le mot syndicat dans anarchosyndicat ce qui nous unit n'est ni syndicat ni anarcho,mais bien la somme.


Déjà meilleurs vœux pour les membres de ce forum et ceux qui le lisent.

Ensuite il ne s'agit pas, pour moi, de diviser mais d'échanger des points de vue.
Il faut considérer les choses positivement.

Je le fais là où il encore possible de le faire mais je m'en abstiens sur des espaces de discussion trop éloignés de ce que je pense.
Comme je l'ai dit, je ne vais pas discuter sur des forum du PS ou du PC et sur ceux d'extrême-gauche.
Je m'y suis essayé un temps et, comme je m'en suis fait exclure pour exprimer clairement mes positions sans ménagement, je n'ai pas renouvelé de tentative.

Donc nous avons pour la plupart ici des points communs : l' objectif de la société sans classes ni Etats, sans argent pour certains.
Ensuite nous discutons de la stratégie, des modes d'action et des rapports avec les gens qui nous entourent.

Comme je l'ai dit aussi, j'ai des oppositions avec le syndicalisme quel qu'il soit pour des raisons que j'ai exprimées et qui se sont forgées au fur et à mesure des discussions dont certaines se sont tenues ici-même.
Mais je suis anarchiste et les anarcho syndicalistes sont également anarchistes.

Avoir une réticence envers le syndicalisme en général ne m’empêche pas, par ailleurs, de me battre sur des cas particuliers comme c'est arrivé il n'y a pas si longtemps contre un petit patron qui exploitait gravement ses employés et où mon fils travaillait aussi.
Mais je n'y suis pas allé pour lui réclamer quoi que ce soit mais pour l'envoyer chier en face.
Mon fils a cherché du travail ailleurs.

Donc nous pouvons trouver des points d'accords et, c'est par la confrontation des idées que nous pouvons avancer ensemble.
Nous ne sommes pas formatés même si certains choisissent de s'inscrire dans une organisation.

Concernant l'individu et l'aspect monarchique que tu vois dans l'individualisme, je ne considère pas les choses sous cet angle.
C'est un autre débat.
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar l autre » Mercredi 01 Jan 2014 16:15

donc si je comprend bien kuh une revendication immédiate ( ce qui n'est pas limité aux salariale) peut être un élément déclencheur ou cristallisant. elle peut bien que originelle par évolution et rapport au contexte, être prise dans une dynamique qui mute en action et prise de conscience révolutionnaire; elle peut aussi être régressive voir conservatrice. Donc intrinsèquement une revendications immédiates n est pas a rejeter ou soutenir c'est aussi le contexte qui selon tel ou tel objectif juge de sa pertinence . La position de Elquico ne fait pas barrage ni s oppose aux diverses positions. Une dose d empirisme le chemin faisant selon elquico autorise un relatif spontanéisme . On peut donc penser que la revendications immédiate est loin d être suffisante mais est plus ou moins y compris tactiquement un des éléments du conflit.

Je vous renvois si cela n'est pas fait ( je pense que si) au cahier de l anarcho-syndicalisme je croîs le 22 Techniques de luttes des revendication a l utopie voir aussi ceux sur l Italie (site CNT-AIT Caen)
avant de aller plus avant sur ces questions le projet de société la contenu générale de l A-S , je propose que l ont continuent de questionner ces revendications quelle seraient le types de revendications a utiliser, supporter, tolérer compatibles avec une posture révolutionnaire sachant que rien n'est parfait nous cherchons .
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar kuhing » Mercredi 01 Jan 2014 18:26

l autre a écrit: Donc intrinsèquement une revendications immédiates n est pas a rejeter ou soutenir c'est aussi le contexte qui selon tel ou tel objectif juge de sa pertinence .


Je dirais que c'est la façon dont évolue une revendication immédiate qui est à observer de près parce que, effectivement, elle peut s'amplifier et se généraliser à une grève générale qui peut constituer la phase 1 d'une révolution sociale.

Dans ce cas, il s'agit de participer au processus même si ce n'est pas la poignée d'anarchistes qui sera déterminante dans l'évolution de la situation mais le niveau de conscience global qui aura atteint un seuil suffisant.

Par contre partir systématiquement de la revendication immédiate au point de ne plus se considérer comme anarchiste mais comme anarcho syndicaliste me parait être une erreur.
Parce que la revendication immédiate la plupart du temps s'en tient à ce quelle est : une demande locale et corporatiste.
Donc cela ne peut que glisser vers une dérive réformiste malgré la bonne volonté de certains.
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar elquico » Jeudi 02 Jan 2014 20:07

Bonne année,loin de moi l'intention de désigner des personnes et de leur attribuer des propos,lorsque j'ai parlé "de la sacrosainte lutte des classes qui divise" je parlais de la lutte des classes comme instrument de division
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar l autre » Dimanche 05 Jan 2014 16:02

ceux qui partent ou n agissent que sur les revendications immédiates ne sont anarco-syndicalistes mais syndicalistes révolutionnaire ou syndicaliste purement revendicatif ou syndicalisme réformistes . peut être que le file du débat fera apparaître les différences . Laissons le temps pour conclure. je revient a la revendication immédiates j ai lu un texte (je cherche) de la CNT Caen contre le poison corporatiste et de la division qu il produit.
La revendications du temps de travail n était et n est pas corporatiste, l accès a la santé pour tous et de la même logique. Conclusion toutes revendications immédiates n'est pas corporatistes donc les non corporatistes sont plus judicieuses.
l autre
 
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Re: CNT-AIT, qui sommes nous ?

Messagepar kuhing » Dimanche 05 Jan 2014 17:57

Réclamer la baisse du temps de travail pour toutes les professions dépasse peut-être le cadre du corporatisme puisque la revendication est inter-professionnelle mais cela s'inscrit dans le cadre du système marchand actuel.
Martine Aubry l'a d'ailleurs réalisée en partie avec les 35 heures dont l'avantage est supporté globalement par la collectivité qui travaille vraiment et pas les spéculateurs.
Quand à l'extrême gauche, elle la réclame aussi pour mieux partager le travail salarié ( c'est un des mots d'ordre phare de Lutte Ouvrière par exemple )
Tout cela ne remet pas en question le système actuel.
Et c'est de la responsabilité des anarchistes de ne pas participer à l'illusion que le système marchand peut être réformé dans le bon sens globalement c'est à dire, encore une fois, en " habillant Pierre sans deshabiller Paul ".
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sur le coté, Fanny Kaplan à qui je rends hommage
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