Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autonome !

Sommier théorique et affinités idéologiques !

Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autonome !

Messagepar Paul Anton » Vendredi 12 Fév 2010 14:04

Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autonome !

Il ne sert à rien de s'offusquer de l'actuelle crise du capitalisme car telle est sa nature. La crise est intimement liée au mécanisme même de l’accumulation du capital, mécanisme provoqué par la saturation du marché et son contrecoup : la surproduction. Les capitalistes sont poussés à trouver de nouveaux débouchés et à rechercher des gains de productivité toujours plus accrus et dont l'obtention est limitée par ce qui est humainement supportable (ainsi, le management, comme dispositif de recherche de la productivité, peut aboutir à « la souffrance » au travail et au suicide). Les marchés étant hyperconcurrentiels, ils poussent un certain nombre de capitalistes à délocaliser leurs entreprises pour ne pas subir le dépôt de bilan ou les foudres de leurs actionnaires, entraînant chômage (l'armée de réserve) et paupérisation. A cela s'ajoute cette recherche de revenus faramineux qui creuse les écarts salariaux et réduit l'investissement. Le capitalisme est cette course sans fin au taux de profit !

La gravité de la situation a fait que l’Etat est intervenu en raclant tous les fonds de tiroir de la république pour éviter que se répète le scénario de la crise de 1929, dont nous ne connaissons que trop le dénouement fatidique : la Seconde Guerre mondiale. Mais la dette atteint dorénavant une somme astronomique. Or le propre de la dette est d'être remboursée un jour ou l'autre avec intérêts à la clé. A défaut, c'est la banqueroute, comme ce fut le cas plusieurs fois à l'époque de l'ancien régime (début du règne de Louis XV, par exemple) et également sous le directoire (1797). Cela pourrait être à nouveau le cas et nul doute alors qu'elle conduirait à une situation sociale explosive comme en Argentine (2001), en Islande (2008) ou dans les Pays Baltes (2009). Certes, les gestionnaires ont su encore utiliser des injections massives de crédit, qui se rajoutent déjà aux précédentes (à chaque fois, les dettes privées deviennent publiques). Ce n'est de toute façon que reculer pour mieux sauter. On ne peut nier indéfiniment la réalité.

Pour éviter la faillite, une nouvelle cure d'austérité va donc être à l'honneur avec son corollaire de régression sociale pour toute une frange de la population (alibi ou pas, c'est bien cette même logique qui est à l'œuvre depuis 1974). Sa mise en application sera officielle après les élections régionales de 2010 : les politiciens ne sauraient prendre le risque de froisser l'opinion publique. Il est préférable pour eux de continuer à l'anesthésier dans le mythe de l'identité nationale et de la réussite sociale ou par le spectacle navrant d'une coupe de foot-ball.

Dès lors, tous ceux qui subissent les méfaits du capitalisme ont face à eux un choix : se soumettre ou se révolter ! Les anarchosyndicalistes de la CNT-AIT appellent les exploités et les opprimés à suivre cette harangue d'Emile Pouget (1860-1931) : « Chacun est invité à ne plus être un zéro humain, - à ne plus attendre d'en haut ou de l'extérieur son salut ; chacun est incité à mettre la main à la patte, - à ne plus subir passivement les fatalités sociales. » Ce qui nécessite une intelligence collective qui exprime son autonomie. Nous devons recourir à l'auto-organisation en instituant des comités de lutte (ouverts à tous les individus) qui fonctionnent de manière assembléiste et qui se basent sur la démocratie et l'action directes. Ces comités de lutte ne doivent pas être les chambres d'enregistrement des intérêts des partis et des syndicats qui nous abasourdissent d'innombrables doléances, de compassion sur la misère humaine et d'appels fictifs à l'unité. Les anarchosyndicalistes observent que ces organisations jouent la bonhomie en façade mais transforment les comités de lutte en champ clos de leur rivalité. Leurs militants ont tendance à vampiriser toute ébauche d'auto-organisation, voire de la saborder pour le compte de leurs organisations. Ce sont les exploités et les opprimés eux-mêmes qui doivent à tout niveau posséder la maîtrise et la destinée de leurs outils de combat. Exploités et opprimés, nous nous le devons ! C'est une question d'estime portée envers nous-mêmes.

La lutte doit s'affranchir du corporatisme qui ne résonne que par le statut induit par le système et qui ne conduit qu'à négocier un statu quo illusoire. Le corporatisme (« les autres peuvent toujours crever ») ne fait qu'entretenir des clivages, des divisions et n'aboutit qu'à une voie de garage. En partant de la réalité matérielle concrète, les anarchosyndicalistes appuient un cadre revendicatif unifiant dépassant le corporatisme. C'est pour cela que nous défendons la satisfaction des besoins fondamentaux (logement, santé, nourriture, éducation...), ce qui implique de les soustraire à la logique marchande. Ce cadre revendicatif unifiant est le préalable d'une tentative de construction d'un rapport de force permettant une résistance populaire autonome.

Pour les anarchosyndicalistes, tous les problèmes sociaux et économiques sont interdépendants et découlent du capitalisme, système résultant d'un processus socio-historique divisant la population en classes sociales. C'est bien la « lutte des classes » qu'il faut remettre sur le tapis. Nonobstant, il s'agit de redonner force à une critique du parlementarisme et de l'Etat.

Alors que chacun se positionne donc et médite sur cette phrase de Solon : « Je décrète comme criminel tout citoyen se désintéressant du débat public. »

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Re: Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autonome !

Messagepar riveira » Mardi 30 Mar 2010 17:28

Très bon texte.
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Re: Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autonome !

Messagepar NOSOTROS » Mardi 30 Mar 2010 20:19

à reproduire et diffuser sans modération :-)
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Re: Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autonome !

Messagepar JeanHippolyte » Mardi 04 Mai 2010 9:59

Les capitalistes sont poussés à trouver de nouveaux débouchés et à rechercher des gains de productivité toujours plus accrus et dont l'obtention est limitée par ce qui est humainement supportable (ainsi, le management, comme dispositif de recherche de la productivité, peut aboutir à « la souffrance » au travail et au suicide).


Tout à fait; comme l'a dit JL Mélenchon, qui n'a pas été le seul d'ailleurs, aujourd'hui en entreprise, on gère les travailleurs par le stress. Mais là nous sommes nombreux à le savoir.

Par contre, un peu moins connu à mon avis, l'enseignement lui-même forme les futurs travailleurs à un environnement oppressant tel celui de l'entreprise; ainsi j'ai entendu dire que le stress est de plus en plus présent dans l'enseignement primaire et secondaire, et j'ai moi même fait l'expérience d'une formation d'ingénieurs que je ne citerai pas, dans laquelle l'une des matières est enseignée d'une manière démesurément stressante, avec une pression que je n'ai moi-même pas pu supporter ce qui m'a fait quitter la formation en question. La raison de cette méthode était "le métier d'ingénieur est très stressant, alors faudra vous y habituer!". Comme cette profession est loin d'être la seule dans laquelle la pression devient de moins en moins supportable, les études risquent de devenir un véritable calvaire dans quelques années si l'on n'agit pas.
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Re: Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autonome !

Messagepar anarced » Mardi 04 Mai 2010 13:32

Je me fous bien de ce que peut raconter Mélanchon mais quand j'étais étudiant, au fil des réformes (U3M, ECTS/LMD, LRU, etc) on a régulièrement dénoncé l'objectif d'un processus (Bologne) où éduquer veut dire former des travailleurs dociles et corvéables à merci, c'est à dire abrutir et soumettre ce qui n'est considéré que comme de la « chair à patron ». Le problème est que la gauche et les syndicats ont largement cautionner tout cela, notamment le développement des stages au sein des formations (dès le collège!). Or qu'apprend-on dans ces stages sinon à se faire exploiter sans aucun droit à se défendre ?
Pour ce qui est des écoles d'ingénieurs (hors université) on est encore bien au delà de toutes ces réformes. Le directeur et les profs font absolument tout ce qu'ils veulent et l'intervention des "milieux d'affaires" est illimitée. A l'INSA ma formation était parrainée par la Générale Routière et on était fortement incité à accepter toute sorte de stage chez eux ou, à la rigueur, à nous faire exploiter ailleurs. Des intervenants des grand groupes (Eiffage, Bouygues, etc.) intervenaient régulièrement dans le cadre des cours. Certaines interventions à mourir de rire : on fait du développement durable parce que sur les chantiers, on a des employés de toutes les couleurs... Je me suis fait viré en quatrième année pour des raisons assez floues...
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Re: Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autonome !

Messagepar JeanHippolyte » Mercredi 05 Mai 2010 9:29

En effet, on dirait que désormais, l'objectif de l'enseignement n'est plus de former des citoyens cultivés mais au contraire des travailleurs dociles peu aptes à remettre en cause l'organisation; ainsi, la suppression annoncée de l'histoire géographie en terminale S, dont le programme comprend la mondialisation et les contestations de mai 68, montre un objectif évident de réduire la connaissance du monde qui nous entoure et des luttes passées.

Sinon Anarced, je suis à l'INSA moi aussi, et je suis plutot d'accord avec tes affirmations (je ne suis qu'en première année donc je n'en ai pas encore beaucoup vu...).

Concernant les stages, je ne suis pas contre le principe, mais dans le système économique actuel, cela se rapporte à ce que tu viens de dire: bosser et la fermer.
Apprendre à en prendre plein la tronche en tant que travailleur, un avant-gout de la réalité professionnelle de l'entreprise quoi!
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Re: Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autonome !

Messagepar NOSOTROS » Mercredi 05 Mai 2010 10:05

Bienvenu !

Concernant les stages, je ne suis pas contre le principe, mais dans le système économique actuel, cela se rapporte à ce que tu viens de dire: bosser et la fermer.
Apprendre à en prendre plein la tronche en tant que travailleur, un avant-gout de la réalité professionnelle de l'entreprise quoi!


Exactement !

Mais malheureusement ce n'est pas nouveau ... Cf le tract-BD que nous avions édité il ya dix ans (et que nous avions pompé à des compagnons australiens ... pour dire que ce n'est pas non plus franco français) à propos des petits boulots- stage etc ... il s'agit de former les jeunes à la docilité, de leur donner un avant gout de ce qu'est le travail :

http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=13
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Re: Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autono

Messagepar lucien » Dimanche 10 Fév 2013 1:50

Up !
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Re: Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autono

Messagepar jeannetperz » Vendredi 24 Oct 2014 12:38

Paul Anton a écrit:Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autonome !

Il ne sert à rien de s'offusquer de l'actuelle crise du capitalisme car telle est sa nature. La crise est intimement liée au mécanisme même de l’accumulation du capital, mécanisme provoqué par la saturation du marché et son contrecoup : la surproduction. Les capitalistes sont poussés à trouver de nouveaux débouchés et à rechercher des gains de productivité toujours plus accrus et dont l'obtention est limitée par ce qui est humainement supportable (ainsi, le management, comme dispositif de recherche de la productivité, peut aboutir à « la souffrance » au travail et au suicide). Les marchés étant hyperconcurrentiels, ils poussent un certain nombre de capitalistes à délocaliser leurs entreprises pour ne pas subir le dépôt de bilan ou les foudres de leurs actionnaires, entraînant chômage (l'armée de réserve) et paupérisation. A cela s'ajoute cette recherche de revenus faramineux qui creuse les écarts salariaux et réduit l'investissement. Le capitalisme est cette course sans fin au taux de profit !

La gravité de la situation a fait que l’Etat est intervenu en raclant tous les fonds de tiroir de la république pour éviter que se répète le scénario de la crise de 1929, dont nous ne connaissons que trop le dénouement fatidique : la Seconde Guerre mondiale. Mais la dette atteint dorénavant une somme astronomique. Or le propre de la dette est d'être remboursée un jour ou l'autre avec intérêts à la clé. A défaut, c'est la banqueroute, comme ce fut le cas plusieurs fois à l'époque de l'ancien régime (début du règne de Louis XV, par exemple) et également sous le directoire (1797). Cela pourrait être à nouveau le cas et nul doute alors qu'elle conduirait à une situation sociale explosive comme en Argentine (2001), en Islande (2008) ou dans les Pays Baltes (2009). Certes, les gestionnaires ont su encore utiliser des injections massives de crédit, qui se rajoutent déjà aux précédentes (à chaque fois, les dettes privées deviennent publiques). Ce n'est de toute façon que reculer pour mieux sauter. On ne peut nier indéfiniment la réalité.
pour continuer le débat sur la convergences des luttes
Pour éviter la faillite, une nouvelle cure d'austérité va donc être à l'honneur avec son corollaire de régression sociale pour toute une frange de la population (alibi ou pas, c'est bien cette même logique qui est à l'œuvre depuis 1974). Sa mise en application sera officielle après les élections régionales de 2010 : les politiciens ne sauraient prendre le risque de froisser l'opinion publique. Il est préférable pour eux de continuer à l'anesthésier dans le mythe de l'identité nationale et de la réussite sociale ou par le spectacle navrant d'une coupe de foot-ball.

Dès lors, tous ceux qui subissent les méfaits du capitalisme ont face à eux un choix : se soumettre ou se révolter ! Les anarchosyndicalistes de la CNT-AIT appellent les exploités et les opprimés à suivre cette harangue d'Emile Pouget (1860-1931) : « Chacun est invité à ne plus être un zéro humain, - à ne plus attendre d'en haut ou de l'extérieur son salut ; chacun est incité à mettre la main à la patte, - à ne plus subir passivement les fatalités sociales. » Ce qui nécessite une intelligence collective qui exprime son autonomie. Nous devons recourir à l'auto-organisation en instituant des comités de lutte (ouverts à tous les individus) qui fonctionnent de manière assembléiste et qui se basent sur la démocratie et l'action directes. Ces comités de lutte ne doivent pas être les chambres d'enregistrement des intérêts des partis et des syndicats qui nous abasourdissent d'innombrables doléances, de compassion sur la misère humaine et d'appels fictifs à l'unité. Les anarchosyndicalistes observent que ces organisations jouent la bonhomie en façade mais transforment les comités de lutte en champ clos de leur rivalité. Leurs militants ont tendance à vampiriser toute ébauche d'auto-organisation, voire de la saborder pour le compte de leurs organisations. Ce sont les exploités et les opprimés eux-mêmes qui doivent à tout niveau posséder la maîtrise et la destinée de leurs outils de combat. Exploités et opprimés, nous nous le devons ! C'est une question d'estime portée envers nous-mêmes.

La lutte doit s'affranchir du corporatisme qui ne résonne que par le statut induit par le système et qui ne conduit qu'à négocier un statu quo illusoire. Le corporatisme (« les autres peuvent toujours crever ») ne fait qu'entretenir des clivages, des divisions et n'aboutit qu'à une voie de garage. En partant de la réalité matérielle concrète, les anarchosyndicalistes appuient un cadre revendicatif unifiant dépassant le corporatisme. C'est pour cela que nous défendons la satisfaction des besoins fondamentaux (logement, santé, nourriture, éducation...), ce qui implique de les soustraire à la logique marchande. Ce cadre revendicatif unifiant est le préalable d'une tentative de construction d'un rapport de force permettant une résistance populaire autonome.

Pour les anarchosyndicalistes, tous les problèmes sociaux et économiques sont interdépendants et découlent du capitalisme, système résultant d'un processus socio-historique divisant la population en classes sociales. C'est bien la « lutte des classes » qu'il faut remettre sur le tapis. Nonobstant, il s'agit de redonner force à une critique du parlementarisme et de l'Etat.

Alors que chacun se positionne donc et médite sur cette phrase de Solon : « Je décrète comme criminel tout citoyen se désintéressant du débat public. »

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Re: Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autono

Messagepar jeannetperz » Vendredi 24 Oct 2014 12:38

Paul Anton a écrit:Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autonome !

Il ne sert à rien de s'offusquer de l'actuelle crise du capitalisme car telle est sa nature. La crise est intimement liée au mécanisme même de l’accumulation du capital, mécanisme provoqué par la saturation du marché et son contrecoup : la surproduction. Les capitalistes sont poussés à trouver de nouveaux débouchés et à rechercher des gains de productivité toujours plus accrus et dont l'obtention est limitée par ce qui est humainement supportable (ainsi, le management, comme dispositif de recherche de la productivité, peut aboutir à « la souffrance » au travail et au suicide). Les marchés étant hyperconcurrentiels, ils poussent un certain nombre de capitalistes à délocaliser leurs entreprises pour ne pas subir le dépôt de bilan ou les foudres de leurs actionnaires, entraînant chômage (l'armée de réserve) et paupérisation. A cela s'ajoute cette recherche de revenus faramineux qui creuse les écarts salariaux et réduit l'investissement. Le capitalisme est cette course sans fin au taux de profit !

La gravité de la situation a fait que l’Etat est intervenu en raclant tous les fonds de tiroir de la république pour éviter que se répète le scénario de la crise de 1929, dont nous ne connaissons que trop le dénouement fatidique : la Seconde Guerre mondiale. Mais la dette atteint dorénavant une somme astronomique. Or le propre de la dette est d'être remboursée un jour ou l'autre avec intérêts à la clé. A défaut, c'est la banqueroute, comme ce fut le cas plusieurs fois à l'époque de l'ancien régime (début du règne de Louis XV, par exemple) et également sous le directoire (1797). Cela pourrait être à nouveau le cas et nul doute alors qu'elle conduirait à une situation sociale explosive comme en Argentine (2001), en Islande (2008) ou dans les Pays Baltes (2009). Certes, les gestionnaires ont su encore utiliser des injections massives de crédit, qui se rajoutent déjà aux précédentes (à chaque fois, les dettes privées deviennent publiques). Ce n'est de toute façon que reculer pour mieux sauter. On ne peut nier indéfiniment la réalité.
pour continuer le débat sur la convergences des luttes
Pour éviter la faillite, une nouvelle cure d'austérité va donc être à l'honneur avec son corollaire de régression sociale pour toute une frange de la population (alibi ou pas, c'est bien cette même logique qui est à l'œuvre depuis 1974). Sa mise en application sera officielle après les élections régionales de 2010 : les politiciens ne sauraient prendre le risque de froisser l'opinion publique. Il est préférable pour eux de continuer à l'anesthésier dans le mythe de l'identité nationale et de la réussite sociale ou par le spectacle navrant d'une coupe de foot-ball.

Dès lors, tous ceux qui subissent les méfaits du capitalisme ont face à eux un choix : se soumettre ou se révolter ! Les anarchosyndicalistes de la CNT-AIT appellent les exploités et les opprimés à suivre cette harangue d'Emile Pouget (1860-1931) : « Chacun est invité à ne plus être un zéro humain, - à ne plus attendre d'en haut ou de l'extérieur son salut ; chacun est incité à mettre la main à la patte, - à ne plus subir passivement les fatalités sociales. » Ce qui nécessite une intelligence collective qui exprime son autonomie. Nous devons recourir à l'auto-organisation en instituant des comités de lutte (ouverts à tous les individus) qui fonctionnent de manière assembléiste et qui se basent sur la démocratie et l'action directes. Ces comités de lutte ne doivent pas être les chambres d'enregistrement des intérêts des partis et des syndicats qui nous abasourdissent d'innombrables doléances, de compassion sur la misère humaine et d'appels fictifs à l'unité. Les anarchosyndicalistes observent que ces organisations jouent la bonhomie en façade mais transforment les comités de lutte en champ clos de leur rivalité. Leurs militants ont tendance à vampiriser toute ébauche d'auto-organisation, voire de la saborder pour le compte de leurs organisations. Ce sont les exploités et les opprimés eux-mêmes qui doivent à tout niveau posséder la maîtrise et la destinée de leurs outils de combat. Exploités et opprimés, nous nous le devons ! C'est une question d'estime portée envers nous-mêmes.

La lutte doit s'affranchir du corporatisme qui ne résonne que par le statut induit par le système et qui ne conduit qu'à négocier un statu quo illusoire. Le corporatisme (« les autres peuvent toujours crever ») ne fait qu'entretenir des clivages, des divisions et n'aboutit qu'à une voie de garage. En partant de la réalité matérielle concrète, les anarchosyndicalistes appuient un cadre revendicatif unifiant dépassant le corporatisme. C'est pour cela que nous défendons la satisfaction des besoins fondamentaux (logement, santé, nourriture, éducation...), ce qui implique de les soustraire à la logique marchande. Ce cadre revendicatif unifiant est le préalable d'une tentative de construction d'un rapport de force permettant une résistance populaire autonome.

Pour les anarchosyndicalistes, tous les problèmes sociaux et économiques sont interdépendants et découlent du capitalisme, système résultant d'un processus socio-historique divisant la population en classes sociales. C'est bien la « lutte des classes » qu'il faut remettre sur le tapis. Nonobstant, il s'agit de redonner force à une critique du parlementarisme et de l'Etat.

Alors que chacun se positionne donc et médite sur cette phrase de Solon : « Je décrète comme criminel tout citoyen se désintéressant du débat public. »

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Re: Plus que jamais, barbarie ou résistance populaire autono

Messagepar jeannetperz » Vendredi 24 Oct 2014 12:41

poste ci devant pour alimenter la réflexion du débat sur la convergence des luttes a foutoir mondial
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