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Démolition du squat 111 à Louvain-la-Neuve (Belgique)

MessagePosté: Mercredi 14 Sep 2005 20:46
par lucien
Démolition du squat 111 à Louvain-la-Neuve (Belgique)

La journée du 5 septembre a connu la destruction sauvage à sept heures du matin des deux dernières maisons du squat 111 à Louvain-la-Neuve. L’Université Catholique de Louvain, propriétaire, n’aurait délibérément prévenu personne (ni les squatteurs, ni la commune) pour parvenir à ses fins. Deux personnes devraient subir les conséquences judiciaires de cette journée.

Le squat devait se faire évacuer depuis l’incident de mars dernier où deux enfants avaient péri dans l’incendie d’un camion et seule la zone punk demeurait. Un compagnon, qui a habité ce squat pendant 3 ans, nous raconte la journée :

« Les bulldozers sont arrivés à 7 heures du mat’ ; bien sûr, les squatteurs n'avaient pas été prévenus, c'est ce que réclamaient ceux-ci. La tension est montée dans la journée (je suis parti vers midi) et au soir les occupants ont mis des briques au milieu de la nationale, mais pas sur les voitures qui passaient ; les flics étaient présent et les pompiers aussi car certains avaient bouter le feu au ruine des deux maisons qui s'étaient fait démolir.

C'est alors que les keufs ont arrêté une personne sans aucune raison (celle-ci n'étant pas spécialement véhémente) et puis une autre qui avait mis les briques au milieu de la nationale. Deux arrestations administratives, donc théoriquement il n'y aura pas de poursuite. C'est là que les choses se sont corsées et il y a eu une charge ; les flics-robocops ont repoussé les protestataires en face de l'autre côté de la nationale (côté quartier de la baraque). Là-bas ils ont sauté sur une personne (apparemment qui criait beaucoup mais c'est tout). Ils l'ont évidement roué de coup. Il a par la suite fait établir un certificat médical attestant des coups reçus, on me dit que plainte sera déposée.

Ensuite ils ont appelé une autre personne pour dialoguer mais quand celui-ci est arrivé à hauteur du commissaire les robocops se sont jetés sur lui. Dans la mêlée, un flic est tombé et s'est pété la clavicule. Donc ces deux personnes ont été arrêtées judiciairement et le premier est accusé de "rébellion, outrage à agent" et le deuxième de "violence sur agent ayant entraîné une incapacité de travail". Voilà où ça en est pour l'instant, les deux maisons sont totalement mises a plat, mais c'est pas fini... »

Sa compagne nous relate la journée à sa façon :

« Cette journée du 5 septembre s'annonçait comme une dont il fallait profiter avant l'arrivée de l'automne, pourtant certains n'en ont pas eu l'occasion. Les occupants du squat 111 ont subi un réveil des plus animé. Pour eux, ce matin, ni eau ni électricité, mais par contre un bulldozer et quelques policiers pour leurs annoncer que les deux maisons dont ils occupaient le terrain, allaient être démolies sans autre forme de procès. Quelques squatteurs vigilant ont eu la présence d'esprit de vérifier qu'il n'y avait personne dans les maisons heureusement, sans ce réflexe, un nouvel « incident » aurait été à déplorer...

Après avoir évacué ce qui pouvait l'être, dans la précipitation, les occupants se sont rassemblés au milieu de la nationale pour observer le massacre. En quelques heures, il ne reste qu'un tas de gravas de ces maisons centenaires que la logique économique a rendues insalubres. Des représentants de l'ucl (proprio des maisons) sont sur place mais aucun ne daigne parler aux principaux intéressés.


Des personnes extérieurs au squat ont rejoint les occupants par solidarité avec eux. Cette démarche reste obscure pour les forces de l'ordre qui ont interpellé (verbalement) une de ces personnes de la manière suivante: « Vous habitiez là monsieur? Non, alors en quoi ça vous concerne?... » Là ça a causé solidarité, respect des êtres humains, réflexion sur le rôle qu'on joue dans notre société... Quand je dis « ça a causé », évidemment c'est pas le flic qui a dit ça, c'est l'interpellé. Ce flic lui a répondu que c'était un beau discours et qu'il respectait ces opinions, mais que la sienne d'opinion, il pouvait pas la dire dans le cadre de son boulot. C'est vrai que ça fait toujours tache de dire au milieu d'une foule de squatteurs-hippies-punks-libertoïdes qu'on est un gros facho, que les squatteurs c'est la vermine de notre société et qu'ils ont eu ce qu'ils méritaient.

Et puis les squatteurs ont eu l'idée de barrer la route aux véhicules sur la nationale et ça a pas plu à certains. Alors le ton est monté et le médiateur urbain (ex commissaire de gendarmerie), à la solde de l'ucl, a dit aux squatteurs de se calmer. Ben oui quoi! Restons calmes. C'est pas parce qu'on vous laisse sans eau et sans électricité et qu'on vous a pas laissé le temps de sauver vos pauvres affaires que vous aller nous en chier une pendule ! Il est plein de bon sens ce médiateur. C'est vrai quoi, les squatteurs : gardez votre hargne pour le jour de l'expulsion dont cette journée du 5 septembre n'était qu'un avant goût... » - Kreatura –

MessagePosté: Mercredi 14 Sep 2005 22:16
par bakou
Sur Régions.be :

BRABANT WALLON

La fin de la « Zone Okupée »

Les deux dernières maisons du squat de la N4 abattues. Les squatteurs disent ne pas avoir été prévenus. L'UCL veut les voir partis pour la fin octobre.

Un fauteuil désarticulé dépasse du tas de gravats, des vêtements rassemblés en hâte dans des sacs-poubelle traînent sur le trottoir tandis qu'un feu consume des déchets provenant du bâtiment démoli. Les deux dernières maisons du squat de la Nationale 4 à Louvain-la-Neuve, aussi appelé « Zone Okupée », ont été détruites lundi matin à l'initiative de l'UCL, propriétaire du terrain. Un nouveau coup dur pour les squatteurs après l'incendie doublement mortel survenu en mars dernier. C'est sans aucun doute ce malheureux événement qui a signifié la fin prochaine du squat.

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C'est dans un climat tendu que les résidents de la « Zone Okupée » ont assisté à la démolition des deux dernières maisons du squat Photo René Breny

La pelleteuse est arrivée à 7 h 30 sans prévenir ; on dormait encore, raconte Dany, l'un des squatteurs de la première heure. Ils ont viré les personnes qui dormaient dans le bâtiment numéro 109 avant de commencer à l'abattre. On a à peine eu le temps de sauver ce qui pouvait l'être. Ils se sont ensuite attaqués au numéro 111 qu'ils ont également mis à terre.

Une destruction dont ils ne savaient rien, prétendent les squatteurs complètement furieux. Il y aurait, paraît-il, eu un recommandé nous prévenant de notre expulsion pour le 11 octobre. Mais nous n'avons rien reçu !

L'ambiance était donc très électrique lundi matin aux abords du squat jeté à terre. Les squatteurs ont quelque peu gêné la circulation. Le ton est ainsi monté entre eux et le chauffeur d'un camion de Danheux et Maroye bloqué dans la file. Dégage de la chaussée ou je te roule dessus !, a menacé le routier qui a dû être calmé par les forces de l'ordre venues tempérer les ardeurs.

Sur le terrain situé à l'arrière des maisons démolies subsistent encore six caravanes. Elles n'étaient en effet pas visées par la destruction de lundi matin et peuvent, pour l'instant, rester sur place. Elles devront néanmoins avoir vidé les lieux d'ici peu. L'eau et l'électricité, qui avaient été coupées lundi matin lors de l'abattage des maisons, devaient être rétablies dans l'après-midi.

Du côté de l'UCL, on assure que les squatteurs avaient été prévenus et qu'ils savaient à quoi s'en tenir : Un recommandé a été envoyé conjointement par la Ville d'Ottignies et l'UCL en date du 11 avril dernier, affirme Anne-Marie Kumps, administrateur général de l'UCL. Ce courrier indiquait que la convention signée le 28 octobre 2002 entre les squatteurs, l'UCL et Ottignies n'avait pas été respectée par les squatteurs et qu'elle était donc résiliée. Nous voulions néanmoins éviter l'expulsion pure et simple et on a cherché des alternatives.

D'autre part, les maisons des numéros 109 et 111 avaient été déclarées insalubres par les pompiers et étaient censées être inhabitées. Ce sont donc des maisons vides et dangereuses qui ont été détruites avec un permis en bonne et due forme. Le médiateur urbain Jean-Pierre Jacquet était passé le 3 septembre les prévenir de l'arrivée imminente des machines. On leur a donc laissé le temps nécessaire.

La destruction des maisons n'est néanmoins qu'une dernière étape avant le départ définitif et forcé des habitants de la Zone Okupée.

L'eau et l'électricité seront en effet coupées à la fin du mois d'octobre. Plus aucune caravane ne sera à ce moment-là tolérée sur le site.

Ce terrain est situé sur une zone de parc scientifique, poursuit Anne-Marie Kumps. Aucun projet ne concerne précisément cet endroit, mais nous allons à terme aménager cette zone.

VINCENT VANHAM - mardi 06.09.2005
:wink: