SOULEVEMENT POPULAIRE EN ESPAGNE !

La lutte est globale... Solidarité a-nationale !

Re: SOULEVEMENT POPULAIRE EN ESPAGNE !

Messagepar lucien » Lundi 30 Mai 2011 22:25

Voir aussi la galerie-photos du campement de Barcelone (http://www.flickr.com/photos/acampadabcnfoto) et notamment les photos de l'action "Barcelona está con París"... par-delà les frontières...
Le monde ne se compose pas d'anges révolutionnaires, de travailleurs généreux d'une part, de diables réactionnaires et de capitalistes cupides de l'autre.
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Considération sur les "indignés"

Messagepar oups » Mercredi 01 Juin 2011 14:22

Il fût un temps où les soulèvements de la classe ouvrière et/ou de la jeunesse s’appuyaient sur de solides écrits révolutionnaires : le Manifeste de Marx et Engels, le petit livre rouge, quelques essais situationnistes…Les révoltes du XXème siècle ont eu au moins le mérite d’être motivées par une stratégie globale de renversement effectif de la société, renversement qui, s’il n’a pas eu lieu, n’en est pas pour autant disqualifié dans les expressions les plus virulentes du Conflit en cours, bien au contraire. Mais il en va autrement du soulèvement des « indignés », qui a récemment bénéficié d’un emballement médiatique qui a eu tôt fait d’en faire le modèle de la « révolution citoyenne » de demain. Disons-le tout de suite : le grand soir de la « démocratie réelle » respire un air bien peu révolutionnaire…

On aurait pu, en 2011, se contenter d’une insurrection façon « comité invisible », et ce malgré le gouffre tactique d’un ouvrage comme L’insurrection qui vient, mais c’est mésestimer la capacité d’une partie de la jeunesse à s’enticher de hochets citoyennistes en guise de théorie révolutionnaire. Indignez-vous n’est pas autre chose (1). Le problème étant néanmoins que le lecteur de Stéphane Hessel, ce révolutionnaire du living-room, s’est mis en tête de sortir de chez lui, et de montrer qu’il savait « s’indigner ». Il a donc attrapé sa tente Quechua, son Iphone, et s’en est allé camper au milieu des places, pour réclamer la « démocratie réelle », celle des citoyens apolitiques, pacifiques (2). Et quant les flics, à Barcelone, à Paris, sont venus pour clore la fête, histoire qu’on puisse circuler ou boire à une finale de foot remportée par l’équipe locale, il s’est assis par terre, a crié « non à la violence ! » : plus d’une centaine de blessés à Barcelone, dont un encore dans un état grave à l’heure qu’il est. Le pacifisme a une limite : ça s’appelle le masochisme. La voilà franchie avec brio par les « indignés » catalans. Au-delà de l’impasse stratégique, transparaît là une receptivité inquiétante au discours dominant issu des médias bourgeois, notamment sur les soulèvements tunisiens et égyptiens. Car l’indigné a ses références historiques « ready-made », et ce ne sont pas ces soulèvements en tant qu’événements réels, mais figés dans leur représentation spectaculaire. Oubliés les martyrs, la torture policière, les snipers sur les toits, les exactions de l’armée, les combats à la roquette entre bédouins et flics egyptiens, les commissariats brûlés, les prisons ouvertes, les affrontements de rue ? Sans doute, et, avec eux, ce fait marquant : les révolutions arabes n’ont pas eu lieu. Elles ne sont encore que des possibles avortés, des 1905 en puissance. Car, malgré toute la violence déchaînée de part et d’autre, le système est encore debout : on torture encore dans les commissariats tunisiens, l’armée en Egypte réprime violemment les grèves, tandis qu’on prépare des « élections libres », afin sans doute de prouver, une fois de plus, que la liberté et l’égalite sont solubles dans le suffrage universel.



Mais revenons à notre « indigné ». Il croit au Souverain Bien, et il lui a donné un nom : démocratie. En son nom, et en celui de l’apolitisme, il arrache les affiches anarchistes et les drapeaux républicains de la place Puerta del Sol, foulant au pied des années de résistance anti-franquiste, il nie le droit à une parole collective (« chacun parle pour lui-même ») autre que celle issue de l’assemblée générale « consensuelle », refuse qu’on puisse défendre l’idée d’une réponse proportionnée à la violence étatique, fait huer ceux qui ont l’outrecuidance de critiquer la mise en place d’une commission « garderie » lorsque la préparation d’une commission « défense » en vue d’une intervention policière paraît répondre plus pertinemment à l’enjeu du moment. Qui peut croire qu’on peut renverser le système en se contentant d’une zone d’autonomie temporaire qui se satisfait du simple fait d’exister ? Qu’est-ce qu’une « démocratie réelle » limitée à une place, sinon de la masturbation politique pour idéalistes en mal d’un capitalisme « gentil » et d’un régime parlementaire « participatif » ? L’occupation de lieux centraux dans les villes a son importance, mais cette occupation ne peut qu’être fondée sur l’idée de contagion révolutionnaire à partir de centres stratégiques, dans le cadre plus large d’une insurrection potentiellement armée : la place Tahrir en est un exemple partiel, ce qui a sans doute justifié, aux yeux des militaires égyptiens, la nécessité de son évacuation rapide après le départ de Moubarak.

Idéologiquement, disons-le clairement, le mouvement « pour la démocratie réelle » pue. On y retrouve quelques éléments de discours populistes : il existerait ainsi un capitalisme et une forme de démocratie bourgeoise « qui marche », contre le capitalisme « mondialisé » (remplacez « mondialisé » par « apatride » si vous vous sentez des crampes au bras droit) qui justifierait alors un retour à un capital « national » ; le corps politique constitué par les « citoyens » aurait pour lui le bon sens et la raison, qu’accompagne la mesure -et donc le refus de tout grand chambardement-, ce qui ferait du « citoyen » la forme indépassable de l’exercice d’une liberté idéale garantie par le droit. Bien sur, c’est un discours « de gauche », mais est-ce pour autant un discours révolutionnaire ? L’indignation a ceci de problématique qu’elle a la vue courte. Aller à l’encontre du processus historique de la mondialisation capitaliste peut s’avérer hautement inefficace. Marx ne disait-il pas que celui-ci était la mort même du pouvoir économico-politique de la bourgeoisie ? La globalisation capitaliste peu à peu doit nous amener à penser le renversement global de la société de classes, et non pas à fantasmer en réactionnaires un retour en arrière qui n’éliminerait nullement l’exploitation, mais la déplacerait sur un plan qui, stratégiquement, n’est pas franchement plus à même de prêter le flanc à la révolution. Et si nous devons combattre le capitalisme mondialisé, c’est en tant que capitalisme, et non pas en tant qu’il est mondialisé. Lorsque les indignés font référence aux « 300 grandes fortunes » ou, plus flou encore, au « pouvoir des banquiers », ils ne font qu’énoncer des coupables au sens où l’entendrait un tribunal bourgeois, sur la base de responsabilités individuelles indépendantes de tout élément systémique, et rejoignent en cela les gouvernements occidentaux (les fameux « abus » chassés par le gouvernement Sarkozy). S’il y a culpabilité, elle est à chercher du côté de la classe bourgeoisie toute entière, de ses expressions, de ses institutions. La seule posture qui vaille n’est pas l’indignation, mais la prise de parti dans la lutte de classes, pour le parti (3) communiste, le seul qui soit celui de la révolution.

Une évolution positive du mouvement est néanmoins envisageable, mais celle-ci ne pourra avoir lieu qu’à deux conditions : révision de la stratégie pacifiste et ouverture d’un « deuxième front » sous la forme de grèves multiples, voire d’une grève générale. Ces deux conditions paraissent seules pouvoir entraîner une radicalisation progressive, théorique et pratique, d’un « mouvement » dont la dissolution sera alors envisageable. Mais, pour l’instant, que ce soit en Espagne, en Grèce ou en France, il n’est pas souhaitable que se poursuive un mouvement qui, en quelques occasions, se fait glaçant (hymne et drapeau national sur la place Syntagma à Athènes, drapeaux de l’Espagne monarchiste dans les rassemblements de solidarité, présence des conspirationnistes de Zeitgeist à Bastille…). Contre l’indignation des idiots utiles de la démocratie bourgeoise, affirmons ainsi avec force la nécessité d’une insurrection politique, apatride et radicale, seule à même de permettre l’élaboration de la forme nouvelle nécessaire au monde de demain. Le système ne se réforme pas, il se détruit !
Bien sur, c’est également un produit commercial attractif : pensez donc, un « essai » écrit par un résistant, vendu au prix hyper-compétitif de 3€, dans vos grandes surfaces avant Noël ! A défaut de piller sauvagement le supermarché du coin, vous pourrez toujours courir comme un dératé vers son rayon « culturel », et, pour une fois, faire l’impasse sur la dernière bio de PPDA ou sur le DVD pas-cher-du-tout du best-of de la coupe du monde 98, pour ressentir le grand frisson révolutionnaire, bien au chaud, lové au fond du canapé avec, ô comble du gauchisme, « Foule sentimentale » d’Alain Souchon en fond sonore.

Il a alors créé des tas de commissions, fait du théâtre de rue, des slogans « poétiques », des spectacles de clown, un potager bio, des toilettes sèches, une garderie, et même un live sur webcam pour suivre ce qui ne se passe pas sur la place (véridique !).

Toujours au sens de parti-pris, la forme légale du parti politique participant des « moyens aliénés » qui ne sauraient être destinés à combattre l’aliénation.


http://laguerredanslame.tumblr.com/post ... s-indignes
oups
 

Re: SOULEVEMENT POPULAIRE EN ESPAGNE !

Messagepar lucien » Mercredi 01 Juin 2011 21:51

salut oups,
rapidement,
on va se rejoindre sur les critiques à porter à ce "mouvement", ainsi que sur le "deuxième front" (élargissement des techniques de lutte pour ne pas se cantonner au mieux à l'occupation).
sur la stratégie pacifiste, elle peut se comprendre dans un premier temps, surtout en l'absence de prise de conscience, d'une véritable légitimité du mouvement (on notera que les violences policières sur des manifestants espagnols pacifistes ont justement développé la légitimité du mouvement) et, pour ce qui concerne la france, d'une massification de celui-ci.
j'en conclus, à la lecture de ce texte, que les indignés mais surtout les attroupements qu'ils peuvent susciter sont malgré tout fréquentables.
à suivre...
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Re: SOULEVEMENT POPULAIRE EN ESPAGNE !

Messagepar Lambros » Jeudi 09 Juin 2011 21:22

Pour une anarchie totale maintenant ! Espagne, 2 juin 2011

Ce texte est le produit de notre indignation de voir le mouvement « Démocratie Réelle Maintenant » se présenter lui-même comme une vraie révolution, alors que ce qu’il représente réellement, ce qu’il défend est la continuation du système capitaliste raccommodé avec quelques réformes sans autres effets que de lui donner une nouvelle légitimité. Les idées que reflètent le manifeste de ce mouvement sont des appels de politiciens, exigeants un système qui tourne à la perfection, pour une démocratie qui autorise une contestation canalisée et contrôlable, tant qu’elle ne menace pas sa survie.

Nous n’approuvons pas la pétition du manifeste, en tant que c’est un discours vide, ambigu et qui galvaude le sens de ce qu’est une véritable révolution.

Nous ne nous reconnaissons pas nous-mêmes comme des citoyens, nous ne nous incluons pas dans le mouvement « Démocratie Réelle Maintenant » car nous sommes contre tout pouvoir, même celui qui émane du peuple. Nous sommes contre la social-démocratie, la représentation et le fait d’être des esclaves de ce système. Nous ne voulons pas d’un monde de consommation heureuse, d’usines et d’entreprises d’exploitation.

Nous exigeons que soit interrogé l’usage du mot « anti-système » : l’appliquer à des politiciens et des banquiers est une incohérence parce qu’ils représentent l’essence même du système actuel, ils le renforcent et le protègent. Dans une déclaration de M-15, ils disent que l’officier de police qui attaque est “anti-système” ; ce n’est rien de plus que de la chirurgie esthétique sur l’actuel fonctionnement du système, qui inclus le domaine de la violence à travers les forces de sécurité. Nous sommes fiers d’être anti-systèmes, comme nous marchons dans la direction de la destruction de tout ce qui nous opprime, nous voulons un changement réel dans nos vies.

Nous rejetons l’arrogance avec laquelle ce mouvement se distingue lui-même des actions révolutionnaires violentes, promouvant la forme pacifique comme « le seul outil possible de changement social ». Nous comprenons que cette affirmation ne reconnaît pas les révolutions historiques telles que les actions violentes durant la révolution sociale dans la Seconde République et pendant la guerre civile dans ce pays [en Espagne]. Cela condamne aussi les luttes de divers commandos et groupes autonomes des années 70, 80 et 90 (Mouvement Ibérique de Libération, Action Directe, et beaucoup d’autres), tout comme les actions violentes de résistance de certains mouvements ouvriers. Et pour mentionner d’autres luttes dans d’autres endroits, qui incluent aussi une réaction violente, nous nous souvenons de la révolution Sandiniste et des luttes armées de libération nationale telles que l’EZLN.

Actuellement la lutte insurrectionnelle se répand à travers le globe sous la forme d’actions violentes et autonomes contre les structures et les symboles du capital et de l’autorité.

Le système n’est pas à réformer, il doit être détruit. Ils ne nous donnerons rien de ce que nous voulons et nous ne leur demanderons rien. Nous ne voulons pas tomber dans des revendications adressées à ceux que nous ne reconnaissons pas, nous décidons de les prendre de nous-même. Ce système est fait pour les banquiers, les politiciens, les travailleurs, les citoyens et leurs droits civils. Depuis, la pétition de ce manifeste réclame un fonctionnement soutenable du système, qu’on s’assure du respect des droits civils, du progrès, du travail, de la consommation et du bonheur. Nous ne voulons pas d’un système du bien-être qui est continuellement contre la vie et la liberté. Nous ne voulons pas être des sujets pacifiques et pacifiés qui se conforment. Nous sommes contre la logique travail-consommation.

Le travail salarié c’est l’esclavage, la prostitution de nos corps, de nos esprits et de notre énergie au service du capitalisme. Ainsi se maintiennent les structures sur lesquelles tient l’état de la domination : la complicité passive de la masse des travailleurs-consommateurs constitue une partie fondamentale du fonctionnement propre à ce système.

Une lutte ne trouve pas sa mesure dans la quantité de masse qui bouge et par son degré de spectacle, mais plutôt dans son contenu, ses formes, sa cohérence et sa continuité.

La révolution se fait au jour le jour, dans nos vies, dans ce que nous sommes.

Nous sommes outragé-e-s par votre outrage, qui réagit seulement de manière défensive pour des intérêts égoïstes et cherche des solutions confortables et superflues, qui ne cherche pas une révolution profonde et radicale (allant à la racine des problèmes) mais bien plutôt une amélioration des conditions d’exploitation à l’intérieur de ce modèle de faux bien-être.

Pour tout celà nous revendiquons et formulons les propositions suivantes :

- Aucune reconnaissance d’aucun système de gouvernement qui décide pour nous-mêmes de nos vies : qu’il soit néo-libéral, démocratique, socialiste, communiste, populiste, fasciste, dictatorial, social-démocrate, etc.

- Aucune légitimation de l’autorité, sous aucune de ses formes, institutions et structures du pouvoir : famille patriarcale, armée, police, gouvernement, docteurs, hôpitaux, psychiatres, asiles, écoles, universités, genres, prisons (incluant celles pour mineurs, les centres de rétention, les zoo, etc…), commerces, religions…

- Abolition du travail salarié et de toute forme d’exploitation.

- Fin de la société carcérale, destruction des prisons et liberté pour tous/toutes les prisonnier-e-s.

- Fin du système de contrôle social, de la vidéo-surveillance, de la police et des citoyens-flics.

- Solidarité avec nos compagnons en lutte, persécuté-e-s, emprisonné-e-s ou tué-e-s par les mains de ceux qui représentent ce système d’extermination.

- Fin du système économique basé sur l’argent et sur les relations humaines capitalistes qu’il engendre tout autour de lui.

- Destruction du système industrio-technologique ; retour à une vie en équilibre et en respect envers la nature et les autres animaux, loin de la non-vie, l’encombrement et l’artificialité des villes.

- Fin des rôles sexuels que la société inculque, inversion des genres. Nous sommes des individus au-delà de nos organes reproducteurs.

- Libération de la terre et des animaux. Fin de l’utilisation d’autres animaux comme des objets/produits pour la nourriture, l’habillement, la distraction, la compagnie, l’expérimentation…et de l’utilisation et de l’abus de la nature comme étant une ressource au service de besoins humains irréels et dévastateurs.

- Rupture de l’apathie générale et continuité des luttes individuelles et collectives, menées sincèrement et de façon cohérente.

Quelques terroristes anti-système, anti-sociaux violents.
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Re: SOULEVEMENT POPULAIRE EN ESPAGNE !

Messagepar douddu » Vendredi 10 Juin 2011 11:44

OUPS

Il fût un temps où les soulèvements de la classe ouvrière et/ou de la jeunesse s’appuyaient sur de solides écrits révolutionnaires : le Manifeste de Marx et Engels, le petit livre rouge, quelques essais situationnistes…Les révoltes du XXème siècle ont eu au moins le mérite d’être motivées par une stratégie globale de renversement effectif de la société


Les textes auquels tu fais allusion avaient aussi pour finalité la prise du pouvoir (de blanqui a mao en passant par lénine )

,
renversement qui, s’il n’a pas eu lieu, n’en est pas pour autant disqualifié dans les expressions les plus virulentes du Conflit en cours, bien au contraire. Mais il en va autrement du soulèvement des « indignés », qui a récemment bénéficié d’un emballement médiatique qui a eu tôt fait d’en faire le modèle de la « révolution citoyenne » de demain. Disons-le tout de suite : le grand soir de la « démocratie réelle » respire un air bien peu révolutionnaire…


Emballement médiatique ? Tant que ça ? Dans les médias et y compris chez les gauchistes anars on ne parlait que de DSK (pour preuve les communiqués de LO NPA AL sur leurs sites !!!! ....;

On aurait pu, en 2011, se contenter d’une insurrection façon « comité invisible », et ce malgré le gouffre tactique d’un ouvrage comme L’insurrection qui vient, mais c’est mésestimer la capacité d’une partie de la jeunesse à s’enticher de hochets citoyennistes en guise de théorie révolutionnaire. Indignez-vous n’est pas autre chose (1). Le problème étant néanmoins que le lecteur de Stéphane Hessel, ce révolutionnaire du living-room, s’est mis en tête de sortir de chez lui, et de montrer qu’il savait « s’indigner ». Il a donc attrapé sa tente Quechua, son Iphone, et s’en est allé camper au milieu des places, pour réclamer la « démocratie réelle », celle des citoyens apolitiques, pacifiques (2). Et quant les flics, à Barcelone, à Paris, sont venus pour clore la fête, histoire qu’on puisse circuler ou boire à une finale de foot remportée par l’équipe locale, il s’est assis par terre, a crié « non à la violence ! » : plus d’une centaine de blessés à Barcelone, dont un encore dans un état grave à l’heure qu’il est. Le pacifisme a une limite : ça s’appelle le masochisme.



Et là tu nous donnes précisément la version des médias dominants , celle qui raméne tout a DRY et qui oublie des milliers de gens qui ont dit et fait bien autre chose ; par exemple la version que tu donnes de l'apolitisme est la version édulcorées des historiographes bourgeois , prise au sens de ne pas vouloir faire de politique alors que bien souvent cet apolitisme constitue un refus de la représentativité .

Sur la ta critique du pacifisme, critique produite en boucle par tout une frange pompeusement autonommée "insurrectionnaliste " (comme si la violence était un marqueur de la conscience revolutionnaire ) elle est parfairement contradictoire avec ce que tu écris par ailleurs . Si le mouvement est limité ,comme tu le suggéres avec raison , il n'y a pas lieu d'employer la violence révolutionnaire (puisque il ne va pas vers la révolution ) , la tâche des revolutionnaires cohérents est alors de le faire murir et d 'analyser correctement la situation . Quand a l'affrontement marginal face a un appareil d'état puissant c'est purement et simplement inadapté aux circonstances , elle ne fait que renforcer cet appareil d'état, c'est ce qu'ont prouvé tous les "anarcho gauchistes nationalistes " qui se sont lancés là dedans




Une évolution positive du mouvement est néanmoins envisageable, mais celle-ci ne pourra avoir lieu qu’à deux conditions : révision de la stratégie pacifiste et ouverture d’un « deuxième front » sous la forme de grèves multiples, voire d’une grève générale. Ces deux conditions paraissent seules pouvoir entraîner une radicalisation progressive, théorique et pratique, d’un « mouvement » dont la dissolution sera alors envisageable. Mais, pour l’instant, que ce soit en Espagne, en Grèce ou en France, il n’est pas souhaitable que se poursuive un mouvement qui, en quelques occasions, se fait glaçant (hymne et drapeau national sur la place Syntagma à Athènes, drapeaux de l’Espagne monarchiste dans les rassemblements de solidarité, présence des conspirationnistes de Zeitgeist à Bastille…). Contre l’indignation des idiots utiles de la démocratie bourgeoise, affirmons ainsi avec force la nécessité d’une insurrection politique, apatride et radicale, seule à même de permettre l’élaboration de la forme nouvelle nécessaire au monde de demain. Le système ne se réforme pas, il se détruit !


Ce mouvement en tel que tel est terminé en ce sens où il ne peut que se transformer ou se stopper . Il a donné toute sa portée dynamique , et s'il est terminé ce n'est pas parcequ'il n'a pas été assez violent , ou qu'il n' a pu déborder sur les centres ouvriers , c'est parceque en l'état il a donné son maximun par rapport aux circonstances ; c'est d'ailleurs ce qui le rend éminemment important . Par contre en tant qu'expérience de dynamique des masses il sera utile au processus revolutionnaire .

C'est pourquoi je trouve particuliérement irresponsables tous ces textes qu'ils soient réformistes , marxistes ou anarchistes qui tendent a masquer les faits ou bien a les caricaturer . En l'occurence c'est ce que tu fais dans cet exercice de style
Mais revenons à notre « indigné
en décrivant un type d'"indigné" , là où il en avait des milliers tous aussi différends les uns avec les autres je peux te retourner que tu fais dans du spectaculaire (plus particuliérement du littéraire ) mais malheureusement c'est au détriment de la réalité


PS : ces commentaires sont également valabes pour le texte mis en ligne par lambros qui circule depuis un moment en espagne , dans ce dernier texte (anarchie maintenan t ! )on retrouve des contradictions flagrantes , par exemple au sujet des revendications ( un coup on en veut pas , on coup on en émet ) mais aussi un certain nombre de mensonges par omission et de confusions ; Dans les deux cas nous ne sommes pas dans une analyse objective des faits, mais dans l'ambition de défendre des positions partisanes .
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Re: SOULEVEMENT POPULAIRE EN ESPAGNE !

Messagepar Lambros » Dimanche 12 Juin 2011 17:50

Perso j'ai défendu lors des AG des "indigné-e-s" de mon coin, la non-demande de réformes, le passage à l'action (pas violente vu le contexte), le non citoyennisme...

Lors d'une AG de 25 personnes, on a commencé par un tour des gens savoir pourquoi illes étaient là. La plupart ont dit qu'illes avaient la rage contre le capitalisme. Mais il est ressorti ensuite qu'il fallait pas le dire publiquement et plutôt être indigné, car ça fait moins peur aux masses (qui ne sont jamais venues d'ailleurs, en plus on était sur la place principale, temple de consommation)...

J'ai été super motivé par ce mouvement, surtout avec ce que me disait en temps réel un compagnon anarchosyndicaliste madrilène. Mais en fait, c'était vraiment (ici en tout cas) infernal, on a réussi à virer les partis et les syndicats, mais finalement ça a rien changé. Je comprends les analyses des "insurrectionalistes" sur ce qui se passe, comme lors de la 1e charge de keufs à Madrid, où les citoyennistes déployaient un drapeau de la République en chantant "Moins de police plus d'éducation". Ce contre quoi j'ai toujours lutté. Et la conclusion qu'on en a tiré c'est que localement ce fut en majorité petit bourgeois, les gens étaient là pour dire "pas bien, vite un sauveur". Pourtant, nos positions été très bien accueillies, mais au moment d'avancer, rien à faire.

Enfin, je pense que ce mouvement n'avait rien de révolutionnaire, c'est pour moi un 1e pas (important) vers une prise de conscience des masses sur le capitalisme, et parfois même sur l'Etat.
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Re: SOULEVEMENT POPULAIRE EN ESPAGNE !

Messagepar SOLIDARITE » Vendredi 08 Juil 2011 12:15

Barcelone, le 6 juillet 2011 :

"Chez nous continue une bonne activité. Le “mouvement” (c’est pas un mouvement, c’est plutôt la confluance visible du travail des beaucoup des noyaux pendant ces années dans l’actuelle situation de forte dégradation du niveau de vie) se déroule dans les quartiers. Dans notre quartier, Sant Andreu, il y a chaque semaine une assemblée d’environ 300 personnes, d’une durée de trois heures et où on discute largement sur la question que chacun veut poser et sur la proposition d’actions a mener.

L’organisation circulaire de l’assemblée, la façon de modérer, de suivre le tour des paroles, exprime bien l'un des accords fondamentaux entre nous : pas de représentation (“nadie nos representa!”, personne ne nous représente), auto-organisation. La discussion, les desaccords, même importants, n’empêchent pas la convergence vers une même action, par exemple contre l’expulsion d’un locataire par non payement de son loyer (on a réussi déja en deux occasions).

Le travail de l’assemblée se poursuit par les commissions (travail, santé, éducation, aide mutuelle, contenus, extension, ...). Maintenant commence la discussion sur comment coordonner les assemblées des divers quartiers tout en garantissant la démocratie directe et l’autonomie de chaque assemblée territoriale (rotation, revocabilité, mandats determinés en finalisant après,...). Bon, pas mal de discussions et mobilisations contre des mesures chaque fois plus dures (réforme du travail, santé, éducation,...) impossibles à accepter... sans lutter.


Vidéo de la mise en échec d'une rafle policière anti-immigrés dans le quartier populaire de Lavapiès de Madrid le 5 juiller 2011 (action spontannée mené en 20 minutes).

http://www.youtube.com/watch?v=FOJt0vYQ ... ideo_title

Action "non violente" (sauf pour le sentiment de toute puissance de la police qui a volé en éclat. La violence psychologique exercée par cette action sur la police est ENORME. Pour rappel de ce que l'on enseigne dans les écoles de guerre en France et dans le monde et qui est le B-A-BA de la doctrine d'action des forces de répression : "la stratégie est la dialectique des forces (la force au sens large, militaire mais pas seulement), où chaque acteur doit chercher à annihiler psychologiquement l'adversaire, par ce qu'il nomme la décision, c'est-à-dire le moment clé où un acteur impose sa volonté à l'autre acteur et pas forcément par une victoire militaire décisive comme l'expliquait Clausewitz." in Ontroduction à la stratégie, Général André Beauffre. D'un point du vue purement militaire donc cette action est une victoire de bataille (M6eme si cela ne présage pas de l'issue de la guerre bien sur).
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Re: SOULEVEMENT POPULAIRE EN ESPAGNE !

Messagepar Mala2 » Vendredi 08 Juil 2011 12:33

Petite rectification. La rafle n'a pas pu etre empechee. Les perdreaux ont pu embarquer un sans papier avec l'aide d'un vigile du metro. Mais ensuite les gens ont vire les keufs.
Mala2
 

Re: SOULEVEMENT POPULAIRE EN ESPAGNE !

Messagepar flora » Vendredi 08 Juil 2011 20:35

https://n-1.cc/pg/groups/167428/asamble ... -lavapies/


Description:

Somos personas que hemos venido libre y voluntariamente, que después de los acontecimientos ocurridos en Sol decidimos reunirnos en nuestro barrio para seguir reivindicando la dignidad y la conciencia política y social. No representamos a ningún partido ni asociación. Nos une una vocación de cambio. Estamos aquí por dignidad y por solidaridad con los que no pueden estar aquí.

Estamos aquí porque queremos una sociedad nueva que dé prioridad a la vida por encima de los intereses económicos y políticos.

Abogamos por un cambio en la sociedad y en la conciencia social.

Demostrar que la sociedad no se ha dormido y que seguiremos luchando por lo que nos merecemos mediante la vía pacífica.

Apoyamos a l@s compañer@s que detuvieron y maltrataron en todas las acampadas, y pedimos que los responsables de las represalias no queden impunes. Exigimos la dimisión del conseller Felip Puig.

Lo queremos todo, lo queremos ahora.

Si estás de acuerdo con nosotr@s: ¡ÚNETE!

“Es mejor arriesgar y perder que perder por no haber arriesgado



LA ASAMBLEA POPULAR DEL BARRIO DE LAVAPIÉS, CONSTITUIDA LIBREMENTE EL 28 de MAYO DE 2011



HACE SABER:



-1º. Que en nuestro barrio cada vez hay más personas y familias que se encuentran en situaciones dramáticas: personas expulsadas de sus viviendas, familias habitando espacios infrahumanos, personas amenazadas y violentadas diariamente por propietarios y especuladores, gente que no puede afrontar unos gastos de alquiler cada vez más exagerados en comparación con sus ingresos.

- 2º. Que nuestros gobernantes, lejos de preocuparse por defender esos derechos inherentes a la condición humana, siguen trabajando para mantener los privilegios y rendir pleitesía a bancos, cajas de ahorro, entidades de crédito, empresas dedicadas a la especulación inmobiliaria y todo tipo de instituciones ficticias creadas para domesticar y someter al pueblo.

- 3º. Que se vulnera el artículo 25 de la Declaración Universal de los Derechos Humanos, que dice: “Toda persona tiene derecho a un nivel de vida adecuado que le asegure, así como a su familia, la salud y el bienestar, y en especial la alimentación, el vestido, LA VIVIENDA, la asistencia médica y los servicios sociales necesarios.”

-4º. Que se vulnera el artículo 11 del Pacto Internacional de Derechos Económicos, Sociales y Culturales, donde dice que el Estado está obligado a hacer todo lo posible por impedir los desalojos forzados por motivos económicos.





Y por lo tanto, la Asamblea Popular de Lavapiés



HA DECIDIDO:



- Solidarizarse con todas nuestras vecinas y vecinos que se ven agredidas por esta situación injusta, mediante las siguientes acciones directas:





Total paralización de los próximos desahucios y desalojos que se vayan a producir en nuestro barrio, ya sea por impago de las cuotas de la hipoteca o por imposibilidad de afrontar condiciones abusivas de alquiler.


Crear una red de apoyo que permita rehabitar la infinidad de inmuebles que en nuestro barrio se encuentran desocupados por razones especulativas.


Que, desde el día de hoy, todos los edificios abandonados que estén sufriendo algún proceso de especulación pasarán a ser gestionados por la Asamblea cuando ésta lo requiera.


Elaborar una red de información para que los afectados por este tipo de injusticias puedan generar soluciones colectivas a sus problemas.
De esta manera la Asamblea Popular del Barrio de Lavapiés se convierte en el único órgano soberano y legítimo, con plena capacidad de gestión y regulación en el territorio de nuestro barrio.

En Lavapiés, a los 18 días del mes de junio del año 2011.

Grupo de Trabajo de Vivienda de la Asamblea Popular de Lavapiés



L 'Assemblé populaire de Lavapiés s'est déclarée SOUVERAINE et AUTONOME
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Re: SOULEVEMENT POPULAIRE EN ESPAGNE !

Messagepar Nico37 » Samedi 16 Juil 2011 0:17

Les indignés : écart ou sur-place ? Désobéissance, résistance et insubordination juillet 2011, Temps critiques

1 Ce texte n’est pas le produit de l’actualité immédiate puisqu’il a été initié, il y a plusieurs mois déjà, dans la perspective de replacer de façon plus théorique différentes expériences de lutte dites de « résistance » ou de « désobéissance » auxquelles certains d’entre nous ont participé de manière pratique mais aussi critique. C’est tout naturellement que nous avons décidé, au vu des événements actuels dans différents pays, de les intégrer à ce cadre théorique. Qui ne voudrait pas se plier à cette « discipline » de lecture méthodologique peut se reporter directement au point 6 et suivants.

http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article283
Nico37
 
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