GRECE 2010

La lutte est globale... Solidarité a-nationale !

Re: GRECE 2010

Messagepar NOSOTROS » Dimanche 09 Mai 2010 16:54

En effet, personne ne pleurera une banque brulée. Le problème ce n'est pas qu'un bâtiment ait brulé, mais le fait que des travailleurs aussi ! (1)

Déjà Durruti disait "nous n'avons pas peur des ruines car nous sommes porteurs d'un monde nouveau".

Seulement les ruines c'est un chose, les cadavres c'en est une autre et nous ne bâtiront pas un monde nouveau sur des cimetières.

Cela ne veut pas dire que nous rejetions la violence systématiquement, ni que nous soyons systématiquement pour. (cf le texte ENTRE VIOLENCE ET NON VIOLENCE http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=1068 qui résume bien les choses je pense. Il y a aussi ce texte des compagnons espagnols lors de la gr`ve des chantiers navals de Cadiz, où les affrontement furent particulièrement violents : http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=940.)

Le texte indique ci dessus pose clairement : La violence révolutionnaire n’est donc autre chose que la quantité d’énergie nécessaire à produire une rupture historique.

La question est donc les formes de violences que l'on voir actuellement en Grèce participent elles d'une dynamique qui va vers une rupture massive et globale, ou bien au contraire plutôt le signe d'un enfermement et d'une reproduction des rapports de domination au sein même du mouvement ? Les échos qui nous viennet de Grèce - mais aussi les expériences récentes (poitiers p ex) tendent à dire que - dans la situation donnée - on est plutôt dans le second cas ...

------------------------------------

(1) Bien sur, on peut aussi adopter la posture nihiliste, dire que personne n'est innocent, sophisme qui tient lieu de vérité pour certains et qui leur permet à partir de là de déclarer la guerre de tous contre tous (les best sellers récents appel invisible qui vient and co sont d'ailleurs souvent dans ce sens, cf les discussions ailleurs sur ce sujet sur ce forum). Mais dans ce cas, on n'est plus dans une perspective historique d'une rupture sociale.
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Re: GRECE 2010

Messagepar Lambros » Dimanche 09 Mai 2010 21:02

Non pas que je sois un partisan de la destruction aveugle,bien au contraire, mais qu'une banque s'arrête de fonctionner parce qu'elle crâme... Comme pour le CRA de Vincennes en fait. Certes Bouygues l'a gentiment reconstruit, mais ça a parmi d'empêcher réellement des expulsions, là une banque ne marche plus c'est ça de pris je pense. Je ne pense malheureusement pas qu'on arriver à fermer les banques une par une,pis c'est beau une banque qui brûle :D Pareil je pense malheureusement pas que la fin du capitalisme, si elle passera par une Révolution populaire et autonome (donc pas communiste) ne se fera pas dans la douceur... Je n'ai jamais vraiment été fan de la violence révolutionnaire (j'ai lu une de vos réflexions là dessus d'ailleurs) mais je pense que malheureusement faudra faire avec, même lorsque ce n'est pas une réaction. Pis quand on pète la gueule aux JC ou à la CGT, c'est de la violence révolutionnaire non ? Faudra bien achever Thibaut à coups de piolets :lol:
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Re: GRECE 2010

Messagepar Lambros » Dimanche 09 Mai 2010 21:05

J'avais oublié... C'est où sur le forum que ça cause de l'insurrection qui ne vient pas ?
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Re: GRECE 2010

Messagepar NOSOTROS » Dimanche 09 Mai 2010 22:14

Il ne faut pas confondre violence et spectacle de la violence, sinon on tombe dans le fétichisme.

La référence au CRA de Vincennes me semble tout à fait appropriée à cet égard :

la différence fondamentale entre l'incendie du CRA et celle de la Banque c'est que celui du CRA a été allumé de l'intérieur ... et non - comme dans le cas de la banque - par des personnes extérieures à la problématique.

Ce qui change tout de même beaucoup de chose : l'émancipation des travailleurs (de banque ou sans papier) sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes, et pas d'individus ou de groupes en extériorité, même s'ils sont animés de sympathiques intentions. (Oui c'est beau une prison qui brule ... mais pas si les prisonniers brulent avec !)

On ne peut quand même pas faire l'impasse sur les trois morts, et dire qu'il s'agit de dégats collatéraux. Sur le blog occupiedlondon on peut lire des commentaires du style "on ne fait d'omelette sans casser d'oeufs". On voit qu'on s'achemine, gentillement, vers une réhabilitation du "la fin justifie les moyens". Finalement peut être a t il raison l'autre naz d'activiste avec son staline revient ?


PS il y a eu bcp de discussions. déjà ici tu en trouveras une partie : viewtopic.php?f=20&t=1299
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Re: GRECE 2010

Messagepar SOLIDARITE » Dimanche 09 Mai 2010 23:48

Lu sur le site des compagnons italiens :

Solidarietà con il popolo Greco.

Gli affamatori di popolo rubano,affamano,speculano portando i popolo alla fame e poi pretendono che i popoli stiano zitti e si lascino derubare della loro dignità

SOLIDARIETA' CON I LAVORATORI GRECI

La Grecia, travolta da una pesantissima crisi economica, innescata dal tracollo finanziario dello Stato e dalla speculazione internazionale, sta vivendo una drammatica crisi sociale. I lavoratori greci, scesi in sciopero generale, contrastano duramente sulle piazze ad Atene, come a Salonicco e a Patrasso, il tentativo di far pagare a loro tutti i costi della crisi, con gravissimi tagli salariali e occupazionali, con tutto l'armamentario che governi e padroni mettono in campo per uscire dal baratro che loro stessi hanno scavato.

Siamo vicini ai lavoratori greci in lotta e respingiamo ogni tentativo di criminalizzarli. Alla violenza dell'attacco economico-sociale che stanno subendo non ci può essere altra risposta che una lotta dura e intransigente come quella che si sta sviluppando.

Pieno appoggio dunque ai lavoratori greci e alle loro lotte nel nome dei valori dell'internazionalismo proletario.

In Grecia come in Italia e dappertutto, contrapponiamo alla favola dell‚unità della nazione (che vuol semplicemente dire scaricare sugli sfruttati le malefatte degli sfruttatori) l'unità e la solidarietà di classe tra i lavoratori, gli unici valori che riconosciamo.

La segreteria nazionale dell'USI-AIT


Greece, being hit by a strong economic depression caused by the financial collapse of the State and by the international speculation, is living a dramatic social crisis. The Greek workers, holding a general strike, are facing the attempt of the Governments and of the employers to make them pay the entire charge of the crisis with important wage and employment cuts. This is what the Governments and the employers are doing to fix their own mess.

We feel close to the Greek workers that are fighting and we reject every attempt to criminalize them.

The only answer to the violence of the economic and social attack they are suffering is the tough and intransigent fight that is developing at the moment.

We totally support the Greek workers and their fights in the name of the values of the proletarian internationalism .
In Greece, in Italy and everywhere, we oppose the working-class unity and solidarity ( the only values we appreciate ) to the fable of the unity of the nation ( which simply means letting the misdoings of the oppressors bear upon the oppressed ).

Segreteria nazionale USI-AIT
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Re: GRECE 2010

Messagepar SOLIDARITE » Lundi 10 Mai 2010 0:25

Lu sur occupied london [traduction en cours.]

#286 | The “Anarchist Crouch” on Wednesday’s events
Sunday, May 9, 2010

The “Anarchist Crouch” (Sispirosi Anarchikon) group issued the following statement only hours after the death of the bank employees on Wednesday in Athens. A rough translation follows, as part of our effort to put together some of the responses by anarchists to that day’s tragic events – OL.

[Greek original]

The just uprising of 120,000 demonstrators, the raid on parliament of tens of thousands of enraged people neither has, nor could it have anything to do with the para-statist gang which murdered three people at Marfin bank and attempted to do the same at the Ianos Bookstore.

“In the muds, sky, you are reflected”

First of all we want to make clear that our rage is indescribable; not only for the para-statist gang responsible for the death of three people, two women – one in fact four-months pregnant – and one man, but also for the riff-raff of politicians and journalists who were quick to link the just uprising of hundreds of thousands in Athens and other cities with this heinous murder.

And yet the truth cannot be erased. An enraged river of demonstrators surrounded Parliament and kept trying to invade it for hours, giving tough battles with the forces of repression. This fact cannot be hidden, nor can it be buried under the tons of mud which the panic-ridden state employees try to throw; these sad party-leaders of every colour and the “select” administrators of “journalism”. Even the TV footage, which they were commentating on with near-blanched faces, stand as indisputable witness of all the shocking things that took place for hours – either at the steps leading to the courtyard of the parliament, in front of the tomb of the Unknown Soldier, or at Amalias avenue and the wider Sintagma area.

Tens of thousands of demonstrators were attempting to break through the ring of the repression forces, while the demonstration in its entirety was supporting their attempts by refusing to abandon the area which was been flooded with tear-gas. People of all ages with or without their faces covered were shaking the area with the slogan “burn, burn the Parliamentary brothel” – a slogan that a few years ago would only be mouthed by anarchists. As for the anarchists themselves, yes, they were among all those who sent a loud message to the local employees of the IMF and the EU, as well as their notorious bosses.

This is the Balkans and there’s no messing about around here. People over here still know how to struggle, to rise up, to bleed in order to keep even a hope alive for what they believe to be just. The neck of the disobedient of the greek territory has proven to be rather sensitive to the statist yoke; their disobedience grafts every revolt, every social clash.

International media are once again recording an uprising in the greek territory at a crucial “moment” for the bosses of the EU – and beyond. They are afraid that the fiery message which was once again transmitted will pass down the fire to other nuclei, which might slowly turn into blaze. The european south, which is presented as incapable of being “adjusted”, is attempted to be put into “plater”, to be forced to obey by any means possible.

Let us welcome their new plans then. Let’s assure them that the whip will not be enough to turn us passive and incapable of raising our heads. They should have no doubt that their bed-time stories and doctrines of “national survival”, “patriotism”, “national emergency” and the rest have worn off log ago.

As for us, we do not for a moment forget that we have every reason to cut the knife to the bone. To do everything to ensure authority’s wounds stay open. Bankruptcy is all theirs; we don’t have, nor will we ever have anything to share with those who suck the lives of people, the people who now refuse the crumbs they were offered until yesterday. As for those who are still irresolute, those who will pragmatically take a stance because the fate reserved for them by the system of domination and exploitation is now miserable, we can only welcome them.

Finally we will repeat once again that anarchists in struggle have nothing to do with any sad gang. They participate in social struggles premising first and foremost the morality, altruism and self-denial. They do not aim at gaining financial or other benefits. They do not raise the slogan of “steal, break, grab” as their flag. They despise and never crowd with anyone who might want to dominate, by revolutionary or other means. They despise any credentials claimed by the supposedly enlightened avant-guards and they turn their back, without a second thought, to the movements’ majorities, which nevertheless seem so few and tiny…

The 5th of May will undoubtedly be recorded in the most stark of ways into the history of social struggles. We would like to think that the sorrowful event of the assassination of three people will also comprise a “swan song” for all those who attempt to bound social practices – promoting, from the position of the mandate’s recipient, these various para-statist gangs, regardless of the cloaks these might wear.

Of course, none of this will come by itself._

Athens, May 5th 2010

Anarchist Crouch

anarchy.gr

[Translators' note: in their last sentence, the authors use the ancient greek phrase “συν Αθηνά και χείρα κίνει – roughly translating as “waiting for the gods [Athena] in itself is not enough – you must put some effort yourself – or, in short, “nothing will come by itself”.
Filed in news | Tagged may 5th deaths | Comments (1)
#285 | The Anti-authoritarian Movement of Athens (AK) on Wednesday’s events
Sunday, May 9, 2010

[Greek original]

Communication/ Announcement

(May 6)

In yesterday’s big strike society experienced a huge victory which was undermined by an attempt to charge it with a tragic event, a defeat that does not belong to it.

The fire in “Marfin” bank offered “warmth” to a political and social system that has already started “cooling” from the frosty touch of gold.

The tragic incident, lying outside of the atmosphere of popular rage and how this was expressed from Alexandras Avenue up to Syntagma Square, was to derive from the intolerance of the “specialists of violence”. The mantle of the aggressive avant-guard has fallen and denuded the role of the “fighting-pest”, as a role that lies outside and against society. Roles, commandment and an obsession of a perception of being against society, rather than on its side, led to the death of three employees.

It was revealed that such practices and rationales lie side-by-side and serve the interests of the bosses and the state. Such an ingenuous offer to the forces of domination is even more effective than a formal collaboration with the bosses and the state would have been. The massive march of 200,000 people in downtown Athens is the answer to haberdashers of violence. Social anger and the way this will be expressed each time (squats, clashes and demonstrations) is a choice of society itself, rather than of self-appointed rescuers.

The Anti-authoritarian Movement, consistent with its conceptualisation of society and the slogan “direct social action – direct democracy”, crouched together thousands of people in a massive, self guarded and solid block just like the other structured blocks of anarchists. As an organic part it participated in the expression of an enormous radical social portion which showcased that the state has no social legitimacy.

Despite the regime’s grave robbery, which tried to build consensus on the deaths of the three workers, the employees of “Marfin” themselves pinpointed the instigators: “my colleagues got killed today by malice. The malice of the bank and of Mr. Vgenopoulos personally, who instructed that anyone who does not work should not bother come to the office the day after.” Perpetrators who turn working conditions into crematoria of waged slavery. The people who got killed from the fire cannot be mourned by the tears of the political leaders, only by the popular movement.

DIRECT ACTION, DIRECT DEMOCRACY

HONOUR TO THE DEAD WORKERS

EVERYONE TO THE STREETS

ANTI-AUTHORITARIAN MOVEMENT OF ATHENS


#284 | Anarchy is struggle for life, not death
Saturday, May 8, 2010

In the next few hours, we will be publishing translations of a few statements on Wednesday’s horrific events that have been written by anarchist and anti-authoritarian groups; in the midst of the tragedy, there is some concrete hope that us, the anarchists, are taking the events seriously enough, thinking and discussing them openly, at last. A vital first step. [- A translator for Occupied London]


[Greek original]

Anarchy is struggle for life, not death

In December 2008, during the events that followed the assassination of Alexandros Grigoropoulos, the anarchist/ anti-authoritarian movement responded to the fascist pleas of the Mass Media for a return to “quiet, order and security” with the disarming slogan: “you talk about shop fronts, we talk about human lives”.

What dangerous hypocrisy makes some now talk about the non-existing fire extinguishers of the bank rather than the lives that were lost? What Orwellian twist of reality makes some talk about the tragic event as if it was some short-circuit?

Don’t we really understand that this hypocrisy is on par with the NATO murderers who spoke of “collateral damage”?

Don’t we really understand that the granted and obvious cynicism and thuggery of a mega-capitalist, who blackmailed his employees in being in the bank, does not redeem anyone for the dead?

Don’t we really understand that if you use the tactics of the beast you are fighting against, you become one with it?

If anarchists struggle for something, if there is something worth for people to struggle for, this is Life, Freedom and Dignity. For a world where death will no longer hold any authority…

At the demonstration of May 6th in the centre of Thessaloniki, which came as response to the call-out by the union of hospital workers of Thessaloniki and grassroots unions, many people – mostly anarchists and anti-authoritarians from the demonstration’s last block – shouted repeatedly: “these were murders, we hold no illusions, the State and Vgenopoulos murder workers”. Surely for many such thoughts will be soothing. But do they definitely comprehend the content and the extension of what they are wishing for?

We do not know what exactly happened at Marfin bank on the afternoon of 5/5/2010. What we do know is that at the moment when we heard of the tragic news none of our surrounding was in a position to categorically reject that it was what the attorneys of the Corporate Media had declared it to be. And this is tragic too.

Because if through our practice we do not make it evidently impossible (to us, first and foremost) that such an act would come from people active in the same political space with us then we have already paved the way for tragedies to take place (from murderous irresponsibility, warped nastiness or malice).

In a generalised revolt there are uncontrollable dead; it happened in Los Angeles, it happened in Argentina. No-one ever thought of charging an organised political current with these deaths.

The fact that the three murdered workers of Marfin bank are charged to anarchy certainly reveals some huge responsibilities. Who can ignore the tolerance to avant-guardist logics and the contempt for human life? No matter if you say that the experienced anarchists, all these years, have set alight so many banks and no-one ever was endangered. No matter if you say that it is Vgenopoulos’ fault because he forced the employees to stay in the bank, which had no fire protection etc.

You cannot shake off the responsibility.

If there are even some few people who define themselves as anarchists and get to the point of irresponsibility to torch buildings alight with people inside them, this irresponsibility has somehow been cultivated.

If, worse even, you have paved the way for the largest act of agent provocateurs in Greece post-WWII, then the long-term consequences exceed even the tragedy of the three murdered people.

And the answer is not that “the enemy of ruthless”. We know of both Piazza Fontana in Milan and Scala in Barcelona.

The answer is the emergent, dense opposition which is growing roots across social spaces, across the country – with persistence and toilsome labour; with camaraderie, mutuality and solidarity. the answer is the struggle for life, not death.

Panopticon publications/journal, The Foreigners’ Publications, Stasei Ekpiptontes Publications, Exarcheia Publications, Black Peper of the Evian Gulf, Nixtegersia Magazine


[The signing collectives in Greek: Εκδόσεις-περιοδικό Πανοπτικόν, Εκδόσεις των Ξένων, Εκδόσεις Στάσει Εκπίπτοντες, Εκδόσεις Εξάρχεια, Μαύρο Πιπέρι του Ευβοϊκού, Περιοδικό Νυχτεγερσία]
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Re: GRECE 2010

Messagepar AnarSonore » Lundi 10 Mai 2010 0:31

L’ANARCHIE EST UNE LUTTE POUR LA VIE ET NON PAS POUR LA MORT

En Décembre 2008, durant les événements qui ont suivi l’assassinat d’Alexandros Grigoropoulos, le mouvement anarchiste-antiautoritaire avait répondu aux appels fascistes des medias pour le « retour à la normalité, l’ordre et la sécurité » avec le cri poignant suivant : « Vous parlez des vitrines, nous parlons des vies ».

Quelle sorte d’hypocrisie dangereuse fait que certains parlent aujourd’hui des mesures défectueuses, de la sécurité inadéquate du bâtiment de la banque face aux incendies, et non pas de ces vies qui ont été perdues ? Quelle sorte de renversement orwellien fait que certains parlent de cet incident tragique comme d’un simple court-circuit ?

Nous ne nous rendons pas compte que cette hypocrisie soit à la base équivalente à celle des assassins d’OTAN qui parlaient des « dommages collatéraux » ?

Nous ne nous rendons pas compte que le cynisme et la cruauté évidents et bien connus d’un grand capitaliste, qui a ‘emprisonné’ ses employés dans la banque, ne puissent pas expier la mort des trois êtres humains ?

Nous ne nous rendons pas compte que si on adopte les conduites de la bête contre laquelle on se bat on devient un avec lui ?

Si les anarchistes luttent pour quelque chose, s’il ya quelque chose que les hommes doivent défendre à travers la lutte, cela c’est la Vie, la Liberté et la Dignité. Si nous luttons pour quelque chose, nous luttons pour un monde où la mort n’aura plus de pouvoir…

Pendant une manifestation au centre de Salonique le 6/5 plusieurs gens, anarchistes et antiautoritaires, ont crié à plusieurs reprises : « il s’agissait d’un assassinat, nous n’avons pas des illusions, Vgenopoulos et l’état sont des assassins ». Peut-être une telle réflexion est pour quelques uns adoucissante. Pourtant, est-ce qu’ils comprennent sur le fond le contenu et les prolongements de cette réflexion ?

Nous ne savons pas ce qu’il s’est passé au bâtiment de Marfin le midi de 5/5/2010 et peut-être nous ne le saurons jamais. Nous savons, par contre, qu’au moment où nous avons tous entendu la nouvelle, personne d’entre nous n’a exclu comme une éventualité impossible l’annonce des procureurs de medias ! Et cela est également tragique.

Parce que si avec notre conduite nous ne pouvons rendre totalement inconcevable (et tout d’abord à nous–mêmes) le fait qu’un tel acte puisse provenir des individus qui viennent du même milieu que nous, alors, dans ce cas là, nous avons déjà ouvert la voie pour que de telles tragédies puissent se produire (par irresponsabilité meurtrière, malveillance vicieuse ou même préméditation frauduleuse).

Durant une révolte généralisée il y a toujours des morts ; il s’est passé ainsi à Los Angeles, il s’est passé ainsi en Argentine. Pourtant, personne n’a jamais envisagé d’attribuer ces morts à un courant politique organisé de désobéissance.

Le fait que les trois personnes assassinées de Marfin Banque se mettent sur le dos de l’Anarchie montre qu’il y a ici des grandes responsabilités. Et qui peut ignorer la tolérance envers des logiques qui méprisent la vie humaine ? Même si on répète qu’il y a des années que les anarchistes adroits incendient des banques et que personne n’a jamais été mis en danger… Même si on accuse Vgenopoulos qu’il a emprisonné les employés dans la banque, qu’il a négligé les mesures de sécurité de la banque contre le feu etc. … la responsabilité ne nous abandonne pas.

S’il y a même un nombre restreint de gens qui s’autodéfinissent comme des anarchistes et qui, par contre, sont irresponsables à un tel niveau pour incendier des bâtiments avec du monde dedans, c’est là la racine de la responsabilité.

Pire encore, si de cette manière-là on a ouvert le chemin pour la conspiration la plus grande dans l’histoire de la Grèce contemporaine après la chute de la Junte militaire, les conséquences – à long terme – sont évidemment plus graves encore que la tragédie des trois personnes assassinées.

Et la réponse ne peut pas être la protestation que « l’ennemi n’a pas des scrupules ». Nous savons ce qui s’est passé à Piazza Fontana, nous savons ce qui s’est passé à Scala de Barcelona.

La réponse ne peut être autre que celle de l’opposition massive qui s’enracine dans tous les lieux sociaux dans toute la Grèce, avec persévérance, avec du travail laborieux, avec fraternité, mutualité, solidarité. La réponse ne peut être autre que celle de la lutte pour la vie et non pas pour la mort.

Editions-Revue Panoptikon, Editions des Etrangers, Editions Stasei Ekpiptontes, Editions Exarcheia, Mavro Piperi tou Euvoikou, Revue Nychtegersia

traduction : http://protovouliaparis.wordpress.com/2 ... es-852010/
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Re: GRECE 2010

Messagepar SOLIDARITE » Lundi 10 Mai 2010 0:58

Pour information, il est souvent faiot référence au cas SCALA ici ou dans les communiqués des grecs.

pour ceux qui ne sauraient pas de quoi il s'agit un bref rappel :

Après la mort de Franco en 1975, débute la transition démocratique espagnole, dans un climat d’ébullition, une sorte de « Mai 68 » chronique.

Une nouvelle génération surgit dans la vie politique espagnole et se lance à corps perdu dans la bataille. Malgré l’épée de Damoclès d’un coup d’État militaire, malgré la répression, les luttes se développent. Les classes dirigeantes, veulent se "démocratiser", mais sans perdre une miette de pouvoir. Elles négocient alors avec les forces de gauche le « Pacte de la Moncloa » : en échange de la légalisation du Parti communiste, d’un retour à la démocratie, d’une amnistie et d’élections, tout le monde se met d’accord pour accepter la monarchie et une politique d’austérité préjudiciable aux ouvriers. Tout le monde sauf la CNT. Car si les deux autres syndicats (Commissions ouvrières et UGT) en bonnes courroies de transmission de leur parti respectif (communiste pour l’une, socialiste pour l’autre) acceptent le marché, la CNT le refuse.

En effet, c’est un moment où des foules considérables découvrent la CNT, un moment où son audience est extraordinaire. Ainsi, quelques semaines à peine après la mort du dictateur, plus de 40 000 personnes sont réunies au cours du premier grand meeting de la CNT - pas vraiment autorisé - dans la périphérie de Madrid (San Sébastian de los Reyes). Quelques mois après, une foule de quelques 500 000 personnes sature les remblas pour un meeting géant à Barcelone. La CNT est alors en capacité de mener des luttes importantes, capables de paralyser le pays (lutte des pompistes), et souvent victorieuses. Un moment crucial pour la renaissance de l’anarchosyndicalisme. Cette dynamique prend fin après toute une série de coups d’arrêts.

La CNT, à qui la Révolution de 1936 et sa résistance acharnée pendant les quarante années de dictature assurent un prestige, une légitimité et une capacité d’action considérable, devient alors la bête à abattre.

Les attaques

Tout est bon pour cela, en particulier les manipulations policières. Exemple historique, l’incendie de la « Scala » : Le 15 janvier 1978, alors que la CNT, seule, réunit à Barcelone 15 000 manifestants contre le pacte de la Moncloa, des cocktails Molotov sont lancés contre une salle de spectacles, la Scala. Quatre salariés, dont deux adhérents de la CNT, meurent carbonisés. Aussitôt, une campagne médiatique ordurière se déclenche contre la CNT, accusée d’être assez folle pour brûler ses propres adhérents. La CNT n’a pourtant rien à voir. Il est établi qu'un indicateur de police, Joaquin Gambin, est à la source de cet incendie criminel. Le journal de l’époque de la CNT Française publié à Toulouse (les pages en français d’"Espoir") a dénoncé les agissements de cet auxiliaire de police, et de quelques-uns autres qui ont infiltré la CNT avant même son incendie criminel.

A côté des provocations, des assassinats de militants (comme Agustin Rueda, assassiné par des matons de la prison de Carabanchel, le 14 février 1978), l’exacerbation de tensions internes fournit une arme essentielle contre la CNT. En effet, les révolutionnaires de différentes tendances qui ont infiltré la CNT espagnole (trotskystes, maoistes, syndicalistes révolutionnaires) ainsi que des éléments troubles tels qu'Enric Marco (président depuis 2003 d'une association des déportés espagnols dans les camps Nazis dont on découvre à l'été 2005 qu'il n'a jamais été déporté ...) quittent la CNT en 1979 pour créer la CNT renovada ou CNT-congreso de Valencia .. qui deviendra ensuite la CGT espagnole.
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Re: GRECE 2010

Messagepar anarced » Lundi 10 Mai 2010 9:09

la différence fondamentale entre l'incendie du CRA et celle de la Banque c'est que celui du CRA a été allumé de l'intérieur ... et non - comme dans le cas de la banque - par des personnes extérieures à la problématique.


Il me semble qu'il n'a jamais été prouvé que le CRA de Vincennes a été incendié de l´intérieur. Les prisonniers ont été accusés d'être les incendiaires mais c'est la version d'un état qui a beaucoup à cacher dans cette histoire: un meurtre la veille, une politique de détention des étrangers inhumaine, etc. Ca pourrait très bien être un coup des flics qui ne voulaient pas d'une enquête judiciaire sur le meurtre ni sur les conditions de détentions des étrangers dans le CRA.
Et c´est la même chose pour la banque, jusqu'à preuve du contraire, on ne sait pas qui a fait le coup.
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Re: GRECE 2010

Messagepar pepper » Lundi 10 Mai 2010 10:03

La violence révolutionnaire n’est donc autre chose que la quantité d’énergie nécessaire à produire une rupture historique.

je crois que quelqu'un vient de donner la réponse à la question lancinante du bloquage du PIB que j'ai posé dans le fil approche globaliste et plateforme. Cette phrase contient la clé j'insiste.

La violence révolutionnaire n’est donc autre chose que la quantité d’énergie nécessaire à produire une rupture historique.

Sur ce fil on peut lire bon nombre d'analyses grecques de la situation crée par " l'évènement" MARFIN. Les plus intelligentes s'efforcent de sortir du pathos mais reconnaissent un certain "engourdissement" lié à l'exploitation de cet évènement et aussi à la répression qui, curieusement, ne prend pas le temps de sortir le mouchoir.

Depuis la France, ce qu'on aperçoit c'est une tentative de stopper un peuple légitimement révolté par un coup d'état politique, médiatique et financier. Et je ne me sens nullement à l'abri de coup d'état parce que je vis en France. Au contraire.

Ma solidarité avec la Grèce semble liée à une identification plus forte qu'avec d'autres pays ravagés par les "vautours médiatiques" ( citation grecque ultra-lucide). C'est pourquoi je pense que ça fait tilt cette phrase sur la nature générale de l'énergie révolutionnaire.

Je reviens très vite avec une proposition nouvelle.
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Re: GRECE 2010

Messagepar pepper » Lundi 10 Mai 2010 10:49

Puisque en Grèce on en est au stade de la démobilisation par tous les moyens cela signifie que l'énergie populaire est déjà en train de couler au sein du peuple de manière autonome. Ce qu'on appelle le KRATOS en Grec (qui a donné démocratie alors que le cratos n'est pas le Pouvoir constitué mais une énergie circulante).

"La violence révolutionnaire n’est donc autre chose que la quantité d’énergie nécessaire à produire une rupture historique."

Je soutiens que la rupture vient déjà d'avoir lieu en Grèce. Le Pouvoir oligarchique mondial essaye d'éteindre l'incendie politique : ce qui s'est produit est comme un symbole, une menace : si vous brûlez le pouvoir de l'Etat et donc le pouvoir mondial, alors vous périrez.

Il est important de garder sa détermination , son sang froid dans ces moments là.

Je soumets à toutes les consciences du monde un moyen de transformer l'énergie révolutionnaire issue d'une forte et profonde mobilisation historique en RUPTURE de la machinerie Capitaliste : merci de copier coller ceci :

Puisque le Peuple de Gèce est mobilisé à ce point il peut paralyser la Bête capitaliste à son talon d'Achile : l'énergie.

Voici comment : à heure minute et seconde fixe, donnée par exemple par l'apparition d'une image ou d'un son sur un système médiatique du Capital lui-même, IL ( le Peuple à travers chacun de ses éléments) coupe de courant à l'interrupteur une seconde puis remet le courant.
Chaque individu crée simultanément un signal appellé DELTA, d'autant plus ravageur qu'il est bref et synchronisé.

Seul un peuple en insurrection pacifique et voulant créer une rupture ( DEMOS KRATOS) dans sa propre histoire peut effectuer une telle figure.

Alors le système électrique ( distribution et appareils) du système capitaliste reposant sur la circulation de l'électricité à ce stade de sa révolution industrielle est détruit en plusieurs endroits qui finissent par imploser tout le système en peu de temps.

Mais il faut savoir ce qu'on veut faire de cette situation qui est une rupture et en même temps contre-carre toutes les tentatives de création et exploitation de scènes de violence qui accompagne la forme "manifestation dans la rue".


CECI EST UNE ARME NOUVELLE. QU'ELLE SERVE LA VIE CONTRE L'ENERGIE BELLIQUEUSE.
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Re: GRECE 2010

Messagepar NOSOTROS » Lundi 10 Mai 2010 10:52

--- début de la paranthèse ---

Sur le CRA de Vincennes, l'incendie ne venait pas de l'extérieur (les éléments matériels le démontre) ... maintenant cela ne dit rien sur qui a allumé l'incendie.

Après je rappelle juste que, avant cet épisode, il y avait eu plusieurs incidents dans les CRA, dans lesquels les prisonniers avaient incendiés leur matelas. (cf p ex : http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4276 "De décembre 2007 à juin 2008, le centre de rétention de Vincennes a connu une révolte quasi continue et relayée à l’extérieur. Affrontements des retenus avec la police, refus de manger, d’être comptés, cartes déchirées, chambres brûlées...")


Et que à Vincennes aussi les matelas ont été incendiés. Ca ne fait pas l'ombre d'un doute ... Après qu'ils aient incendiés des matelas dans l'objectif ensuite que le feu se propage à tout le CRA et le détruise, je ne sais rien de cette intentionnalité ou pas, et je ne cherche pas à le savoir.

Ce qui est contestable dans cette affaire ce n'est pas le fait que des prisonniers mettent le feu à leur matelas pour protester. Le problème c'est d'une part la façon dont la soit disant justice à condamné certains individus sans preuve tangible, dans un simulacre de procès "pour l'exemple".

Mais surtout, et cette question est à mon avis la plus importante, est il légitime de la part de prisonniers de mettre le feu à leurs matelas ? Ma réponse est claire et sans ambage : oui, c'était légitime. Par conséquent, on ne saurait le leur reprocher ... Ils ont assumé leur responsabilité d'être humain, c'est à dire de se battre pour leur dignité et leur liberté, et cette responsabilité n'en fait surement pas des coupables mais bien au contraire des innocents !

Et comme c'est cette question là qu'il fallait éviter au procès, la légitimité de l'enfermement puis l'expulsion des sans papiers, il fallait qu'il n'y ait pas de procès mais un simulacre.

Comme on peut le lire ailleurs sur le net :
Il ne s’agissait plus de rechercher quelque vérité que ce soit, mais d’établir les degrés de culpabilité de déjà coupables, et de calibrer des condamnations selon ces degrés pour affirmer qu’on ne touche pas aux centres de rétention... On ne gêne pas impunément cette noble activité qui consiste à enfermer, puis expulser."


--- fin de la paranthèse ---
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Proposition remise en forme et diffusé ...

Messagepar pepper » Lundi 10 Mai 2010 12:15

La confrontation avec le fascisme financier était à prévoir.

Mais on peut essayer cette nouvelle tactique : le DELTA KRATOS en l'honneur du Peuple Grec et du Génie Grec dont nous sommes les héritier(e)s. VOICI : Copier coller Traduire SVP.

___________________________________________________________

FRANCAIS

Puisque le Peuple de Grèce est mobilisé à ce point il peut paralyser la Bête capitaliste à son talon d’Achille : l’énergie.

Voici comment : à heure minute et seconde fixe, donnée par exemple par l’apparition d’une image ou d’un son sur un système médiatique du Capital lui-même, IL ( le Peuple à travers chacun de ses éléments) coupe le courant à l’interrupteur, une seconde, puis remet le courant. Chaque individu crée simultanément un signal appellé DELTA, d’autant plus ravageur qu’il est bref et synchronisé.

Seul un peuple en insurrection pacifique et voulant créer une rupture ( DEMOS KRATOS) dans sa propre histoire peut effectuer une telle figure.

Alors le système électrique ( distribution et appareils) du système capitaliste reposant sur la circulation de l’électricité à ce stade de sa révolution industrielle est détruit en plusieurs endroits qui finissent par imploser tout le système en peu de temps.

Mais il faut savoir ce qu’on veut faire de cette situation qui est une rupture et en même temps contre-carre toutes les tentatives de création et exploitation de scènes de violence qui accompagne la forme "manifestation dans la rue".

CECI EST UNE ARME NOUVELLE. QU’ELLE SERVE LA VIE CONTRE L’ENERGIE BELLIQUEUSE.


ENGLISH

As the people of Greece is volonteer to that point IT can paralyse Capitalist Beast at the Achille foot part : energy.

How to proceed : at a fixed hour minute and second, for example an image or sound at media mainstream , IT cut electrical power for a second and then put it on.

that signal is called a DELTA. All the more efficient as it is short and synchronized.


Only a people wish disrupt in its history without exploitation of violence scenes can do that.

Thus the capitalist industrial plants go down seperately at begining then collapse.


THIS IS A NEW WEAPON. SHOULD IT SERVE LIFE AGAINST WAR ENERGIES.
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Re: GRECE 2010

Messagepar SOLIDARITE » Lundi 10 Mai 2010 16:47

Traduction du Communiqué du Mouvement anti autoritaire d'Athènes à propos des évènements du 6 mai dernier :

Le Mouvement anti-autoritaire d’Athènes (AK) sur les événements de mercredi

6 Mai 2010


Dans la grande manifestation d’hier, la société a connu une grande victoire qui a été minée par une tentative de la charger avec un événement tragique, une défaite qui ne lui appartient pas.

Le feu dans la banque “Marfin” a offert de la “chaleur” à un système politique et social qui avait déjà commencé à “se refroidir” au contact de la touche glacée de l’or.

Le tragique tragique, en dehors du climat de colère populaire exprimé depuis l’avenue Alexandras jusqu’à la place Syntagma, dérive de l’intolérance des « spécialistes de la violence ». La cape de l’avant-garde agressive est tombée, mettant à nu le rôle des «pestes-luttantes », comme un rôle en dehors et contre la société. Rôles, commandement et obsession d’une perception d’être contre la société plutôt que de son côté, ont conduits à la mort de trois employés.

Il a été révélé que de telles pratiques et leurs justifications sont côte à côte et servent les intérêts des patrons et de l’État. Une telle offre ingénue aux forces de la domination est bien plus efficace qu’aurait pu l’être une collaboration formelle avec les patronats et l’Etat.

En revanche, la marche massive de 200.000 personnes au centre-ville d’Athènes est la réponse aux petits boutiquiers de la violence. La colère sociale et son mode d’expression dans chaque situation (squats, affrontements et manifestations) sont en eux même un choix de société, plutôt que de sauveteurs autoproclamés.

Le Mouvement Anti-autoritaire, conformément à sa conceptualisation de la société et au slogan “‘action sociale directe – la démocratie directe», a rallié des milliers de personnes dans un bloc massif, solide et auto-protégé, tout comme les autres blocs structurés d’anarchistes .Il a participé, en tant que partie organique, à l’expression d’une énorme partie radicale et sociale qui démontrait que l’Etat n’a pas de légitimité sociale.

Malgré la grave escroquerie du régime, qui a tenté de construire un consensus sur la mort de trois travailleurs, les employés de “Marfin” eux-mêmes ont mis en évidence les instigateurs : «mes collègues ont été tués aujourd’hui par malveillance. La malveillance de la banque et de M. Vgenopoulos personnellement [le directeur], qui a ordonné que toute personne qui ne travaillerait pas aujourd’hui pas ne devrait plus se présenter le lendemain au bureau. “. Des auteurs qui transforment les conditions de travail en crématoires de l’esclavage salarié. Les personnes qui ont été tués par le feu ne peuvent pas être pleurées par les larmes des leaders politiques, mais uniquement par le mouvement populaire.

ACTION DIRECTE, DEMOCRACIE DIRECTE

HONNEUR AUX TRAVAILLEURS DECEDES

TOUT LE MONDE DANS LES RUES

MOUVEMENT ANTI-AUTORITAIRE D’ATHENES
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Re: GRECE 2010

Messagepar NOSOTROS » Mardi 11 Mai 2010 16:40

Pour mémoire, un article paru dans le jounral de centre-gauche intellecuel TO VIMA (la tribune) et qui donne une indication de l'état d'esprot des grecs à propos des réformes. ce sondage est sorti avant la grosse manif du 5 (et de l'incident).

On voit que si un petit peu plus de 50% des sondés se disent près à manifester (53%), il y a un gros tiers qui se dit prêt à accepter les réforme et 16 % d'indécis. Rien de tel qu'une bonne "bavure" pour faire basculer ces indécis dans le camp de ceux qui vont se résigner tout en décrochant le pan "démocrate" de ceux qui se disnet prêts à lalutte ... Et comme nos populations européennes ont bine intégré le respect de la règle démocratique de "la majorité à toujours raison", le tour est joué ...
http://balkans.courriers.info/article15178.html

Grèce : comment le peuple perçoit-il la crise actuelle ?

Traduit par Laurelou Piguet

Publié dans la presse : 2 mai 2010


Après que le FMI et l’UE ont annoncé dimanche 2 mai le déblocage de 110 milliards d’euros pour sauver la Grèce, le gouvernement socialiste a annoncé les nouvelles mesures d’austérité drastiques que ce plan de soutien exige, et qui vont changer la donne pour au moins trois ans. Comment réagit la population face à cette crise sans précédent dans la zone euro ? To Vima a commandé un sondage sur la question.

Manifestation le 10 février devant le Parlement grecUn sondage réalisé par Kapa Research pour l’édition dominicale du journal To Vima met en lumière les sentiments éprouvés par les Grecs : insécurité, peur, et colère contre les mesures drastiques à venir.

L’écrasante majorité des personnes interrogées se prononce contre les coupes dans le secteur privé, tandis que 39,4% demandent que le nombre d’employés du secteur public diminue de façon importante, mais qu’en contre partie les diminutions de salaires s’arrêtent là. 50,6% considèrent que le recours au mécanisme de soutien était nécessaire, et 41,9% pensent qu’on aurait pu l’éviter.

Selon 66,8% des sondés, c’est la situation de l’économie qui a conduit à en arriver là, contre 29,9% qui imputent la responsabilité de la situation aux spéculateurs. L’aspect optimiste de ce sondage, c’est que 84% des interrogés voient la conjoncture actuelle comme l’occasion d’un changement plus global dans le système politique, et que 69,2% déclarent faire des projets pour le futur.

Qui est responsable de la crise ?

Concernant la situation de l’économie, 39% des personnes interrogées l’attribuent à la période où Kostas Karamanlis était Premier ministre (Nouvelle démocratie, 2004-2009), 28,3% au gouvernement d’Andréas Papandréou (parti socialiste, Pasok, 1981-1989) et 20,5% aux années Simitis (parti socialiste Pasok, 1996-2004).

46,6% considèrent positive la position du Pasok dans la crise ; suit le parti ultraconservateur LAOS avec 39,9% de réponses favorables, puis Nouvelle Démocratie avec 27,9% (notons que 70,7% des interrogés évaluent négativement l’attitude du parti Nouvelle Démocratie).

Les opinions négatives l’emportent quand il s’agit de l’attitude des partis de gauche : 85% d’opinions négatives pour le SYRIZA (parti de gauche radicale) (à peine 13% d’opinions favorables) et 83,9% pour le parti communiste KKE (qui recueille par ailleurs 14,7% d’opinions favorables). 61,9% des sondés jugent mauvaise ou assez mauvaise l’attitude des syndicats ces derniers jours.

En intentions de vote, le Pasok est en tête avec 30,7% d’intentions déclarées, suivi par Nouvelle Démocratie avec 20,6%, le parti communiste avec 6,7%, le LAOS avec 4,2% et SYRIZA avec 3,3%. 23,8% déclarent qu’ils voteraient blanc. La personnalité qui ferait le meilleur Premier ministre reste Yorgos Papandréou à 42,7%, suivi d’Antonis Samaras (actuel chef du parti Nouvelle Démocratie) à 24,1%.

51,3% des sondés se disent prêts à manifester contre le plan d’austérité

Un autre sondage, réalisé par ALKO pour le magazine Proto Thema, montre que les citoyens grecs attribuent la responsabilité de l’effondrement de l’économie aux gouvernements des 30 dernières années.

À la question portant sur les gouvernants qui ont la plus grande responsabilité parmi ceux qui ont exercé depuis 1974, 24% répondent qu’il s’agit de Kostas Karamanlis, 21,5% d’Andréas Papandréou, 18,5% de Kostas Simitis, 5,6% de Konstantinos Karamanlis (parti Nouvelle Décmoratie, Premier ministre de 1974 à 1980), 5% de Konstantinos Mitsotakis (parti Nouvelle Démocratie, Premier ministre de 1990 à 1993), 1,4% de Yorgos Papandréou.

Dans le même sondage, 51,3 % des personnes interrogées se déclarent prête à descendre dans la rue si les mesures d’austérité sont imposées, et 33,1% déclare qu’elles les accepteront. 15,6% n’ont pas pris position sur ce sujet.
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Re: GRECE 2010

Messagepar SOLIDARITE » Mercredi 12 Mai 2010 0:00

Texte d'analyse de TPTG sur la situation, très interessant (comme souvent de ce groupe) Traduction en cours (si il ya des volontaires pour filer un coup de main en traduisant les derniers paragraphes ...)

================

In critical and suffocating times - TPTG


The Ta Paida Tis Galarias (The Children of The Gallery) group report on the recent demonstrations in Athens against austerity measures, including the events leading to the tragic deaths of three bank workers and its implications for the movement of opposition.

What follows is a report on the demo of the 5th of May and the one that followed the day after and some general thoughts on the critical situation the movement in Greece is in at the time being.

Although in a period of acute fiscal terrorism escalating day after day with constant threats of an imminent state bankruptcy and “sacrifices to be made”, the proletariat’s response on the eve of the voting of the new austerity measures in Greek parliament was impressive. It was probably the biggest workers’ demonstration since the fall of the dictatorship, even bigger than the 2001 demo which had led to the withdrawal of a planned pension reform. We estimate that there were more than two hundred thousand demonstrators in the centre of Athens and about fifty thousands in the rest of the country.

There were strikes in almost all sectors of the (re)production process. A proletarian crowd similar to the one which had taken to the streets in December 2008 (also called derogatorily “hooded youth” by mainstream media propaganda) was also there equipped with axes, sledges, hammers, molotov cocktails, stones, gas masks, goggles and sticks. Although there were instances that hooded rioters were booed when they attempted or actually made violent attacks on buildings, in general they fitted well within this motley, colourful, angered river of demonstrators. The slogans ranged from those that rejected the political system as a whole, like “Let’s burn the Parliament brothel” to patriotic ones, like “IMF go away”, and to populist ones like “Thieves!” and “People demand crooks to be sent to prison”. Aggressive slogans referring to politicians in general are becoming more and more dominant nowadays.

At the GSEE-ADEDY demo (general and public sector worker unions) people started swarming the place in thousands and the GSEE president was hooted when he started speaking. When the GSEE leadership repeated their detour they had first done on the 11th of March in order to avoid the bulk of the demo and come to the front, just few followed this time…

The demo by the PAME (the Communist Party's - CP's - “Workers’ Front”) was also big (well over 20,000) and reached Syntagma Square first. Their plan was to stay there for a while and leave just before the main, bigger demo was about to approach. However, their members would not leave but remained there angered chanting slogans against the politicians. According to the leader of the CP there were fascist provocateurs (she actually accused the LAOS party, this mish-mash of far-right thugs and junta nostalgic scum) carrying PAME placards inciting CP members to storm the Parliament and thus discredit the party’s loyalty to the constitution!

Although this accusation bears some validity because fascists were actually seen there, the truth is –according to witnesses– that the CP leaders had some difficulty with their members in leading them quickly away from the square and preventing them from shouting angry slogans against the Parliament. It’s maybe too bold to regard it as a sign of a gradual disobedience to this monolithic party’s iron rule, but in such fluid times no one really knows…

The 70 or more fascists stationed opposite the riot police were cursing the politicians (“Sons of a bitch, politicians”), chanting the national anthem and even throwing some stones against the parliament and probably had the vain intention to prevent any escalation of the violence but were soon swallowed into huge waves of demonstrators approaching the square.

Soon, crowds of workers (electricians, postal workers, municipal workers etc.) tried to enter the building from any access available but there was none as hundreds of riot cops were strung out all along the forecourt and the entrances. Another crowd of workers of both sexes and all ages stood against the cops who were in front of the Tomb of the Unknown Soldier cursing and threatening them.

Despite the fact that the riot police made a massive counter-attack with tear gas and fire grenades and managed to disperse the crowd, there were constantly new blocks of demonstrators arriving in front of the Parliament while the first blocks which had been pushed back were reorganizing themselves in Panepistimiou St. and Syngrou Ave. They started smashing whatever they could and attacked the riot police squads who were strung out in the nearby streets.

Although most of the big buildings in the centre of the town were closed with rolling shutters, they managed to attack some banks and state buildings. There was extensive destruction of property especially in Syngrou Ave. because the cops were not enough to react immediately against that part of the rioters as the police had been ordered to give priority to the protection of the Parliament and the evacuation of Panepistimiou St. and Stadiou St., the two main avenues through which the crowd was constantly returning to it. Luxury cars, a Tax Office building and the Prefecture of Athens were set on fire and even hours later the area looked like a war-zone.

The fights lasted for almost three hours. It is impossible to record everything that happened in the streets. Just one incident: some teachers and other workers managed to encircle a few riot cops belonging to Group D –a new body of riot police on motorcycles– and thrash them while the cops were screaming “Please no, we are workers, too”!

Demonstrators pushed into Panepistimiou St. kept returning in blocs to the Parliament and there were constant clashes with the police. The crowd was mixed again and would not go. A middle-aged municipal worker with stones in his hands was telling us, moved, how much the situation there reminded him of the first years after the fall of the dictatorship when he was present at the 1980 demo in commemoration of the Polytechnic uprising when the police murdered a woman, the 20-year old worker Kanellopoulou.

Soon the terrible news from foreign news agencies came on mobile phones: Three or four people dead in a burnt down bank!

There were some attempts to burn down banks in various places but in most cases the crowd didn’t go forward because there were scabs locked in them. It was only the building of Marfin Bank in Stadiou St. that was finally set on fire. Just a few minutes before the tragedy started, however, it was not “hooded hooligans” who shouted “scabs” at the bank employees but organized blocks of strikers who yelled and swore at them and called on them to abandon the building.

Given the bulk of the demo and its density, the turmoil and the noise of the chants, it’s obvious that a certain degree of confusion –common in such situations– makes it difficult to provide the accurate facts concerning this tragic incident. What seems to be closer to the truth (from fragments of information by eye-witnesses put together) is that at this particular bank, right in the heart of Athens on a general strike day, about 20 bank clerks were made to work by their boss, got locked “for their protection” and finally three of them died of suffocation.

Initially a molotov cocktail was thrown through a hole made on the window panes into the ground floor, however, when some bank clerks were seen on the balconies again, some demonstrators called them to leave and then they tried to put the fire out. What actually happened then and how in no time at all the building was ablaze, remains unknown.

The macabre series of events that followed with demonstrators trying to help those trapped inside, the fire brigade taking too long to take some of them out, the smiling billionaire banker being chased away by the angry crowd have been probably well reported. After some time the prime minister would announce the news in the Parliament condemning the “political irresponsibility” of those who resist the measures taken and “lead people to death” while the government’s “salvation measures” on the contrary “promote life”.

The reversal was successful. Soon a huge operation by the riot police followed: the crowds were dispersed and chased away, the whole centre was cordoned until late in night. The libertarian enclave of Exarchia was placed under siege, an anarchist squat was invaded and many were arrested, the Immigrants’ Haunt was invaded and trashed and a persistent smoke over the city as well as a sense of bitterness and numbness would not go away…

The consequences were visible the very next day: the media vultures capitalised on the tragic death representing it as a “personal tragedy” dissociated from its general context (mere human bodies cut off from their social relations) and some went so far as to criminalize resistance and protest. The government gained some time changing the subject of discussion and conflict and the unions felt released from any obligation to call for a strike the very day when the new measures were passed.

Nonetheless, in such a general climate of fear, disappointment and freeze a few thousands gathered outside the parliament at an evening rally called by the unions and left organisations. Anger was still there, fists were raised, bottles of water and some fire crackers were thrown at the riot cops and slogans both against the parliament and the cops were chanted. An old woman was begging people to chant to “make them [the politicians] leave”, a guy pissed in a bottle and threw it to the cops, few anti-authoritarians were to be seen and when it got dark and the unions and most organizations left, people, quite ordinary, everyday people with bare hands would not go.

Attacked with ferocity by the riot police, chased away, trampled down Syntagma square steps, panicked but angered young and old people got dispersed in nearby streets. Everything was back in order. However, not only fear was in their eyes; hatred was visible as well. It is certain they will be back.

Now some more general reflections:
1. Cracking down on anarchists and anti-authoritarians has already started and it will get more acute. Criminalizing a whole social-political milieu reaching out to the far left organizations has always been used as a diversion by the state and it will be used even more so now that the murderous attack creates such favourable conditions. However, framing anarchists will not make those hundreds of thousands who demonstrated and even those a lot more who stayed passive but worried forget the IMF and the “salvation package” offered to them by the government. Harassing our milieu will not pay people’s bills nor guarantee their future which remains bleak. The government will soon have to incriminate resistance in general and has already started doing so as the incidents on the 6th of May clearly indicated.

2. There will be some modest effort from the state to “put the blame” on certain politicians in order to appease the “popular feeling” which may well turn into a “thirst for blood”. Some blatant cases of “corruption” may get punished and some politicians may be sacrificed just to pour oil into troubled waters.

3. There is a constant reference to a “constitutional deviation” coming both from the LAOS or the CP in a recrimination spectacle, revealing though of the ruling class increasing fears of a deepening political crisis, a deepening of the legitimization crisis. Various scenarios (a businessmen’s party, a proper junta-like regime) get recycled reflecting deeper fears of a proletarian uprising but in effect are used as a re-orientation of the debt crisis issue from the streets to the central political stage and to the banal question “who will be the solution?” instead of “what is the ‘solution’?”

4. Having said all that, it is time to get to the more crucial matters. It is more than clear that the sickening game of turning the dominant fear/guilt for the debt into a fear/guilt for the resistance and the (violent) uprising against the terrorism of debt has already started. If class struggle escalates, the conditions may look more and more like the ones in a proper civil war. The question of violence has already become central. In the same way we assess the state’s management of violence, we are obliged to assess proletarian violence, too: the movement has to deal with the legitimation of rebellious violence and its content in practical terms. As for the anarchist-antiauthoritarian milieu itself and its dominant insurrectional tendency the tradition of a fetishized, macho glorification of violence has been too long and consistent to remain indifferent now. Violence as an end in itself in all its variations (including armed struggle proper) has been propagated constantly for years now and especially after the December rebellion a certain degree of nihilistic decomposition has become evident (there were some references to it in our text The Rebellious Passage), extending over the milieu itself. In the periphery of this milieu, in its margins, a growing number of very young people has become visible promoting nihilistic limitless violence (dressed up as “December’s nihilism”) and “destruction” even if this also includes variable capital (in the form of scabs, “petit-bourgeois elements”, “law-abiding citizens”). Such a degeneration coming out of the rebellion and its limits as well as out of the crisis itself is clearly evident. Certain condemnations of these behaviours and a self-critique to some extent have already started in the milieu (some anarchist groups have even called the perpetrators “parastatal thugs”) and it is quite possible that organized anarchists and anti-authoritarians (groups or squats) will try to isolate both politically and operationally such tendencies. However, the situation is more complicated and it is surpassing the theoretical and practical (self)critical abilities of this milieu. In hindsight, such tragic incidents with all their consequences might have happened in the December rebellion itself: what prevented them was not only chance (a petrol station that did not explode next to buildings set on fire on Sunday the 7th of December, the fact that the most violent riots took place at night with most buildings empty), but also the creation of a (though limited) proletarian public sphere and of communities of struggle which found their way not only through violence but also through their own content, discourse and other means of communication. It was these pre-existing communities (of students, football hooligans, immigrants, anarchists) that turned into communities of struggle by the subjects of the rebellion themselves that gave to violence a meaningful place. Will there be such communities again now that not only a proletarian minority is involved? Will there be a practical way of self-organization in the workplaces, in the neighborhoods or in the streets to determine the form and the content of the struggle and thus place violence in a liberating perspective?

Uneasy questions in pressing times but we will have to find the answers struggling.

TPTG
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Re: GRECE 2010

Messagepar AnarSonore » Mercredi 12 Mai 2010 10:36

traduction sur le site de l'OCL:
http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article763

En un moment critique et asphyxiant

Un premier bilan des camarades de TPTG [1]

Ce qui suit est un compte-rendu de la manifestation du 5 mai et du lendemain, ainsi que quelques réflexions générales sur la situation critique du mouvement en Grèce à l’heure actuelle En dépit d’avoir été placé dans une période de terrorisme financier aigu et prenant de l’ampleur jour après jours, avec les menaces constantes de la faillite de l’État et les appels à “faire des sacrifices”, la réponse du prolétariat à la veille du vote des nouvelles mesures d’austérité au Parlement grec a été impressionnante. Cela a probablement été la plus grande manifestation de travailleurs depuis la chute de la dictature, y compris celle de 2001 qui a conduit au retrait du projet de réforme des retraites. Nous estimons qu’il y avait plus de 200.000 manifestants dans le centre d’Athènes et environ 50.000 de plus dans le reste du pays.

Il y a eu des grèves dans presque tous les secteurs du processus de (re) production. Une foule prolétaire similaire à celle qui avait pris les rues de décembre 2008 (également appelée péjorativement “jeunes à capuche” par les médias de propagande officielle), qui se retrouvait également équipé de haches, maillets, marteaux, cocktails Molotov, pierres, bâtons, masques à gaz et lunettes. Bien que parfois les manifestants masqués ont été hués quand ils essayaient ou réussissait à attaquer des bâtiments, en général ils étaient en phase avec ce flot bariolé, coloré, et en colère des manifestants. Les slogans allaient du rejet du système politique dans son ensemble, comme « brûlons le bordel parlementaire ! », à des slogans patriotiques tels que « Dehors le FMI », ou populistes comme les « Voleurs ! » et « les gens exigent que les escrocs aillent en prison ». Les slogans agressifs contre les politiciens en général sont devenus de plus en plus dominants ces jours là.
Dans la manifestation de la GSEE-ADEDY [confédérations du privé et du public], les gens ont commencé à occuper la place par milliers et le président de la GSEE a été accueilli par des sifflets et des hululements quand il a commencé à parler. Quand la direction de la GSEE à voulu répéter le détour qu’ils avaient déjà fait une première fois le 11 mars dernier, pour éviter le gros de la manifestation et en prendre la tête, peu de gens ont suivi ...
La manifestation convoquée par le PAME (le « Front ouvrier » du KKE) a également été importante (plus de 20.000) et arriva en premier à la place Syntagma. Son plan était de rester là pendant un moment et de s’en aller juste avant qu’arrive la manifestation principale. Toutefois, ses membres ne sont pas partis mais sont restés, en colère et en chantant des slogans contre les politiciens. Selon le leader du KKE, c’étaient le fait de provocateurs fascistes (de fait, il a accusé le parti LAOS, un mixte de droite ultra et de nostalgiques de la Junte des colonels), qui brandissaient des banderoles du PAME incitant les membres du KKE à entrer de force dans le parlement et, ainsi, discréditant la loyauté du parti envers la constitution ! Bien que cette accusation ait une certaine validité, car certains fascistes ont bien été vu là, la vérité est que, selon des témoins, les dirigeants du KKE ont eu des difficultés à obtenir de ses membres qu’ils quittent rapidement la place et qu’ils cessent de crier des slogans contre le Parlement. Il est peut-être trop audacieux de prendre cela comme un signe d’une désobéissance progressive envers les règles d’acier de ce parti monolithique, mais en ces temps si incertains, nul ne peut réellement savoir...
Les soixante-dix ou plus de fascistes qui faisaient face aux forces anti-émeute insultaient les politiciens (« politiciens, fils de pute ! »), chantaient l’hymne national et même jetaient des pierres contre le Parlement, probablement avec l’intention, vaine, d’éviter toute escalade de la violence, mais rapidement ils ont été absorbés par les énormes vagues de manifestants qui parvenaient à la place.
Bientôt, une foule de travailleurs (électriciens, postiers, employés municipaux, etc.) a essayé d’entrer dans le bâtiment du Parlement par tout accès possible, mais des milliers de policiers anti-émeute étaient disposés sur l’esplanade et devant l’entrée. Un autre groupe de travailleurs de différents âges et des deux sexes se sont mis à insulter et menacer les policiers se trouvant devant la tombe du soldat inconnu. Bien que la police anti-émeute ait réussi, grâce à une contre-attaque massive avec gaz lacrymogènes, à disperser les gens, de nouveaux groupes de manifestants arrivaient sans cesse au Parlement tandis que les premiers groupes qui avaient été forcés de battre en retraite se réorganisaient dans la rue Panepistimiou et l’avenue Syngrou. Là, ils ont commencé à détruire tout ce qu’ils pouvaient et ont attaqué les anti-émeutes qui se trouvaient dans les rues avoisinantes.
Bien que la plupart des grands édifices du centre-ville avaient été fermés par des volets métalliques, ils ont réussi à attaquer quelques banques et bâtiments publics. Une destruction massive de propriétés s’est produite, en particulier dans l’avenue Syngrou, car la police n’avait pas assez d’effectifs pour réagir immédiatement à cette partie des manifestants, du fait qu’ils avaient reçu l’ordre de donner la priorité à la protection du Parlement et à l’évacuation des rues Panepistimiou et Stadiou, les deux principales avenues par lesquelles les gens revenaient constamment vers le Parlement. Des voitures de luxe, un bureau du ministère des finances et un autre de la préfecture d’Athènes ont été incendiés ; même quelques heures plus tard, cette partie de la ville ressemblait toujours à une zone de guerre. Les combats ont duré près de trois heures. Il est impossible de dire tout ce qui s’est passé dans les rues. Un seul incident : certains enseignants et d’autres travailleurs sont parvenus à encercler quelques policiers anti-émeute du groupe Delta – un nouvel corps anti-émeute qui roule en moto – et leur donner une raclée pendant que les policiers criaient « S’il vous plaît, non, nous sommes aussi des travailleurs ».

Les manifestants qui avaient été repoussés vers la rue Panepestimiou retournaient en groupes vers le Parlement et se sont longuement affrontés à la police. Les gens se sont de nouveau mélangés et ne partaient pas. Un employé municipal d’âge moyen avec des pierres dans les mains nous raconta, ému, combien la situation lui rappelait les premières années qui suivirent la chute de la dictature, à la manifestation de 1980 à laquelle il participa, qui commémora les événements de l’Ecole Polytechnique, et où la police a tué une femme, la travailleuse de 20 ans Kanellopoulou. Bientôt, de terribles informations arrivent sur les téléphones portables en provenance d’agences étrangères : 3 ou 4 personnes sont mortes dans l’incendie d’une banque.
Il y avait eu quelques tentatives de brûler certaines banques dans quelques endroits, mais dans la plupart des cas, les gens n’allaient pas au-delà parce qu’il y avait des jaunes enfermés à l’intérieur. Seul le bâtiment de la Banque Marfin de la rue Stadiou a effectivement été brûlé. Cependant, seulement quelques minutes encore avant que ne commence la tragédie, ce n’étaient pas des “hooligans masqués” qui criaient « jaunes ! » aux employés de la banque, mais des groupes organisés de grévistes, qui criaient et les insultaient pour qu’ils abandonnent le bâtiment. Étant donné la taille de la manifestation et sa densité, le vacarme et le bruit des chansons, de toute évidence une certaine confusion – courante dans de telles situations – fait qu’il est difficile de relater avec précision ce qui s’est passé dans ce tragique incident. Ce qui semble le plus proche de la vérité (en rassemblant les morceaux d’information de témoins), c’est que dans cette banque en particulier, en plein coeur d’Athènes, lors d’une journée de grève générale, environ 20 employés ont été forcés de travailler par leur patron, enfermés à clé « pour assurer leur protection », et qu’au final trois d’entre eux sont morts d’asphyxie. Initialement, un cocktail Molotov a été lancé à travers un trou fait à un des carreaux d’une fenêtre du rez-de-chaussée de la banque. Cependant, lorsque certains employés ont été vus sur les balcons, des manifestants leur ont dit de sortir et ont essayé d’éteindre le feu. Ce qui s’est réellement passé alors et comment en un instant le bâtiment s’est retrouvé en feu, demeure inconnu.
La série macabre des évènements qui ont suivis a déjà probablement été bien relatée : les manifestants qui tentent d’aider ceux qui se trouvent pris au piège, les pompiers qui tardent trop à sortir certains d’entre eux, le souriant banquier milliardaire poursuivi par une foule en colère. Au bout d’un certain temps, le Premier ministre a annoncé l’information au Parlement, condamnant l’ « irresponsabilité politique » de ceux qui résistent aux mesures prises et qui « entraînent les gens à la mort », tandis que les “mesures de salut” du gouvernement, au contraire, « défendent la vie. » Le renversement de situation a été couronné de succès. Rapidement s’en est suivie une importante opération des forces anti-émeute : la foule a été dispersée et pourchassée, l’ensemble du centre de la ville a été bouclé jusque tard dans la nuit, l’enclave libertaire d’Exarchia a été placée en état de siège, un squat anarchiste a été expulsé et beaucoup de ses occupants arrêtés, un local pour immigrants a été dévasté et un nuage de fumée persistante s’est maintenu sur la ville laissant un sentiment d’amertume et d’hébétude...
Les conséquences furent visibles dès le jour suivant : les vautours des médias ont exploité les morts tragiques en les présentant comme une « tragédie personnelle », détachée de son contexte général (de purs corps humains coupés de leurs relations sociales) et certains allèrent même jusqu’à demander la criminalisation de la résistance et de la protestation. Le gouvernement a gagné du temps en changeant le sujet de la discussion et du conflit et les syndicats se sont vus libérés de toute obligation d’appeler à une grève pour ce jour même où les nouvelles mesures étaient approuvées.
Dans un tel climat général de peur, de déception et de douche froide, quelques milliers de personnes se sont tout de même rassemblées devant le Parlement dans l’après-midi lors d’une manifestation organisée par les syndicats et les organisations de gauche. La colère était toujours là, des poings ont été dressés, quelques bouteilles d’eau et des pétards ont été jetés sur les policiers anti-émeute et des slogans contre le parlement et la police ont été lancés. Une femme âgée a demandé aux gens de chanter « Qu’ils s’en aillent ! » (les politiciens), un jeune a pissé dans une bouteille et l’a jeté sur la police, quelques anti-autoritaires étaient là aussi et quand la nuit est tombée et que les syndicats et la plupart des organisations de gauche s’en étaient allées, des gens tout à fait ordinaire, des gens normaux, aux mains nues, ne sont pas parti. Après avoir été violemment attaqué par la police anti-émeute, pourchassés et piétiné par les escadrons de la place Syntagma, les jeunes et les vieux, apeurés, mais furieux, se sont dispersés dans les rues avoisinantes. Tout était rentré dans l’ordre. Cependant, on ne voyait pas seulement la peur dans leurs yeux, on voyait aussi de la haine. C’est certain, ils reviendront.
Maintenant, quelques réflexions générales :

1. Les mesures sévères contre les anarchistes et les anti-autoritaires ont déjà commencé et vont devenir plus intense encore à l’avenir. La criminalisation de tout un mouvement socio-politique, allant même jusqu’aux organisations d’extrême gauche, a toujours été une stratégie de diversion utilisée par l’État et sera utilisée plus encore maintenant que l’attaque meurtrière a créé des conditions aussi favorables. Cependant, incriminer les anarchistes ne conduira pas les centaines de milliers de personnes qui ont défilé, et même ceux beaucoup plus nombreux qui ne l’ont pas fait, mais qui sont concernés, à oublier le FMI et le « paquet de sauvetage » que leur à offert le gouvernement. Harceler notre mouvement ne paiera pas les factures des gens ni garantira leur avenir qui demeure incertain. Le gouvernement devra bientôt incriminer la résistance en général, et a déjà commencé à le faire, comme l’indique clairement les incidents du 6 mai.

2. L’Etat fera un petit effort en « faisant des reproches » à quelques hommes politiques pour apaiser l’ « émotion populaire » qui pourrait bien se transformer en « soif de sang ». Certains cas flagrant de “corruption” seront peut-être punis et certains hommes politiques sacrifiés pour mettre de l’huile dans les eaux troublées.

3. Il y a une référence constante à une « dérive constitutionnelle », qui vient à la fois du LAOS (extrême droite) et du KKE dans un spectacle de récriminations, révélant néanmoins les craintes croissantes de la classe dirigeante d’une aggravation de la crise politique, d’une aggravation de la crise de légitimité. Divers scénarios sont recyclés (un parti des hommes d’affaires, un régime type « Junte des colonels »), qui reflètent les craintes profondes d’un soulèvement prolétarien, mais qui en réalité sont utilisées pour sortir la question de la crise de la dette de la rue et l’amener dans l’arène politique centrale sous la banale question « qui sera la solution ? » au lieu de « quelle est la solution ? »

4. Ceci étant dit, il est temps d’aborder les questions plus cruciales. Il est plus que clair que le jeu écoeurant de transformer la peur/faute de la dette en peur/faute de la résistance et du soulèvement (violent) contre le terrorisme de la dette a déjà commencé. Si la lutte des classes s’intensifie, les conditions peuvent ressembler de plus en plus à celles d’une véritable guerre civile. La question de la violence est devenue centrale.
De la même manière que nous prenons la mesure de la gestion de la violence de l’Etat, nous sommes contraints d’analyser également la violence prolétarienne : le mouvement doit aborder la question de la légitimation de la violence rebelle et de son contenu en termes pratiques.
En ce qui concerne le mouvement anarchiste et anti-autoritaire lui-même et sa tendance insurrectionnaliste dominante, la tradition d’une glorification machiste et fétichisée de la violence a duré trop longtemps et a été trop importante pour demeurer dans l’indifférence aujourd’hui. La violence comme une fin en soi, sous toutes ses formes variées (y compris la propre lutte armée) n’a cessé de se propager depuis des années, et surtout après la révolte de décembre 2008 où un degré de décomposition nihiliste est apparu clairement (nous avons fait quelques références dans notre texte « Le passage rebelle d’une minorité prolétarienne ... »), en s’étendant au mouvement lui-même.
Dans la périphérie de ce mouvement, dans ses marges, un nombre croissant de personnes très jeunes est apparu faisant la promotion d’une violence nihiliste sans limites (revêtu du “nihilisme de décembre”) et de la “destruction”, même si cela implique aussi le “capital variable” (comme les jaunes, les “éléments petits-bourgeois”, les “citoyens respectueux de la loi.”). Qu’une telle dégénérescence surgisse de la rébellion et de ses limites, ainsi que de la crise elle-même est d’une claire évidence.
Jusqu’à un certain point, certaines condamnations de ces attitudes avait déjà commencé à se faire entendre ainsi qu’une certaine auto-critique (certains groupes anarchistes ont même désigné leurs auteurs de “voyous paraétatiques”) et il est fort possible que les anarchistes et les anti-autoritaires organisés (groupes ou squats) essaieront d’isoler politiquement et opérationnellement de telles tendances. Cependant, la situation est plus complexe et dépasse la capacité d’(auto) critique théorique et pratique du mouvement. A posteriori, on peut dire que ces incidents tragiques, avec toutes leurs conséquences, auraient pu se produire lors de la rébellion de décembre 2008 : ce qui l’a empêché alors cela n’a pas été seulement la chance (la station service qui n’a pas explosé à côté d’un immeuble en flammes, le samedi 7 décembre lorsque les émeutes les plus importantes ont eu lieu dans la nuit avec la majorité des bâtiments vacants), mais aussi par la création d’une sphère publique prolétarienne (bien que limitée) et de communautés de lutte qui trouvèrent leur voie, non seulement par la violence, mais à travers leur propre contenu, discours et autres moyens de communication.
Ce furent ces communautés pré-existantes (d’étudiants, de supporters de football, d’immigrés, d’anarchistes) qui se sont transformées en communautés de lutte, autour des thématiques mêmes de la rébellion qui ont pu donner à la violence une place significative. De telles communautés émergeront-elles encore maintenant qu’il n’y a pas seulement une minorité prolétarienne impliquée ? Émergera-il des formes pratiques d’auto-organisation dans les lieux de travail, dans les quartiers et les rues en mesure de déterminer la forme et le contenu de la lutte et par conséquent de situer la violence dans une perspective libératrice ?
Ce sont là des questions difficiles et urgentes mais dont nous devrons trouver les réponses par la lutte.

Le 9 mai 2010

[Traduction : XYZ pour le site OCLibertaire… et au-delà !]

Notes
[1] TPTG (Ta Paida Tis Galarias] est un groupe autonome communiste grec.
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Re: GRECE 2010

Messagepar Lambros » Mercredi 12 Mai 2010 13:52

Rassemblement à Clemont

"Hier (mardi 11) a eu lieu un rassemblement en soutien au peuple grec, devant la pref. D'abord le contexte local, je vais pas revenir sur le contexte grec… J'ai vu quelques affiches non signées dans la journée, je me suis dit, un coup des autonomes ! Pas du tout (ça aurait été mieux ou moins pire, c'est sûr…). En fait c'est parti du PCF tout seul (pour montrer son utilité en dehors du Front de Gôche je suppose). Mais du coup les autres gauchistes se sont senti-e-s con-ne-s…. Alors le NPA, le Parti de Gauche, l'UNEF, ATTAC, pis la CGT et même Lutte Ouvrière ont prévenu leurs adhérent-e-s. Bin du coup j'y suis allé.

Sur place, y'avait 2 ou 3 autres anarchistes. On remarquera qu'on était les seuls pas badgés. Au niveau du nombre, c'est pas mal, environ 80 personnes mobilisées en une journée. Mais en fait non. Des drapeaux de partout, PCF, PG, ATTAC, LO, UNEF. Une banderole “Soutien au peuple grec, Contre la dictature des marchés financier”. Et rien, mais alors rien. présence du DAL et d'AC !à souligner aussi. C'est tout. Au bout d'un moment, une militante du PG vient nous demander de nous mettre sur les marches de la pref pour la photo. On lui explique que ça nous intéresse pas, qu'on est pas venu pour les partis politiques, mais pour les insurgé-e-s grecques. Elle a pas compris.

Pis les discours. Le PCF. Le tract diffé critiquait le capitalisme, ça faisait longtemps… Mais le discours, un moment incroyable. Pas bien la Grèce, pas bien le FMI, pas bien l'UE… Z'ont pas précisé que le gouvernement grec est un gouvernement de gôche (parce que c'est le PS grec, et que le PCF travaille main dans la main avec le PS français non ?). Pas un mot sur le fait que c'est le capitalisme tout ça. Bref. Un autre discours. LO. Mieux. Z'ont rappelé que c'est un gouvernement de gôche, que la crise n'est pas grecque mais mondiale et que c'est la crise du capitalisme. Qu'il faut en finir avec ce système. Dommage, pas un mot sur la dictature du prolétariat ! On remarquera que même si c'est trotskyste ce fut quand même un discours révolutionnaire… Bien évidemment pas un mot sur le fait que le mouvement grecque est en très grande partie autogestionnaire et libertaire. Pas un mot sur les deux compagnons assassinés par la police en pleine rue, sur la chasse ouverte aux anarchistes grecs. Rien sur la banque qui a brûlé.

Après ces deux discours, le PCF nous dit merci c'était sympa, maintenant faut rentrer à la maison. Sûr que Lambros a du apprécié, sûr que c'est par des rassemblements devant les prefs, bariolés de drapeaux des partis politiques que ça va prendre. Faudra rappeler à tout ces partis politiques et ces syndicats que la paix sociale c'est eux. Que le capitalisme réformé, le capitalisme à visage humain c'est eux aussi. Que le mouvement grec déborde syndicats et partis.

Que les feu de la révolte grecque embrase le monde entier. Ni patrie ni parti."
L'émancipation des chrétien-ne-s sera l'œuvre de Dieu lui même.
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Re: GRECE 2010

Messagepar NOSOTROS » Mercredi 12 Mai 2010 21:34

Excellent ! On peut diffuser ?
Capitalismo delenda est
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Re: GRECE 2010

Messagepar AnarSonore » Jeudi 13 Mai 2010 2:01

La faillite capitaliste sera payée en monnaie de révolte!
:arrow: http://protovouliaparis.wordpress.com/2 ... e-revolte/

La coalition de l’UE et du FMI, sous le prétexte de la crise économique qui touche la Grèce en ce moment, essaye d’imposer des mesures qui constituent des attaques féroces contre le peuple grec.

Les mesures impopulaires lancées par le gouvernement grec et dictées par le FMI: suppression du 13ème et 14ème salaire (qui fait office de congés payés en Grèce) dans la fonction publique, suppression des 13èmes et 14èmes retraites et augmentation de l’âge de départ à la retraite, flexibilisation à outrance des conditions salariales et baisse du financement des services publics (école, université, hôpitaux etc). A cela s’ajoute, la montée du chômage et une précarisation de tous les travailleurs.

Au-delà de la violence policière et étatique, on assiste à une propagande des médias grecs et internationaux ayant pour but de réprimer les mouvements sociaux des travailleurs qui demandent de la justice sociale. Les médias présentent les manifestations en Grèce comme des manifestations animées par des minorités, alors qu’il s’agit des plus grandes manifestations depuis la chute des colonels en ’74 (la semaine dernière, plus de 200 000 personnes ont manifesté au centre d’ Athènes contre les nouvelles mesures). De plus, la mort de trois travailleurs de la banque Marfin est utilisée pour discréditer le mouvement social. Ces travailleurs ont été forcés par le patronat à ne pas faire la grève et rester dans la banque, c’est un événement tragique, hostile envers le mouvement de masse qui se développe actuellement. Nous luttons pour, et non pas contre, la vie. Cet événement ne peut pourtant pas discréditer ce mouvement dynamique qui remet en question l’ensemble des politiques suivies par tous les partis politiques ces dernières années.

La question ne concerne pas uniquement la Grèce, le problème de la dette grecque s’insère dans le contexte de la crise économique et sociale mondiale du capitalisme. Alors que d’autres Etats européens, hors zone euro, font déjà les frais de la politique de casse sociale du FMI (Lettonie, Lituanie, Roumanie), d’autres pays peuvent suivre: dans un premier temps le Portugal, l’Espagne et l’Italie puis l’Irlande, l’Angleterre et la France. Les gouvernements européens essayent de puiser dans cette crise des arguments pour imposer leurs politiques de casse sociale, de diminution des salaires et de démantèlement des protections sociales, au profit des grandes entreprises et des organismes financiers.

Face à ces attaques, il y a un vrai besoin de construire un mouvement de masse qui affirmera qu’il n’est pas aux travailleurs, aux retraités et aux jeunes de payer leur crise. La lutte en cours sera attaquée de plus en plus durement par les Etats européens et les institutions dominantes et c’est pour cela que le mouvement devra pouvoir prendre la relève et se battre contre le fil rouge des attaques.

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