UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

La lutte est globale... Solidarité a-nationale !

UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar SOLIDARITE » Mardi 15 Déc 2009 0:46

UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE EN ALLEMAGNE !

Le groupe de Berlin mène depuis plusieurs mois une lutte dans les Cinémas Babylon de Berlin, lutte tout à fait similaire à celle des cinémas UTOPIA de Toulouse il y a de cela quelques années (cinéma "engagé", de gauche etc ... sauf quand il s'agit de traiter avec ses employés à qui - là bas aussi - on demande de travailler gratuitement ... )

Vu la résistance acharnée qu'on mené les compagnons et les salariés, Ver.di, le syndicat réformiste local est venu jouer les intermédiaires entre le gentil patron et les pauvres employés manipulés par les vilains gauchistes anarchistes (là encore, on a l'impression de rejouer une scène déjà vue ...)

Sauf que pour bien faire comprendre qu'il ne fallait plus traiter avec ses affreux méchants, Ver.di avec le concours de ses amis de la municipalité de Berlin (alliance socio-démocrates et Die Link, ce qiu en France donnerait respectivement le PS et le Front de gauche (PC+Mélanchon) ) a carrément fait interdire la FAU ! Du jamais vu depuis les lois d'éxceptions nazis de 1933 !

Dans la loi allemande, une ordonnance de restriction est prise sans entendre la partie contre laquelle elle s'exerce, ni même sans lui notifier.

En effet, une ordonnance de restriction du Haut tribunal des Prudhommes de Berlin-Brandebourg vient d'interdire à l'union locale de la FAU de Berlin d'utiliser le terme "syndicat' ou "syndicat alternatif", et menace tout individu qui s'y risquerait d'une amende de 250 000 euros. (on ne saurait que conseiller aux compagnons allemands d'utiliser le terme anarcosyndicat, qui manifestement n'est pas visé par l'interdiction).

Cette ordonnance de restriction est une partie d'un conflit entre la direction du Cinéma Babylon et le syndicat local de la FAU sur les salaires, les conditons de travail et la régularisation des travailleurs temporaires dans cette entreprise. La direction est soutenu dans ce conflit par le gouvernement local de la municipalité de Berlin et par Ver.di, le syndicat "unique" (monopolistique) du secteur public au sein de la confédération DGB.

Si cette sentence ne peut pas être rejetté, ce sera alors la première fois qu'en Allemagne un syndicat sera interdit de fait, depuis le régime Nazi en 1933. Et cela pourra servir de précédent autoritaire contre toute tentative en allemagne de créer un syndicat endehors du cadre de la confédération réformiste monopoliste de la DGB.

Affaire à suivre ...
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar goldfax » Mardi 15 Déc 2009 9:06

:shock:
Après avoir demandé au nazis de réprimer les "vilains gauchistes" après la première guerre mondiale, la gauche prend en charge elle-même ses initiatives. C'est vrai qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même.
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar anarced » Mardi 15 Déc 2009 12:11

D'ailleurs, les nazis ont toujours eu le droit d'utiliser le mot "socialiste", eux, sans que cela ne pose le moindre problème à personne...
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar goldfax » Mardi 15 Déc 2009 13:57

Comme les marxistes de s'approprier le terme "communisme".
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar SOLIDARITE » Mardi 15 Déc 2009 14:50

Quelques éléments de contexte complémentaires :

Historiquement en Allemagne, les syndicats ne se son taps construits autour d’idéologies, comme c’est le cas en Espagne, en France ou en Italie. Tous, des chrétiens conservateurs aux socio-démocrates en passant par les gauchistes, sont partisans de l’approche boiteuse, réformiste et co-gestionnaire de la confédération DGB. (la DGB participe au conseil d’administration d’un grand nombre des principales entreprises allemandes.). Alors que de nombreux travailleurs se sentent mal à l’aise avec ce genre de syndicats, les gauchistes allemands sont leur plus opiniâtre défenseurs. Non seulement parce que la plupart des membres des partis de gauche ont des fonctions et même des emplois rémunérés dans les niveaux inférieurs de la hiérarchie syndicale, mais aussi pour des raisons idéologiques. Pour eux, la plupart des syndicats sont la fameuse courroie de transmission pour leurs partis politiques.

Le cas de ce qui se passe à Berlin est très spécial par ailleurs. L’un des deux membres du conseil de direction du cinéma Babylone est directement lié au partie « Die Linke » (La gauche, équivalent de Mélenchon) qui gouverne Berlin conjointement avec le SPD (socialistes). Son père était un ancien « wobbly » de la forteresse maladive de la faction stalinienne des IWW dans les années 50. Il a ensuite émigré en Allemagne de l’Est (soviétique) dans les années 60 et a été utilisé par le parti communiste d’Allemagne de l’Est (SED) comme un porte-voix pour leur propagande. Il est resté membre du SED, y est resté quand celui s’y a changé de nom en PDS [après la chute du mur de Berlin] et est devenu aujourd’hui « Die Linke ». Pendant le conflit ce vieux stalinien est même fait une conférence au cinéma sur la fantastique histoire des IWW et en qui la FAU n’a rien à voir avec cette sorte d’organisation industrielle et en quoi son fils est une personne absolument géniale etc …
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar Anarcho » Jeudi 17 Déc 2009 22:31

Ce n'est pas correct: la FAU-AIT (syndicat local) de Berlin n'est pas interdite en tant qu'organisation (le lois allemande peut declaree une association illegale), mais elle ne peut pas s'appeler 'Gewerkschaft' (syndicat) ou 'Basisgewerkschaft' (syndicat de base).

Elle peut s'appeler 'Anarchosyndikat' et organiser legalement, mais ils ne peuvent pas conclure des conventions collectives en Berlin.
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar anarced » Jeudi 17 Déc 2009 22:50

C'est sur que les nazis n'étaient pas capables d'autant de subtilité dans leurs procédures d'exclusion mais dans le fond, cela ne change quand même pas grand chose...
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar SOLIDARITE » Samedi 19 Déc 2009 23:27

Démonstration réussie pour la liberté d'organisation syndicale à Berlin


Quelques 300 personnes venant de toute l'Allemagne ont manifesté ce samedi 19 sécembre à Berlin contre l'interdiction de la section locale de la FAU-AIT d'utiliser le terme « syndicat ». A cette occasion, le prix Margaret Thatcher 2009 a été attribué au PDG du Cinéma Babylon, Timothy Grossman attribué.

Malgré le froid glacial, et l'organisation précipitée cette manifestation , environ 300 personnes ont défilé dans le centre de Berlin pour protester contre l'interdiction de facto du syndicat FAU-AIT de Berlin. La manifestation s'est rendue au cinéma Babylon Mitte, dont le directeur avait obtenu le 11 décembre dernier l'injonction temporaire contre la FAU de Berlin.

Les slogans lancés par les manifestant visaient la décision scandaleuse de la Cour de District, véritable levier contre le droit d'association libre. Mais pas seulement. Le rôle du syndicat Ver.di et du Parti de gauche (Die Linke), ont également été soulevés, qui soustrait à main dans la main avec l'unité de gestion depuis l'été de cette année, le conflit de travail en cours.


Sur l'initiative du Parti de gauche (Die Linke), et avec le financement du Sénat, une convention collective a récemment été conclue entre le cinéma et Ver.di, par dessus (et contre) les travailleurs du cinéma, mais en vertu de la convention nationale.

«Nos mois de combats dans le cinéma Babylon ont montré que l'auto-organisation de la résistance à la base est possible et peut être fructueuse, mais doit être écrasée [par le pouvoir] par tous les moyens», a dit un membre de la FAU-AIT de Berlin dans un discours prononcé devant le cinéma. Gardé par une haie d'horreur de policier . Il a conclu en ajoutant : «qu'un bon compromis est celui que n'aime pas votre patron."

Enfin, le prix Margaret Thatcher 2009 a été décerné à Timothy Grossman, pour sa contribution au maintien de la tradition anti-syndicale. Mais en son absence il n'a pu lui être remis:

Quelques photos :

http://ccphoto.de/?p=180

TRADUCTION : CNT AIT Paris

Pour suivre l'affaire : viewtopic.php?f=13&t=6049

===================================

Reproduction libre, diffusée et encouragée y compris avec le lien pour le suivi de l'affaire (n'en déplaise aux sectaires qui censurent et qui se recconaitront ...)
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plus d'infos

Messagepar nimporte » Jeudi 07 Jan 2010 22:34

plus d'infos (en francais) sur le site de la FAU : http://www.fau.org/verbot/fau_berlin_fr.pdf
nimporte
 

Re: plus d'infos

Messagepar lucien » Vendredi 08 Jan 2010 14:56

nimporte a écrit:plus d'infos (en francais) sur le site de la FAU : http://www.fau.org/verbot/fau_berlin_fr.pdf
Le texte en question.

Freie Arbeiterinnen- und Arbeiter-Union
angeschlossen an die Internationale Arbeiter Assoziation

Le syndicat FAU Berlin interdit !
Appel urgent à la solidarité internationale !
Depuis le 11/12/2009, le syndicat FAU Berlin est interdit de fait. L’arrêt a été prononcé sans audience contradictoire. Le fait même que l’entreprise « Neue Babylon GmbH » ait entamé une action judiciaire n‘avait pas été communiqué à la FAU Berlin, impliquée depuis plusieurs mois dans un conflit social avec cette entreprise. L’arrêt va bien au-delà de la privation pour la FAU Berlin de ses droits syndicaux au niveau de l’entreprise puisqu’elle n’a même plus le droit de se désigner comme « syndicat ». L’interdiction prend effet immédiatement.

Le prélude
Depuis juillet 2009, la FAU Berlin et sa section syndicale revendiquent une convention collective et sont impliqués dans un conflit social avec ce cinéma, le seul partiellement communal de Berlin, recevant des subventions publiques et dans lequel on n’offre pas des salaires décents et ignore les droits de salariés. Dans ce cinéma une partie considérable du personnel est syndiquée à la FAU Berlin. Ce conflit social, qui est le premier conflit social majeur pour la FAU Berlin, encore bien petite, a rencontré un fort écho, non seulement à Berlin, mais dans toute la république. Les anarcho-syndicalistes lancés dans un conflit social, s’appuyant sur un boycottage très médiatisé et efficace pour gagner sur des revendications amples et innovantes, avec une participation, inhabituelle pour le syndicalisme allemand, des salariés eux-mêmes : tout cela a impressionné largement le public. Quand la pression a atteint un niveau tel que la direction ne pouvait plus éviter les négociations, ce ne sont pas seulement la municipalité, mais aussi le syndicat DGB ver.di qui sont intervenus. Bien que ce syndicat ne dispose pas d’une base syndicale dans l’entreprise, ver.di a entamé des négociations avec la direction sans y être mandaté. Malgré son indignation, le personnel concerné n’a pas été impliqué.

Il est clair qu’un marché entre le syndicat ver.di, la municipalité et la direction est à l’origine de ces négociations afin de débarquer la FAU Berlin et de rétablir le calme dans la boîte. Mais les salariés et la FAU ne s’étant pas résignés, il s’est suivi plusieurs « coups de matraque » judiciaires et une campagne de ver.di contre la FAU. Ainsi, les modes d’actions de ce conflit social, comme le boycottage, ont été proscrits par un tribunal. Ce même tribunal mettait en doute la « représentativité » du syndicat qui est en Allemagne une condition préalable pour enclencher des conflits sociaux. Dans le même temps, il y a eu d’autres procédures en diffamations initiées par la direction du cinéma. Mais la FAU Berlin ne reculant toujours pas, cela a mené à l’arrêt récent qui interdit quasiment la FAU en tant que syndicat.

La situation en Allemagne
Dès le début, la FAU Berlin a estimé qu’il s’agissait dans ce conflit social, si petit soit-il, non pas seulement de l’amélioration de conditions de travail, mais aussi des libertés syndicales en Allemagne. La tradition d’un syndicalisme de combat en Allemagne a pris fin en 1933. Outre-Rhin, le DGB, soi-disant « confédération unitaire », dispose presque d’un monopole dans la représentation des salariés (corporatisme) qui est bien sanctuarisé par la jurisprudence et qui empêche les syndicats alternatifs de s’établir. À cause de ce système syndical spécifique, l’autogestion et la décentralisation dans les syndicats ne sont ni reconnues ni souhaitées au niveau juridique.

Ce conflit social modeste animé par la FAU Berlin a montré pour la première fois en RFA qu’il existe : une alternative syndicale. Visiblement ceci ne pouvait pas être toléré par les syndicats établis et les partis politiques qui craignaient évidemment les conséquences de cet exemple. C’est dans ce contexte que le travail syndical de la FAU a été rendu illégal. Les implications de cet arrêt sont graves. Si la décision du tribunal est maintenue, cela rendrait impossible de fonder et de construire des syndicats reconnus juridiquement, le statut de syndicat dépendant a priori de la reconnaissance par la justice. Or les salariés entamant des conflits sociaux sans le statut de syndicat risquent des peines massives. Deux fois déjà, la FAU a été menacée d’une amende de 250.000 euros, ou le cas échéant d’emprisonnement du secrétaire, si elle poursuivrait ses actions syndicales. Cet arrêt rend impossible le travail syndical légal de la FAU Berlin dans tous les domaines. Ainsi, les anarcho-syndicalistes allemands sont menacés de nouveau, après la première guerre mondiale et le troisième Reich, d’une prohibition.

Cet arrêt est d’autant plus scandaleux qu’il est le résultat d’une procédure d’urgence sans quelconques auditions ou autre possibilité de défense de la part de la FAU. Ceci alors qu’il n’existe en Allemagne aucune définition juridique claire d’un syndicat et que le pouvoir est apparemment capable de se mêler arbitrairement de la jurisprudence concernant les syndicats. Bien que l’Allemagne ait ratifié certaines conventions de l’OIT, elles n’y ont aucune valeur pratique comme ce sont essentiellement les syndicats unitaires, et désormais même le patronat, qui dictent ce qu’est un syndicat. Même sous l’Empire au XIXe siècle et dans les années vingt, les syndicalistes disposaient de davantage de droits. Avec cet arrêt, la situation en Allemagne devient ressemblante à la situation misérable des syndicats en Turquie, traditionnellement hostile au syndicalisme.

Bien sûr il existe la possibilité d’une révision de cet arrêt. Mais la FAU Berlin ne veut pas se faire d’illusions sur cette question. Entre-temps, tout semble possible alors que l’ingérence politique dans cette affaire et la volonté d’étouffer dans l’œuf une alternative syndicale sont évidentes.

La portée
La portée de l’arrêt est déjà considérable, mais son caractère durable serait une catastrophe. Depuis le 11/12, la FAU Berlin peut être considérée comme un syndicat interdit. De fait, cet arrêt est également susceptible de toucher tous les syndicats FAU en Allemagne. En tant que précédent il va nuire à tout le mouvement syndical et aux droits des salariés. Dans la foulée de cette jurisprudence, une quelconque alternative syndicale en Allemagne ne peut pas se construire. Ce cas de figure est une nouveauté dans la lutte anti-syndicale menée par les entreprises en Allemagne. Suite à cette décision judiciaire, le patron lui-même peut non seulement choisir le syndicat dans son entreprise, mais aussi définir ce qu’est même un syndicat ! L’autogestion des organisations de travailleurs, dans le cinéma Babylon à Berlin ou ailleurs, est rendu illégale et l’institutionnalisation de la mise sous tutelle de la classe ouvrière progresse. Le syndicat ver.di porte une lourde responsabilité dans cet arrêt, avec son intervention hostile, contraire à toute solidarité syndicale. Hostilité volontaire, ver.di ayant déjà déclaré par écrit qu’il considère la FAU Berlin comme une organisation concurrente contre laquelle on doit agir !

Solidarité !

C’est maintenant que la lutte pour les libertés syndicales en Allemagne commence. Des actions de solidarité multiples s’imposent aujourd’hui. Protestez contre la situation en Allemagne, manifestez devant les ambassades et consulats allemands, revendiquez la révision de cet arrêt et réclamez toutes les libertés syndicales pour la FAU !
Vous pouvez, p.ex., nous soutenir concrètement par :
• des actions de protestation devant des ambassades et consulats allemands ou d’autres institutions qui représentent l’État allemand.
• des courriels de protestation adressés à la fois à l’ambassade allemande dans votre pays et à la direction du cinéma Babylon.
• des télécopies de protestation adressées au tribunal de grande instance de Berlin.
Dès que possible, vous allez trouver toutes les adresses nécessaires sur le site http://www.fau.org/verbot. Il s’agit de la liste des agences allemandes à l’étranger, des indications concernant d’autres institutions envisageables, des modèles pour les lettres de protestation ainsi que des coordonnées nécessaires.
Pour le samedi, le 19/12, des actions de protestation à Berlin sont d’ores et déjà en préparation. S’il est faisable pour vous d’organiser en si peu de temps une action publique, nous l’approuverions fortement. Mais votre solidarité ne doit pas se limiter à une date seule. Elle peut se réaliser à n’importe quel jour.

Avis important : Il est possible qu’on arrive vite à faire retirer l’arrêt. Mais on ne veut pas se faire d’illusions.
Le fait même qu’un arrêt (si passager soit-il) privant la FAU de ses libertés syndicales peut être prononcé d’une façon tellement simple, exige une réaction forte. Ce cas est emblématique pour nos droits en tant que travailleurs en Allemagne.
Pour prendre contact avec la FAU Berlin : Lars Röhm | faub5@fau.org | +49 1577-8491072
Le monde ne se compose pas d'anges révolutionnaires, de travailleurs généreux d'une part, de diables réactionnaires et de capitalistes cupides de l'autre.
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar lucien » Vendredi 08 Jan 2010 15:23

Le tribunal local a confirmé le 5/01/10 la décision contre la FAU Berlin.

La solidarité s'organise...
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar NOSOTROS » Mardi 12 Jan 2010 13:30

Grace aux tribunaux fédéraux du travail d'allemagne, la notion de "justice de classe" est claire et transparente pour tout le monde :

En Allemagne, la polémique sur les employés condamnés au chômage après des délits mineurs prend de l'ampleur

Ces affaires avaient scandalisé l'opinion publique allemande : au mois d'octobre 2009, un juge confirmait le renvoi d'une aide-soignante employée dans une maison de retraite après qu'elle eut voulu emporter les restes du repas d'un patient ; en juillet, une secrétaire avait été contrainte de quitter son poste après avoir mangé une boulette de viande lors d'une réception avec des clients. Enfin, en février, un tribunal avait confirmé le licenciement d'une caissière d'un supermarché berlinois après trente et un ans d'ancienneté, pour avoir encaissé à son profit deux bons de retour de consigne pour des bouteilles, d'une valeur de 1,30 euro.
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Sur le même sujet
Les faits La justice allemande rouvre le dossier d'un demandeur d'asile mort en garde à vue

En légitimant, mardi 29 décembre 2009, ces licenciements, Ingrid Schmidt, la présidente de la Cour fédérale du travail, est devenue la bête noire de tous ceux qui prétendent, outre-Rhin, défendre les intérêts des salariés. Dans un entretien pour le quotidien libéral Süddeutsche Zeitung, elle a en effet déclaré qu'"il n'y a pas de délits mineurs", et que le comportement de ces salariés témoigne d'un "manque de bonnes manières".

"Vision paternaliste"

"Aucune indulgence pour les salariés voleurs chez la juge la plus sévère d'Allemagne !", s'est écrié le tabloïd Bild. "Un juge dénué de clémence", a renchéri le quotidien régional Kölner Stadt-Anzeiger.

Les réactions politiques ne sont pas moins vives : "Ces propos témoignent d'une vision très ringarde et paternaliste du monde du travail", a pesté le député Vert Jerzy Montag. Gesine Lötzsch, députée de Die Linke (gauche radicale), a accusé la juge de ne pas "être dans la réalité". Son parti n'a pas manqué de faire la comparaison avec les patrons qui ont ruiné les entreprises et ont été "congédiés avec une prime de plusieurs millions d'euros".

Cette polémique est plutôt bienvenue pour le Parti social-démocrate (SPD), renvoyé sur les bancs de l'opposition depuis la fin du mois de septembre et qui souhaite présenter en janvier un projet de loi afin d'interdire les licenciements pour les délits minimes. Le SPD n'a pas intérêt à abandonner ce terrain aux syndicats, qui accusent les entreprises d'utiliser le moindre prétexte en période de crise pour se séparer de leurs salariés. Le gouvernement de centre droit, qui réunit les unions chrétiennes CDU-CSU et les libéraux du FDP, n'a pas l'intention de soutenir cette initiative. "C'est du pur "actionnisme"", fustige Johannes Vogel, un député libéral (FDP).

"Le SPD souhaite renforcer son profil de parti des salariés", raille Gregor Thüsing, le directeur de l'Institut du droit du travail à l'université de Bonn. M. Thüsing craint qu'une telle loi ne crée davantage de problèmes qu'elle n'en résolve.

D'autant que, selon cet expert, la législation sur le licenciement est suffisamment vague pour permettre aux cours de justice de statuer librement.

Cécile Calla (Berlin, correspondante)
Capitalismo delenda est
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar SOLIDARITE » Jeudi 14 Jan 2010 1:53

CAMPAGNE DE SOLIDARITE AVEC LES TRAVAILLEURS DU CINEMA BABYLON DE BERLIN !



http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=1763

*Rappel des faits :*

Le Cinéma Babylon est un cinéma "engagé", qui passent des films "concernés qui font réfléchir". Pour cela il touche des subventions de la Mairie de Berlin (alliance SPD (Sociaux-démocrates, PS en France) et Die Linke - PCF / Parti de Gauche ici).

Mais cela n’empêche pas le patron du cinéma, lui même lié à Die Link d’exploiter ses salariés comme la pire des crapules capitalistes (par exemples les salaires horaires sont entre 5 euros 50 et 8 euros brut ...)

Des salariés ont décidé de ne pas se laisser faire et d’entrer en lutte. Ils ont pris contact avec le groupe de Berlin de la FAU (section en Allemagne de l’AIT, l’internationale anarchosyndicaliste), et de façon autonome ont commencé à entamer un processus de lutte pour ne plus se laisser faire.

*

Ils ont notamment organisé des campagnes de boycott du cinéma, qui n’ont pas été du goût de la direction. Celle ci a utilisé tous les moyens contre les lutteurs : les pressions et intimidations en tout genre. Ils ont été jusqu’à organiser une réunion avec d’anciens militants syndicalistes révolutionnaires pour essayer de discréditer la lutte qui se menait alors dans le cinéma (ceux qui ont de la mémoire se souviendront que les ex-salariés en lutte du cinéma Utopia de Toulouse, avec l’appui de la CNT-AIT, avaient du faire face aux mêmes manoeuvres, la direction recevant l’appui tacite de groupuscules gauchistes venus organiser un débat politiques dans le cinéma, rompant ainsi le boycott auquel appelaient les ex salariés en lutte. Depuis, le patron d’Utopia a été condamné intégralement par les prud’hommes, qui ont de fait reconnus la validité de la lutte menée).

Mais les manoeuvres patronales n’ont pas entamé la détermination des lutteurs. La direction a donc porté l’affaire devant une cours Allemande, demandant l’interdiction de fait du syndicat. Ce qu’elle a obtenu facilement. Il faut dire que la FAU-AIT n’était pas informée de la procédure, que le jugement a donc eu lieu en son absence ! Bel exemple de "justice" expéditive ... dont le dernier exemple remontait en 1933, quand les nationaux socialistes arrivés au pouvoir interdisaient la FAU en Allemagne.

Pendant ce temps, les partis politiques et le syndicat institutionnel DGB / Ver.di ne sont pas restés inactifs : ils ont négociés et signés - en ce qui concerne Ver.di - un accord de compromis avec la direction et ce bien qu’aucun des salariés du cinéma ne soit syndiqué à Ver.di ! Il faut dire que Ver.di, syndicat intégré, voit d’un très mauvais oeil toute velléité d’auto organisation des travailleurs en dehors de sa tutelle.

Au-delà de la FAU-AIT, c’est toute organisation autonome des travailleurs, sur les bases qu’ils se donnent eux même librement, en totale indépendance, qui est de fait interdite. Cet arrêt ouvre la porte à la criminalisation d’éventuels mouvements sociaux qui pourraient survenir en cas de réaction populaire contre la crise. Suite à cette décision judiciaire, le patron lui-même peut non seulement choisir le syndicat dans son entreprise, mais aussi définir ce qu’est même un syndicat ! L’auto-organisation des travailleurs, dans le cinéma Babylon à Berlin ou ailleurs, est rendu illégale et l’institutionnalisation de la mise sous tutelle de la classe ouvrière progresse. Le syndicat DGB Ver.di et Die Linke portent une lourde responsabilité dans cet arrêt, avec son intervention hostile, contraire à toute solidarité ouvrière. Hostilité volontaire, Ver.di ayant déjà déclaré par écrit qu’il considère la FAU Berlin comme une organisation concurrente contre laquelle on doit agir

Mais cette situation n’est spécifiquement allemande : ce qui arrive aujourd’hui à nos compagnons en Allemagne, c’est aussi ce qui se passe aujourd’hui ici en France, où toute volonté de dépassement de l’immobilisme syndical est systématiquement entravé par les directions syndicales, voire même cassé et criminalisé si la résistance est plus forte.

Ainsi la lutte de nos compagnons nous concerne t elle au premier plan !

*Situation judiciaire*

L’appel interjeté par nos compagnons a été rejeté, et l’injonction contre la FAU lui interdisant de s’auto-designer comme syndicat a été confirmé le 6 janvier dernier. Du côté judiciaire les compagnons vont porter le cas devant la court consitutionnelle fédéral, car il s’agit clairement d’une attaque contre une liberté de base, la liberté d’association de travailleurs pour s’organiser comme ils l’entendent, en pleine autonomie, pour faire valoir leurs intérêts.

A noter qu’en Allemagne, la notion de justice de classe a une signification très concrète et pesante : non content d’interdire l’auto-organisation des travailleurs, les tribunaux allemands (cette fois ci la Cour fédérale du travail,) ont confirmé la validité des licenciements pour faits mineurs : en octobre 2009, une aide-soignante employée dans une maison de retraite renvoyée après qu’elle eut voulu emporter les restes du repas d’un patient ; en juillet, une secrétaire contrainte de quitter son poste après avoir mangé une boulette de viande lors d’une réception avec des clients. Enfin, en février, un tribunal avait confirmé le licenciement d’une caissière d’un supermarché berlinois après trente et un ans d’ancienneté, pour avoir encaissé à son profit deux bons de retour de consigne pour des bouteilles, d’une valeur de 1,30 euro...

*Actions de solidarité*

La campagne de mails et de courrier à la direction du syndicat et aux instances judiciaires allemande bât son plein. Vous trouverez sur le site http://fau.zsp.net.pl/send-a-protest-to ... emailpage/ un modèle de lettre en allemand que vous pouvez utilisez, mais vous pouvez bien sûr envoyer selon votre propre inspiration. Les contacts postaux, fax mails à qui les envoyer y sont également indiqués.

En Espagne, les compagnons de la CNT AIT ont organisé des rassemblements devant des institutions allemandes à Madrid, Vigo, Ténérife, et Saragosse (p.ex. http://graficas.cnt.es/new249.html). Les compagnons de la nouvelle section polonaise ont également organisé un rassemblement à Poznan. (http://www.ozzip.pl/serwis-informacyjny ... bronie-fau)

A Paris, des compagnons du Syndicat Interco Paris-Nord ont distribué le 10 janvier le tract ci dessous aux participants du meeting de lancement des régionales du "front de gauche". En effet, le parti Die Linke est lié au Parti de gauche et autres composantes de ce conglomérat. Nous avons donc voulu nous adresser à leurs militants et sympathisants, au delà des divergences politiques fondamentales qui nous caractérisent, de façon tout d’abord à les informer de la situation, et ensuite pour que ceux qui ne renient pas complètement la notions de lutte des classes interpelle Die Linke sur cette question politique lourde de conséquence.

Voici ce que nous ont écrit les compagnons de Berlin à propos de cette action :

/"Chers compagnons,/

/Merci pour votre soutien ! nous avons mis un petit compte rendu rapide sur notre site http://www.fau.org/artikel/art_091220-084758 ./

/Votre protestation peut avoir été utile pour une raison que ni vous ni nous ne savions avant. des compagnons ont distribué hier et avant hier des tracts à la conférence annuelle Rosa Luxembourg.
/

/Il s’agit d’une relativement grande conférence ouverte pour la gauche au sens large, mais organisée par la Fondation Rosa Luxemburg, du partie de Gauche Die Linke. Parmi les conférences, il y avait un débat sur "quel syndicalisme pour le 21ème siècle". L’une des intervenantes (elle travaile pour la fondation) a fait référence à notre tract et a déclarée qu’elle soutenait les travailleurs du cinéma Babylon, même si ce n’était pas au nom ed la fondation [mais en son nom propre]. Elle a reçu beaucoup d’applaudissement pour sa déclaration. Je pense que ce la fera donc deux fois que les dirigeants du Parti de Gauche à Berlin seront dérangés par des protestations contre leur politique envers le conflit à Babylon :-)/

/Merci beaucoup !/

/R"/




Avec les régionales qui s’annoncent, les militants de La Gauche vont de nouveau arpenter nos marchés et nos cages d’escaliers. Nous invitons tous ceux qui partagent le combat de nos compagnons de la FAU-AIT à les interpeller, par exemple avec le texte ci dessous. (qui peut également être téléchargé ici : http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=1763 )

La solidarité continue ...

/Des militants de la CNT AIT Paris Nord/

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/Lettre ouverte aux militants du « Parti de Gauche » et à tous ceux pour qui les notions de lutte de classe et de solidarité ouvrière ont encore un sens ... /



Un syndicat ouvrier interdit en Allemagne une première depuis 1933
... avec le soutient de DieLinke (« la Gauche ») en plus !


La FAU-AIT (Freie Arbeiterinnen- und Arbeiter Union, union libre des travailleuses et des travailleurs) est une petite organisation ouvrière allemande, la section outre Rhin de l’Association Internationale des Travailleurs (AIT). Elle essaie de promouvoir un mode d’organisation autonome des travailleurs, renouant ainsi avec le syndicalisme originel, sans permanent ni représentants élus. A l’intégration dans les organismes paritaires qu’elle refuse, elle privilégie l’organisation collective des travailleurs en assemblée générale, et l’action directe (c’est-à-dire sans intermédiaire) plutôt que le compromis de classe. En un mot, elle essaie de promouvoir et pratiquer l’anarchosyndicalisme.

Depuis le mois de juin 2009, un groupe de travailleurs affiliés à la FAU-AIT mène une lutte dans un cinéma de Berlin, le cinéma Babylon. Les revendications sont malheureusement des plus courantes dans le mode d’exploitation capitaliste : horaires en hausses, salaires en berne, relations de travail déplorables, précarité généralisée. Toutefois, trois éléments ont donné à cette lutte une originalité qui attire l’attention :

• d’une part l’employeur n’est pas un employeur ordinaire. Il s’agit de patrons qui se disent de Gauche, un des deux propriétaires est même lié au partie Die Linke, le Parti de gauche allemand. Ils se veulent engagés en diffusant des films politiques (ce qui ne les empêche pas de verser des salaires horaires de 5 euros 50 - bruts ! - à leurs employés !). Pour cela, ils touchent des subventions de la Mairie de Berlin, dirigée par une coalition SPD (sociale-démocrate) et Die Linke. Le cinéma Babylon fait partie du paysage de la bonne conscience de l’intelligentsia de gauche Berlinoise, à qui ce conflit social vient rappeler que la lutte de classes signifie qu’il y a un antagonisme irréconciliable entre les propriétaires des moyens de production (les patron du cinéma ici en l’occurrence) et leurs salariés, qui n’ont que leur force de travail à vendre.

• D’autre part, le mode de fonctionnement autonome des travailleurs du cinéma, qui s’auto-organisent en dehors du sacro-saint syndicat unique DGB/Ver.Di. sonne comme un coup de tonnerre en ces temps de crise. En effet, pour les bureaucraties syndicales qui jouissent des avantages matériels de leur situation de monopole (subventions via la formation, permanents, etc ...) il ne faudrait pas que les travailleurs s’avisent de s’organiser par eux même, en dehors du cadre établi de la concertation pacifiée patron-syndicat. Le syndicat Ver.Di, bien qu’il ne dispose d’aucun adhérent dans le cinéma s’est donc empressé de signer un accord avec la direction pour briser la lutte engagée, et ce avec la bienveillance de la municipalité et du parti Die Linke.

• Enfin les modes d’action innovants de ce conflit social, s’appuyant sur un boycottage très efficace (car mené sur la durée) pour gagner sur des revendications amples et innovantes, avec une participation, inhabituelle pour le syndicalisme allemand, des salariés eux-mêmes : tout cela a impressionné largement le public. Voila qui change des journées d’action sans lendemain, du corporatisme de métier et des trajets rituels pour épuiser les forces de la combativité des travailleurs.

Quand la pression a atteint un niveau tel que la direction ne pouvait plus éviter les négociations, ce ne sont pas seulement la municipalité SPD/Die Linke, mais aussi le syndicat Ver.di qui sont intervenus. Bien que celui-ci ne dispose pas d’une base syndicale dans l’entreprise, Ver.di a entamé des négociations avec la direction sans y être mandaté par les travailleurs. Malgré son indignation, le personnel concerné n’a pas été impliqué. Il est clair qu’un marché entre le syndicat Ver.di, la municipalité et la direction est à l’origine de ces négociations afin de débarquer la FAU-AIT et de rétablir le calme dans la boîte.

Mais les salariés et la FAU ne s’étant pas résignés, il s’est suivi plusieurs « coups de matraque » judiciaires et une campagne de Ver.di contre la FAU-AIT. Ainsi, les modes d’actions de ce conflit social, comme le boycottage, ont été proscrits par un tribunal. Mais la FAU-AIT ne reculant toujours pas, cela a mené à un arrêt le 11 décembre dernier du tribunal des prudhommes de Berlin, qui interdit à la FAU-AIT de se désigner comme syndicat ou syndicat de base, et de fait lui interdit d’avoir toute activité syndicale. Cet arrêt, prononcé sans audience contradictoire et donc en l’absence de la FAU-AIT qui n’était même pas informée de l’action judiciaire lancée par les patrons, précise même que toute infraction par un de ses membres l’expose à une amende de 250 000 euros (deux cent cinquante mille euros), ou le cas échéant à l’emprisonnement du secrétaire, si elle poursuivait ses actions syndicales. La FAU-AIT peut être considérée comme un syndicat interdit à Berlin. C’est la seconde fois de son histoire, la précédente avait eu lieu en 1933, après l’accession par la voie légale des nationaux-socialistes au Pouvoir.

Ce conflit social est pourtant bien modeste. Qu’est ce qui justifie un tel empressement du Pouvoir et de ses alliés à chercher à l’étouffer dans l’œuf ? C’est qu’il montre pour la première fois en RFA qu’il existe une alternative ouvrière au paritarisme et au dialogue social de la DGB. Visiblement ceci ne peut pas être toléré par les syndicats établis et les partis politiques qui craignent évidemment la contagion de cet exemple.

Au-delà de la FAU-AIT, c’est toute organisation autonome des travailleurs, sur les bases qu’ils se donnent eux même librement, en totale indépendance, qui est de fait interdite. Cet arrêt ouvre la porte à la criminalisation d’éventuels mouvements sociaux qui pourraient survenir en cas de réaction populaire contre la crise. Suite à cette décision judiciaire, le patron lui-même peut non seulement choisir le syndicat dans son entreprise, mais aussi définir ce qu’est même un syndicat ! L’auto-organisation des travailleurs, dans le cinéma Babylon à Berlin ou ailleurs, est rendu illégale et l’institutionnalisation de la mise sous tutelle de la classe ouvrière progresse. Le syndicat DGB Ver.di porte une lourde responsabilité dans cet arrêt, avec son intervention hostile, contraire à toute solidarité ouvrière. Hostilité volontaire, Ver.di ayant déjà déclaré par écrit qu’il considère la FAU Berlin comme une organisation concurrente contre laquelle on doit agir !


UN APPEL A LA SOLIDARITE DE CLASSE INTERNATIONALISTE !

C’est précisément au nom de cette solidarité, ouvrière et internationaliste, que nous nous adressons aujourd’hui à vous, militants et sympathisants du Parti de Gauche en France. Bien sûr, votre parti et les anarchosyndicalistes nous avons de nombreuses divergences politiques fondamentales, notamment sur la question du parlementarisme ou encore de l’État. Cependant nous voulons croire que pour un certain nombre d’entre vous, les notions de lutte de classe, et d’organisation indépendante des travailleurs ont encore une signification. Et que la liberté d’association et d’organisation des travailleurs est un droit fondamental à faire respecter par les patrons.

C’est pourquoi nous vous appelons à faire pression sur le ppropiétaires des cinémas Babylon pour exiger le rétablissement de la liberté d’association des travailleurs pour défendre leurs droits et leur dignité, selon le mode qu’ils auront décidé collectivement. Pour ce faire, vous pouvez envoyer un fax de protestation et de soutien des travailleurs à la direction du cinéma (fax : +49 - (0)30 - 24727-800 ) ainsi qu’à l’ambassadeur d’Allemagne à Paris (13/15, avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris.). Vous pouvez également consulter le site de solidarité (http://www.fau.org/verbot/) où vous trouverez des modèles de courrier en allemand, et les informations à jour.

Mais nous invitons également ceux d’entre vous qui considèrent que la lutte pour la liberté d’union ouvrière mérite d’être soutenue à intervenir auprès de vos homologues allemands de Die Linke pour protester contre leur choix d’appuyer les patrons et non les salariés dans le conflit au cinéma Babylon, et d’exiger que Die Link refuse l’attribution de subventions à une entreprise certes culturelle mais qui surtout use et abuse de la précarité des salariés.

*L’union fait la force, la solidarité est notre arme !*

/ *« Celui qui se bat peut perdre, celui qui ne se bat pas à déjà tout perdu. »* /

*Bertholt Brecht*


Pour envoyer un message de protestation à Die Linke Berlin : Die Linke, Landesverband Berlin - Landesvorstand Kleine Alexanderstraße 28, 10178 Berlin Télephone : +49 30 24 00 93 01 ; Fax : +49 30 24 00 92 60 ; E-Mail : info@die-linke-berlin.de <mailto:info@die-linke-berlin.de>

*CNT-AIT (section française de l’Association Internationale des Travailleurs)*

Adresse postale : CNT AIT 108 rue Damrémont 75018 PARIS

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Rassemblement de protestation en solidarité avec le FAU Berl

Messagepar manouche du soir » Samedi 16 Jan 2010 16:32

Vendredi 29 Janvier 2010 à 10h
À la représentation Berlinoise à l'UE
Avenue Michel-Ange 71
1000 Bruxelles

http://www.cemab.be/news/2010/01/8388.php
If I can't dance, I don't want to be in your revolution Emma Goldman
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar Paul Anton » Dimanche 31 Jan 2010 16:22

Acto en Granada por el reconocimiento de los derechos sindicales en Alemania a la FAU
Vie, 29/01/2010 - 20:49 — FL-Granada A.I.TAnarcosindicalismoGranada.El viernes 29 de Enero a las 12 del mediodía compañeros de la CNT-AIT de Granada colocaron un puesto informativo para explicar la situación que viven los trabajadores de la FAU en Alemania tras su ilegalización como sindicato a raíz del conflicto con los Cines Babylon.

La efectividad sindical de la FAU y la fuerza del boikot que se sometió al cine, hizo que mediaran las esferas políticas y de sindicatos amarillos sin presencia en la empresa pero decididos a negociar el convenio sin los trabajadores, al mismo tiempo que la gerencia de los cines demandaban varias veces a la organización anarcosindicalista.

La empresa, impotente, vio cómo afortunadamente los partidos políticos, el sindicato amarillo Ver.di, y las autoridades berlinesas llegaron a un acuerdo tácito de aplastar a la FAU.Finalmente, en Diciembre un juzgado ha prohibido a la FAU no sólo pedir el boikot, negociar el convenio y acciones contra la empresa, sino incluso la denominación como sindicato y por ello su renuncia a los derechos sindicales.

Evidentemente, esto es un lastre para los trabajadores del cine Babylon, pero su extensión jurídica en Alemania sienta un precedente nefasto para toda la clase trabajadora alemana, y en una crisis económica generalizada por todo el mundo, un ejemplo de cómo las autoridades van a solucionar las reclamaciones de los sectores sociales más afectados por la crisis: por la represión y el cállate.

La dura represión y la negación de sus más básicos derechos a la FAU es una cuestión que nos afecta a todos los trabajadores del mundo, porque será el modelo a seguir para solucionar los problemas que van a surgir en esta crisis que sufrimos unos más que otros, y esos otros son los que están en el poder y con recursos. Debemos frenar ese precedente y dar un paso adelante para reivindicar nuestros derechos y la defensa de nuestros intereses como clase ante un ataque tan arbitrario y soez por las autoridades berlinesas.

Durante el acto de información se sacó una pancarta para hacer más visible el puesto y numerosas personas se interesaron por el conflicto, que a pesar de ocurrir en otro país, resulta preocupante por una injusticia tan soez practicado en un país como Alemania, y porque es evidente que será el modelo a seguir por las autoridades europeas y americanas a la hora de zanjar conflictos y crisis.

En apenas una hora se repartieron los 1.200 panfletos del que disponíamos, y se seguirá informando sobre el gran problema que sufren nuestros compañeros de la FAU hasta que se rectifique la sentencia de Diciembre que ilegaliza a la FAU y se escuche las reclamaciones de los trabajadores.

SOLIDARIDAD CON LOS TRABAJADORES DE LA FAU

BASTA DE REPRESIÓN SINDICAL

VIVA LA LUCHA DE LA CLASE TRABAJADORA

http://www.cnt.es/node/1721

Crónica de la concentración ante el Consulado Alemán en Bilbao
Dom, 31/01/2010 - 08:53 — CNT-AIT A.I.TAnarcosindicalismoBilbao.Concentración FAU-AITTras los recientes ataques a la libertad sindical en Alemania los compañeros de la FAU-AIT han convocado unas jornadas de protesta los días 29/30 de Enero 2010. Desde CNT Bizkaia hemos querido hacernos eco de este llamamiento.

El 29 de Enero, a las 12 de la mañana CNT Bizkaia se concentró en la Calle San Vicente, 8 (Edificio Albia), donde en la planta 13 dpto. 3, tiene su sede el Consulado de Alemania. Concentrados en la puerta de dicho edificio hemos repartido octavillas informativas. Nos hemos personado en las oficinas del Consulado alemán para hacer entrega de un escrito de protesta.

El trasfondo es que éste sindicato anarquista fue ilegalizado hace poco a causa de un duro conflicto laboral, en el que los trabajadores organizados en él, simplemente pedían un nuevo convenio laboral y dignidad como trabajadores. En una sentencia a favor de otro sindicato amarillo, vendido al Estado, llamado Ver.di, se declaró también que la F.A.U. de Berlín ya no puede hacerse llamar “SINDICATO” o “SINDICATO DE BASE”. Esta sentencia es a nivel estatal, y si los miembros de la F.A.U. osaran hacerse llamar de tal manera, caerían sobre ellos multas de cientos de miles de euros y hasta penas de prisión.

Nosotros creemos, que es cosa de los trabajadores definir lo que es un sindicato, no de la “justicia” del Estado. Es de destacar también que la juez que ordenó ésta sentencia, comparable solamente con la de un régimen totalitario, es también miembro de Ver.di. Todo apunta a una sucia maniobra del Estado Alemán para acabar con el creciente anarcosindicalimo de la F.A.U.

Sin embargo, como miembros de una organización internacional, la Asociación Internacional de Trabajadores (A.I.T.), nos vemos obligados en nuestros respectivos países a mostrar nuestro más profundo rechazo hacia las prácticas antisindicales de los Estados, en éste caso del Estado Alemán. Nos han ilegalizado y perseguido una y otra vez a lo largo de la historia por NO funcionar como ellos quisieran: pues NO tenemos ni liberados sindicales vendidos, NO recibimos subvenciones del Estado y NO nos presentamos a esa gran farsa de las Elecciones Sindicales. Nuestras armas son la SOLIDARIDAD, APOYO MÚTUO y ACCIÓN DIRECTA.

¡POR LA LIBERTAD SINDICAL EN ALEMANIA! ¡ORGANÍZATE Y LUCHA!

CNT Bilbao

http://www.cnt.es/node/1724
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar Paul Anton » Dimanche 31 Jan 2010 16:25

No a la pérdida de libertad sindical
Dom, 31/01/2010 - 08:56 — CNT-AIT A.I.TAnarcosindicalismoZamora.Desde el 5 de enero queda prohibida judicialmente la labor sindical de la organización obrera FAU en Alemania. La sentencia crea un hito, pues recorta derechos sindicales básicos en dicho país como no sucedía desde la dictadura de Hitler. En un procedimiento judicial en el cual el sindicato alemán no tuvo posibilidad alguna de defensa.

Esta asociación es muy similar a lo que es la CNT en España: no cobra subvenciones del gobierno, no tiene liberados, no es instrumento de ningún partido político y es asamblearia. Además en la actualidad participa en luchas obreras de mucha importancia, en las cuales los trabajadores se verán perjudicados al tener que actuar a partir de ahora “al margen de la ley” tras esta totalitaria decisión de ilegalizar su sindicato.

Lamentablemente, este no es un suceso aislado, pues se enmarca en una persecución internacional contra el sindicalismo revolucionario; así hace unos meses fueron injustificadamente encarcelados en Belgrado, 6 anarcosindicalistas de la Asociación Internacional de Trabajadores (A.I.T.).

Asistimos al amparo de la crisis y del aumento de las desigualdades sociales, a la pérdida de una serie de libertades de expresión y de asociación, que se hace presente cada vez más en todos los lugares. Por ejemplo en Zamora ponen mil trabas para ejercer formas de información laboral como: pegada de carteles, manifestaciones o hasta el reparto de panfletos; que pueden verse acrecentadas con la pretendida aprobación de normativas represivas como la impopular “ordenanza cívica” o la videovigilancia en el casco antiguo.

Desde la CNT-AIT de Zamora nos solidarizamos activamente con los represaliados en Alemania y en Serbia. Y promovemos un sindicalismo donde se busque el beneficio para los trabajadores, plantando cara a las injusticias creadas por la patronal y el Gobierno.

NO MÁS REPRESIÓN SINDICAL Y SOCIAL. ES IMPOSIBLE ILEGALIZAR LA SOLIDARIDAD.

CNT-AIT de Zamora

http://www.cnt.es/node/1725
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar SOLIDARITE » Mardi 23 Fév 2010 0:22

ET L’OURS D’OR DU PLUS VILAIN CAPITALISTE VA A ... KINO BABYLON

http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=1777

Une manifestation pour la liberté d’association a accompagné la cérémonie de remise des Ours d’or de la Berlinale

Ce samedi 20 février quelques 600 personnes (dont des compagnons qui avaient fait le trajet depuis la Pologne) ont marché en solidarité à travers Berlin pour une plus grande liberté syndicale en Allemagne. Le groupe local de la FAU-AIT de Berlin avait appelé à cette manifestation pour protester contre le verdict d’une cour de Berlin leur interdisant d’utiliser - pour parler d’eux même - la référence de syndicat. Un autre verdict prononcé ce 16 février avait de plus rappelé l’interdiction légale des actions de boycott contre le cinéma Babylon Kino.

Il s’agit d’une nouvelle étape dans le conflit qui oppose depuis un an les travailleurs à la direction du Babylon Mitte Cinema, qui est l’une des salles de projection du festival de Berlin, la Berlinale.

Des membres de différents mouvements sociaux avaient rejoints la manifestation notamment des antifascistes radicaux et des syndicalistes de gauche. Dans son discours, la Dr. Renate Hürtgen du Comité pour les libertés syndicales a indiqué que plus de la moitié des associations syndicales dans les autres pays européens seraient interdites si on leur appliquait les critères légaux allemands.

"Il s’agit d’une attaque contre la liberté d’association des travailleurs et donc concerne tous les travailleurs. Nous sommes heureux de voir que le débat sur le droit de former librement des syndicats en Allemagne ait atteint une telle audience, Il ne s’agit que du début d’une lutte qui concerne les principes basiques de la réglementation laborale, et nous nous battrons jusqu’au bout" a ajouté Lars Röhm, secrétaire de la FAU-AIT Berlin.

FAU-AIT Berlin

(Traduction : CNT-AIT Paris)

Sur les banderoles on peut lire des slogans tels que "l’interdiction des syndicats, une tradition allemande",

ou encore "l’ours d’or du vilain capitaliste le plus convainquant va à ... Kino Babylon".


Plus de Photos de la manifestation ici : http://ccphoto.de/?p=200

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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar SOLIDARITE » Mardi 23 Fév 2010 0:25

Tract diffusé à Paris en marge d'une projection du film "La révolte des cinéastes" par l'Institut Goethe de Paris, en hommage à la 60ème Berlinale :

Tract diffusé en solidarité avec la lutte des travailleurs du cinéma Bablylon Mitte de Berlin , à la projection du film "La révolte des cinéastes" organisée par le Goethe Institut de Paris et ARTE pour célébrer les 60 ans de la Berlinale.

Si vous souhaitez diffuser ce texte auprès des instituts Goethe de votre région, vous pouvez télécharger le pdf à la fin du texte.

L’union fait la force, la solidarité est notre arme !
LA REVOLTE DES TRAVAILLEURS DES CINEMAS

Il est courant de parler de « la magie du 7ème art ». Pourtant, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce ne sont pas des petits lutins qui gentiment font tourner les bobines pour vous permettre de profiter de la dernière séance. Si vous pouvez voir des films c’est parce que dans les cabines de projection, derrières les caisses, dans les travées pour ramasser les papiers après la séance, il y a des femmes, des hommes ... des SALARIES !

Et oui, au risque de casser le rêve, le cinéma est une industrie comme les autres. Et qui dit industrie dit argent, profit, bénéfices. Or ce n’est un secret pour personne : dans toute industrie, la meilleure façon de maximaliser les profits c’est encore de présurer les salariés. L’industrie du cinéma, de la réalisation à la projection, ne déroge pas à la règle : intermittents, pigistes ou CDD, c’est précarité à tous les étages ! Oh certes, certains vont répondre qu’il ya aussi un artisanat dans cette industrie, qui vit chichement, et essentiellement de subventions publiques. Justement ; on serait en droit d’attendre de ces entreprises qu’elles soient exemplaires en matière sociale. Hélas c’est rarement le cas. On a déjà eu le cas des cinémas ABC, Carmes ou Utopia en France.

Prenez l’exemple du Cinéma Babylon de Berlin : voilà un cinéma d’art et d’essai tout ce qu’il y a de « branché et engagé ». Il est bien connu des berlinois et héberge d’ailleurs une section de la Berlinale. Son directeur est un homme au dessus de tout soupçon : patron-citoyen, membre du parti De gauche (Die linke), qui projette des films « engagés et sociaux », et qui pour cela reçoit des subventions de gauche (de la mairie SPD-Die Linke). Sauf que c’est juste bon pour le décor ! Dans son entreprise, les salariés sont payés entre 5 euros50 et 8 euros bruts de l’heure, les heures sup ne sont pas payées, le travail le week-end n’est pas considéré, etc ... Business über alles !
KINO BABLYLON BERLIN, OU LE RETOUR DES REVOLTES DU BOUNTY !

A l’été 2009, les travailleurs du cinéma Babylon, ont décidé de réécrire le scénario, mais cette fois sans suivre le script du patron-citoyen. De simples figurants, ils sont devenus acteurs de leur lutte en s’auto-organisant par et pour eux-même. La parole étant redonnée à la créativité individuelle et collective, ils ont alors décidé d’utiliser des modes d’action innovants, s’appuyant sur un boycottage très efficace (car mené sur la durée) pour gagner sur des revendications amples. Le tout avec une participation des salariés eux-mêmes, chose inconnue au pays du syndicalisme institutionnel et paritaire. Tout cela a impressionné largement le public berlinois. Voila qui change des journées d’action sans lendemain, du corporatisme de métier et des trajets rituels pour épuiser la combativité des travailleurs.
(Image JPEG)

Bien sur tout cela n’est pas du goût du patron-citoyen. Bénéficiant de l’appui du parti Die Linke et du syndicat monopolistique ver.di, le patron a multiplié les tracasseries administrativo-juridique pour essayer - sans succès - de casser le mouvement de rébellion. Dernière en date : il vient d’obtenir d’un tribunal l’interdiction du petit syndicat FAU-AIT [1] dans lequel se sont regroupés les travailleurs en lutte. Sous peine d’amende de 250 000 euros ou d’emprisonnement !!!

C’est la seconde fois dans son histoire que la FAU-AIT, née en 1920 dans les sursauts révolutionnaires, se fait interdire. La fois précédente c’était en 1933, après l’accession des nationaux-socialistes au pouvoir...
POUR LA PREMIERE FOIS DEPUIS 1933, UN SYNDICAT OUVRIER INTERDIT EN ALLEMAGNE ET AVEC L’APPUI DE LA GAUCHE EN PLUS ! LA LIBERTE D’ASSOCIATION EN DANGER !

Ce conflit social est pourtant bien modeste. Au-delà de la FAU-AIT, c’est toute organisation autonome des travailleurs, sur les bases qu’ils se donnent eux même librement, en totale indépendance, qui est de fait interdite. Cet arrêt ouvre la porte à la criminalisation d’éventuels mouvements sociaux qui pourraient survenir en cas de réaction populaire contre la crise.

Pour nous ce qui fait sens dans le cinéma ce n’est pas seulement les images qui sont projetées, mais la façon dont elles le sont. L’organisation du travail d’une équipe dans le domaine du spectacle produit autant de sens que le spectacle lui-même.

Si pour vous cette attaque contre un droit aussi fondamental que celui de la liberté d’association fait sens, vous pouvez envoyer des lettres aux organisateurs de la Berlinale pour leur demander de ne plus projeter de film dans le cinéma Babylon, tant que patron maintiendra son attitude : Berlin International Film Festival Potsdamer Straße 5 10785 Berlin allemagne TEL : +49 · 30 · 259 20 444 / info@berlinale.de

P.S

CNT-AIT (Section en France de l’Association Internationale des Travailleurs)

http://cnt-ait.info

contact@cnt-ait.info

Notes :

[1] Freie Arbeiterinnen- und Arbeiter Union, Union libre des travailleuses et des travailleurs, section allemande de l’Association Intrenationale des Travailleurs, de tendance anarchosyndicaliste
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar SOLIDARITE » Dimanche 14 Mar 2010 1:31

Des syndicalistes, juristes et chercheurs se lancent dans un débat lors de l’interdiction de fait du syndicat FAU Berlin

Située place Rosa Luxemburg à Berlin, juste en face du cinéma « Babylon », se trouve le théâtre « Volksbühne » (La scène populaire) (1). C’est dans ce cinéma qu’est mené, avec le soutien de la FAU et de façon acharnée, depuis un an, un conflit social. Dans le théâtre se retrouvèrent le 30 janvier 2010 des syndicalistes, juristes et chercheurs autour d’une table pour discuter des nouvelles formes du travail et de l’organisation collective. Le débat s’est fait suite à l’appel de la FAU Berlin qui se voit privé des ses droits syndicaux par un tribunal berlinois.

D’abord un petit aperçu en vidéo sous-titré en français ...

Débat « Nouvelles formes du travail et de l’organisation collective »

Déjà les exposés d’entrée mettaient en évidence que les participants du débat jugeaient très explosif cet incident unique dans l’histoire de la République fédérale. Dr. Renate Hürtgen, historienne et co-fondatrice de l’« Initiative pour des syndicats indépendants » en RDA en 1989, appelait à prendre très au sérieux cette affaire. Selon elle, l’attaque faite à la FAU Berlin concerne tout le mouvement syndical : « Il se déroule quelque chose qui représente un danger pour toute structure représentative – et il ne faut pas diminuer le poids de cette affaire-là. » Le politologue Jocher Gester, militant au Groupe de travail Internationalisme de la IG Metall Berlin, insistait sur le point que le caractère syndical de la FAU Berlin, lui, a été anéanti à cause d’un manque présupposé de capacité à signer des conventions (2). De son avis, la décision du tribunal vise à empêcher que la FAU puisse même développer une puissance et devienne représentative. « La façon dont on traite la FAU, cette dernière étant sans doute indépendante de l’adversaire et essaie de construire une sorte de syndicat, démontre que le tribunal ne cherche pas à protéger la liberté syndicale mais n’affiche que du mépris à son encontre. »

La thèse qui dit que les changements sociaux en cours rendent nécessaires de nouvelles formes de coalitions de salariés a été soutenue dans de nombreuses prises de parole. L’auteur et journaliste Willi Hajek expliquait : « Je comprendrais [l’affaire de] la FAU comme symbole, car il y a un grand besoin. Voilà ce que les gens ressentent : maintenant il s’agit de notre existence, et nous devons faire quelque chose. » Il reconnaît dans ce conflit au Babylon, une nouvelle caractéristique qui serait typique de notre époque. Une époque dans laquelle la majorité des contrats de travail se trouvent hors des conventions collectives. L’avocat Klaus Stähle qui représente la FAU auprès du tribunal, évoquait qu’en Allemagne une convention collective n’est plus en vigueur que pour 50% des salariés à l’ouest et 25% des salariés à l’est. Il y aurait là un espace qui devrait être remplie. De même Dr. Renate Hürtgen y voyait un vacuum tout récent ; ce qui s’est développé au cinéma Babylon suite à la défaillance – dans ce cas – du syndicat DGB ver.di. D’où la légitimité dont disposent les salariés de s’organiser à la base. Willi Hajek reprenait cette idée en indiquant que la société ne peut être changée que s’il y a des organisations qui soutiennent les gens à se prendre en mains eux-mêmes. Le politologue Prof. Dr. Bodo Zeuner à son tour insiste en soulignant le fait qu’une organisation effective ne peux pas se priver de la solidarité, cette dernière étant un composant essentiel. Il considère donc insuffisant la perspective de ne construire que des syndicats d’entreprise autonomes : « C’est problématique que la solidarité nécessite pour des raisons tant morales que d’intérêt, une extension au-delà des groupes de collègues isolés. D’où la question de comment en assurer la coordination ? C’est là qu’il faut une organisation. Il faut faire gaffe qu’elle ne se coupe pas de la base et se centralise, mais l’organisation en tant que telle est une partie intégrale de la solidarité. »

En Allemagne, jusqu’ici, une autre conception de ce qu’est un syndicat prévalait, c’est ce qu’évoquait Holger Marcks qui participait au débat au nom de la FAU. La centralisation du mouvement ouvrier aurait mené, par la canalisation des conflits dans des voies contrôlables, à l’instauration d’une discipline ouvrière. L’efficacité de ce modèle serait reconnu par le fait que des économistes comprennent depuis peu, mais expressément, les syndicats centralisés comme facteur de compétitivité pour l’économie allemande. Le Prof. Dr. Bodo Zeuner insistait également sur le fait que ce rôle d’une force de l’ordre ne devait pas être la tâche primordiale des syndicats : « C’est un enjeu valable pour lequel il faut lutter et se mobiliser – dans le terrain public mais aussi au niveau juridique – pour que le droit du travail allemand cesse à considérer le maintien de l’ordre comme but principal d’un syndicat idéal. » L’avocat Stähle y consent et confirme la nécessité d’action au niveau juridique. La lutte serait à mener contre les structures de pensée juridique établies.

Au cours du débat avec la bonne centaine de personnes présentes, c’étaient tant les participants que le public qui ont déclaré à plusieurs reprises que les différents syndicats ne devraient pas se considérer comme concurrents, mais devraient travailler ensemble. Ce qui est une pratique réelle et normale dans de nombreux pays. Jochen Gester proposait que tout le monde devrait s’apercevoir comme partie intégrale d’un seul mouvement syndical et qu’il ne fallait pas se borner à opposer les modèles respectifs du DGB et de la FAU. Renate Hürtgen consenti qu’il ne s’agissait pas de comparer ou d’opposer les différentes formes d’organisation. Le DGB ne devrait pas craindre la FAU ni essayer de la réprimer. Tous devraient avoir l’intérêt de voir la FAU acceptée – même dans leur propre intérêt. Bodo Zeuner souhaitait que le syndicat ver.di fasse une déclaration contre l’interdiction de fait de la FAU Berlin. Même si la FAU aurait choisi un autre modèle d’organisation, elle devrait être considérée comme syndicat.

À la fin du débat, le public proposait de fonder un Comité contre la criminalisation de la FAU. Cette idée a été reprise par plusieurs intervenants. Il a été décidé de perpétuer l’échange et de rédiger une déclaration berlinoise.

Source : Indymedia Germany
Traduction : GT Europe au SI de la CNT et CCS 44 CNT Vignoles

*) Le titre de « septicémie syndicale » fait allusion au non-mot de l’année qui est choisi – en parallèle avec le mot de l’année de la Société pour la langue allemande (Gesellschaft für deutsche Sprache, GfdS) – par un jury de philologues de l’Université Goethe à Francfort-sur-le-Main depuis 1994 pour inciter une réflexion linguistique critique. Pour l’année 2009, l’expression « septique du comité d’entreprise » (betriebsratsverseucht) a été attribué le titre du non-mot de l’année.

1) Tous les deux, le théâtre et le cinéma disposent d’une importante tradition, s’inscrivant à l’avant-garde moderne et du mouvement ouvrier (d’où le nom de la place). (N.d.trad.)

2) C’est que la décision prise est fondée sur l’hypothèse de la puissance manquante (en allem. : « Tarifmächtigkeit », c’est-à-dire la capacité d’établir des conventions, de forcer l’adversaire social), dans son rôle pour le syndicat ceci correspond à peu près à la représentativité en France ... La décision judiciaire empêche donc la FAU d’en faire preuve qu’elle peut forcer l’adversaire social concret. (N.d.trad.)
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Re: UNE PREMIERE DEPUIS 1933 ! LA FAU DECLAREE ILLEGALE !

Messagepar Lambros » Vendredi 11 Juin 2010 16:06

Hier, le 10 juin 2010, la Cours de cassation berlinoise a levée l’interdiction à la FAU Berlin de se nommer syndicat ou syndicat de base. Les juges ont souligné l’importance du droit fondamental de la liberté d’expression.

Après la décision : rassemblement devant le cinéma

En plus ils ont constaté que le cinéma Babylon ne peut prouver que l’activité de la FAU en son sein ait nuit à l’entreprise. Le fait de ne pas posséder suffisamment d’éléments pour prouver sa « capacité de négocier » n’interdit pas au syndicat d’apparaître comme tel dans l’entreprise. Plus loin, l’entreprise ne saurait interdire à la FAU de se désigner « syndicat » en dehors de l’entreprise ceci relevant du domaine de la liberté d’expression. En outre, le juge a exclu d’aller plus loin dans les instances. Lors du procès ont été présent des observateurs internationaux de la CNT française, la ZSP-AIT polonaise et la CNT-AIT espagnole.

Transposé à la situation française, on pourrait dire que la FAU n’a pas pu assembler les éléments pour obtenir le statut de « syndicat représentatif » dans l’entreprise, mais ne peut être interdite d’agir et d’apparaître comme organisation syndicale.

La FAU Berlin remercie tous les organisations et personnes qui à un moment ou à un autre ont envoyé messages de soutiens à la FAU et ont fait des actions de solidarité.
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