L'illusion coopérativiste

Les courants, les théoriciens, les actes...

Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar Denge » Lundi 02 Juin 2014 19:56

frigouret a écrit:Il faut la violence d'État pour exproprier partout dans le monde des personnes vivants sur un territoire au profit des géant de l'agriculture ou de l'industrie minière.


un "géant" était un "petit" auparavant, il a utilisé le marché pour devenir "grand", pour faire son profit, son bénéfice, son vol, il a accumulé des profits qui lui ont donné un capital pour obtenir plus de capitaux, le rendant indispensable, lui donnant un monopole, devenant archiste, imposant sa loi à la société. la violence du marché est suffisant pour voler/exproprier des personnes de leur vie partout dans le monde, et de créer des guerres. l'Etat n'est juste que la légalisation de la violence du marché. d'ailleurs "concurrence" contre "monopole" n'est juste qu'un autre nom pour "guerre" entre partisans du marché.
Tous les partisans du marché défendent, sous diverses formes, un État, celui qui est dans leur intérêt.
Dernière édition par Denge le Lundi 02 Juin 2014 21:11, édité 1 fois.
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar Denge » Lundi 02 Juin 2014 21:07

frigouret a écrit:planisme démocratique


la caricature est un procédé très courant.
je pense que tu manques de données sérieuses, je te propose de rechercher ce qu'est l'autoplanification.
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar frigouret » Mardi 03 Juin 2014 14:08

S'auroplanifie qui veut, et on ne peut demander a tout le monde de soumettre ses choix de consommation et de production a l'approbation d'un mécanisme majoritaire, l'organisation libre du travail n'impose pas le communisme, en anarchie du moins.
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar l autre » Mercredi 04 Juin 2014 10:54

Frigouret nous devons éviter la caricature . Le trotskisme et de lignée capitalisme d Etat et bolcho type centralisme démocratique; cela fut combattu par les anarchistes.

Le plan est lié a toutes activités économiques, touts les courants éco politique l utilisent, libérale,social démocratie; capitalisme d Etat, anarco-communisme; éco domestique etc. Le plan c est partir de certains éléments et fixer un projet selon certaines visées. Même le libéralisme fut il celui de la petite entreprise utilise le plan:comptable, d'investissement, d exploitation, c est dire si tout le monde a un plan. Pour marcher il faut des jambes si ont les suppriment point de marche; si on fait de l éco faut un plan pas de plan pas d éco. Le planisme versus anarco-communisme n est que la volonté et l intérêt générale. Pour le droit de l individu je te renvois au reposte ce jours rubrique l anarchosyndicalisme sujet qui sommes nous. Je redit que séparer, opposer, l individu du collectif est une aberration( l individualisme) qui finit a son extrême par la dictature de l individu et la négation même du dit principe. En effet individu et communauté sont insécable ils sont liés et se garantissent mutuellement. là encore comme macro et micro éco sont lier de même un et nous c est dialectique comme on dit.
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Messagepar frigouret » Mercredi 04 Juin 2014 15:07

C'est pas mon intention de caricaturer, je ne veux vexer personne en particulier, et je veux rester dans le débat d'idées. D'ailleurs prend aussi soin de ne pas réduire l'individualisme a un trait de caractère ou a un désire de solitude.

Bon Picard accepte une activité artisanale ( pourquoi résiduelle ? Moi j'en ferais bien la totalité de mes fournisseurs par exemple). Picard accepte l'autogestion de structures plus importantes , je suppose que dans les deux cas ( les artisans et les coop) il y a un fonctionnement libre , un marché.
Pour les "secteurs strategiques" qui devraient être " socialisés" ( les guillemets signifient que je ne suis pas au clair avec les concepts) j'aimerais avoir des exemples si cela vous parle plus qu'a moi.

Le salaire unique , permettrais de rester dans un contexte concurenciel sans avoir le défaut de la tentation d'être plus compétitif par la réduction de ceux-ci ( j'ai trouvé dans l'Encyclopédie anarchiste un article de Besnard sur le sujet.) .
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar frigouret » Jeudi 05 Juin 2014 7:09

La concurrence.

Picard dans son article dénonce la concurrence comme un mecanisme ayant pour effet de tirer les salaires vers le bas pour ameliorer la compétitivité des entreprises.
Cela ne peut ce nier, mais je pense que cette constatation ne reflète qu'une analyse partielle ( et partiale) du problème.
En contrepoint je cite une revendication présentée par Émile Armand dans sa collaboration a l'article individualisme de l'encyclopedie anarchiste.

" Toute liberté de concurrence entre les personnes et les associations, avec équilibre garanti au point de départ, de sorte que le producteur ne tombe pas au rang de manœuvre et que le consommateur ne soit pas contraint d'accepter une utilité de qualité inférieure."

Et c'est bien aussi un autre effet de la concurrence que de présenter un panel de produit au choix du consommateur et que de laisser au producteur l'occasion d'exprimer ses talents. La réserve que Armand emmet sur l'équilibre garanti au point de départ me conforte dans l'idée d'un communisme des ressources. En fait la concurrence loyale et non faussée prônée par le libéralisme ne peut se passer de ce genre de communisme pour être valide, paradoxe épineux.
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Messagepar l autre » Mardi 10 Juin 2014 15:59

je vois que tu lis bien les textes. ce qui n est pas encore résolu c est comment s articulent des formes résiduelles de capital privé type artisanal et une économie administré ... Les secteurs stratégique inclus sans doute les ressources fondamentales, mais sans doute des production clés pour l ensemble éco ( énergie, transport, R et D,) bref stratégique. C est le principe et son bon entendement que nous devons retenir pas un catalogue car nous savons qu il évolue selon le contexte et le milieu éco. Je vois que libre et non faussée te laisse perplexe dans ce cas le crédo libéral de la main invisible n est plus de mise. Je pense que nous devons pas confondre choix entre une pomme ou une poire et concurrence ( qui implique un coût ). Armant dit ce qui lui plait suis pas individualiste mais socialiste au sans révolutionnaire s entend. Si la valeur de la force de travail n est pas déterminé par la concurrence mais un accord contraire a cela c est tout la libéralisme qui et remit en cause. Reste si et comment est établie cette valeur.
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar frigouret » Mardi 10 Juin 2014 20:42

La main invisible du marché est un thème qui me motive actuellement. Je tâtonne et je ne peux livrer une pensée bien construite. Donc en vrac.

Le marché n'est il pas la forme de la démocratie directe ? Il y a de fortes analogies, ce sont des lieux, l'assemblèe et le marché ,de prises de décision, et le marché est matérialiste il avance dans une pratique , l'assemblèe est idéaliste.

Dans l'assemblèe democratique et dans le marchè il y a des options qui se confrontent , mais dans l'Assemblée c'est la loi du plus fort, règle de la majorité, dans le marché elles coexistent. Le marché ne peut il etre considerè comme un referendum permanent .Le thème libéral de la responsabilité condition de la liberté ne peut être évacué, et une prise de décision et en son nom propre par un acteur du marché est un contrat l'engageant personnellement.
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar Denge » Lundi 23 Juin 2014 20:27

il y a un article sur les libertariens dans le dernier numero de "Anarchosyndicalisme!", je l'ai copié ici : http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewtopic.php?f=26&t=7040 :

je met quelques extraits du texte qui me semble en rapport aux questions abordées sur le cooperativisme :

L’association de termes contraires, tels "anarcho" avec "capitaliste" en un oxymore, est un art de la confusion que les étato-capitalistes aiment pratiquer afin de faire prendre des vessies pour des lanternes et vendre ainsi leurs vieilles camelotes sous un nouvel emballage doré. Cela s’est déjà vu avec les capitalo-étatistes bolcheviques qui se prétendaient communistes tout en instaurant un capitalisme d’État ... Idéologiquement, en partant de l’économie autrichienne et d’une définition très particulière et erronée de l’anti-étatisme, des libéraux [1] en sont arrivés petit à petit à s’autodésigner comme "anarchistes" (en interprétant largement les idées "anarchistes individualistes" dont ils se seraient inspirées) et cela malgré une contradiction évidente  : défendre le capitalisme, implique un étatisme minimal ou maximal, une hiérarchie sociale, une société divisée en classes ainsi que le salariat, toutes conceptions totalement étrangères à l’anarchisme. Comme nous le verrons, leur anti-étatisme est étroit et faux, ce sont en fait des étatistes (des étato-capitalistes  !) qui s’ignorent sciemment. ... Comme bon nombre de théories totalitaires et manichéennes, ils divisent le monde en deux camps, le capitalisme et l’étatisme. Ils considèrent qu’il faut choisir son "camp", qu’on ne peut pas lutter contre le capitalisme et l’étatisme en même temps. Il s’agit là d’un discours hypocrite, en miroir de celui des sociaux-démocrates bolcheviques (puisque ces derniers ne refusaient pas le capitalisme d’État ; tout comme les propriétariens ne refusent pas l’étatisme privé, les uns et les autres partageant donc la même contradiction totalitaire avec des points de départ opposés). Dans les faits, le capitalisme et l’étatisme sont indissociables, l’un existe par l’autre et réciproquement. Tout le reste n’est qu’une question d’équilibre politico-idéologique  : la lut-te se situe alors entre les étato-capitalistes (pour lesquels l’économie dirige le politique) et les capitalo-étatistes (qui veulent, à l’inverse, que le politique dirige l’économique). Pour masquer leur escroquerie qui résulte de l’incohérence entre la fin et les moyens, les propriétariens utilisent des mots trompeurs, comme le firent en leur temps les bolcheviques. Ce sont des manœuvres idéologiques dont l’idée est de créer l’illusion du nouveau ou du renouveau. ... En pratique, les propriétariens déclarent qu’ils peuvent agir dans leur propriété privée (leur "patrie") comme si c’était un État [2] et inversement. ... Il faut ajouter que d’autres positions dans le cadre du marché "libre", autres que le salariat, sont avancées par des propriétariens [5], telles que valoriser la prostitution (dans la vision globale d’une société de marchandisation), ven-dre/acheter des organes, vendre/acheter des enfants, mettre des enfants au travail salarié ou en esclavage... pour eux la morale se situe dans la propriété privée ou dans la hiérarchie et non dans les rapports sociaux égalitaires.
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar frigouret » Mardi 24 Juin 2014 12:26

Le rapport de ce texte avec le sujet du fil est très vague.
Pour reprendre les derniers mots de l'article sur l'égalité sociale il faut au minimum savoir que me fonctionnement cooperativiste c'est un homme une voix, contrairement au fonctionnement capitaliste qui est basé sur le principe une action une voix.
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar l autre » Samedi 12 Juil 2014 12:22

contrairement a ce que dit Frigouret le coopérativisme n est pas obligatoirement un homme une voix car le coopérativisme a plusieurs formes statutaires : production; achat, groupement etc et le poids des composantes peut être proportionnel . Dans le capitalisme aussi, voir là les actions minorités de blocage. Comme dit dans plusieurs poste de ce forum la propriété privée ou étatique d entité économique n est que une partie des rapports exploitations/oppressions . La forme concrète des rapports sociaux et productions (division du travail etc) entre dans la critique. J Picard dans l article sur l illusion coopérativiste dit clairement que la chaîne de commandement intervient , la technicité est un pouvoir, voir le poids de cadres sup et hauts fonctionnaires. Ne voir que le statut de la propriété comme le font marxiste et libéraux et donc insuffisant. Il faut globaliser et analyser l ensemble des rapports sociaux déterminés par les systèmes inégalitaires pour comprendre que le statut de la propriété des entités économiques n est que un aspect du problème . J ai dit a frigouret qu il veut revenir à un passé révolu celui massif de petit propriétaire capitalisme . De plus c est la réalité du rapport marchant et celui de l échange de celle ci qui est tout aussi important car dans le libéralisme l échange ce fait selon la loi du marché et je renvois a l article en intro du débat.

Pour moi la division économique en petites unités individuelles voire pme ne résous rien et dans l économie de marché elle contient sa propre négation par la logique de concentration.Le statut de la propriété privée individuelle ou collective ou étatique n est pas l abolition de rapports: exploitation, hiérarchie, inégalitaire . Se pose une autre question comment comment réaliser des productions complexes sans la forme manufacture,fabrique, industrie? Comment par exemple peut on développer du transport collectif si on divise celui a de multiples unités concurrentielles? A contrario la forme mutualisée, ou socialisé semble efficace par la rationalisation collective (le fameux faire ensemble) . Les gains de coûts, productivité dans le capitalisme incluant le libéral se retourne contre le travailleur; dans une économie communiste libertaire ils profitent par une répartition égalitaire a une réduction du temps de travail par exemple. Je rappelle que le réforme agraire de la révolution qui a diviser les grandes propriétés foncières n a pas abolit l exploitation est même du point vue libéral introduit un retard compétitif . frigouret ignore ou le feint que la capitalisme fut il libéral a une logique l exploitation, l extraction de la plus value ce qui produit l exploitation de certains humains par d autres. Que pour cela L Etat est fort utile. Il me semble avoir lu que même des penseurs libéraux ( Tocqueville a vérifier) méfiant de la logique du libéralisme économique entendaient que l Etat régule le jeux.
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Messagepar frigouret » Dimanche 13 Juil 2014 7:52

Ce n'est pas par ce que je juge que le fonctionnement cooperativiste dans le contexte de marché libre est honorable que je conteste a une association communiste le droit d'appliquer ses principes du moment que le principe du volontariat est respecté. Je ne crois pas détenir la solution au problème économique et mes critères de jugements vont surtout se former a partir d'une conception de l'individu et de ses droits.
A partir de là je peux tenter de juger de toute une serie de questions. L'individu est il proprietaire de lui même, peut il par exemple déterminer de façon autonome ses choix de production et de consommation ? Pour moi oui ( ce qui n'exclue pas qu'il puisse choisir librement de s'associer sous forme communiste). L'individu est il fondé a posséder individuellement l'outillage? Pour moi oui si l'origine de sa possession n'est pas le vol ( cela n'exclue pas qu'il choisisse librement de mettre cet outillage en commun). L'individu est il pleinement propriétaire des fruits de son travail, peut ils les garder, les donner ou les échanger ? Pour moi oui ( ce qui n'exclue pas qu'il puisse librement confier ceux-ci a une organisation communiste chargée de gérer la réparation). L'individu peut il librement passer contrat sous la réserve que la personne humaine est inaliénable ? Pour moi oui ( mais il peut aussi déléguer librement sa signature a une administration communiste sous réserve expresse de pouvoir résilier son mandat). L'individu peut il se servir d'une monnaie pour ses échanges sous réserve que cette monnaie ne soit pas imposée? Pour moi oui ( mais il peut aussi librement choisir de ne pas quantifier ses échanges). Et ainsi de suite.
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar l autre » Samedi 19 Juil 2014 10:27

je pense que a ce stade de la discution pour mieux comprendre mon propos . Il faut faire un retour sur les rubriques

l anarchosyndicalisme : qui sommes nous page 8/11
discussions diverses : la morale et l anarchisme et abolir l argent un pas vers le communisme ?
ici quel q' un peut vous arrêter de voter: réflexions sur le démocratie
Partir de l individu c est oublier la moitié du problème, car la production économique est socialement déterminée , c est la communauté qui s emploie a cela. Une monnaie s impose a l individu si chacun fait sa monnaie il n y a plus de monnaie. En effet la monnaie est un moyen conventionnel de l échange.Dans une certaine limite( domesticité, don, privée) l individu peut choisir de ne pas quantifier sans ignorer que quantifier existe. Libre a lui d échanger une boite d'allumette contre une maison on verra si cela fonctionne , j en serais étonné. Dans la sphère publique on verra si une coopérative ,une entité socialisée peut échanger selon son bon vouloir et de façon aléatoire un K de p-terre contre une voiture?
L individu s appartient dan une certaine mesure celui de la communauté qui l institue et le pérennise, car il n y a pas, de je sans le nous. Il faut pas segmenter mais au contraire voir la totalité. En matière économique la production est sociale et la capitalisme n échappe pas a la règle. L individu pour exister et survivre dépend des règle collectives établies cela inclus l économie si chacun énonce sa loi , ses choix et règles rien de commun ne peut être . par là s ' anéantie l individu .
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar frigouret » Samedi 19 Juil 2014 13:28

Je dirais plutôt qu'il n'y a pas de nous sans je, que le nous sera le résultat spontané d'individus libres. C'est parait il un débat philosophique célèbre entre archistes et anarchistes.
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Messagepar Denge » Dimanche 20 Juil 2014 11:15

frigouret a écrit:Ce n'est pas par ce que je juge que le fonctionnement cooperativiste dans le contexte de marché libre est honorable que je conteste a une association communiste le droit d'appliquer ses principes


Un référence à prendre telle quel pour un individualiste : L'opportuniste de dutronc.
Il y a un bout de la chansom qui dit "je suis pour le communisme, je suis pour le capitalisme" "et j'en profite pour faire mon beurre, car je suis opportuniste". Après la chemise c'est le pantalon.
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar frigouret » Dimanche 20 Juil 2014 11:51

J'avais rajouté sous condition de volontariat a l'extrait que tu cite. C'est pas beau de saucissonner pour déformer.
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar Denge » Dimanche 20 Juil 2014 17:27

ça ne change rien, l'opportuniste est toujours volontaire.
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar frigouret » Dimanche 20 Juil 2014 18:40

Je ne pense pas que ma position soit la plus facile a exposer en ce lieux, je dirais même que la situation est assez aride pour moi, crois tu que cela soit typique de l'opportunisme ?
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar Denge » Dimanche 20 Juil 2014 21:41

ce bout de la FAQ anarchiste est assez parlante sur l'illusion coopérativiste :
http://faqanarchiste.free.fr/secC4.php3#secc43
Que les bases de l'’idéologie économique contredisent ainsi la réalité a des conséquences importantes sur la nature "volontaire" du travail salarié. Si le modèle concurrentiel avancé par les sciences économiques néoclassiques se tenait, nous verrions qu’'un éventail de types de société (y compris co-operatives, individuelles et ouvrieres employant des capitaux) parce qu'’il n’'y aurait aucune "barrière à l'’entrée" liée au contrôle des sociétés. Ce n’est pas le cas — les ouvriers employant des capitaux, cela n’existe pas et les sociétés individuelles et les co-operatives sont marginales. La forme dominante de contrôle est la location de travail (esclavage salarié).

Le modèle étant basé sur "la concurrence parfaite," les défenseurs du capitalisme pourraient construire un modèle prétendant que le travail salarié est un choix volontaire — après tout, les ouvriers (sur un tel marché) pourraient louer le capital ou former des co-operatives relativement facilement. Mais la réalité du marché "libre" est telle que ce modèle n'’existe pas — et comme condition de départ, cela est sérieusement fallacieux. Si nous tenons compte de la réalité de l'’économie capitaliste, nous devons bientôt nous rendre compte que l’'oligopole est la forme dominante du marché et que l'’économie capitaliste, de par sa nature, limite les options disponibles aux ouvriers — ce qui fait de la notion que le travail salarié est un choix "volontaire" une notion indéfendable.

Si l'’économie est ainsi structurée qu'’elle tend à rendre l'’entrée sur des marchés difficiles et la survie dépendante de l’'accumulation du capital, alors ces barrières sont aussi efficaces que des décrets de gouvernement. Si de petites entreprises sont dominées par des oligopoles alors les chances de faillites sont augmentées (et donc laisse de côté des ouvriers avec peu de ressources) et si l’'inégalité de revenus est grande, alors les ouvriers auront beaucoup de mal à trouver les garanties pour emprunter du capital et pour commencer leurs propres co-operatives. Ainsi, en observant la réalité du capitalisme (par opposition aux traités d’'économies) il est clair que l'’existence des ’oligopole aide au maintien du travail salarié en limitant les options disponibles sur "le marché libre" pour les personnes travaillants.

Comme nous avons noté dans la section C.4, ceux qui ont peu de capital sont cantonnés aux marchés avec de bas coûts d’'installation et une concentration basse. Ainsi, affirment les défenseurs du capitalisme, les ouvriers ont toujours un choix. Cependant, ce choix (comme nous l'’avons indiqué) est légèrement limité par l’'existence des marchés oligopolistiques — si limités, en fait, que moins de 10% de la population active sont des ouvriers indépendants. D’ailleurs, on l'’affirme, les avancées technologiques peuvent amener à l’'augmentation du nombre de marchés qui exigent peu de mise de départ (le marché de l’'informatique est souvent donné comme exemple). Cependant, des prévisions semblables ont été faites, il y a 100 ans, quand le moteur électrique a commencé à remplacer le moteur à vapeur dans les usines. "Les nouvelles technologies [ des années 1870 ] ont pu avoir été compatibles avec de petites unités de production et des opérations décentralisées ... pour autant ... l’'espérance n’a pas été accomplie." [Richard B. Du Boff, Op. Cit., p. 65] De l'’histoire du capitalisme, nous déduisons que les marchés liés à des nouvelles technologies finiront de la même manière.

La réalité du développement capitaliste est que même si les ouvriers investissaient sur des marchés qui exigeraient peu de mise de départ pour s'’installer, la dynamique du système est telle que dans le temps ces marchés deviendront également dominés par quelques grandes sociétés. D'’ailleurs, pour survivre dans l’'économie oligopolisée, les petites coopératives seront dans l’'obligation de louer le travail et sinon agiront comme des capitalistes (voir la section J.5.11). Par conséquent, même si nous ignorons l’'intervention massive de l'’état qui a créé le capitalisme en premier lieu (voir la section B.3.2), la dynamique du système est telle que des relations de domination et d'’oppression seront toujours associés à lui — elles ne peuvent pas "être rejetées" au loin car les actions de concurrence les créent et les imposent de nouveau (voir également les sections J.5.11 et J.5.12 sur la façon dont le capitalisme place des barrières pour les co-operatives et les entreprises individuelles quoiqu'’elles soient plus efficaces).

Ainsi les effets de la concentration du capital sur les options qui s’'offrent à nous sont très importantes. L'’existence de grandes entreprises a un impact direct sur la nature "volontaire" du travail salarié car elles produisent des "barrières très efficaces à l’'entrée" pour des modes de production alternatifs. La pression résultante que les grandes entreprises font peser sur de petites sociétés réduit également la viabilité des co-operatives et des entreprises individuelles en tant que co-operatives et non-employeurs de travail salarié, les marginalisant efficacement en tant que solutions alternatives. D’ailleurs, même sur les nouveaux marchés, la dynamique du capitalisme est telle que de nouvelles barrières sont créées sans arrêt, réduisant encore nos options.

De façon générale, la réalité du capitalisme est telle que l'’égalité des chances implicite dans les modèles "de la concurrence parfaite" manque. Et sans une telle égalité, on ne peut pas dire que le travail salarié soit un choix "volontaire" entre les options disponibles . les options disponibles ont été détournées si loin que les autres solutions de rechange ont été marginalisées.


sur le volontarisme, il y a un petit bout qui en dit long :
http://faqanarchiste.free.fr/secA2.php3#seca214
Clairement, le volontarisme est une condition nécessaire mais non suffisante pour défendre la liberté individuelle. Cela était attendu car le volontarisme ignore (ou tient pour acquises) les conditions sociales dans lesquelles les accords sont passés et, de plus, ignore les relations sociales que ces accords créent. Ainsi, Pierre Kropotkine dit « Pour l'ouvrier qui doit vendre son travail, il est impossible de rester libre » [Pierre Kropotkine, ''Selected Writings on Anarchism and Revolution'', p. 305.] Toute relation sociale basée sur un individualisme abstrait repose plus ou moins sur la force, le pouvoir et l'autorité, et non sur la liberté. Cela requiert bien sûr la définition de la liberté selon laquelle les individus libres exercent leurs capacités et décident de leurs propres actions. Donc, le volontarisme n'est pas suffisant pour créer une société qui maximise la liberté. C'est pourquoi les anarchistes pensent que les associations de volontaires doivent en plus intégrer l'autogestion (ou la démocratie directe). Pour les anarchistes, supposer le volontarisme implique supposer l'autogestion.

...

au sein d'une société basée sur la propriété privée (et par conséquent sur l'étatisme), ceux qui possèdent ont plus de pouvoir, et ils peuvent l'utiliser pour perpétuer leur autorité. « La richesse est le pouvoir, la pauvreté la faiblesse » sont les mots d'Albert Parsons. Cela signifie que dans un système capitaliste, la « liberté de choix » si appréciée est en réalité fort limitée. Elle devient, pour la grande majorité des individus, la liberté de choisir un maître (avec l'esclavage, dit plaisamment Parsons, la maître « choisit [...] ses propres esclaves. Dans un système d'esclavage salarial, le salarié choisit son maître. »
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Re: L'illusion coopérativiste

Messagepar frigouret » Lundi 21 Juil 2014 12:17

Pour moi il y a un gros défaut d'analyse dans ce FAQ.
La situation telle qu'elle se présente est une économie de marché avec un fort interventionnisme de l'étau. Les mécanismes d'intervention étatique ont été déjà décrit par Spooner, et d'autres,, il s'agit d'une série de monopoles, monétaires par exemple, de règlementations, propriété intellectuelle par exemple, et de mécanismes d' externalisation, de subvention, d'extorsion et d'allocation qui ont en effet de favoriser les capitalistes qui contrôle l'État.
Mais l'analyse gauchiste courante va être de réfuter le marché en se basant sur la critique de la situation actuelle qui n'est pas du tout une situation de marché libre. De même l'analyse droitiste courante va être de justifier la situation actuelle par la défense du marché libre alors que pareillement la situation actuelle n'est pas du tout une situation de marché libre.
Je suis plus sensible sur le lien où l'on trouve le FAQ au complet a la partie du raisonnement qui de montre que la concurrence ,si l'accès au ressources est limité ou impossible pour les non détenteurs de capitaux n'est pas loyale.
Il en va de même pour le volontarisme prétendre qu'il est , pour une large part, une illusion dans une situation Etatocapitalistique ne démontre en rien qu'il ne soit pas un objectif louable dans une situation non Etatocapitalistique..
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