QUAND LE CCI SE FAISAIT LE DEFENDEUR DES ACTIONS VIOLENTES

Les courants, les théoriciens, les actes...

QUAND LE CCI SE FAISAIT LE DEFENDEUR DES ACTIONS VIOLENTES

Messagepar NOSOTROS » Mercredi 19 Nov 2008 17:41

Aujourd'hui le CCI nous dit qu'il est contre le sabotage.

Il n'en a pas toujours été ainsi.

Il lui est arrivé de défendre les sabotages et autres actions violentes minoritaires. Comme quoi, ils ne sont pas complètement foutus ! :-)

Séquence nostalgie :


France: Longwy, Denain : nous montrent le chemin


Le silence de la presse internationale sur les violents affrontements qui opposent depuis près de trois mois bourgeoisie et prolétariat en France ne doit pas nous étonner. Depuis toujours les révolutionnaires, les bolcheviks les premiers ont dénoncé "l'abominable vénalité" de la pres­se, dont la fonction en période de luttes de classe est d'empêcher par le mensonge, et plus efficacement par le silence, tout mouvement de solidarité prolétarienne. Battage intense sur la "paix au Moyen-Orient", silence sur les af­frontements violents entre ouvriers et police. La bourgeoisie française et internationale a raison de craindre le réveil du spectre de la lutte de classe internationale :

• fin 1978 : pendant plusieurs mois, grèves tota­le des ouvriers iraniens que Bazargan et Khomeiny ont remis à grand peine au travail ;

• novembre-décembre : grève des métallos de la Ruhr en Allemagne Fédérale ;

• janvier-février 1979 : grève des camionneurs anglais, suivie d'autres grèves des travailleurs des hôpitaux, des métallos ; les ouvriers ob­tiendront jusqu'à 20-30 % d'augmentation de salaire ; au moment où nous écrivons, le mou­vement de grèves ne s'est pas encore éteint ;

• février 1979 : grèves des ouvriers de Renault à Valladolid en Espagne, en mars grève des mé­tallos de Bilbao ;

• mars 1979 : grèves qui débordent les syndicats au Brésil à Sao Paulo, plus de 200000 métal­los se réunissent en assemblées générales.

On commettrait une lourde erreur si on voyait dans ces affrontements simultanés de simples escarmouches prolongeant la vague de luttes de 1968-73, parce que bien souvent les ouvriers ne remettent pas ou peu en cause les syndicats, ne réussissent pas ou peu à étendre leurs luttes. Nous devons savoir reconnaître dans cette simul­tanéité et cette combativité les premiers signes d'un mouvement plus vaste, en train de mûrir. La violence décidée de l'attaque bourgeoise contre le prolétariat pousse celui-ci au combat. Comme en France, les ouvriers sentent de plus en plus que "l'heure n'est plus aux paroles mais à l'ac­tion", devant le cynisme, la morgue d'une classe dominante qui part dans la guerre économique "fraîche et joyeuse" en licenciant, en réprimant ouvertement les ouvriers toujours plus exploités et mutilés, humiliés dans leur travail et aux­ quels elle ne peut réserver que la mutilation suprême : la boucherie impérialiste.

Cette reprise de la lutte de classe, ces symptô­mes d'une nouvelle vague de combats, nous la vo­yons se dérouler déjà sous nos yeux. Certes, el­le n'est encore qu'en gestation, elle ne prend pas l'aspect d'explosion généralisée de 1968-69 Mais ce qu'elle perd en spectaculaire elle le gagne en profondeur, en plongeant ses racines dans toutes les strates du prolétariat. Plus personne ne peut nier que le prolétariat est aujourd'hui la seule clé de la situation histori­que. Les sociologues et autres journalistes ont dû enterrer le "mouvement étudiant" et consta­tent avec effroi que la classe ouvrière n'est pas un mythe, mais une réalité bien vivante. Certes, le surgissement est lent et encore sou­terrain, mais décidé. Le prolétariat ne se lan­ce pas tête baissée dans le feu du combat. A une crise lente, mais inexorable, il répond en­core au coup par coup et de longs et difficiles combats attendent encore la classe ouvrière internationale, combats qui seront autrement plus décisifs que les luttes actuelles.

Quelles sont les leçons des affrontements en France ?

Face aux silences et aux mensonges de la bour­geoisie il est nécessaire de donner un aperçu chronologique des affrontements en Lorraine et dans le Nord, avant de dégager quelques leçons et perspectives pour le futur proche.

L’HEURE N'EST PLUS AUX PAROLES MAIS A L’ACTION!

Après 1971, le prolétariat français était peu à peu tombé dans l'apathie. La gauche de l'appa­reil politique avait promis aux ouvriers monts et merveilles avec son"programme commun de gou­vernement". Pendant des années, les syndicats ont promené les ouvriers dans des manifestations sans lendemain. De grèves catégorielles en grè­ves de 24 heures, ils les ont enfermés dans l'usine par des occupations, des séquestrations de patrons, ils les ont amusés dans les actions autogestionnaires (Lip en 1973). Les syndicats ont soigneusement usé les soupapes de sécurité en attendant la fameuse venue au pouvoir du PC et du PS. La crise politique au sein de la gau­che, les déclarations en faveur des sacrifices après 1975 ont peu à peu érodé certaines il­lusions. L'échec de la gauche aux élections de mars 1978 a signé l'acte de décès du "program­me commun" et persuadé peu à peu les ouvriers qu'il fallait reprendre le chemin de la lutte. Des grèves dures -bien que contrôlées par les syndicats- ont éclaté dès l'été 1978 dans les arsenaux, chez les contrôleurs aériens, à Moulinex, chez les immigrés à Renault-Flins.

Le "plan Barre" dit de "redéploiement industriel" a été un facteur décisif du mécontentement ou­vrier qui couvait depuis plusieurs années. Plus de trente mille licenciements par mois prévus, alors que le chômage atteint déjà un million et demi de travailleurs, blocage des salaires, hausse des prix, augmentation brutale en décembre 1978 des cotisations ou­vrières à la Sécurité Sociale, diminution et même suppression de certains indemnités de chômage, autant de coups de matraque économiques répétés sur la classe ouvrière. Presque toutes les couches de travailleurs sont désormais visées : employés de Banque, des Assurances, techniciens, enseignants... Mais pour la première fois, c'est le coeur de la classe ouvrière qui est touché par l'offensi­ve bourgeoise : ouvriers des chantiers navals et sidérurgistes, menacés de trente mille li­cenciements dans l'année à venir. C'est ce que la bourgeoisie appelle cyniquement la "politi­que" de dégraissage des effectifs".

Dans les dernières années, les ouvriers de sec­teurs périphériques ou faiblement concentrés avaient peu réagi ou étaient restés isolés. L'at­taque contre les sidérurgistes fortement concen­trés dans le Nord et la Lorraine est un pas dé­cisif dans toute l'offensive bourgeoise contre la classe ouvrière. Les syndicats ont tout na­turellement accepté les mesures de l'Etat capi­taliste en négociant le chômage. La bourgeoisie française, pleine de morgue et d'assurance, a alors ajouté à la violence économique la vio­lence politique par un matraquage systématique des ouvriers en grève, par les expulsions des ouvriers occupant les usines.

Peu à peu, l'idée s'est fait jour dans la cons­cience des ouvriers, qu'en abandonnant l'usine, forteresse gardée par les miradors syndicaux, pour gagner la rue, c'est leur liberté qu'ils gagneraient, que pour faire reculer la bourgeoi­sie, il fallait s'affronter sans plus hésiter aux forces de l'Etat. Débordement syndical, af­frontement violent de classe ont surgi. Surpris par son audace, le prolétariat s'est peu à peu enhardi.

De novembre 1978 à mi-janvier 1979, les affron­tements vont s'engager lentement pour se durcir progressivement.

17/11/78 : à Caen ([1]), la promenade syndicale débouche sur un affrontement avec la police ; et "incontrôlés".

20/12/78 : séquestrations de cadres dans les chantiers navals de Saint-Nazaire (les plus grands en France); la police intervient, des affrontements se produisent.

21/12/78 : Saint-Chamond (région de Saint-Étienne) : une petite usine occupée par quelques ouvriers en grève est prise de nuit par la po­lice qui expulse le piquet de grève et le rem­place par des vigiles (hommes de main embau­chés par les patrons pour la "surveillance" de leurs entreprises); dans cette région, forte­ment touchée par le chômage, la nouvelle va se répandre comme une traînée de poudre ; au ma­tin, environ cinq mille travailleurs de Saint-Chamond, de Saint-Etienne, de Rive de Giers menacent de prendre d'assaut l'usine gardée par des vigiles armés qui se réfugient sur les toits ; ils ne devront leur salut qu'à l'inter­vention conjointe des syndicats et de la poli­ce; l'usine est alors réoccupée par les ou­vriers.

L'annonce des vingt mille licenciements dans la sidérurgie prévus par le plan Barre va accélérer le processus à partir de décembre 78. Plus aucun espoir n'est permis : les premiers licenciements sont fixés pour janvier 79. La détermination de la bourgeoisie va accroître d'autant la détermination des ouvriers qui n'ont plus rien à perdre dans les centres de Lorraine et du Nord qui ne vivent que de la si­dérurgie.

EN PRELUDE...

4/1/79.: à Nancy, capitale de la Lorraine, la manifestation de cinq mille ouvriers tourne en affrontements violents avec les CRS (police spécialement entraînée pour la répression). A Metz le même jour, les ouvriers essaient de s'emparer de la sous-préfecture gardée par la police.

17/1/79 : Dans la région Lyonnaise, la seconde concentration industrielle française, le direc­teur de PUK (Péchiney Ugine Kulmann), est sé­questré et délivré par les CRS. Au même moment, des grèves commencent à s'éten­dre dans les Assurances à Paris, Bordeaux et Pau dans le sud-ouest.

DENAIN LONGWY- PARIS

Denain et Longwy vont devenir rapidement le symbole de la contre-offensive ouvrière. La fermeture des aciéries Usinor qui dominent ex­clusivement ces deux villes, excluant toute possibilité de retrouver nulle part du travail, fermeture prévue dans les semaines à venir, pousse les ouvriers à réagir d'autant plus ra­pidement que la répression policière se fait plus violente.

26/1/79 : les sidérurgistes d'Usinor brûlent les dossiers de la perception des impôts et sont matraqués durement par la police (Denain).

29.30/1/79 : de violents affrontements éclatent à Longwy, près de la frontière belgo-luxembour­geoise , région où les ouvriers se sentent peu "lorrains" (italiens, espagnols, maghrébins, belges), tous travaillent dans l'industrie loca­le .En dépit des appels de la CGT à sauver le "pays" de l'empire des trusts "allemands", les sidérurgistes vont cette fois déborder nette­ment les syndicats et attaquer le commissariat de police, à la suite de l'expulsion par la po­lice d'une usine où les ouvriers séquestraient quatre directeurs. Au maire (PCF) de la ville qui déclara aux ouvriers : "ne répondez pas à la violence par la violence, rentrez dans vos entreprises", ceux-ci répliquaient : "la pro­chaine fois on aura du"matériel"". février, début mars connaissent une suite quasi ininterrompue d'affrontements face auxquels les syndicats tentent de diviser le mouvement, de le dévoyer sur des objectifs nationalistes (campagne du PCF contre "l'Europe allemande", attaque par des commandos PC de wagons de fer et de charbon "étrangers", de le dénigrer par la dénonciation de "provocateurs" et "d'in­contrôlés" contre les ouvriers combatifs qui échappent à leur emprise.

2/2/79 : dans le port de Dinard en Bretagne, les pompiers en grève manifestent et réussissent à enfoncer le cordon des CRS.

6/2/79 : dans le bassin des mines de fer de Briey en Lorraine (mairie PCF), la sous-préfec­ture est occupée par les ouvriers qui affron­tent la police.

A Denain le même jour, les syndicats arrivent avec peine à obtenir la libération des cadres Usinor séquestrés.

7/2/79 : Longwy, occupation de la sous-préfectu­re, affrontements avec la police.

8/2/79 : Nantes, port sur l'Atlantique -ville d'où partirent les premiers mouvements d'occupa­tion d'usines en 1968- manifestations, affronte­ments au cours d'une tentative d'assaut de la sous-préfecture.

9/2/79 : A l'appel des syndicats, les sidérur­gistes de Denain montent sur Paris. Les syndi­cats n'arrivent pas à empêcher l'affrontement avec les CRS qui se produit aux abords de l'aé­roport de Roissy.

C'est presque au même moment que début la grève à la Société Française de Production (SFP) des techniciens de radio et de télévision, techni­ciens qui ont reçu 450 lettres de licenciements Cette grève va durer plus de trois semaines• Les techniciens SFP cherchent à prendre contact avec les sidérurgistes lorrains. Le même jour, journée "ville-morte" à Hagondange (aciérie lorraine) à l'appel des syndicats.

13/2/79 : séquestration des cadres Usinor à De­nain ; affrontements entre pompiers et policiers à Grenoble dans le sud-est. A ce moment, les syndicats, qui tentent de con­trôler le mouvement en lançant des mots d'ordre de manifestation, de grèves régionales pour le 16/2 n'arrivent plus à contrôler leurs propres adhérents. De jeunes ouvriers CGT déclarent : .à l'heure actuelle, les syndicats ont du mal à tenir le terrain. D'ailleurs, on ne se sent plus syndiqué, on agit par nous-mêmes"."On les a suppliés, on a couru après, il n'y a plus rien eu à faire", avoue avec amertume une mili­tante PCF de Longwy. La CGT, à la différence de la CFDT, qui plus subtilement suit le mouve­ment, ne sait que verser des torrents d'ordures nationalistes : "1870, 1914, 1940, ça suffit ! la Lorraine ne sera pas bradée aux grands trusts allemands". La réponse des ouvriers ? C'est cel­le des ouvriers de Nantes qui manifestent le 8/2 aux cris de : "A bas la bourgeoisie". Voyant le mouvement prendre de l'ampleur dans plusieurs réglons, les syndicats tentent d'isoler les sidérurgistes du Nord et de Lorraine, en appelant à une grève générale... régionale pour le 16/2. Ils espèrent que les autres ouvriers ne bougeront pas, que ce sera un bel en­terrement. Mal leur en prit :

16/2/79 : la manifestation syndicale "dégénère": â Sedan, les ouvriers dressent des barricades et se battent six heures durant avec la police. A Roubaix, des affrontements se produisent.

20/2/79 : Rouen, affrontements entre grévistes et police. La CGT dénonce les "éléments incon­trôlés".

Cette violence ouvrière va-t-elle s'organiser, se demandent avec Inquiétude les syndicalistes ? "Ce qu'on redoute maintenant, c'est que des gars s'organisent entre eux et montent des coups sans nous avertir, parce qu'ils sauraient qu'ils ne peuvent plus compter sur notre soutien!! Cette crainte des syndicats va se confirmer de plus en plus.

20/2/79 : Début de grèves dans les PTT, dans plusieurs centres de Paris de banlieue et de province. La grève s'étend lentement et ne du­re que quelques jours dans les centres touchés, mais une grande combativité et une grande mé­fiance vis-à-vis des syndicats apparaissent. Pour la première fois, on voit des délégations de postiers de la banlieue parisienne aller d'eux-mêmes chercher la solidarité dans les autres centres pour les faire débrayer. L'échec de la grève des postiers de 1974 n'est pas ou­blié : la conscience des travailleurs a mûri. Les mots d'ordre qui surgissent sont "Hier à Longwy, aujourd'hui à Paris", "plus de lamentations, des actions efficaces". L'Idée d'une coordination de la grève entre tous les centres va se faire jour chez les postiers. Les syndi­cats vont tout faire pour étouffer dans l'oeuf une coordination de lutte Indépendante de leur contrôle. Le travail reprend début mars, mais l'Idée de coordination est l'acquis essentiel de cette lutte.

21/2/79 : occupation par des sidérurgistes CFDT de l'émetteur de télévision de Longwy. Pour les ouvriers, son fonctionnement, alors que les travailleurs de la SFP sont encore en grève est une provocation d'autant plus que des salles de rédaction, des torrents de mensonges sur les luttes se déversent. Les journalistes seront séquestrés et seront délivrés sur l'intervention de la Centrale CFDT. Il est â noter combien les ouvriers haïssent "les valets de plume". Un journaliste faillit se faire corriger par un ouvrier en colère quelques jours après.

22/2/79 : à Paris, des employés de la Bourse occupent avec des employés de Banque en grève, après avoir bousculé le service d'ordre syndi­cal, le"temple du capital" aux cris de : "les syndicats sont débordés".

23/2/79 : depuis le 21/2, l'émetteur de Longwy occupé par les sidérurgistes diffuse des infor­mations sur la crise en Lorraine. La police occupe alors l'émetteur. Les ouvriers aussitôt s'assemblent dans la nuit et la police évacue l'émetteur ; d'autres ouvriers réoccupent la télévision, la foule grossit avec l'arrivée de nouveaux sidérurgistes prévenus par sirènes et tocsin ; au son de chants révolutionnaires, les ouvriers vont attaquer au matin le commis­sariat de police. Quelques-uns parlent de se munir de fusils. Le maire PCF (Porcu) dénonce les groupes incontrôlés. Les sidérurgistes at­taquent la chambre patronale, brûlent les dos­siers et toutes les routes d'accès a Longwy sont bloquées.

Devant l'ampleur des événements, les syndicats vont essayer d'empêcher tout affrontement en­tre police et ouvriers dans le Nord où les si­dérurgistes sont prêts à reprendre le flam­beau. "Longwy montre le chemin" est un slogan qui aura beaucoup de succès.

28/2/79 : mise à sac de la chambre patronale à Valenciennes dans le Nord. Les syndicats ten­tent d'éviter que les ouvriers n'attaquent le commissariat de police et les bâtiments pu­blics. Un syndicaliste CFDT déclare : "Il faut que les gars puissent se défouler, on a prévu pour cela un catalogue d'actions". Mais les syndicats n'avaient pas prévu les brutali­tés délibérées des CRS et des gardes mobiles contre les ouvriers à Denain.

7.8/3/79 : la CGT tente d'entraîner les ouvriers vers des actions de commando pour bloquer le charbon et le fer "étranger" aux frontières. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'est que des compagnies de CRS vont arrêter des cars de sidérurgistes, casser des vitres, lancer des grenades, matraquer et fouiller les ouvriers. La nouvelle aussitôt connue déclenche la grè­ve des ouvriers d'Usinor-Denain qui tien­nent un meeting et décident d'attaquer le commissariat de police armés de boulons, de cocktails Molotov, de lance-pierres et même d'un bulldozer. Les affrontements durent toute la journée. Le soir, l'Intersyndicale regroupant CFDT et CGT appellent les ouvriers à "rentrer immédiatement dans l'entreprise pour l'occuper". Les ouvriers refusent de quitter la rue et piétinent sans le lire le tract syndical en criant : "il n'est plus temps de discuter, mais d'y aller". Les com­bats ne s'arrêtent pas, ils reprennent plu­sieurs heures encore, quelques ouvriers ar­més de fusils tirent sur les CRS.

10/3/79 : Suite aux affrontements, les syndi­cats, le PC et le PS décident de tenir un grand meeting d'enterrement de la lutte dans le flonflon des discours électoraux à Denain. Rapidement, des centaines d'ouvriers désertent le stade où la gauche a rassemblé les ouvriers aux cris de : "Plus de paroles, des actions".

LE SABOTAGE DE LA MARCHE SUR PARIS

Depuis quelques semaines, ce sont des centaines de grèves qui éclatent localement dans tou­te la France. Les grands centres, Paris (à l'exception des postiers, des agents hospita­liers et des travailleurs des Assurances et de la télévision) et Lyon sont relativement peu touchés par la vague de grèves qui court d'une usine à l'autre, d'une région à l'autre. Les syndicats savent qu'il faut tout faire pour em­pêcher une extension du mouvement de plus en plus explosif du mécontentement ouvrier vers Paris, centre politique et principale concen­tration prolétarienne. Les syndicats décident des "journées d'action" sectorielles, qui se­ront d'ailleurs fortement suivies : institu­teurs, enseignants, cheminots.

En effet, chez les ouvriers du Nord et de Lor­raine, une Idée est née qui a germé à travers les combats : Il faut marcher sur Paris, ce qui a une valeur de symbole pour tout le méconten­tement accumulé chez les ouvriers. Pour empêcher tout risque d'explosion comme en 1968, les syndicats vont entrer en action. La CGT va appeler à une marche sur Paris pour le 23 mars; CGT, CFDT et tous les autres syndicats vont sa­boter le mouvement de mécontentement à Paris. Ils vont s'employer à faire reprendre les employés de Banque, les techniciens de la SFP, les postiers et comme l'ensemble de la presse bourgeoise, ils mentent en prétendant que cha­que mouvement de grève est Isolé. Ils dissimu­lent l'ampleur du mécontentement et des grèves et font reprendre le travail"petit paquet par petit paquet

Mais vis-à-vis des ouvriers du Nord et de Lor­raine, la stratégie syndicale de dévoiement et d'épuisement de la combativité est beaucoup plus délicate. Le but des syndicats est d'épui­ser lentement, mais sûrement cette combativité des sidérurgistes lorrains et du Nord avant qu'à Paris les ouvriers ne réagissent, risquant de mettre "le feu aux poudres". Il n'est pas sûr que la marche sur Paris, choisie à une date où certains secteurs ont repris le travail ne remette pas en grève des milliers de travail­leurs qui se joindraient à cette marche.

La politique des syndicats en premier lieu de la CGT, va être un chef-d'oeuvre de sabotage de la manifestation. Tout est fait pour empê­cher que les ouvriers de la région parisienne, du Nord, de la Lorraine s'unissent dans la lutte. La CGT,.qui appelle dès le 10/2 à une marche sur Paris abandonne quelques jours après cette idée, parle de marche régionale. Elle laisse planer le doute sur la tenue d'une mar­che qui est née spontanément chez les ouvriers lorrains et du Nord qui sentent confusément que leur force ne peut se développer qu'en union étroite avec le principal centre indus­ triel (Paris et sa banlieue). Une minutieuse division du travail, planifiée dans les Etats- majors syndicaux, va se faire entre la CGT et la CFDT pour dégoûter les ouvriers de l'idée de "monter" sur Paris* La CFDT annonce qu'elle ne participera pas à la marche. La CGT, à son tour, annonce qu'elle n'appellera pas à la grève générale dans la région parisienne pour le 23 Mars. La CGT espère faire de cette marche une preuve de son encadrement de la classe ouvrière et montrer dans les faits qu'elle mérite bien d'être largement subven­tionnée par la bourgeoisie. Plus de 300 ner­vis du PCF membres de la CGT, plus les em­ployés des mairies communistes, sont mobili­sés pour assurer le service d'ordre, empêcher toute solidarité entre les ouvriers du Nord, de Lorraine, de Paris.

Jusqu'à la dernière mi­nute, on ne saura pas quand, par quels moyens (cars, trains,) les ouvriers du Nord et de Lorraine viendront sur Paris. Ils seront mis en pleine nuit dans les cars PC-CGT et récep­tionnés à leur descente en 5 points différents de la banlieue parisienne, dans les mairies communistes, où les élus locaux les attendent ceints de leur chiffon tricolore, la bouche pleine de slogans nationalistes.

Mais ce n'est pas tout. La CGT va modifier au dernier moment l'itinéraire de la manifestation pour éviter que les ouvriers soient en contact avec les travailleurs rentrant du travail. La manifestation est déviée de la gare Saint-La­zare, par où transitent chaque jour des centaines de milliers de travailleurs, vers les beaux quartiers de l'Opéra. C'est pourquoi, la rage au ventre, les tra­vailleurs les plus combatifs du Nord et de Lorraine vont se trouver frustrés d'une mar­che de solidarité avec les ouvriers de Paris. La manifestation sera moins importante que prévu : cent mille manifestants, mais sur ces cent mille, il faut enlever les milliers de flics du service d'ordre syndical et tous les fonctionnaires de l'appareil du PCF. Certes, malgré le sabotage, il y a un assez grand nombre de travailleurs, SFP, EDF (électriciens) cheminots, quelques ouvriers de Renault. Les ouvriers de Denain, de Longwy, ont été disper­sés dans les cortèges syndicaux pour éviter toute contamination de la manifestation et empêcher qu'ils apparaissent comme un corps uni. Néanmoins, les flics syndicaux n'arri­veront pas à empêcher que les sidérurgistes de Longwy enfoncent le cordon syndical et prennent la tête du cortège.

Une étroite collaboration s'établit entre CRS, gardes mobiles et police syndicale pour empêcher qu'à la dispersion les ouvriers ne tiennent des meetings. La police est présente partout, le service d'ordre syndical disperse immédiatement les ouvriers arrivés au bout du parcours, prenant prétexte de la présence d'autonomes dans le cortège et la police arro­sera abondamment de grenades lacrymogènes les ouvriers tandis que les nervis PC-CGT cogne­ront sauvagement de jeunes manifestants et en livreront même certains à la police. Les syn­dicalistes enfin protégeront de la colère des sidérurgistes des CRS qui frappent les manifes­tants. Jamais la collaboration entre police syn­dicale et police tout court n'aura été aussi manifeste.

Mais le plus écœurant pour les combattants de Longwy et de Denain, en plus d'être bombardés par les grenades des policiers, fut d'entendre les incessants slogans et litanies nationalistes du PC et de la CGT, du genre "Sauver l'indépendance nationale" ou "Se protéger des trusts allemands". Les ouvriers, repoussés jusque dans les trains par les grenades et les matraques de la police se souviendront des appels à la dispersion, de la dénonciation des combattants comme "agents du pouvoir". Ceci provoquera des heurts au sein même du syndicat.

La leçon est amère mais nécessaire : pour gagner, il faut enfoncer le cordon syndical. Pour les ouvriers qui ont combattu pendant des semaines contre la bourgeoisie, la leçon n'est pas néga­tive. La bourgeoisie a pu triompher en dénon­çant la "violence des autonomes" et étaler dans ses journaux avec complaisance les photos de centaines de CRS chargeant les manifestants.

Messieurs du PC, du PS, du RPR, de l'UDF, ceints de vos écharpes tricolores, messieurs les rabat­teurs gauchistes, à la solde de la gauche de la bourgeoisie, messieurs les anarchistes qui vous réclamez de la "liberté, égalité, fraternité", de la justice de classe capitaliste, quoique vous déclariez, les travailleurs qui par centai­nes se sont ce jour-là affrontés à la police sont forts d'une expérience que, sans votre pou­voir et malgré eux, ils sauront ajouter et inté­grer à celle de toutes les luttes ouvrières.([2])

Bien qu'isolés les ouvriers du Nord et de Lorrai­ne n'ont pas épuisé leur combativité et leur vo­lonté de se battre. Les ouvriers de Paris ont été peu nombreux à participer à la manifestation. Beaucoup d'ouvriers sont dégoûtés par les manoeuvres syndicales. Mais cette manifestation est une leçon : ou reculer en acceptant les licen­ciements ou approfondir le mouvement, s'organi­ser par nous-mêmes en dehors des syndicats. Les ouvriers ont perdu le goût des manifestations syndicales-promenades, des grèves sectorielles et régionales. Ils ont senti leur force et dé­termination en s'affrontant avec l'Etat en de­hors des syndicats.

QUELQUES LEÇONS

En lisant ce récit des événements en France, événements qui se sont précipités depuis février, il faut se garder à la fois :

- d'une sous-estimation : l'ampleur des affron­tements, le débordement des syndicats, la violence ouvrière ne font juste que commencer à se déployer. Ces manifestations, ces bagar­res de rues ont déjà une couleur différente. Il y a un mouvement montant qui est loin d'a­voir atteint son point culminant.

- d'une surestimation : bien que débordés, les syndicats n'ont pas perdu le contrôle des ou­vriers. Ils ne peuvent le perdre qu'à la condi­tion que la lutte prolétarienne passe à un sta­de qualitativement supérieur : l'organisation des ouvriers en dehors des syndicats dans leurs assemblées générales. Celles-ci ne sont apparues qu'embryonnairement et ponctuelle­ment dans l'organisation de la violence ouvriè­re contre la police. Il reste encore aux ou­vriers à organiser -pas énorme à franchir- eux-mêmes leurs manifestations, à aller eux-mêmes en masse chercher partout la solidarité des ou­vriers qui hésitent encore à se lancer dans l'action. Cela demande une clarté de cons­cience dans les buts et les moyens de la lutte qui ne peut se développer, non dans l'abstrait, mais dans le feu de l'expérience. Le prolétariat a seulement commencé son combat, il est loin d'avoir engagé la guerre de classe généralisée. Et des illusions subsistent encore sur la gau­che et les élections (comme le triomphe du PS et du PC l'ont montré aux élections cantonales „ avec une forte participation ouvrière).

Cependant en dépit du poids de la gauche dans; le prolétariat, les illusions tombent peu à peu :

- les syndicats liés au PC et au PS ont signé avec le patronat et l'Etat les accords qui ac­ceptent que les ouvriers licenciés pour cau­se de faillite de l'entreprise, ne touchent plus 90 % de leurs salaires (ils n'étaient dé­jà pas très nombreux à le toucher !), mais seulement 65 % avec une diminution des alloca­tions chômage. "Une grande victoire" clame la CGT et la CFDT !

- le gouvernement Barre, en dépit de la comba­tivité ouvrière s'efforce de ne pas revenir sur les licenciements prévus. La bourgeoisie est prisonnière des exigences économiques. El­le espère gagner du temps et compte surtout sur l'arrogance et la répression, habituée de­puis plusieurs années à une classe ouvrière contrôlée par les syndicats et chloroformée par le programme commun. Du point de vue éco­nomique, la bourgeoisie n'a pas de choix : ses choix lui sont imposés par la crise qui, loin de permettre une souplesse politique en­traîne plus de rigidité.

Face à la bourgeoisie qui n'est pas prête à cé­der et face au PS par la voie de Rocard, qui justifie les mesures d'austérité, le proléta­riat n'a pas d'autre choix que de répondre coup par coup à ce qui se poursuit. Onze mil­le licenciements dans l'industrie du télépho­ne, du chômage prévu dans l'automobile, tren­te mille postes d'enseignants supprimés, telle est la réalité des promesses de reclassement faites aux sidérurgistes !

Le prolétariat en France est à la croisée des chemins. Ce n'est pas sa combativité qui a surpris la bourgeoisie depuis 68, celle-ci a appris à trembler devant la facilité avec laquelle les ouvriers sont capables de lutter massivement. Ce qui l'inquiète, c'est de voir non seulement des ouvriers s'affronter résolument à l'Etat, mais surtout le débordement des syndicats. Cela ne s'était pas produit même en 1968.

"Il y a un vide politique" s'écrient toutes les fractions de la bourgeoisie. "Il y a un vide syndical" répondent en coeur les trotskystes, qui s'inquiètent "d'une désaffection envers les organisations syndicales puisque 50 % des adhérents cégétistes de la métallurgie de la Moselle n'avaient pas repris leur carte syndicale en mars 1973 et 20 % pour les adhé­rents de la CFDT". ([3])

Ce "vide"" dont la bourgeoisie s'inquiète, c'est l'érosion des illusions chez le prolétariat. Cette désillusion, c'est l'espoir. Et le prolétariat l'a bien montré par son énergie fa­rouche à résister à l'offensive bourgeoise, par sa joie enfin à Longwy et à Denain de voir qu'il peut faire reculer la bourgeoisie. Un proléta­riat qui peut croire en sa force n'est pas une classe qui s'avoue vaincue. Il sait que mainte­nant il faut aller plus loin, qu'il n'est pas possible de reculer. Se sacrifier pour sa bour­geoisie nationale sur le terrain de sa guerre économique aujourd'hui, c'est se sacrifier pour sa guerre tout court demain !

Certes, le chemin de la lutte de classe est lent, avec de brusques avancées, suivies de re­tombées brutales. Mais le prolétariat apprend par son expérience et ne connait pas d'autre école que la lutte elle-même !

1) la lutte paye

2) plus la lutte trouve ses propres instruments et ses propres objectifs, plus elle paye.

Le stade supérieur de la lutte ne se trouve pas dans la multiplication des actions ponctuelles et isolées des syndicats mais dans l'exten­sion d'actions massives organisées indépendam­ment de tous les appareils syndicaux et poli­tiques de la bourgeoisie.

Dans ce but, les ouvriers doivent prendre la parole dans les assemblées générales, aller chercher eux-mêmes la solidarité là où luttent d'autres ouvriers, là où se trouvent les chô­meurs. La classe ouvrière doit prendre confian­ce en elle-même, doit prendre conscience que "l'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes".

La classe ouvrière hésite encore, tout étonnée de sa propre audace. Elle doit maintenant encore, redoubler d'audace !

Chardin


=========
On en déduit de cette énumération de "batailles de rue", d'affrontements et autres actions minoritaires :

- que pour le CCI elles font bien partie de "la lutte prolétarienne " (même si c'est à un "sta­de qualitativement inférieur")


- que ces actions sont minoritaires car elles ne procèdent pas d'assemblées générales lequelles restent à organiser, même si au passage les embryons d'AG avaient justement trait à l'organisation de ces actions de sabotage au sens large ("Celles-ci ne sont apparues qu'embryonnairement et ponctuelle­ment dans l'organisation de la violence ouvriè­re contre la police.")

- que le PC et les syndicats qui dénoncent les "inorganisés" et autre "fauteurs de troublent" doivent être enfoncés.

Comme le dit justement ce texte, c'est par la lutte qu'on apprend, et je pense qu'on peut généraliser la dernière remarque à tous ceux qui - aujourd'hui - condamnent la lutte prolétarienne, fut elle à des stades balbutiants.
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sur le sabotage

Messagepar jérôme » Mardi 02 Déc 2008 19:16

Nosotros dit : « Aujourd'hui le CCI nous dit qu'il est contre le sabotage. Il n'en a pas toujours été ainsi. Il lui est arrivé de défendre les sabotages et autres actions violentes minoritaires. Comme quoi, ils ne sont pas complètement foutus ! ».
D’abord, il faut dire clairement que contrairement à ce qui est affirmé par le camarade, le CCI n’a pas changé de position : le sabotage n’est pas pour le CCI un moyen de lutte efficace pour la classe ouvrière. Cela, le CCI le pensait déjà en 1978 et avant même. Contrairement à ce que dit Nosotros, ce texte sur les luttes à Longwy et Denain, qui tire des leçons essentielles, ne fait en rien l’apologie du sabotage ! Rien dans ses conclusions ne laisse entendre que la classe ouvrière doit se mettre « au sabotage », que le sabotage est son mode de lutte. Pour tirer de telles conclusions, il faut plus que des lunettes à prismes déformants ! D’autre part, dire que le CCI défend « des actions violentes minoritaires » est totalement faux ! Si Nosotros se donne la peine de voir ce qu’a voulu dire réellement le CCI, il verra que le CCI ne cesse de prôner l’action collective ! La conclusion du texte, qui tire les leçons de ces luttes, insiste bien sur : « l’extension d’actions massives indépendamment de tous les syndicats et organisations politique de la bourgeoisie ». As-tu bien lu ? Je répète : « ACTIONS MASSIVES », pas « actions minoritaires violentes » ! Ce que dit le CCI, aujourd’hui comme hier, c’est que les sabotages ne sont pas en soi facteur de prise de conscience. Que des expressions de combativité conduisent à des actes violents qui s’apparentent au sabotage, cela ne fait pas en soi la force de la lutte. C’est la conscience et l’action collective qui font la force d’une lutte. Ce qu’a salué le CCI à l’époque, c’est la combativité, pas les actes « en soi » ou en « eux-mêmes », mais ce qu’ils traduisaient comme niveau de combativité. Dailleurs, il faut bien regarder au début du texte : on souligne qu’avant il y avait une « apathie ». Il ne faut pas confondre les expressions diverses de la lutte de classe, la lutte de classe au sens large, et le sabotage en tant que tel ! Le problème, c’est que Nosotros confond tout et mélange l’un et l’autre ! Pour Nosotros, une simple grève est pour lui du sabotage ! Alors évidemment, on ne peut pas se comprendre, tout devient confus ! Nosotros a même affirmé, dans une de ses interventions sur ce site, en parlant du mouvement ouvrier, qu’il s’agissait de « 200 ans de sabotage » ! J’avais répondu que 200 ans de luttes de classe, cela ne veut pas dire 200 ans de sabotage ! De quoi parlons nous ici ? Ce qui s’est produit par exemple récemment à la SNCF, et qui a fait l’objet d’une médiatisation débridée : c’est cela du SABOTAGE (indépendamment du fait que ce soit les flics ou pas eux) et cela n’a rien à voir avec l’action collective des ouvriers en lutte. Le sabotage, c'est-à-dire exprimer une volonté de détériorer et détruire par un acte minoritaire en pensant qu’en lui-même cet acte permettra de faire avancer la lutte. C’est cette vision qui est rejetée par le CCI car il juge cette démarche erronée. C’est cela que le CCI rejette comme pratique, hier et aujourd’hui. Soutiens–tu, Nosotros, ce procédé, ce type d’acte de sabotage isolé du type SNCF? Penses tu qu’il est positif pour la lutte de classe ? Si oui, en quoi ? Pour moi, c’est à peu de frais, une aubaine pour l’état, du pain béni pour les flics et la répression, du pain béni, un cadeau pour cracher sur les groupes révolutionnaires, pour justifier la répression, pour jeter la suspicion en utilisant le discrédit et en criminalisant les révolutionnaires.L’acte en lui-même n’induit pas la conscience. Cela va même à l’encontre de cet objectif. Donc, pour résumer, l’acte de sabotage minoritaire (et là je ne parle pas ici du cas de la SNCF mais de façon générale) n’a rien à voir avec les expressions de combativité ouvrières collectives évoquées dans le texte du CCI (même si de façon isolée, prise en soi et hors contexte, ce qui est évoqué parfois dans ce texte peut y ressembler !). Le CCI est pour la lutte de classe, pour des luttes massives, mais pas pour les sabotages en tant que tels ! Le CCI ne dira pas « allez-y, sabotez, cela va faire avancer la lutte !». Non, il dira : « camarades, il faut lutter, discutons ensemble, faisons des AG souveraines, étendons notre lutte massivement, faisons des délégations massives, allons dans les autres usines chercher la solidarité. Lutter isolés et derrière les syndicats, c’est aller à la défaite ». Voilà ce que dit le CCI ! Il pense que l’important dans la lutte, c’est l’acte conscient et collectif, pas le coup de force isolé et ponctuel, aveugle, parfois spectaculaire, mais stérile. En cela, le CCI n’a pas changé et c’est pour cela qu’il ne renie pas son texte de 1978.
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Messagepar NOSOTROS » Mardi 02 Déc 2008 19:54

bla bla bla

D’autre part, dire que le CCI défend « des actions violentes minoritaires » est totalement faux ! Si Nosotros se donne la peine de voir ce qu’a voulu dire réellement le CCI, il verra que le CCI ne cesse de prôner l’action collective !


les actions violentes menées à Longwy en 1978 étaient - arithmétiquement - minoritaires. Il n'y avait pas 51% de la population qui participaient aux actions violentes. Il n'y avait pas 51% dela popualtion qui participait aux AG.

Par contre elles étaient collectives, oui.

A partir de combien une acton est elle colelctive ? A partir de quel pourcentage de la populaton concernée ?

L'insurrection d'octobre 1917, alpha et oméga dela révolution selon le CCI, a t elle été décidée par la majorité des ouvriers de toute la russie ? (qui étaient pourtant directement concernés par les conséquences d'un tel acte). Ou bien par une minorités de révolutionnaires, les bolchéviques ?

Il faut arrêter de mythifier ...

Après si tu crois que je fais l'apologie de la propagande individuelle par le fait, c'est que tu ne comprends vraiment rien ...

Moi aussi, je suis partisan d'actions collectives. Et massives de préférence.

Mais tout est question de rapport de force et si un jour le rapport de force est dans notre camp, que fera tu Jérome : feras tu comme les espagnols de 36 qui - considérant qu'ils étaient minoritaire en Espagne (ce qui est vrai) - ont refusé de prendre (et de détruire) le pouvoir ? C'est pourtant ce que le CCI leur reproche ...Il faudrait voir à être un peu cohérent des fois ...
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Messagepar NOSOTROS » Mardi 02 Déc 2008 21:32

Le sabotage, c'est-à-dire exprimer une volonté de détériorer et détruire par un acte minoritaire en pensant qu’en lui-même cet acte permettra de faire avancer la lutte. C’est cette vision qui est rejetée par le CCI car il juge cette démarche erronée.


Lire sur le site du CCI l'article d'EKS à propos du sabotage à Turk telekom :

http://fr.internationalism.org/icconlin ... rquie.html

Calomnies de tous bords contre les travailleurs


Bien sûr, chacun s'attend à ce que la presse capitaliste attaque les travailleurs. Elle continuera à publier des histoires comme celle du regrettable décès de Aysel Tosun1. L'une des choses que nous trouvons pourtant vraiment étranges, c'est le fait que ce décès unique bouleverse autant les commentateurs politiques alors qu'ils soutiennent avec grand enthousiasme les préparatifs de guerre meurtriers dans le Sud-Est.

Ce à quoi beaucoup ne s'attendaient vraiment pas, c'était au discours de "leurs" dirigeants syndicaux. Ali Akçan, dirigeant d'Haber-İs2, a été prompt à rejoindre les possédants pour condamner les actes de sabotage des ouvriers: " C'est de la calomnie. Notre syndicat n'a rien à voir avec aucun de ces incidents. Trouvons les coupables et punissons les ensemble. " La grève ne date que de quelques jours et déjà les syndicats se proposent de travailler avec la police pour attaquer les travailleurs militants. Pour nous, la question est claire : nous soutenons les luttes de la classe ouvrière pour défendre ses conditions de vie, et si cela veut dire couper quelques câbles téléphoniques, eh bien, qu'ils soient coupés ! Ceux qui s'empressent de rejoindre la direction pour condamner les ouvriers prouvent à quel bord ils appartiennent.

Médite bien la dernière phrase, camarade ...

L'EKS a donc soutenu une démarche éronée. Au passage on aimerait comprendre pourquoi cela n'a pas donné lieu à un débat dans les colonnes de votre journal ... faux culs !
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sur sabotage et le reste

Messagepar jérôme » Lundi 08 Déc 2008 19:08

Nosotros demande « A partir de combien une action est elle collective ? A partir de quel pourcentage de la population concernée ? ». Le problème est ici la façon de poser le problème. Nosotros parle de pourcentage de la « population ». Cette recherche de pourcentage, outre qu’elle témoigne d’un fétichisme démocratique, est totalement confuse pour les luttes. Cette notion de représentativité de la population est celle de la démocratie bourgeoise. En effet, dans la population, il y a des petits bourgeois, des bourgeois, des commerçants, des ouvriers etc. C’est dailleurs le truc des syndicats pour noyer le prolétariat et saboter ses luttes : faire appel a la population ! C’est comme cela qu’on enferme les ouvriers dans des opérations bidon du genre « ville morte » ! Pour les marxistes, l’action collective est celle d’une classe, la classe ouvrière et non celle de la « population ». L’action collective est avant tout un acte politique et non un solde arithmétique. Maintenant, concernant la révolution Russe, comment poser le problème ? Nosotros dit «L'insurrection d'octobre 1917, alpha et oméga de la révolution selon le CCI, a t elle été décidée par la majorité des ouvriers de toute la Russie ? (Qui étaient pourtant directement concernés par les conséquences d'un tel acte). Ou bien par une minorité de révolutionnaires, les bolcheviques ? ». On peut déjà répondre à cela que sans l’activité des masses, les bolchevicks ne pouvaient rien décider du tout. LA révolution Russe, contrairement à la fable bourgeoise n’est pas un « coup d’état », c’est une révolution ! Certes, elle a échoué par une contre révolution, mais cela ne remet pas en cause sa nature prolétarienne au départ. Elle est une « irruption violente des masses », comme le disait Trotsky, et ce sont ces masses qui se sont dotées de conseils ouvriers, conseils ouvriers qui sont ses organes de pouvoir. Ce sont de ces organes qu’émane la décision de l’insurrection, même si pas de façon directe et immédiate. Ce sont les masses, avec en leur sein les bolchevicks, qui on décidé de l’insurrection. Mais les bolchevicks ont joué un rôle majeur. Rappelons, avant l’insurrection, les journées de juillet 1917. A l’époque, à saint Pétersbourg, les positions du parti bolcheviks sont majoritaires. Les conditions de l’insurrection sont prête dans cette ville. Les anarchistes, selon une vision localiste, ou chacun décide dans son coin de ce qu’il faut faire (car chacun est « libre » de faire ce qu’il: veut n’est-ce pas ?), sont à l’époque pour l’insurrection dans cette ville ! Ils font tout pour pousser à l’insurrection. Les bolchevicks refusent et freinent. Pourquoi ? Parce que les conditions dans le reste de la Russie ne sont pas mure. A Moscou, par exemple, le prolétariat n’est pas prêt à l’assaut. On risque d’exposer prématurément Pétersbourg à la répression et un bain de sang. Comme le point de départ des bolchevicks est celui de la classe ouvrière dans son ensemble, ils sont capables de voir que dans toute la Russie la position qui réclame « tout le pouvoir aux soviets ! » n’est pas encore suffisante et majoritaire partout. Dans les conseils ouvriers, les bolchevicks vont batailler, tenter de convaincre les ouvriers. Et ce n’est qu’en octobre 1917, ou la position des bolcheviks sera majoritaire (c'est-à-dire suffisamment forte pour triompher collectivement )dans presque toute la Russie, ou les fraternisations sur les fronts démarrées bien avant laisserons entrevoir la possibilité d’une extension mondiale, qu’ils appuieront de leur force l’insurrection et le renversement du pouvoir.
Enfin, sur les sabotages et EKS : le CCI partage le point de vue de EKS qui se base sur la dynamique collective. L’intervention sur l’article de Longwy et Denain permet de répondre indirectement à cela. Encore une fois, le soutien aux ouvriers contre les syndicalistes et la police, le soutien dans leur combat, ne signifie pas pour autant que l’acte de sabotage, en soi, en lui-même, soit la meilleure réponse pour une prise de conscience et qu’il doit être encensé. Non ! C’est une expression ici de colère et de combativité dans un contexte particulier. La solidarité avec les ouvriers était indispensable. Visiblement, tu ne comprends toujours pas cette position ! Cela ne t’autorise pas à traiter les autres de faux culs !
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Messagepar wiecha » Lundi 08 Déc 2008 20:27

Pour un adepte du matérialisme historique , tu te fondes sur du vent.

En l'ocurence je vois mal ce qui peut te permettre tes affirmations sur l'acte "isolé " "individuel" "minoritaire " des sabotages en cause. Comme tout le monde, tu n'as pas la moindre idée de qui les fait, et tu ne peux d'ailleurs même pas être sûrs qu'ils aient tous été faits par les mêmes.

En attendant, les pratiques de sabotage, de blocage sont multiples et foisonnantes dans les conflits en cours, , il suffit de faire un inventaire des conflits sociaux pour s'en rendre compte, ça c'est objectif, et en dehors de la solidarité avec les mis en examen , c'est le seul constat sur lequel on peut se fonder, au lieu d'aller extrapoler à partir de rien sur ce qui serait minoritaire ou ne le serait pas.

Quant à ton analyse sur 17, tu as totalement raison: oui, nous les anarchistes considérons que chacun est libre de décider de son propre sort, et que notre rôle n'est pas de décider à la place des autres sur la base des informations que nous garderons jalousement pour le parti, mais de diffuser ces informations, d'aider à construire les canaux par lesquels elle circule de manière horizontale. Nous ne sommes pas là pour "freiner" ou pour pousser" le troupeau, effectivement.

Je ne connais pas suffisamment bien l'histoire pour savoir ce qu'aurait donné l'"insurrection" dont tu parles si elle n'avait pas été freinée par les bolcheviks.

En attendant, on sait ou a mené cette incroyable croyance en sa propre supériorité qui caractérise votre courant: effectivement vous n'avez jamais hésité à freiner les masses imbéciles et pas mûres dès 17 et après, à Leningrad, à Kronstadt, ou en Ukraine.

L'ironie c'est que la plupart de ceux qui savaient mieux que tout le monde l'heure et le moment et quoi faire et comment se font fait entuber en force par un de leurs petits camarades qu'ils avaient toujours pris pour un prolo mal dégrossi.

Ca serait presque drôle comme morale de l'Histoire, si vos délires mégalomanes, où les "organes de pouvoir " des masses décident mais "pas de façon directe et immédiate " ( bonjour la langue de bois...), où quelques individus croient que leur petit cerveau est la synthèse de ce qui se fait de mieux dans le prolétariat mondial, n'avaient pas mené à un des fiascos les plus autoritaires et les plus sanglants de toute l'histoire du mouvement ouvrier.
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Messagepar NOSOTROS » Lundi 08 Déc 2008 23:27

L'ironie c'est que la plupart de ceux qui savaient mieux que tout le monde l'heure et le moment et quoi faire et comment se font fait entuber en force par un de leurs petits camarades qu'ils avaient toujours pris pour un prolo mal dégrossi.


Oui c'est quand même assez cocasse de remarquer que "le meilleur d'entre nous" (trotsky) s'est fait damner le pion par un séminartiste défroqué (Staline)

Sinon jérôme, c'est du taratata toute ton intro, du baratin grande largeur.

Cette recherche de pourcentage, outre qu’elle témoigne d’un fétichisme démocratique, est totalement confuse pour les luttes


Je suis bien d'accord ! Condamner les actions "minoritaires" c'est approuver les actions "majoritaires". Or si on est "majoritaire", c'est bien qu'on se place dans la comptabilité représentative (pour être majoritaire il faut au moins être 50%+1 ...) C'est donc bien toi qui te place sur ce terrain de la confusion démocratique, tu es gentil de ne pas me prêter tes propres turpitudes ...

Car si comme tu le dis "L’action collective est avant tout un acte politique et non un solde arithmétique", alors je suis d'accord, et une action colelctive de trois ouvriers décidés d'aller couper un fil est un acte politique d'action collective, ainsi que l'EKS l'explique très justement. Et pour plagier les compagnons de l'EKS, qui est contre cette actions collective montre de quel côté dela lutte de classe il se situe ...
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sur la révolution

Messagepar jérôme » Samedi 13 Déc 2008 22:51

Wiecha tu dis : « Quant à ton analyse sur 17, tu as totalement raison: oui, nous les anarchistes considérons que chacun est libre de décider de son propre sort, et que notre rôle n'est pas de décider à la place des autres sur la base des informations que nous garderons jalousement pour le parti, mais de diffuser ces informations, d'aider à construire les canaux par lesquels elle circule de manière horizontale. Nous ne sommes pas là pour "freiner" ou pour pousser" le troupeau, effectivement ». Outre que voir les ouvriers comme un troupeau est méprisant, ta vision est un peu celle du bougnat maître chez soi. Chacun fait ce qu’il veut et décide de son propre sort ! Tu ne vois pas qu’il s’agit d’une lutte collective, internationale, avec des décisions qui concernent la société dans son ensemble: l’homme est un être social ! Le point de départ de la lutte ne peut pas être l’individu ! Ta vision n’est pas celle d’une lutte massive, mais celle d ‘un agrégat d’individus qui font ce qu’il veulent : donc, tu admet que ta vision laisse la porte ouverte aux particularismes. Regroupements identitaires ? Spécificités culturelles ? Eh oui, chacun fait ce qu’il veux ! C’est une vision emprunte de localisme et de démocratisme. Après, sur qui décide ? Ce sont les masses ouvrières qui doivent prendre les décisions dans les luttes et non une minorité à la place des autres. C’est pour cela que décider « de son propre sort » ne veux rien dire en tant qu’individu ! La révolution est un processus international, unitaire et solidaire, pas l’oeuvre d’individus mais d’une classe sociale. Quand tu dis nous ne sommes pas là pour « pousser» ou « freiner » : en Russie, les anarchistes ont « poussé » au moment inopportun ! La réalité, c’est que les révolutionnaires sont des acteurs sociaux et non des spectateurs. Leurs actes ne sont pas sans conséquences. Tu ajoutes dans ton intervention la chose suivante : « L'ironie c'est que la plupart de ceux qui savaient mieux que tout le monde l'heure et le moment et quoi faire et comment se sont fait entuber en force par un de leurs petits camarades qu'ils avaient toujours pris pour un prolo mal dégrossi. ». Voir la contre révolution stalinienne comme le simple produit d’un entubage par un individu (staline) ce n’est même pas voir par le trou d’une serrure tellement c’est réducteur. On retrouve une vision très localiste, Russo-Russe, l’absence d’un cadre international pour comprendre. Si le stalinisme s’impose, c’est le produit d’une contre révolution liée à l’isolement tragique de la révolution en Russie. Très vite, il y a les troupes de l’entente qui encerclent la Russie, cela devient une forteresse assiégée (la bourgeoisie présentera la famine liée au blocus comme le fait du « communisme » qui n’a jamais existé en Russie car il ne peut exister qu’à l’échelle internationale). Les soviets et les bolcheviks ont tout fait pour étendre la révolution. Mais le prolétariat n’a pas eut la force d’imposer partout son mouvement révolutionnaire. Il a été divisé après la guerre mondiale (entre vainqueur et vaincus). Le prolétariat allemand va avoir les reins brisés suite à la répression de Berlin en 1919. Dès lors, la défaite mondiale se profile. La Russie est asphyxiée, le parti est aspiré par l’état et les erreurs des bolcheviks ne peuvent pas être rectifiées par un mouvement fort et vivifiant. L’opportunisme grandissant conduira a la trahison de l’internationalisme : ce sera le « socialisme en un seul pays » ! Dès lors, les vrais communistes internationalistes sont assassinés et réprimés, la logique capitaliste de l’état prend le dessus. C’est la contre-révolution ! Cela ne signifie pas que les bolchevicks n’ont pas été internationalistes et partie prenante avec sincérité d’un mouvement prolétarien au départ. Ils ont été défaits et aspirés par la contre révolution : les autres ont été écrasés. Le stalinisme : c’est le retour de la bourgeoise qui, « au nom de la révolution », réprime et massacre. C’est un processus un peu plus compliqué que ta vision réduite à l’entubage local par un méchant (Staline est bien une vraie pourriture).
Tu dis « quelques individus croient que leur petit cerveau est la synthèse de ce qui se fait de mieux dans le prolétariat mondial, n'avaient pas mené à un des fiascos les plus autoritaires et les plus sanglants de toute l'histoire du mouvement ouvrier ». Les révolutionnaires ont peut être fait des erreurs, mais tu leurs met sur le dos le sang qui est sur les mains de la bourgeoisie. Tu confonds avec le stalinisme. Le blocus et sa famine, la répression et les goulags, ne sont pas l’œuvre des révolutionnaires : ça, ce sont les bourgeois (CF. Les Courtois, tous les journaux, les émissions TV sur le sujet) qui le disent ! Eux parlent de « crimes du communisme » ! Ce sont les bourgeois les bourreaux, eux qui se sont alliés avec Staline dans la guerre par la suite ! Il faut distinguer révolution et contre-révolution et arrêter de tout mettre dans le même sac ! Enfin, sur les sabotages, je n’y reviens pas, j’ai déjà répondu.
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Messagepar NOSOTROS » Samedi 13 Déc 2008 23:50

1)
Tu ne vois pas qu’il s’agit d’une lutte collective, internationale, avec des décisions qui concernent la société dans son ensemble


:-) Jérôme, ce qui serait bien (si tu permets que je te fasse une suggestion) c'est que tu te débarasse des a priori qui te servent de pensée, et particulièrement quand tu discutes avec des anarchistes : puisque ce sont des anars, ce sont individualistes, forcément des individualistes, qui refusent toute lutte colelctive ...

Tu ne connais surement pas Wiecha ni ce qu'elle fait, sinon tu te serai abstenu de ta réponse côté de la plaque ... Mais tu pourrais lire ce qu'elle a écrit par ailleurs sur le forum, et tu te rendrais compte que tu t'es planté d'analyse ...

2)
La révolution est un processus international, unitaire et solidaire, pas l’oeuvre d’individus mais d’une classe sociale.


2. a) Tu nies les individus dans ton projet révolutionnaire ?

2.b) la classe est elle forcément homogène, tout le monde au même niveau de conscience ? Qui décide que ce niveau est atteint et suffisament homogène ?

3) Sur le mythe de la révolution russe au delà des frontières, l'absence de contagion qui entraine son isolement...

C'est vrai à l'Ouest : il n'y a pas eu extension. Mais si on abandonne un point de vue européocentriste (c'est à dire russorusse), qu'en est il de la zone Sud Est ? La révolution s'est elle étendue dans les zones aux marges de l'ex empire russe (Iran, Tartarstan, Ouzbekistan etc ...) Et qu'elle a été l'attitude des bolchéviques face à ces poussés révolutionnaires d'asie centrale : soutien ou répression et trahision (en signant des accords de paix avec l'Empire britannique ?)

Ce qui est qaund même génant dans ton analyse c'est que tu parles de "cadre international" mais en fait tu ne parles que d'un cadre "européen" ...
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Messagepar anarced » Dimanche 14 Déc 2008 11:18

nosotros a écrit:Tartarstan


Je crois que tu confonds avec les steaks là!

nostros a écrit:Et qu'elle a été l'attitude des bolchéviques face à ces poussés révolutionnaires d'asie centrale : soutien ou répression et trahision (en signant des accords de paix avec l'Empire britannique ?)


A ce sujet, on pourrait aussi parler du traité de Brest-Litovsk où les bolchéviques ont signé des accords de paix avec les empires austro-allemands. Voline parle assez bien des conséquences désastreuses de ce traité pour les révolutionnaires de Russie et d'Occident, sans parler des Ukrainiens, des Polonais, des Biélorusses, etc. livrés sur un plateau aux impérialistes par une autorité sans aucune légitimité qui profite de l'occasion pour acquérir une reconnaissance internationale. Ce putsch est en fait l'unique objectif du traité puisque la guerre continuera tout le long du front, de l'Ukraine à la Biélorussie.
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Messagepar NOSOTROS » Lundi 15 Déc 2008 0:02

Oui, j'ai confondu les tatars (de crimée) et le turkestan ... Désolé ...
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Messagepar wiecha » Lundi 15 Déc 2008 12:17

Si tu veux poursuivre la discussion, il va falloir être un peu plus inventif: la vieille rengaine "individualistes anarchistes " contre "grand parti des masses ", ça me donne envie de bailler.

Même si bien sûr le plus forcené des individualistes anarchistes m'inspirera toujours plus de respect et d'amitié , quelles que soient nos divergences que le léniniste imbu de lui même. L'un a le le courage de dire "je " quand il expose ses idées, l'autre se cache derrière un "nous " même quand il est seul

Ce sont les masses ouvrières qui doivent prendre les décisions dans les luttes et non une minorité à la place des autres


De toute façon, on en revient toujours à la même question que tu éludes sans arrêt: à partir de combien d'ouvriers, un mouvement est il "minoritaire", à partir de combien de gens en lutte parle-t-on de masse ?

Et ensuite, vient l'autre question: les minorités doivent-elles s'incliner en toute circonstance ? Quand la "masse se range derrière le fascisme, la minorité a-t-elle tort de se révolter ? Pendant la guerre d'Algérie, les communistes qui faisaient le choix au prix de leur vie de refuser l'aligement sur la position coloniale du Parti auraient-ils du ne rien faire, dans la mesure ou les prolétaires français dans leur immense majorité ne faisaient pas grand chose, au moins au début.

Toi, tu me répondras que non, parce que dans ce cas , la minorité représentait en fait la vraie conscience des masses. Et c'est là ou toute l'argumentation communiste repose sur une insoluble contradiction; dans votre théorie, certaines minorités parfois infimes ont, on se sait pourquoi, le statut d'"avant garde " et là peuvent décider à la place de tout le monde, et user des méthodes les plus dégueulasses , si une partie de la masse a agi "au moment inopportun".Et à d'autres moments, les minorités sont "individualistes "

Et c'est d'ailleurs bien ce qui explique que vous ayez été totalement désarmés face à Staline, car vous ne pouviez vous poser qu'en avant garde concurrente, et l'avant garde de l'un est toujours la minorité de l'autre. Quand on a défendu des années la mise au pas des minorités "qui se trompent ", difficile de trouver l'argumentation ensuite quand on se retrouve classé par l'adversaire dans cette catégorie.

Mais bien sûr, c'est la faute de la situation internationale...Contradiction encore de vos théories. D'un côté le messianisme putschiste, le rôle central dans la révolution d'individus visionnaires, et de l'autre, pour expliquer les défaites de ces mêmes individus, le retour au mécanisme marxiste: on n'y pouvait rien, il y avait des éléments objectifs qui de toute façon entraineraient la contre révolution.

L'anarchisme est finalement plus simple mais moins casse gueule: l'auto organisation simultanément locale et fédéraliste comporte certes un risque insupportable pour toutes les avant gardes qui aiment la masse une et indivisible, celui de la non unanimité assumée des désaccords, des stratégies parfois antagonistes. Mais ces principes seuls fondent les accords stratégiques vraiment efficaces, parce qu'ils sont partagés et vécus par tous comme étant de la responsabilité de chacun.

Et c'est aussi ce qui fonde la meilleure des résistances à la répression, car il n'y a pas de tête à éliminer ou à corrompre, et la neutralisation des uns ne signifie pas celle d'une "masse" désemparée.

Bien sûr que ceux qui se vivent comme "révolutionnaires " sont des acteurs sociaux: notre différence, c'est de ne pas nous mettre au dessus des autres, d'accepter d'être soumis au même titre que n'importe quel membre de la "masse" à un processus de réflexion et de décision collective ou nous défendrons nos propositions à égalité avec les autres.

Et effectivement, nous n'imposerons jamais aux "masses " d'entrer de force dans l'"armée révolutionnaire ", comme le firent les vôtres, et d'obéir aveuglément à des "généraux " issus de l'avant garde.

Il est évident que ce type de principes a parfois beaucoup couté au mouvement face aux stratégies avant gardistes qui s'appuient sur le respect d'une hiérarchie quelle qu'elle soit. Il est évident que ne pas prendre le pouvoir quand on le peut, ce fut parfois vous le laisser.

Mais ce choix là, si nos compagnons l'ont payé lourdement au niveau individuel, collectivement l'Histoire leur a donné raison, car la prise du pouvoir n' a jamais conduit à autre chose qu'à la contre révolution. Et si nous n'avons pas "gagné", au moins n'avons nous pas la responsabilité collective et individuelle de tous ces massacres commis au nom du pouvoir d'une avant garde ou d'une autre. Du moins n'avons nous pas à multiplier les contorsions idéologique pour expliquer comment la "partie la plus consciente " du prolétariat a pu contribuer à la mise en place des structures de la dictature et en être victimes ensuite, du moins n'avons nous pas à en rejeter la responsabilité sur les "masses internationales ", qui ont bon dos.
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Messagepar NOSOTROS » Lundi 15 Déc 2008 14:43

Même si bien sûr le plus forcené des individualistes anarchistes m'inspirera toujours plus de respect et d'amitié , quelles que soient nos divergences que le léniniste imbu de lui même. L'un a le le courage de dire "je " quand il expose ses idées, l'autre se cache derrière un "nous " même quand il est seul


Excellent ! je le réutiliserai !
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sur la lutte et les révolutionnaires

Messagepar jérôme » Vendredi 19 Déc 2008 18:30

Wiecha tu dis « Bien sûr que ceux qui se vivent comme "révolutionnaires " sont des acteurs sociaux: notre différence, c'est de ne pas nous mettre au dessus des autres, d'accepter d'être soumis au même titre que n'importe quel membre de la "masse" à un processus de réflexion et de décision collective ou nous défendrons nos propositions à égalité avec les autres. » OK avec cela, Il ne s’agit en rien d’être « au dessus des autres » ni d’imposer quoi que ce soi. Pas du tout ! Les révolutionnaires ne peuvent en rien se substituer à la masse. Mais attention, toutes les idées ne se valent pas, ni toutes les propositions ! Certaines ne sont fausses ou inadaptées. C’est la validité des positions qui s’imposeront de façon consciente, par nécessité et non par un prétendu « coup de force » et qui devront être prise en charge par les masses. Qui décidera ? Justement, les masses ouvrières dans les conseils ouvriers, pas une minorité d’individus ou « un parti » ! La révolution sera un processus conscient et collectif. Ce sont les ouvriers qui décideront eux-mêmes, il n’y aura rien à « imposer aux masses » qui ne devrons surtout pas « obéir aveuglément à des généraux issu de l’avant-garde. ». Les révolutionnaires sont une partie de la classe ouvrière. Ils n’en sont pas séparés. Ils en sont aussi distincts (mais non séparé) parce qu’ils sont plus conscients de part leur caractère organisé. Plus conscient, cela ne signifie en rien qu’ils ont « des droits » sur les autres, ni qu’ils peuvent décider « à la place des autres ». Mais leur voix est centrale pour tirer les leçons des luttes, apporter leur expérience dans la fermentation et la réflexion révolutionnaire collective. Encore une fois, cela ne veut pas dire qu’ils décident seuls et s’imposent « contre les autres », ni « au nom des autres ». Non ! bien sûr, la révolution sera « l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». Sinon, après, il y a beaucoup de choses et je ne peut pas répondre a tout. A propos de Brest-Litovsk et de la politique des bolchevicks, il faut éviter les œillères et les préjugés, et bien sûr reconnaître des erreurs graves (c’est différent d’une trahison). Le contexte n’explique pas tout, c’est vrai. Les bolchevicks ont fait des erreurs, des erreurs mêmes très graves. Mais ils ont été pris et aspirés par la contre-révolution. Il y a bien eu contre-révolution ! Sommes nous au moins OK avec cela ? Car pour la bourgeoisie, c’est une sorte de « putsh » avec le « machiavel Lénine ». Les bolcheviks auraient inventé « un plan machiavélique » pour « prendre le pouvoir et en cela voulu « détruire la démocratie ». Tout cela n’est que mensonges ! La révolution a été un réel élan des masses, qui a mis fin a la première guerre mondiale. Les bolcheviks ont été d’authentiques défenseurs de cette révolution. Mais le contexte d’isolement, leurs erreurs aussi, ont fini par les plonger dans la défense de l’état Russe. Dès que les conseils ouvriers ont été vidés de leur vie politique, dès que le parti bolchevik s’est identifié à l’état, alors c’était la défaite écrasante et la poursuite de l’exploitation capitaliste, le capitalisme d’état dans sa version stalinienne. Il y a eut tout un processus d’involution. Gangrené par l’opportunisme et le poids de l’idéologie dominante, le parti bolchevik est passé dans le camp de la bourgeoisie en adoptant « le socialisme dans un seul pays » (Staline). Mais ceux qui sont resté fidèle à la révolution ont continué le combat dans des fractions de gauche ! Ce n’est pas parce qu’il est passé dans l’autre camp, par la défaite, qu’il faut mettre dans le même sac le parti bourgeois de Staline et celui de l’époque prolétarienne de Lénine. Un était une organisation prolétarienne, l’autre un parti bourgeois, celui de Staline ! Tout mettre dans le même sac, dire que le « vers est dans le fruit », voilà le beau résultat de la propagande bourgeoise qui n’a qu’un but : « assimiler le communisme au stalinisme ». Dernier point, c’est en fait la question de la différence entre l’action minoritaire et l’action collective. Ce n’est pas tant une question numérique, même si cela entre en ligne de compte, qu’une approche politique. Décider dans son coin, coupé des autres, par exemple dans le dos d’une AG, en décidant à la place des autres, cela, c’est une action minoritaire à proscrire ! Après, il peut y avoir une action faite par une minorité, mais décidé collectivement, en AG. L’action d’une minorité d’ouvriers, en soi, n’est pas à proscrire si elle participe d’un processus permettant d’élargir la lutte et de développer la conscience et si elle ne s’oppose pas au mouvement dans son ensemble.
Nosotros, tu dis : « tu nie les individus dans ton projet révolutionnaires ». Je te réponds, que ce n’est pas le cas. Les individus on toute leur place et singularité, mais ils ne peuvent se réaliser justement que dans un projet et combat collectif. Ce que je rejette, ce n’est pas l’individu, mais l’individualisme qui exprime l’idéologie petite bourgeoise que je trouve détestable. Cela n’a rien à voir avec la vision stalinienne qui consiste a penser, pour les besoin de sa domination et de sa propagande, que la classe ouvrière est monolithique et doit « obéir » « au parti » et pour cela elle broie tous les individus en les formatant dans son moule idéologique. Mon point de départ, est une vision de classes sociales antagoniques, de lutte de classe, mais pas celui des staliniens, ni des trotskistes et autres gauchistes. Enfin, sur la question de « l’européocentrisme » que tu crois déceler, je t’ai déjà répondu il y a longtemps. Je n’y reviens pas. J’ai déjà expliqué en quoi je ne suis pas « euroépocentriste » !
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Messagepar wiecha » Vendredi 19 Déc 2008 23:46

Les révolutionnaires sont une partie de la classe ouvrière. Ils n’en sont pas séparés. Ils en sont aussi distincts (mais non séparé) parce qu’ils sont plus conscients de part leur caractère organisé.


Oui mais la question est : fait-on partie des "révolutionnaires " parce qu'on en a l'intime conviction ? Au nom de quoi, décide-t-on qu'on est légitime à avoir une place "centrale " dans le processus, quitte à l'imposer puisqu'on est persuadé d'avoir raison, à d'autres parties du mouvement.

Au nom de rien. Bien souvent dans l'histoire, des gens perusadés d'être plus "conscients " se sont retrouvés dépassés en quelques jours par les organes collectifs du mouvement de classe.

A d'autres moments d'autres gens persuadés d'être plus conscients avaient une armée et déjà une hiérarchie avec un "centre" qui pouvait briser concrètement les mouvements dont ils considérait qu'ils n'avaient pas la "bonne vue d'ensemble". Il s'est avéré qu'ils ne l'avaient pas non plus, qu'ils ne voyaient pas venir la "contre révolution ", et qu'ils ont joué contre eux même. Ainsi , les anarchistes et les insurgé()es ukrainien(nes) n'étaient pour beaucoup plus là pour résister à Staline quand celui-ci a pris le pouvoir et la combativité des ouvriers avait elle aussi été brisée notamment par les attaques de Trotsky et de son armée, au nom d'une vision centrale qui l'a finalement conduit à sa perte notamment parce qu'il avait lui même contribué au nettoyage nécessaire à la mise en place de la dictature stalinienne.
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Messagepar NOSOTROS » Samedi 20 Déc 2008 2:41

C’est la validité des positions qui s’imposeront de façon consciente, par nécessité


Pourquoi "par nécessité" ?

C'est gravé dans le marbre ?
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sur les révolutionnaires

Messagepar jérôme » Mardi 23 Déc 2008 15:48

Wiecha tu écris : « fait-on partie des "révolutionnaires " parce qu'on en a l'intime conviction ? Au nom de quoi, décide-t-on qu'on est légitime à avoir une place "centrale " dans le processus, quitte à l'imposer puisqu'on est persuadé d'avoir raison, à d'autres parties du mouvement ». Je répondrais, la « légitimité » des révolutionnaires, c’est comme la « légitimité de la grève ». Les révolutionnaires sont nécessaires pour le mouvement révolutionnaire, « sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire ». La révolution n’est pas un processus aveugle. C’est un processus CONSCIENT. Et ce sont les travailleurs eux-mêmes qui doivent prendre conscience et à eux le pouvoir, à de décider. Quel rôle des révolutionnaires alors ? Le rôle des révolutionnaire est d’accélérer ce processus de prise de conscience, de le stimuler : pas de s’y substituer. Il n’est pas question « d’imposer puisqu’on est persuadé d’avoir raison ». On ne peut pas décider à la place des ouvriers. Tu as tout à fait raison de dire que les révolutionnaires peuvent se trouver « dépassés en quelques jours par des organes collectifs du mouvement de classe ». Je suis OK avec cela. Les révolutionnaires, s’ils sont nécessaires pour dynamiser la réflexion, peuvent aussi se tromper ou adopter une attitude parfois conservatrice a un moment donné, c’est vrai. C’est la dynamique de la lutte seule qui peut leur permettre de corriger leurs erreurs, la conscience des masses. Aucune organisation de classe n’a une vérité absolue. Mais l’organisation révolutionnaire n’en est pas moins nécessaire. Il existe des principes liées à l’expérience de la classe qu’il est vital de rappeler et les révolutionnaires jouent pour cela un rôle décisif, par exemple, qu’on ne peut pas conquérir l’état bourgeois, il faut le détruire ; de même, une révolution ne peut réussir qu’internationalement (car le « communisme local » est impossible et une idée absurde) etc. Trahir ces principes de bases, c’est perdre en légitimité en égard au mouvement. Il ne s’agit pas de se décréter « légitime » pour « imposer » quoi que ce soi ! Si je dis que « je suis Napoléon » et que je veux « l’imposer aux autres », parce que je « pense avoir raison », je pense que ce sera difficile. Non ? Plus sérieusement, la validité des positions et des analyses se vérifient au feu de la lutte elle-même, elles sont un atout indispensable si elles concordent avec les besoins de la lutte, comme par exemple la nécessité de l’extension, de la solidarité, de la prise en main par les travailleurs et non par les syndicats, des AG souveraines avec élus révocables etc. Ce n’est pas « écrit dans le marbre », comme le dit Nosotros, les leçons tirées des luttes par les révolutionnaires ne sont valables que si elles sont utiles en pratique pour le mouvement ; C’est là qu’elles prennent du sens ou pas. La « place centrale » dans un mouvement est une reconnaissance de la validité d’orientations politiques qui émanent du mouvement lui-même et qui doivent faire concorder le but et les moyens. Dans ce cas, il y a légitimité : mais cela ne signifie pas, j’insiste, qu’une minorité « impose », ou « décide à la place de.. » et encore moins « prenne le pouvoir au nom de la classe ouvrière ». C’est la classe ouvrière comme un tout qui décide. Les révolutionnaires ne sont qu’une partie du mouvement. Ils ne peuvent décider pour le tout !
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Messagepar NOSOTROS » Mardi 23 Déc 2008 16:38

beaucoup trop intelligent pour mon entendement limité ... j'entrave que couic !

j'ai comme la sensation d'avoir affaire à un discours d'hypnotiseur,, mais bon ...


(déjà le fait de revendiquer une place centrale, ça part mal ... Il ya quand même quelque chose que je ne comprends pas : tu dis que l'organisation des révolutionnaires ne doit pas décider à la place des ouvriers. Mais alors de deux choses l'une : soit les ouvriers sont sur des positions différentes de l'organisation des révolutionnaires et alors celle ci n'occupe pas une place centrale et continue son travail de réflexion / agitation à la marge ; soit les ouvriers sont en symbiose avec les positions de l'organisation des révolutionnaires et alors celle ci n'a plus de raison d'être, elle doit se dissoudre dans la masse et donc n'occupe plus de place centrale puisqu'elle n'existe plus ?)

Si je dis que « je suis Napoléon » et que je veux « l’imposer aux autres », parce que je « pense avoir raison », je pense que ce sera difficile. Non ?


Non, pas tant que ça en fait. Il suffit de créer une organisation de révolutionnaires professionnels, centralisée autour de son chef, dont les adhérents sont mus par une discipline de fer, soudés dans une obéissance aveugle à la hiérarchie (quelle qu'elle soit), et qui vont ensuite par un coup d'Etat imposer leur point de vue à tout le monde. Bref, s'organiser de façon bolchévique ...


Ceci dit :

Le rôle des révolutionnaire est d’accélérer ce processus de prise de conscience, de le stimuler


L'expérience montre surtout que le rôle des révolutionnaires patentés est de courir très vite pour essayer de rattraper le mouvement révolutionnaire qui les dépasse lors d'explosion populaire ... :lol:


des AG souveraines avec élus révocables


pourquoi faire, ces élus révocables ? pour négocier ?

Si il n'y a rien à négocier, il n'y a personne à élire ...
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sur les révolutionnaires

Messagepar jérôme » Vendredi 02 Jan 2009 22:56

Nosotros, tu dis « ... Il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas : tu dis que l'organisation des révolutionnaires ne doit pas décider à la place des ouvriers. Mais alors de deux choses l'une : soit les ouvriers sont sur des positions différentes de l'organisation des révolutionnaires et alors celle ci n'occupe pas une place centrale et continue son travail de réflexion / agitation à la marge ; soit les ouvriers sont en symbiose avec les positions de l'organisation des révolutionnaires et alors celle ci n'a plus de raison d'être, elle doit se dissoudre dans la masse et donc n'occupe plus de place centrale puisqu'elle n'existe plus ?) ».
Dans le cas d’une « symbiose » entre l’organisation révolutionnaire et le reste de la classe ouvrière, nous sommes en présence d’un niveau de conscience très élevé : une situation qui n’arrive seulement que dans les périodes révolutionnaires. A ce moment, le rôle des révolutionnaires est toujours crucial et l’organisation ne doit pas se dissoudre. Il ne s’agit plus alors de groupes, d’individus ou d’organisations internationales (comme par exemple le CCI) ou de cercles révolutionnaires éparpillés, mais d’un véritable parti mondial : chose qui n’existe pas aujourd’hui. Pour cela, il faudra un regroupement et un niveau de lutte et surtout de conscience très nettement supérieur (on en est pas encore là). Même dans une période révolutionnaire, ou la classe ouvrière est regroupée dans les conseils ouvriers, même si il y a « symbiose » à un moment donné avec le parti, le rôle des révolutionnaires reste toujours indispensable pour sa contribution : la réflexion collective et théorique, la nécessité de tirer les leçons plus en profondeur restent toujours nécessaire, y compris après la prise du pouvoir par les conseils ouvriers. Il n’y a pas d’opposition entre le parti et les conseil, il doit y avoir réflexion en commun : ce qui ne signifie ni substitution dans la réflexion, ni dans le pouvoir politique (détenu par les conseils). Quand tu parles d’une organisation de « révolutionnaires professionnels, centralisée autour de son chef, dont les adhérents sont mus par une discipline de fer, soudés dans une obéissance aveugle à la hiérarchie (quelle qu'elle soit), et qui vont ensuite par un coup d'Etat imposer leur point de vue à tout le monde. Bref, s'organiser de façon bolchevique ». Là ce dont tu parles, c’est du stalinisme. On est plus dans l’organisation (avec peut-être des maladresse et des faiblesses) qui avait pour mot d’ordre « tous le pouvoir aux soviets », mais dans la logique du stalinisme qui a effectivement identifié le parti à l’état : mais c’est différent ! .....
Tu dis aussi : « L'expérience montre surtout que le rôle des révolutionnaires patentés est de courir très vite pour essayer de rattraper le mouvement révolutionnaire qui les dépasse lors d'explosion populaires ». Cela peut arriver, mais l’expérience de l’insurrection de 1917 en Russie montre l’inverse ! De même, avant cela, les conférences de Zimmerwald et de Khiental montraient le sens véritable d’une avant-garde contre la guerre impérialiste par l’internationalisme prolétarien.
Enfin, à propos de AG, tu dis « pourquoi faire, ces élus révocables ? Pour négocier ? Si il n'y a rien à négocier, il n'y a personne à élire ». Des représentants des AG peuvent être mandatés pour représenter l’AG à un moment donné dans d’autres AG ou face à des instances de la bourgeoisie. Contrairement à la pratique syndicale qui négocie dans le dos des ouvriers et contre eux, cela doit se faire par les ouvriers et pour eux (donc les élus doivent rendre des comptes à l’AG qui oriente et mandate en permanence). Il y a l’exemple des MKS en 1980 en Pologne (sorte d’AG regroupant plusieurs usines) qui avaient exigé que les négociations se fassent avec des hauts parleurs et « en direct » en dehors des syndicats (mais Solidarnosc a réussi par ses magouilles a s’imposer rapidement et a livré le mouvement à la répression). Une situation ou la classe ouvrière est obligée de « négocier » parce qu’elle n’est pas assez forte pour étendre davantage sa lutte à un moment donné ne signifie pas qu’elle « collabore », ni quelle doit abandonner le combat ! Dans l’histoire du mouvement ouvrier, les ouvriers ont mené des luttes, ont négocié et gagné parfois (hausse de salaires, amélioration des conditions de travail etc.). Mais la lutte de classe reste de tourte façon permanente dans le capitalisme, même si elle n’est pas toujours visible immédiatement !
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Messagepar NOSOTROS » Samedi 03 Jan 2009 1:23

Mais la lutte de classe reste de tourte façon permanente dans le capitalisme,


Le discours du CCI c'est pas de la tourte !

Il a bon dos le stalinisme ...

Je te laisse avec tes rêves de Parti et d'avant garde, tu me fais froid dans le dos et en ce moment j'ai besoin de chaleur ...
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