Bibliographie sur le Progrès, la Science et la Technique.

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Bibliographie sur le Progrès, la Science et la Technique.

Messagepar NOSOTROS » Lundi 15 Sep 2008 10:06

Pour ceux que le sujet intéresse :

http://patrick.ferre.free.fr/Bibliograp ... iciene.htm

TECHNO-CRITIQUE ET LUTTES ANTI-INDUSTRIELLES.

" Serge Latouche, La Méga-machine La plus extraordinaire machine jamais inventée et construite par l’homme n’est autre que l’organisation sociale. Sous l’égide de la main invisible, techniques sociales et politiques d’une part - de la persuasion clandestine publicitaire au viol des foules par la propagande, démultipliées par les autoroutes de l’information -, techniques économiques et productives d’autre part - du fordisme au toyotisme, de la robotique à la biotechnologie - s’échangent, fusionnent, s’interpénètrent. Elles s’articulent désormais en un gigantesque réseau mondial mis en œuvre par des firmes et des entités transnationales qui soumettent États, partis, sectes, syndicats, ONG, etc. L’emprise de la rationalité technoscientifique et économique donne à l’ensemble une ampleur inédite et en fait une “Mégamachine” jamais vue dans l’histoire des hommes. Sur le thème de l’unité et de la diversité de la Mégamachine planétaire, ce livre rassemble des essais qui s’inscrivent dans le cadre du grand débat contemporain sur le statut de la technique. Ainsi se présentait, il y a dix ans, cet ouvrage devenu introuvable et que beaucoup tiennent pour prophétique. C’est à lui que renvoient nombre des débats qui font rage aujourd’hui dans le monde entier autour du thème de “la décroissance” : si le progrès et la croissance sont insoutenables et mortifères, n’est-il pas grand temps d’amorcer une “décroissance conviviale” ? Dernière chance avant l’apocalypse ? L’introduction en ligne de l’ouvrage.

" Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé . Ce livre est une réflexion sur le destin apocalyptique de l’humanité. Celle-ci, devenue capable d’autodestruction, soit par l’arme nucléaire, soit par l’altération des conditions de survie, se doit de regarder avec sérieux les menaces qui pèsent sur elle. Il nous faut croire à la réalité de la catastrophe et non à sa simple éventualité pour la prévenir efficacement. L’impossible de demain, l’improbable futur, se font présent et la « précaution » ne suffit pas : elle décide pour le présent dans l’incertitude des conséquences futures, mais elle ne va pas jusqu’à penser l’impossible comme certain, jusqu’à nous en donner l’évidence. S’appuyant sur l’exemple de la dissuasion nucléaire, Jean-Pierre Dupuy donne ici une réflexion fondamentale sur le changement d’attitude vis-à-vis de l’avenir qui devrait être le nôtre si nous ne voulons pas sombrer dans la catastrophe. Une réflexion fondamentale sur la catastrophe et notre aveuglement face à sa possibilité et même sa certitude.

" Alain Gras, Fragilité de la puissance. Se libérer de l’emprise technologique . La guerre en Irak a mis brutalement en lumière notre extraordinaire dépendance au pétrole... et notre extraordinaire incapacité à imaginer des voies qui n’utiliseraient pas cette ressource limitée. D’autres innovations technologiques aujourd’hui suivent un modèle analogue, nous enfermant dans des rails techniques, nous privant de tout choix, construisant une civilisation de la puissance... et de la fragilité. Comment en sommes-nous arrivés là ? Le " progrès technique " n’est-il pas une illusion qui nous empêcherait de voir la pluralité des lendemains possibles, et donc nous priverait d’une dimension essentielle de la liberté humaine : la possibilité même de choisir ? Car les techniques ne sont pas neutres : elles façonnent la société. Optimiste, Alain Gras montre ici que d’autres choix, collectifs, sont pensables - et par là même possibles.
À l’aide de nombreux exemples, il propose une passionnante relecture de l’histoire des techniques et redonne toute sa place à la diversité des sociétés et des cultures. Briser la porte de la prison imaginaire dans laquelle nous nous sommes enfermés, comprendre que le progressisme technologique est devenu la figure centrale du nihilisme contemporain, voilà l’objet de cet ouvrage. Alain Gras est professeur de sociologie et d’anthropologie des techniques à la Sorbonne (Paris I). Ce livre est la synthèse des travaux qu’il mène depuis plus de vingt ans sur le progrès technique. Une interview très intéressante d’Alain Gras à propos de son ouvrage. L’article de Alain Gras, « Comment se débrancher des macro-systèmes ? » (pdf).

" Le Système Technicien, Jacques Ellul. Cet essai, publié en 1977 dans la collection " Liberté de l’Esprit " de Raymond Aron et introuvable en librairie depuis longtemps, est la clef de voûte de sa trilogie (La Technique - Le Système technicien - Le Bluff technologique). Il est considéré comme son livre le plus abouti. La Technique, pour Ellul, est le facteur déterminant de la société. Plus que le politique et l’économie. Elle n’est ni bonne ni mauvaise, mais ambivalente. Elle s’auto-accroît en suivant sa propre logique. Elle piétine la démocratie. Elle épuise les ressources naturelles. Elle uniformise les civilisations. Elle a des effets imprévisibles. Elle rend l’avenir impensable. Grâce à l’informatique, la Technique a changé de nature : elle forme, à l’intérieur de la société, un " système technicien ". L’informatique, en unifiant tous les sous-systèmes (téléphonique, aérien, de production et distribution d’énergie, etc.), lui a permis de devenir un tout organisé, lequel vit à l’intérieur de la société, la modèle, l’utilise, la transforme. Mais ce système, qui s’auto-engendre, est aveugle. Il ne sait pas où il va. Et il ne corrige pas ses propres erreurs. Un livre indispensable pour qui ne veut pas penser en rond.

" Jean-Luc Porquet, Jacques Ellul, l’homme qui avait (presque) tout prévu . JACQUES ELLUL (1912-1994) est plus connu aux États-Unis qu’en France. Au début des années soixante, enthousiasmé, Aldous Huxley fit traduire et publier avec succès son maître-livre La technique ou l’enjeu du siècle, depuis élevé au rang de classique étudié à l’université. Aujourd’hui, la plupart de ses livres sont introuvables en librairie, même si le mouvement écologique, dont il fut un des précurseurs, lui doit beaucoup ; ainsi est-il le maître à penser de José Bové. Cet homme libre, à l’écart de toutes les chapelles, à la fois libertaire et croyant, solitaire et engagé dans son siècle, avait tout prévu, ou presque. Des crises comme celle de la vache folle, et notre brusque désarroi devant notre assiette ? Il les avait prévues. La très désagréable impression, dans ce domaine comme dans d’autres (OGM, réchauffement climatique, déchets nucléaires, pesticides, amiante, air pollué, antennes-relais, sites Seveso, etc.), d’être confrontés à des choix qui nous dépassent infiniment, et d’aller vers un monde de plus en plus incertain, risqué, aliénant ? Il l’avait prévue. La ferme volonté des scientifiques de fabriquer, par le clonage et les manipulations génétiques, non seulement des plantes et des animaux " améliorés ", mais un homme supérieur, un surhomme ? Il l’avait prévue. Non seulement il avait prévu ces phénomènes, mais il les avait pensés, analysés, jaugés tout au long d’une œuvre aussi féconde que torrentielle (près de cinquante ouvrages). Persuadé que la technique mène le monde (bien plus que la politique et l’économique), il a passé sa vie à analyser les mutations qu’elle provoque dans nos sociétés, et son emprise totalitaire sur nos vies. Dans cet ouvrage, Jean-Luc Porquet expose vingt idées fortes d’Ellul, et les illustre par des sujets d’actualité. On verra qu’à l’heure où le mouvement critique contre la mondialisation cherche des clefs pour comprendre et, agir, cette pensée radicale, généreuse et vivifiante a des chances de s’imposer comme une référence indispensable.

" Jacques Ellul, La Technique, ou l’enjeu du siècle . La Technique ou l’enjeu du siècle a connu une destinée singulière. Refusé par deux éditeurs, il a finalement été publié dans une collection universitaire à faible tirage et a très vite été épuisé, Jamais réédité (sauf en édition pirate) il n’a cessé d’être lu et pillé, même si ceux qui l’ont utilisé ne l’ont pas toujours cité. Aux Etats-Unis, il est constamment réédité en collection de poche et est inscrit au programme des lectures obligées (text-books) de la plupart des universités. Il a également eu une grande influence chez les dissidents des pays de l’Est. Jacques Ellul n’a cessé d’approfondir sa réflexion sur la technique dans des livres devenus des classiques : Propagandes (1960), L’illusion politique (1963), Le système technicien (1977) et, tout récemment, Le bluff technologique (1987). Mais on ne peut comprendre son œuvre sans de reporter à ce livre fondateur. Prophétiques lorsqu’elles ont été écrites, ses vues sur la technique comme fait central de nos sociétés conservent plus de 35 ans après une étonnante et parfois inquiétante actualité. En 1960, Jacques Ellul avait préparé une deuxième édition revue et complétée qu’un éditeur peu avisé a renoncé à publier.

" Jacques Ellul, Le bluff technologique , Hachette Pluriel Reference, réédition 2004. Dans cet ouvrage, véritable synthèse de sa réflexion sur la technique, Jacques Ellul s’attache à démystifier le discours sur les changements technologiques qui fleurissent dans notre société. Ecrit bien avant l’explosion de l’informatique et des télécommunications dan, les années 1980, ce livre en anticipe l’arrivée, les utopie ; et les déconvenues. Il démonte avec minutie et conviction les arguments qui font de la technologie un, fatalité et plaide en faveur d’une technique au service de l’homme. Avec ce texte polémique sur l’homme en proie au divertissement et sur la société qui l’asservit à une multiplicité de gadgets, Jacques Ellul apporte une contribution essentielle au grand débat sur la trivialisation de la culture dans nos démocraties modernes.

" Bernard Charbonneau, Le Système et le Chaos . Le développement scientifique, technique, au rythme actuel peut-il se poursuivre indéfiniment dans l’epace fini de notre Terre ? Le savoir et le pouvoir humains ne risquent-ils pas tôt ou tard de rompre le fragile équilibre de la planète Vie ? Comment l’éviter autrement que par une gestion scientifique étendue à la terre, et au plus secret de la vie et de l’esprit humains ? Aider à une prise de conscience de ce dilemme, première condition d’une issue, tel est l’objet de ce livre.

" Louart, Bertrand, Quelques éléments d’une critique de la société industrielle , Paris, Notes & morceaux choisis, 2003. Le texte est entièrement en ligne

" Granstedt Ingmar, L’impasse industrielle , Paris, Seuil, 1980. Ce livre fournit de nombreux éléments susceptibles de faciliter la compréhension de la crise du monde industrialisé. L’analyse de la situation actuelle s’enrichit d’une ébauche de critères pour aider à établir un nouvel équilibre technologique axé sur la liberté d’action, la liberté maximale des personnes d’agir dans leur vie quotidienne.

" Gunther Anders, L’obsolescence de l’homme. Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle , Encyclopedie des Nuisances, 2002 (1956). « Tout le monde est d’une certaine manière occupé et employé comme travailleur à domicile. Un travailleur à domicile d’un genre pourtant très particulier. Car c’est en consommant la marchandise de masse - c’est-à-dire grâce à ses loisirs - qu’il accomplit sa tâche, qui consiste à se transformer lui-même en homme de masse. Alors que le travailleur à domicile classique fabriquait des produits pour assurer un minimum de biens de consommation et de loisirs, celui d’aujourd’hui consomme au cours de ses loisirs un maximum de produits pour, ce faisant, collaborer à la production des hommes de masse. Le processus tourne même résolument au paradoxe puisque le travailleur à domicile, au lieu d’être rémunéré pour sa collaboration, doit au contraire, lui-même la payer, c’est-à-dire payer les moyens de production dont l’usage fait de lui un homme de masse (l’appareil et, le cas échéant, dans de nombreux pays, les émissions elles-mêmes). Il paie donc pour se vendre. Sa propre servitude, celle-là même qu’il contribue à produire, il doit l’acquérir en l’achetant puisqu’elle est, elle aussi, devenue une marchandise. »

« Le monde comme fantôme et comme matrice. »

" Baudouin de Bodinat, La vie sur terre , Encyclopedie Des Nuisances 1999. Une sorte de version poétique de "la société de consommation" de Jean Baudrillard. Troublant de lucidité. Les mots justes sur l’inconscience de nos contemporains et sur le mensonge généralisé "qui fait sentir notre humanité supérieure à celles qui l’ont précédées". France Culture en a adapté une version radiophonique d’une puissance rare.
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Re: Bibliographie sur le Progrès, la Science et la Technique

Messagepar l autre » Mardi 15 Oct 2013 8:59

pour alimenter le débat sur l usage internet
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