POINT DE VUE SUR DE RECENTES EVOLUTIONS / NOUS OU ILS

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POINT DE VUE SUR DE RECENTES EVOLUTIONS / NOUS OU ILS

Messagepar Paul Anton » Vendredi 15 Fév 2008 12:53

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http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=1487

POINT DE VUE SUR DE RECENTES EVOLUTIONS / NOUS OU ILS

Ci dessous deux textes de réflexion sur les évolutions récentes du mouvement anarchiste en France, parus dans le journal de nos compagnons de la CNT-AIT Toulousaine "Anarchosyndicalisme !"



Point de vue sur de récentes évolutions
Par un effet de bascule générationnel quelques vieux mythes, habillés de nouveaux oripeaux, sont de retour. Il y a de cela une décennie la CNT-AIT s’était élevée contre le confusionnisme réformiste au sein du mouvement libertaire.

Fleurissaient alors des théories possibilistes de compromission et d’alliances qui se sont développées au nom du “municipalisme libertaire” (avec participation aux élections politiques locales), du “syndicalisme différent” (différent dans l’appellation peut-être, mais prêt à des fronts communs avec toutes les raclures syndicales), de la “visibilité médiatique” (avec organisation de cortèges fortement pavoisés, recours à des fanfares, interviews dans la “grande” presse et autres forfanteries) ou de la “représentativité” (avec participation aux élections professionnelles).

Ceux qui se sont engagés dans cette voie ont réduit leur mouvement à une pacotille aussi médiatisé qu’éphémère. Dix ans après, leur échec est tellement flagrant qu’eux-mêmes ou d’autres en prennent, avec la même absence de réflexion, le contrepied.

Dans le milieu libertaroïde, le temps était hier au “syndicalisme révolutionnaire”, il est maintenant à la renaissance de l’apologie de l’insurrection. Pile et face d’une même incapacité à appréhender la lutte sociale dans sa complexité, ces deux formules ont en commun un insigne désavantage : elles enferment la lutte dans une seule option tactique, obligeant ceux qui s’y conforment à répéter les mêmes comportements jusqu’à ce que tout le monde soit convaincu de leur inefficacité.

Or, la lutte révolutionnaire, c’est justement l’inverse, c’est poursuivre une finalité et s’y atteler avec des moyens qui soient d’une part compatibles avec la fin poursuivie mais surtout qui n’enferment pas les militants dans la répétition d’un petit nombre de séquences comportementales comme un cochon d’inde dans la roue de sa cage !

Seule une analyse globale de la société dans toutes ses dimensions (économiques, politiques,culturelles, sociales) associée à une volonté de lutte qui prennent bien en compte les réalités de terrain, c’est-à-dire la démarche constitutive de l’anarchosyndicalisme, permet d’éviter cet enfermement.

N.S.

===============

"Nous" ou ... "Ils",

DE L’USAGE DU "NOUS"

La monarchie française était une fervente utilisatrice de la première personne du pluriel : "Nous" disait Louis XIV pour parler de lui seul. Ce grand "Nous", appelé pour cela "nous de majesté", signait la grandeur de celui qui dominait tous les autres. Le roi se distinguait ainsi du commun des mortels. Quand "Nous" avait parlé, tout était dit, les autres n’avaient qu’à la fermer.

Dans le mouvement libertaire ce pronom a aussi une histoire. Bien différente. C’est celle d’un des groupes les plus fameux de la FAI (Fédération anarchiste ibérique), le groupe "Nosotros" ("Nous", en espagnol), qui réunissait Durruti, Ascaso, Garcia Oliver et quelques autres copains. Groupe de pensée et d’action en lien étroit avec tout le mouvement social espagnol, "Nosotros" parlait et agissait. Mais uniquement en son nom et rien qu’en son nom.

Et voici que, par un de ces retours dont l’histoire a le secret, le "nous" refait une apparition, et que, contrairement au "nous" des libertaires, il est, comme par le passé royaliste, une façon d’écraser la parole des autres. Ce nouveau "nous" est le pivot rhétorique et majestueux de textes qui, sous le nom d’"Appel", sont le signe de l’émergence d’une faction [1] dans le mouvement social (ou plus exactement autour de celui-ci). Voici par exemple ce que l’on peut lire dans l’"Appel de Rouen" (25 octobre 2007) :

"Aujourd’hui jeudi 25 octobre 2007 à Rouen une Assemblée Générale a déclaré la grève, l’occupation et le blocage de l’université. Nous sommes la génération qui s’est battu dans la rue ces dernières années, ces derniers mois. Depuis plusieurs jours, nous avons observé la mobilisation des autres villes. Il nous a semblé que chacun, là où il était, attendait un signal, une étincelle, pour que tout commence. Nous n’avons plus de raison d’attendre."

A moins qu’on nous explique que ce 25 octobre aient été présents, dans un amphithéâtre de l’université de Rouen, - où est censé avoir été écrit ce texte de référence - tous ceux qui se sont battu dans la rue ces dernières années, ce qui d’évidence serait grotesque, ce "nous sommes la génération " constitue une tentative de hold-up sur la parole de millions de personnes. Surtout que, soit dit en passant, les éléments qui se sont le plus "battus dans la rue" ces dernières années (puisque tel est le critère), en l’occurrence les jeunes de banlieues, n’ont certainement pas apporté la plus minime contribution à ce texte d’une facture toute universitaire !

Alors même qu’il se camoufle derrière une phraséologie libertaire ou autonome, ce style de prose est foncièrement absolutiste. L’Appel ne cache d’ailleurs pas sa volonté de puissance, et sa "Proposition V" est de ce point de vue caractéristique [2] :

"A toute préoccupation morale, à tout souci de pureté, nous substituons l’élaboration collective d’une stratégie. N’est mauvais que ce qui nuit à l’accroissement de notre puissance. Il appartient à cette résolution de ne plus distinguer entre économie et politique. La perspective de former des gangs n’est pas pour nous effrayer ; celle de passer pour une mafia nous amuse plutôt."

Une faction qui pose en principe que n’est mauvais que ce qui nuit à sa propre puissance, voilà qui est clair et qui nous éloigne définitivement des rivages libertaires.

SUBSTITUTISME ET MÉPRIS

Mais quelle est donc cette "stratégie collective" à laquelle les rédacteurs de l’Appel font allusion ? A l’épreuve des faits, elle ressemble comme deux gouttes d’eau à une manipulation.

En effet, si par le passé les groupes autonomes qui s’organisaient se donnaient la peine de se définir aussi clairement qu’il leur était possible ; l’originalité des nouveaux adeptes du "nous" réside en ceci qu’ils ne se définissent guère, et que, ne se définissant pas, ils SE donnent le droit d’englober tout le monde, en fonction de leurs besoins tactiques.

Tantôt ce "nous" là parle au nom des étudiants, tantôt des chômeurs ou des taulards, et si par cas des vieillards se rebellaient dans les maisons de retraite,gageons qu’ils seraient aussitôt englobés, eux aussi, avec lemême enthousiasme. Tout ceci n’est qu’une nouvelle version du substitutisme qui a permis par le passé à un Parti puis à un Comité central, enfin à un seul individu, un Lénine puis un Staline ; de s’ériger au-dessus des masses. C’est ce même substitutisme qui permet au pouvoir "démocratique" de parler au nom du peuple pour mieux l’exploiter.

Certes, lorsqu’on aspire aussi clairement que cela à la "puissance", il est plus flatteur pour son propre ego de se poser en porte-parole d’une masse (la "génération qui s’est battue") plutôt que de dire honnêtement (un mot banni de leur vocabulaire) :

"Voilà, nous sommes un groupe de quelques personnes, et voici ce que nous pensons."

Ce haut sentiment de sa propre valeur s’accompagne d’un grandiose mépris pour les foules :

"Nous avons subi vos AG, nous les avons même organisées ...Cette lutte de pouvoir pour le pouvoir, par le pouvoir, nous la haïssons. Nous l’avons utilisée comme un prétexte pour arrêter le cours normal des choses, se rencontrer, partager, conspirer... Ça vous ne l’avez pas compris, vous étiez absents dans la situation, dans la vie qui se déroulait ici, parce qu’un monde nous sépare.” (Appel de Rouen, 13 décembre 2007).

On ne saurait être plus vaniteux ! Voici, dans le fond, ce qu’ils disent : "Oui, nous avons pris part à la direction du mouvement, mais, tas de crétins, vous n’avez rien compris, et c’est pour ça que l’échec est uniquement de vôtre faute, na nanère !". Il faut une bonne dose de candeur pour s’exprimer ainsi ; car le coup du "responsable mais pas coupable" n’est pas franchement nouveau. Ce procédé simpliste qui consiste à projeter la responsabilité de la faute sur "les autres" (ceux qui sont réduits au rôle de spectateurs) et à éviter ainsi toute réflexion critique sur sa propre action est une clef du fonctionnement psychique du "beauf’s" standard et une des plus vieilles astuces de tous les pouvoirs.

REPRÉSENTATION ET DÉRIVE DROITIÈRE

Forme et fond sont liés. Elles sont révélatrices de l’état d’esprit. Le mépris des autres, la volonté de les manipuler, de les mener, de les utiliser... tout cela est aux antipodes de la pensée et de l’éthique libertaires. Ces modes d’actions ont toujours été portés par des gens qui se croient au-dessus du lot, et qui historiquement ont parasité le mouvement révolutionnaire. Leurs circonvolutions littéraires plus ou moins lyriques ne sont là que pour tromper l’auditoire et s’attirer des sympathies.

Dans les textes cités ici, comme dans ceux qui se rattachent à cette faction, on reconnaît aisément l’influence des hédonistes libertariens qui nient la lutte de classe, parce que, issus des classes moyennes, ils n’ont jamais vraiment coupé le cordon ombilical avec, le tout saupoudré en permanences d’envolées prophético-mythomaniaques typiques du gauchisme le plus éculé. Les mots du prolétariat, les mots des exploités, les mots simples qui vont droit au coeur, tous ces mots là sont aussi absent de leur prose que des colonnes du Figaro Magazine.

Ce n’est pas là en effet qu’on va entendre parler de solidarité de classe, d’espoir social ! Au contraire, on se vautre dans la pourriture ambiante. Ces esthètes, aux manières de petits Nérons, n’ont aucune compassion pour la souffrance d’autrui. Ils hument avec allégresse la puanteur qui monte du système, comme si elle pouvait justifier les instincts les plus vils : "Nous admettons la nécessité de trouver de l’argent, qu’importent les moyens,..." [3] "... de l’argent, qu’importent les moyens ?", voici qu’ils nous présentent comme une de leurs trouvailles l’essence même du capitalisme : faire de l’argent par n’importe quel moyen ! Pour ça non plus le système ne les a pas attendus !

N’empêche, nous vivons un curieux paradoxe : nous sommes dans une période riche de potentialités, dans laquelle les capacités et les envies d’autooganisation collective se font de plus en plus fortes et parfois même parviennent à se concrétiser. Et voici que prétendant parler au nom de tous les révoltés, "ils" surgissent sur la scène autonome. Et, tels de petits joueurs de flutte de Hamelin, qui auraient pris soin de remplacer le trop usé air de pipeau par un verbiage aristocratico-révolutionnaire clinquant neuf, "ils" travaillent à détacher ceux qui les suivraient des luttes sociales pour les fourvoyer dans les chemins boueux d’une dérisoire "démerde" individuelle présentée comme "la vraie vie".

En tout cas, ami lecteur, exerce ton esprit critique. Derrière les grandes envolées lyriques,les propos sulfureux, la terminologie "anar","libertaire", "antiautoritaire", "autonome"... peut se cacher une pensée bien réactionnaire.

Un militant CNT-AIT



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[1] 1. J’appelle faction des gens qui visent à former un parti (c’est leur propre terme, voir l’ “Appel”) tout en parlant à la place de larges masses.

[2] _2. Le petit fascicule d’où est extrait ce paragraphe (“Appel") se présentent comme une édition clandestine, sans nom d’auteur, d’éditeur ni adresse. C’est un choix marketing : l’interdit (surtout sans risque) facilite la diffusion, au moins dans certains milieux.

[3] "L’insurrection qui vient" (p 29 -30) par un “Comité invisible” visiblement en recherche de visibilité puisqu’il a cette fois un éditeur (La Fabrique) et une publicité rédactionnelle dans Le Nouvel Observateur. La Fabrique a publié “Maintenant il faut des armes” de Blanqui, préfacé par “Quelques agents du Parti imaginaire” et s’apprête à publier une oeuvre d’un autre grand révolutionnaire, Daniel Bensaïd (le “philosophe” de la LCR). On l’aura compris, Appel, Comité invisible, et agents du Parti imaginaire sont ceux qui, sous des appellations diverses, mais avec une unité d’autant plus grande qu’ils sont probablement en partie du moins les mêmes, constituent la faction dont il est question dans cet article.
"Salut Carmela, je suis chez FIAT ! Je vais bien... Si, si, nous pouvons parler tranquillement, c'est Agnelli qui paye !"
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Messagepar karim » Mardi 19 Fév 2008 15:23

Dans le milieu libertaroïde, le temps était hier au “syndicalisme révolutionnaire”, il est maintenant à la renaissance de l’apologie de l’insurrection. Pile et face d’une même incapacité à appréhender la lutte sociale dans sa complexité, ces deux formules ont en commun un insigne désavantage : elles enferment la lutte dans une seule option tactique, obligeant ceux qui s’y conforment à répéter les mêmes comportements jusqu’à ce que tout le monde soit convaincu de leur inefficacité.


1 – s’il existe un milieu libertaroïde, je ne pense pas que les auteurs de l’insurrection qui vient, les gens qui ont lutté dans divers endroit au cours des derniers mois (sur les facs, notamment) en fassent partie. User de ce terme est une invention, proche – pour ne pas dire similaire – à l’opération médiatico-policière qui parle de la mouvance anarchoautonome. Il suffit maintenant que les flics découvrent un bouquin dans une bibliothèque pour être accusé de participation à une entreprise terroriste. Pas mal, non ?

2 – Qu’est-ce qui permet de dire que les gens qui sont partisans de l’insurrection s’enferment dans une seule option tactique ?
Je redis ce que j’ai dis ailleurs :
Tu confonds sciemment sans doute deux choses : l’insurrection est un moment, ça n’a rien d’une organisation (au sens ou la cnt-ait est une organisation). Une insurrection ne peut être l’œuvre d’un groupe restreint. On peut récupérer le sens d’une insurrection lorsque celle-ci n’a pas triomphé, lorsqu’elle n’a pas été dépassée. C’est le travail de tous les récupérateurs (les bolchéviks en Russie, les islamistes en Iran, etc.) et des médias qui traduisent toujours en termes dominants les aspirations qui éclatent dans l’insurrection.

Autrement dit, comment arrive une révolution (on voudra bien considérer que nous pouvons appeler révolution le dépassement de l’insurrection) ? En militant dans sa boîte pour retarder un licenciement ou pour obtenir une augmentation de salaire ? En proposant une authentique convergence par des droits généraux (service public libre, gratuit
et accessible ? La révolution n’et pas un dîner de gala comme disait l’autre. La révolution, c’est le débat sur la totalité, et c’est pas quelque chose de tranquille et de paisible.

3 – D’entrée de jeu on pose un amalgame foireux entre les enculés de possibilistes et les partisans de l’insurrection. Au passage, faudrait être claire : les anarchosyndicalistes n’aiment-ils pas les insurrections ?

4 – Il faudrait être précis et illustrer votre propos quand vous parlez de « comportements » inefficaces.



Et voici que, par un de ces retours dont l’histoire a le secret, le "nous" refait une apparition, et que, contrairement au "nous" des libertaires, il est, comme par le passé royaliste, une façon d’écraser la parole des autres.


5 – D’abord, soyons clairs : il existe un texte intitulé Appel, sorti sous un petit format à couverture marron, sans éditeur, sans nom d’auteur, sans adresse. Il existe un tract distribué sur Rouen intitulé Appel de Rouen et daté du 25 octobre 2007. Ce texte a été diffusé le 31 octobre 2007 par la cnt-ait via sa liste de diffusion internet. Il est également repris sur ce forum (rubrique actualités normandes, blocage et occupation à Rouen)
Il existe enfin un autre tract, intitulé Où on veut et quand on veut, émanant visiblement des mêmes personnes de Rouen et diffusé début décembre 2007.

6 – ce qui est reproché dans le 1er tract rouennais, c’est la phrase « nous sommes la génération qui s’est battu … » A partir de cette seule phrase, l’auteur de l’article toulousain échafaude une théorie en mettant bout à bout de petits passages trouvés ici et là, tous étant attribués à « la mouvance anarchoautonome » également appelée « insurectionnalistes » ou « appelistes ». Bref, il fabrique de toute pièce une identité, un sujet qu’il voudrait parfaitement identifiable, une sorte d’organisation structurée, à moitié clandestine, et que la lecture de certains textes réunirait.

Dans la phrase reprise du tract en question, il aurait peut être fallu que les auteurs disent qu’ils étaient « de » la génération qui s’est battu, plutôt que « la » génération… OK, maladresse, imputable sans doute aux conditions dans lesquelles ce genre de tract est généralement écrit : collectivement, en pleine lutte, avec effet de proclamation. De là à sombrer dans le délire que nous pouvons lire sous la plume toulousaine, il y un gouffre. La fait que douddu nous dise que des querelles (je ne sais pas si le mot est trop faible ou trop fort) entre la cnt-ait et des gens rangés dans la mouvance autonomes ont existées au moment de la lutte sur les facs à Toulouse permet de mieux comprendre la manœuvre : un règlement de compte permettant de mettre dans le panier des gens apparemment bien connu dans leur ville avec d’autre qu’ils ne connaissent certainement pas. Mais passons, et revenons-en aux mensonges contenus dans ce texte.

7 – Dans l’Appel (le petit livre sans éditeur) il est clairement écrit (page 10) :
Le NOUS qui s’exprime ici n’est pas un NOUS délimitable, isolé, le NOUS d’un groupe. C’est le NOUS d’une position. Cette position s’affirme dans l’époque comme une double sécession : sécession avec le processus de valorisation capitaliste d’une part, sécession ensuite, avec tout ce qu’une simple opposition à l’empire, fût-elle extraparlementaire, impose de stérilité ; sécession, donc, avec la gauche. Où « sécession » indique moins le refus pratique de communiquer qu’une disposition à des formes de communication si intenses qu’elles arrachent à l’ennemi, là où elles s’établissent, la plus grande parte de ses forces.

Puis on peut y lire aussi : « MAIS QU'EST-CE QUE VOUS voulez au juste. ? Qu'est-ce que VOUS proposez ? »

Ce genre de question peut paraître innocent. Mais ce ne sont pas des questions, malheureusement. Ce sont des opérations.

Renvoyer tout NOUS qui s'exprime à un VOUS étranger, c'est d'abord conjurer la menace que ce NOUS m'appelle de quelque manière, que ce NOUS me traverse. Ensuite, c'est constituer qui ne fait que porter un énoncé - en soi inassignable - en propriétaire de celui-ci. Or, dans l'organisation méthodique de la séparation qui domine pour l'heure, les énoncés ne sont admis à circuler qu'à condition de pouvoir justifier d'un propriétaire, d'un auteur. Sans quoi ils menaceraient d'être un peu communs, et seul ce qu'énonce le ON est autorisé à la diffusion anonyme.

Et puis, il y a cette mystification : que, pris dans le cours d'un monde qui nous déplaît, il y aurait des propositions à faire, des alternatives à trouver. Que l'on pourrait, en d'autres termes, s'extraire de la situation qui nous est faite, pour en discuter de manière dépassionnée, entre gens raisonnables.

Or non, il n'y a pas d'espace hors situation. Il n'y a pas de dehors à la guerre civile mondiale. Nous sommes irrémédiablement là.

Tout ce que nous pouvons faire, c'est y élaborer une stratégie. Partager une analyse de la situation et y élaborer une stratégie. C'est le seul NOUS possiblement révolutionnaire, le NOUS pratique, ouvert et diffus de qui oeuvre dans le même sens.

Ce nous s’oppose donc d’emblée à ceux qui veulent parler au nom d’autres. Ce nous s’oppose au On généraliste, qui sert d’ailleurs également à faire dire ce qu’on veut à n’importe quel groupe humain, à LA société.
Où est le monarchisme ? Où la parole des autres est-elle écrasée ?

Surtout que, soit dit en passant, les éléments qui se sont le plus "battus dans la rue" ces dernières années (puisque tel est le critère), en l’occurrence les jeunes de banlieues, n’ont certainement pas apporté la plus minime contribution à ce texte d’une facture toute universitaire !


8 - L’auteur toulousain décrète que les rouennais ont institué un critère de jugement : ceux qui se sont le plus battus. Nulle part dans le texte il est question de comparaison entre ceux qui se sont plus ou moins battus.
Qu’est-ce qu’un jeune de banlieue ? N’y en a-t-il pas à l’université ? Nous sommes en 2008, des jeunes qui habitent des quartiers pauvres (pas toujours en banlieue, et il y a des quartiers riches en banlieue) font des études. Eh oui ! Que voulez-vous, ils sont partout. Il y en a même qui deviennent flics, contrôleurs, vigiles, chefs d’entreprises…
Qu’est-ce qui permet de dire que les auteurs sont des étudiants ? Une lutte ayant lieu dans une fac ne doit-elle être menée que par des étudiants ? C’est une extrapolation.

Alors même qu’il se camoufle derrière une phraséologie libertaire ou autonome, ce style de prose est foncièrement absolutiste. L’Appel ne cache d’ailleurs pas sa volonté de puissance,


9 – Qu’est-ce que l’absolutisme ? N’y a-t-il pas confusion entre puissance et pouvoir de domination ?

Une faction qui pose en principe que n’est mauvais que ce qui nuit à sa propre puissance, voilà qui est clair et qui nous éloigne définitivement des rivages libertaires.


10 – Pour s’éloigner des rivages libertaires, encore faut-il s’en être rapproché… Ici, le point essentiel n’est qu’une évidence : quand on se regroupe pour se défendre ou pour attaquer, on vise à développer sa force. Tout ceci est dénué de tout jugement moral. Je rappelle que la morale consiste à dire : ceci est mal, ceci est bien et cela vaut pour tout le monde et tout le temps. L’éthique, au contraire, indique un choix, une préférence qui n’engage que celui qui la porte. Nous voyons ici que l’auteur toulousain émet un jugement moral, sa morale étant bien entendu la morale anarchiste.

si par le passé les groupes autonomes qui s’organisaient se donnaient la peine de se définir aussi clairement qu’il leur était possible


11 – C’était d’ailleurs une appellation fourre-tout, on l’on trouvait de l’anar, du marxiste, du mao, etc.

12 – Qu’est-ce que se définir ? Dire : voici la liste des points pour lesquels je suis « pour » et celle pour lesquels je suis « contre » ?

Mais quelle est donc cette "stratégie collective" à laquelle les rédacteurs de l’Appel font allusion ?


13 – C’est celle qui s’élabore au fil du temps, au gré des rapports de force, et qui met un point d’honneur à ne jamais reprendre les présupposés de l’ennemi. Dans l'Appel, on trouve même ça : d'un côté nous voulons vivre le communisme, de l'autre nous voulons répandre l'anarchie.


ils SE donnent le droit d’englober tout le monde, en fonction de leurs besoins tactiques


14 – C’est faux, tout le monde n’est pas englobés par le nous en question.

Ce haut sentiment de sa propre valeur s’accompagne d’un grandiose mépris pour les foules :

"Nous avons subi vos AG, nous les avons même organisées ...Cette lutte de pouvoir pour le pouvoir, par le pouvoir, nous la haïssons. Nous l’avons utilisée comme un prétexte pour arrêter le cours normal des choses, se rencontrer, partager, conspirer... Ça vous ne l’avez pas compris, vous étiez absents dans la situation, dans la vie qui se déroulait ici, parce qu’un monde nous sépare.” (Appel de Rouen, 13 décembre 2007).


15 De quelles foules parle-t-on ? Le tract en question était destiné aux gens réunis en AG dans la fac des lettres de Rouen. Quand il est dit « nous avons organisés vos AG », il n’est pas dit qu’elles ont été dirigées. Il y a une différence énorme entre organiser et diriger. Qu’est-ce qu’organiser une AG dans la situation qui nous préoccupe ici ? C’est d’abord d’y appeler. C’est ensuite de la faire vivre en faisant des propositions. C’est ensuite mettre en pratique les décisions qui ont été prise. Or, il est facile de ne citer que le passage retenu par notre toulousain. Il oublie ceux dans lesquels il est dit à l’AG (et plus particulièrement aux bureaucrates qui n’ont eu de cesse de vouloir se l’accaparer) qu’il était pitoyable de voir que les décisions (comme le blocage et l’occupation) n’étaient appliqué que par une poignée (en l’occurrence, les vilains autonomes en question) Il est dit que certains auraient voulu réduire cette lutte à un enfilement d’AG stérile, et qu’il aurait fallu subir cela sans broncher. Et cela change tout.

le coup du "responsable mais pas coupable" n’est pas franchement nouveau. Ce procédé simpliste qui consiste à projeter la responsabilité de la faute sur "les autres"


16 – Quelle faute ? Où y a –t-il un jugement de valeur ? Je ne vois qu’une chose dans ce texte : le fait de poser une ligne de démarcation entre les bureaucrates et leurs suiveurs et ceux qui ont fait vivre concrètement la lutte.

Le mépris des autres,


17- Il n’y aurait donc personne à mépriser ? Le mépris c’est caca, c’est ça ?

issus des classes moyennes, ils n’ont jamais vraiment coupé le cordon ombilical avec


18 – Ce que tu appelles la classe moyenne, c’est quoi ? Visiblement, ça aussi c’est caca. Il n’y aurait donc que des gens de la classe la plus basse à la cnt ?
Je pense pour ma part qu’il y a effectivement une classe moyenne qui se caractérise par un certains nombres de comportements et d’affects. La classe moyenne, c’est la démocratie et la pacification incarnées. C’est le moi-je par-dessus tout. C’est l’écrasement de toutes divergences par des guéguerres et des compétitions mesquines. C’est la fausse résolution de l’ancienne lutte de classes. A propos de celles-ci, elle n’est pas niée mais rejetée comme hypothèse. Les classes sociales sont crées par et pour l’économie. Vouloir se ranger sous cette appellation nous condamne à errer sur le terrain du système, là où celui-ci est le plus à l’aise.


Voici, dans le fond, ce qu’ils disent : "Oui, nous avons pris part à la direction du mouvement, mais, tas de crétins, vous n’avez rien compris, et c’est pour ça que l’échec est uniquement de vôtre faute, na nanère !".


19 – Mettre entre guillemet ce genre de détournement est une saloperie supplémentaire destinée à tromper le lecteur.

Ce n’est pas là en effet qu’on va entendre parler de solidarité de classe, d’espoir social !
n’ont aucune compassion pour la souffrance d’autrui.

20 - Amen ! Solidarité, oui, mais pas de classes pour les raisons indiquées ci-dessus. Espoir social, non. L’espoir c’est con, le social aussi. Je ne crois pas en la société, je pense qu’il faut écraser tout socialisme. Quant à la compassion… C’est donc un dénommé Jésus qui serait l’auteur du texte toulousain. Au nom de quoi devrais-je aimer a priori quelqu’un que je ne connais pas ? Cela ne veut pas dire pour autant que quelqu’un que je ne connais et qui souffre me laisse indifférent. Mais enfin, il y a de pauvres gens, de pauvres travailleurs qui cumulent les difficultés mais qui par ailleurs ont aussi un engagement qui est ennemi au mien.

"Nous admettons la nécessité de trouver de l’argent, qu’importent les moyens,..." [3] "... de l’argent, qu’importent les moyens ?", voici qu’ils nous présentent comme une de leurs trouvailles l’essence même du capitalisme : faire de l’argent par n’importe quel moyen ! Pour ça non plus le système ne les a pas attendus !


Les experts en découpages de textes destinés à tromper autrui ne sont pas l’apanage des staliniens et autres systèmes kafkaïens. Dans l’Appel il est écrit ceci :

Nous faisons un constat simple : n’importe qui dispose d’une certaine quantité de richesses et de savoirs que le simple fait d’habiter ces contrées du vieux monde rend accessibles, et peut les communiser.
La question n’est pas de vivre avec ou sans argent, de voler ou d’acheter, de travailler ou non, mais d’utiliser l’argent que nous avons à accroître notre autonomie par rapport à la sphère marchande.
Et si nous préférons voler que travailler, et auto-produire que voler, ce n’est pas par souci de pureté. C’est parce que les flux de pouvoir qui doublent les flux de marchandises, la soumission subjective qui conditionne l’accès à la survie, sont devenus exorbitants,
Ca n’a rien de capitaliste, je crois que les choses sont très claires. De toute manière, allez voir ici, au moins chacun pourra se faire une idée précise : http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewtopic.php?t=1299


Allez donc voir ça aussi : http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewtopic.php?t=2394
Paul Anton, t’es viré de la cnt-ait, sale traite ! capitaliste ! facho !

Quant à la tirade sur les éditions La Fabrique, allez voir chez les intéressés : http://www.lafabrique.fr/qui.php3?id_rubrique=21


En tout cas, ami lecteur, exerce ton esprit critique

Je ne saurais mieux dire !
karim
 
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Messagepar NOSOTROS » Mardi 19 Fév 2008 15:41

Que de bruit ... Que d'énergie investie, j'en suis interdit. Le mépris étant caractérisé par le non-investissement volontaire dans un sujet , on considérera cette longue réponse argumentée comme une grande marque d'honneur et d'estime ... Voyons l'aspect positif de l'exercice : argument, contre argument, ... de la démocracie en action. Que c'est beau ! j'en ai la larme à l'oeil !

Sinon, un beau moment d'humour. :
Le mépris c’est caca ?
Ca mériterait d'être repris sur la version dub de "les hommes c'est pas des mecs bien" du Grand Popo Football Club (ou quelque chose comme ça)
Capitalismo delenda est
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Messagepar anarced » Mardi 19 Fév 2008 16:15

"Il y a des temps où l'on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux." (Chateaubriand/Guy Debord)
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Messagepar anarced » Mardi 19 Fév 2008 16:53

Le coup de l'Appel, ça a déjà été fait en juin 1940 par un grand con et il est difficile de dire l'impact que ça a eu sur la résistance à l'époque. Est-ce que c'était vraiment important ? Est-ce que la résistance avait vraiment besoin qu'un grand con bien planqué lui explique qu'elle devait résister ? Difficile à dire... La propagande officielle est de l'affirmer mais n'y a-t-il pas là une certaine manipulation destinée à créer une légende dans laquelle tout un peuple a trouvé son alibi?

Alors, je suis sceptique quant à l'utilité d'une telle chose...
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Messagepar douddu » Mardi 19 Fév 2008 18:30

Sur l'insurrection

le premier texte n'est pas que consacré aux appelistes , il constate la résurgence d'une mode et le danger de cette mode comme tactique .
Quand a comprendre ce que l'on peut concevoir par inefficace il suffit de prendre une référence de "la fabrique " et de voir ce qui s'est passé avec Blanqui . Cet homme a débuté dans une insurrection qui réussi a tenir un quartier de paris pendant quelques temps et a fini ,des décennies plus tard, dans une tentative avorté qui a échoué a prendre une caserne de pompiers .

La révolution n’et pas un dîner de gala comme disait l’autre. La révolution, c’est le débat sur la totalité, et c’est pas quelque chose de tranquille et de paisible.


Oui mais on n' apas dit le contraire .


OK, maladresse, imputable sans doute aux conditions dans lesquelles ce genre de tract est généralement écrit :


Tu peux l'expliquer comme cela, mais un emaladresse est parfois révélatrice .

La fait que douddu nous dise que des querelles (je ne sais pas si le mot est trop faible ou trop fort) entre la cnt-ait et des gens rangés dans la mouvance autonomes ont existées au moment de la lutte sur les facs à Toulouse permet de mieux comprendre la manœuvre : un règlement de compte permettant de mettre dans le panier des gens apparemment bien connu dans leur ville avec d’autre qu’ils ne connaissent certainement pas. Mais passons, et revenons-en aux mensonges contenus dans ce texte.


Tss tu mens , "querelle" c'est toi qui le dis pas moi . J'ai parlé d'un fait politique qui a eu lieu et a été accompli par un groupe de personne . Ce groupe voulait prendre la direction d'un "comité de lutte" dont la vocation était "d'organiser" les AG de la fac .

Cet acte politique trouve son entiére cohérence avec les écrits de l'Appel

Le NOUS qui s’exprime ici n’est pas un NOUS délimitable, isolé, le NOUS d’un groupe. ..........C’est le NOUS d’une position....renvoyer tout NOUS qui s'exprime à un VOUS étranger, c'est d'abord conjurer la menace que ce NOUS m'appelle de quelque manière, que ce NOUS me traverse. Ensuite, c'est constituer qui ne fait que porter un énoncé - en soi inassignable - en propriétaire de celui-ci. Or, dans l'organisation méthodique de la séparation qui domine pour l'heure, les énoncés ne sont admis à circuler qu'à condition de pouvoir justifier d'un propriétaire, d'un auteur. Sans quoi ils menaceraient d'être un peu communs, et seul ce qu'énonce le ON est autorisé à la diffusion anonyme.


Désolé mais là moi je ne comprends rien .

Où la parole des autres est-elle écrasée ?


Tu devrais te relire pour comprendre .

18 – Ce que tu appelles la classe moyenne, c’est quoi ? Visiblement, ça aussi c’est caca. Il n’y aurait donc que des gens de la classe la plus basse à la cnt ?


non, mais il ya une hétérogéneité que l'on ne retrouve pas ici par exemple :

Les membres du comité éditorial de La fabrique

Guillaume Gandelot, libraire
Eric Hazan, gérant de la SARL La Fabrique éditions.
Alix Héricord,historienne (Paris I).
Valérie Kubiak, éditrice, aux éditions La Fabrique
Eric Macé est sociologue, maître de conférences à l’université de la Sorbonne nouvelle et chercheur au CADI (EHESS). Il est auteur, entre autres, de La Société et son double. Une journée ordinaire de télévision (Armand Colin, 2006).
Alexandre Mouawad,éditeur, chercheur en littérature (Paris IV).
Maria Muhle, philosophe
Stéphane Passadéos, éditrice aux éditions La Fabrique
Jérôme Saint-Loubert Bié, artiste. Il enseigne à l’École des beaux-arts de Rennes.
Eyal Sivan, a produit et réalisé de nombreux films documentaires de longs-métrages qui traitent de la politique de la mémoire en Israël, de la désobéissance civile, de l’instrumentalisation politique des crimes politiques et leurs représentations.
Pierre Tévanian, philosophe, il anime le site "Les Mots sont importants" (lmsi.net).
Sylvie Tissot, sociologue, maître de conférences à l’université Marc Bloch-Strasbourg II


Je remarque simplement que ceux là n'oublient pas leur " titres" de noblesse intellectuelle .
douddu
 

Messagepar NOSOTROS » Mardi 19 Fév 2008 18:32

A ce propos quelqu'un a vu le docu-fiction surla 2 hier sur la résistance. Si on l'écoutait avec une oreille diiférente et qu'on regardait avec un regard décalé en biais, il y avait des choses très intéressante en terme de psychologie collective. Notamment sur le fait que c'est la multiplicaiton des petits actes d'insubordination, de rébellion à l'autorité qui a créé un climat favorable à l'émergence d'un état d'esprit. Le discours de pétain se plaignant qu'on ne l'écoute plus, que le peuple ait perdu a confiance dans le gouvernement était même assez intéressant (dans le sens où on pouvait croire entendre des discours politiques actuels ...), même si comparaison n'est pas raison surtout en matière historique ...

Ensuite, le docu-ficton a plus plongé dans la propagande officielle, tendant effectivement à faire de l'Appel du 18 juin (ou plutot celui qui l'a lancé, car formellement, très peux de gens ont pu matériellement capté ledit appel qui a plus eu en effet un rôle "mythologique" qu'autre chose) un catalyseur pour fédérer des mouvements épars et divers. Ceci étant dit, il est sur également que ce qui tranpirait de cette fiction - même si jamais évoqué comme tel mais plutot par allusion - c'est qu'un des éléments fédérateur fort autour de De gaulle c'était la crainte que la résisatnce se fasse autour d'un PC qui était alors vécu comme révolutionnaire ... Il s'agissait clairement d'empêcher que la situation ne deveinne révolutionnaire (et non insurectionnelle, de Gaulle ayant encouragé les insurections pour la libération de paris notamment).
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Messagepar NOSOTROS » Mardi 19 Fév 2008 18:39

Au nom de quoi devrais-je aimer a priori quelqu’un que je ne connais pas ?


Au nom de quoi devrai je faire alliance, nouer des complicités, des solidarités, avec quelqu'un que je ne connais pas car anonyme, qui ne se définit pas et qui change "d'éthique" comme de chemise ? manquerai plus que je l'aime ! :lol:

Et si nous préférons voler que travailler, et auto-produire que voler, ce n’est pas par souci de pureté. C’est parce que les flux de pouvoir qui doublent les flux de marchandises, la soumission subjective qui conditionne l’accès à la survie, sont devenus exorbitants,


Excuse mais ça c'est dela réthorique à dix francs. Ca impressionne peut être les plus jeunes, mais bon ça a un petit gout de déjà vu. Les autonomes et autres révolutionnaires des années 70 tenaient déjà ce langage. Mais au moins à cette époque, quand ils parlaient de voler, ils braquaient des banques, pas des tronçonneuses à casto :-) On a donc une évolution inverse dans le temps des deux processus (un système à contre flux pour ceux à qui parle la biologie ;-) : d'un côté la courbe du niveau de soumission augmente jusqu'à devenir exhorbitante, de l'autre la courbe du niveau d'insoumission diminue jusuq'à en devenir grotesque ! :lol:
Dernière édition par NOSOTROS le Mardi 19 Fév 2008 19:04, édité 2 fois.
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Messagepar douddu » Mardi 19 Fév 2008 18:49

oui, trés juste ;

j'ai vu l'émission , et l'impression finale qui était la mienne est que tout le travail de de Gaulle et des gaullistes a été "d'unifier "les divers groupes de résistance d'abord, puis les mouvements poplaires de résistance de plus en plus massifs ( réfractaires STO )

l'unification équivaut a encadrement, effectivement dans le but d'enrayer une poussée révolutionnaire .
cet encadrement au eu lieu a travers de la mythique de l'Appel du 18 juin , que personne n'avait entendu , puis d'épisodes comme celui d'oyonnax où l'on voit le commandant local de la résistance et ses troupes libérérer cette ville pour quelsques heures le 11 novembre 1943 . Il était habillé comme un préfet , le tout filmé .


c'était la restauration avant la révolution .
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Messagepar NOSOTROS » Mardi 19 Fév 2008 19:03

Oui ! Créer d'abord un mouvement de cadre, capable ensuite de controler un mouvement populaire qui aurait pu déborder. (lire les mémoires de ravanel et le mépris de De Gaulle pour les non cadres - ou du moins ceux issus "du rang" - dans la résistance)
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Messagepar anarced » Mardi 19 Fév 2008 20:24

nosotros a écrit:à cette époque, quand ils parlaient de voler, ils braquaient des banques, pas des tronçonneuses à casto. On a donc une évolution inverse dans le temps des deux processus (un système à contre flux pour ceux à qui parle la biologie, d'un côté la courbe du niveau de soumission augmente jusqu'à devenir exhorbitante, de l'autre la courbe du niveau d'insoumission diminue jusuq'à en devenir grotesque !


"Cela manque de galbe et de couleur. Ie cuyde, messire, que nous avons dégénéré! A la bonne époque de Loys onzième, voire de Benjamin Constant, il y avait plus de mutineries parmi les escholiers. Ie les treuve pacifiques comme moutons, bêtes comme cornichons, et idoines à estre épiciers, Pasque-Dieu! Et voilà ce qu'on appelle la Jeunesse des écoles !" (Flaubert)
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Messagepar lucien » Mardi 19 Fév 2008 20:30

NOSOTROS a écrit:A ce propos quelqu'un a vu le docu-fiction surla 2 hier sur la résistance. Si on l'écoutait avec une oreille diiférente et qu'on regardait avec un regard décalé en biais, il y avait des choses très intéressante en terme de psychologie collective. Notamment sur le fait que c'est la multiplicaiton des petits actes d'insubordination, de rébellion à l'autorité qui a créé un climat favorable à l'émergence d'un état d'esprit.
Je ne pense pas qu'il fallait avoir un regard décalé pour décrypter cela ; c'était je crois clairement dit. Y'a juste un aspect qui m'a marqué dans ce passage : le communiste qui, grosso modo, déclare qu'il faut des victimes pour faire gonfler le mouvement de résistance et que, pour chaque exécuté, le PCF se récupère 50 adhésions supplémentaires... Est-ce une interprétation de ce qui s'est réellement passé ? C'est une logique qui fout en tout cas les jetons. En a-t-elle inspiré certains en ces débuts de XXI siècle ?!

J'essaie de contribuer à la discussion avec "karim" un peu plus tard.
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Messagepar michel » Mardi 19 Fév 2008 20:58

lucien a écrit: pour chaque exécuté, le PCF se récupère 50 adhésions supplémentaires... Est-ce une interprétation de ce qui s'est réellement passé ? C'est une logique qui fout en tout cas les jetons. En a-t-elle inspiré certains en ces débuts de XXI siècle ?!


En tout cas pour chaque allemand exécuté par le PCF c'est des dizaines d'otages fusillés. Ce qui posait des débat au sein de la résistance à l'époque et les mêmes questions se posent dans ce cas inverse.
michel
 

Messagepar lucien » Mardi 19 Fév 2008 23:51

karim a écrit:
Dans le milieu libertaroïde, le temps était hier au “syndicalisme révolutionnaire”, il est maintenant à la renaissance de l’apologie de l’insurrection. Pile et face d’une même incapacité à appréhender la lutte sociale dans sa complexité, ces deux formules ont en commun un insigne désavantage : elles enferment la lutte dans une seule option tactique, obligeant ceux qui s’y conforment à répéter les mêmes comportements jusqu’à ce que tout le monde soit convaincu de leur inefficacité.


1 – s’il existe un milieu libertaroïde, je ne pense pas que les auteurs de l’insurrection qui vient, les gens qui ont lutté dans divers endroit au cours des derniers mois (sur les facs, notamment) en fassent partie. User de ce terme est une invention, proche – pour ne pas dire similaire – à l’opération médiatico-policière qui parle de la mouvance anarchoautonome. Il suffit maintenant que les flics découvrent un bouquin dans une bibliothèque pour être accusé de participation à une entreprise terroriste. Pas mal, non ?
Il est difficile de savoir qui a écrit l'Insurrection, donc difficile de dire si le comité fait partie du milieu libertaroïde décrit par l'auteur mais, à mon avis (et peut-être que l'auteur de l'article partagerait cette position), il ne s'agit pas des mêmes personnes. Par contre, qui a pu constater, dans son marais militant local, la passion récente pour ces textes quasi-anonymes de ceux qui défendaient un peu plus tôt un syndicalisme révolutionnaire ?

On a pu lire sur un autre forum que les "totos" du coin travaillaient en bonne intelligence, durant la dernière lutte à l'université, avec des organisations que tout le monde ici qualifierait de réformardes, ces fameux "totos" ne semblant pas cacher leur goût pour l'Appel et L'insurrection. Voilà sans doute le milieu libertaroïde que d'autres ont pu croiser, milieu a priori sans réel rapport avec le comité et que lui-même n'espérait sans doute pas attirer.

Question complètement annexe et peut-être à coté de la plaque : il y a quelques mois, de belles affiches ont fleuri notamment sur la fac. Ma mémoire ne me permet pas de les détailler - c'était en tout cas le type d'affiche que le militant moyen rêve de pouvoir coller ! - mais il me semble qu'elles n'étaient pas signées, ce qui exerçait une sorte d'attirance ou d'excitation sur certains("qui peut bien se cacher derrière cela ?") et j'me suis toujours demandé d'où ça sortait.

karim, qui a le sentiment (justifié ou non, je ne pourrais même pas le confirmer ne m'étant pas penché sur le fameux article) d'un comité attaqué, ne considère-t-il pas alors toutes les critiques formulées comme visant uniquement celui-ci ?

Cela me permet d'aborder quelques critiques :
- n'y a-t-il pas une limite majeure à vouloir demeurer invisible jusqu'à atteindre le bon nombre (fixé à combien ? comment compter, pour savoir si c'est le moment, ce qui est invisible ?) ?
- à quels risques s'expose-t-on lorsque le projet est inexistant, volontairement ou non mal défini ? On se demande ici quel est le projet du comité ou quel est le projet de l'anarchosyndicalisme ? Comment défendre ses positions dans l'invisibilité, quand le lecteur comprend mal un texte ?

karim a écrit:2 – Qu’est-ce qui permet de dire que les gens qui sont partisans de l’insurrection s’enferment dans une seule option tactique ?
Je redis ce que j’ai dis ailleurs :
Tu confonds sciemment sans doute deux choses : l’insurrection est un moment, ça n’a rien d’une organisation (au sens ou la cnt-ait est une organisation). Une insurrection ne peut être l’œuvre d’un groupe restreint. On peut récupérer le sens d’une insurrection lorsque celle-ci n’a pas triomphé, lorsqu’elle n’a pas été dépassée. C’est le travail de tous les récupérateurs (les bolchéviks en Russie, les islamistes en Iran, etc.) et des médias qui traduisent toujours en termes dominants les aspirations qui éclatent dans l’insurrection.

Autrement dit, comment arrive une révolution (on voudra bien considérer que nous pouvons appeler révolution le dépassement de l’insurrection) ? En militant dans sa boîte pour retarder un licenciement ou pour obtenir une augmentation de salaire ? En proposant une authentique convergence par des droits généraux (service public libre, gratuit
et accessible ? La révolution n’et pas un dîner de gala comme disait l’autre. La révolution, c’est le débat sur la totalité, et c’est pas quelque chose de tranquille et de paisible.
Et puis :
Tout ce que nous pouvons faire, c'est y élaborer une stratégie. Partager une analyse de la situation et y élaborer une stratégie. C'est le seul NOUS possiblement révolutionnaire, le NOUS pratique, ouvert et diffus de qui oeuvre dans le même sens.
Stratégie ? Révolution ? Pour quoi faire ? On combat juste un ennemi ou on envisage aussi quelque chose après sa chute éventuelle ?

karim a écrit:4 – Il faudrait être précis et illustrer votre propos quand vous parlez de « comportements » inefficaces.
Là ça me fait penser à mon commentaire à propos des communistes durant l'occupation ("un résistant fusillé amène 50 adhésions au PCF") - commentaire qui ne visait pas du tout les "amis" de "karim". Personnellement, un comportement inefficace, aujourd'hui et compte tenu du niveau de mobilisation, c'est celui qui risque d'aboutir à des peines lourdes sans pour autant aider au développement de la résistance au système.

Je ne réagis pas sur les autres points, soit par manque d'envie, soit parce qu'ils ne suscitent pas chez moi de réaction.

Quelques positions que je partage globalement et qui ne m'empêchent pourtant pas de fréquenter l'AIT (!) :
karim a écrit:"vivre le communisme, répandre l'anarchie"... [...] l’ancienne lutte de classes. A propos de celles-ci, elle n’est pas niée mais rejetée comme hypothèse. Les classes sociales sont crées par et pour l’économie. Vouloir se ranger sous cette appellation nous condamne à errer sur le terrain du système, là où celui-ci est le plus à l’aise. [...] La question n’est pas de vivre avec ou sans argent, de voler ou d’acheter, de travailler ou non, mais d’utiliser l’argent que nous avons à accroître notre autonomie par rapport à la sphère marchande.
Accroître son autonomie est-il suffisant ? Quel est le but, déjà ?

karim a écrit:En tout cas, ami lecteur, exerce ton esprit critique

Je ne saurais mieux dire !
bêêêêêê (t'aurais pu te passer de cette remarque................)
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Messagepar NOSOTROS » Mercredi 20 Fév 2008 0:13

Voilà sans doute le milieu libertaroïde que d'autres ont pu croiser, milieu a priori sans réel rapport avec le comité et que lui-même n'espérait sans doute pas attirer.


Il s vont aux mêmes concerts ? (private joke intra forum)
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Messagepar NOSOTROS » Mercredi 20 Fév 2008 0:28

Pour anarced : bien joué ! :-) (ca vaut aussi pour la citation précédente de Debord)

Je me permet une petite digression sur le docufiction sur la resistance, dont j'ai regardé ce soir le second volet.

A la réflexion, sur les deux émissions, il y a quand même quelque chose qui manque : la Résistance communiste (ok, stalinienne) ! A peine évoquée dans le premier volet, sous la forme de jeunes idéalistes qui fnt du camping en foret, butte des officiers avant de se faire rérmiander par De gaulle et fusiller par les nazis (allez, un fessée et au poteau). Et absente complètement dans le second volet (il est juste évoqué à un moment qu'une telle a eu de l'aide par un tel du groupe communiste Yddish MOI). Le sauvetage des juifs n'a été que l'affaire de la CIMADE protestante, et du clergé qui a commencé dans la boue et à finit par retrouver l'honneur toutes soutanes dehors. On crois quand même un peu rêver ... En cinquante ans on passe du mythe du parti des 100 000 fusillés à un autre mythe, dune France largement résistante derrière De Gaulle et les églises ... C'est pas que je veille particulièrement prendre la défense des staliniens, mais ce docuficiton, ca s'inscrit foutrement dans le plan idéologique sarkozyen je trouve ...

Allez le plus "drole" pour la fin : parmi les généreux donateurs du film ... la SNCF ... dont on sait le rôle dans la déportation des juifs ... (cf le procès Lipietz).

Bon, relire Annah Arendt avant d'aller se coucher ...

(ceci étant dit, pour peu qu'on regarde encore avec un regard un peu décalé ce second volet, et toute proportion gardée, il est bien expliqué que le sauvetage des juifs a été d'abord un mouvement des gens eux mêmes, qui ont pris soins de leurs voisins. Ca donne des idées par rapport aux sans paps ...)
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Messagepar karim » Mercredi 20 Fév 2008 10:48

Vous demandiez une réponse argumentée au torchon toulousain. Vous l'avez eu mais de toute façon vous vous en foutiez.
Que vous reste-t-il ? Recouvrir cette réponse sous 15 posts dans lesquels vous vous contentez de faire des citations (Debord, Flaubert, quels fins lettrés êtes-vous !) puisuqe vous ne pouvez visiblement pas penser par vous même. Incapables de critiquer intelligement le livre l'Appel, vous parlez de l'appel de De Gaulle.

Postez donc jusqu'à une heure du matin, regardez la télé (ce soir y a du foot les gars, qui c'est qu'amène la bière ?) Et venez en discuter sur ce forum, c'est sympa.

C'est marrant quand même cette faculté a retourner les choses. Vous reprochiez d'être aristocratqiue, de prétendre détenir la vérité, mais c'est vous qui écrivez dans votre torchon :

Seule [...]la démarche constitutive de l’anarchosyndicalisme, permet d’éviter cet enfermement.


Dans le genre prétentieux, c'est pas mal...
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Messagepar karim » Mercredi 20 Fév 2008 12:21

Ceci n'est pas une thèse. Car une thèse non seulement s'écrit de sang froid et avec toutes les précautions littéraires d'usage, mais encore nécessite une accumulation de références et de données plus ou moins statistiques à quoi je m'en voudrais de sacrifier le mouvement de révolte et de fureur qui me dicte ce texte. De plus, l'ancien public des thèses, désertant toute réflexion prolongée, se complait aujourd'hui dans la lecture des multiples « Digest » en circulation et dans le récit des intrigues sentimentales, diplomatiques et policières qu'une presse rompue à toutes les ignominies lui sert, chaque matin, avec le déjeuner.

Ceci n'est pas une thèse et ne se satisfait pas de n'être qu'une protestation. Ceci est ambitieux. Ceci demande à provoquer les hommes couchés dans le mensonge; à donner un sens et une cible et une portée durable au dégoût d'une heure, à la nausée d'un instant.


Georges Henein, Prestige de la terreur.
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Messagepar NOSOTROS » Mercredi 20 Fév 2008 12:33

texte écrit en aout 1945 ... (cf http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=425)

comme quoi, rien de bien neuf sous le soleil ... (et ce qui montre que certains rédacteurs appeliens ont des lettres eux aussi :-) )

Ceci étant dit tu trouveras dans cette brochure lucide et intéressante cet autre extrait :

Au point auquel nous ont portés les derniers développements de la politique et de la guerre, il est indispensable d'affirmer que le bien-fondé d'une cause doit se juger, essentiellement et d'abord, sur les moyens qu'elle met en oeuvre. Il est indispensable d'établir, au profit des causes qui risquent encore d'en appeler au meilleur de l'homme, un inventaire des moyens non-susceptibles d'obscurcir le but poursuivi
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Messagepar karim » Mercredi 20 Fév 2008 12:52

Oui, j'ai effectivement quelques lettres, t'en veux un peu ?

Tu insinues (car tu ne dis jamais clairement les choses, et encore moins en face, faux-cul) toujours beaucoup de choses, je te laisse dans ta tactique habituelle : répondre à côté, tenter d'aller sur des terrains creux car tu y es tellement plus à l'aise, prêcher le faux pour connaître le vrai. C'est pas tout de lire les stratèges chinois, faut encore les comprendre et pouvoir appliquer leurs idées.

Je n'ai jamais prétendu avoir inventé quoi que ce soit. C'est toi qui, dans ton délire, échaffaude un tas de pseudo-critiques et tu finis par y croire. Au contraire, je m'appuie sur les expériences passées, j'en retire ce qui m'intéresse (ce qui reste de vivant et qui contient toujours la rage nécessaire - mais c'est vrai que votre truc à vous c'est plutôt le rationalisme) Ca doit te faire chier que d'autres que vous soient capables de s'appuyer sur l'expérience de l'anarchisme espagnol du début du 20ème siècle pour étayer leurs hypothèses.

Quant aux moyens, là encore tu laisses entendre que ceux que j'emploie, ou que tu me prêtes, ne sont pas les bons. Développe un peu, que tout le monde puisse se faire une idée.
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