L'anarchie, c'est quoi ?


Depuis longtemps les pouvoirs cherchent à modifier le langage à des fins politiques. C’est ce que s’est passé avec le terme "Anarchie" qui a été utilisé comme synonyme de chaos d’une manière très efficace puisque cette définition est maintenant couramment admise.

Pourtant "Anarchie" signifie étymologiquement "absence d’autorité", ce que les pouvoirs essaient d’associer à "désordre" pour justifier leur existence, pour légitimer le gouvernement.

Les anarchistes ne sont évidemment pas des démons qui cherchent à répandre la terreur et le chaos. Simplement nous pensons que personne n’a le droit de diriger d’autres personnes. Nous pensons qu’il est nécessaire que chacun prenne sa vie en main sans remettre sa liberté entre les mains de professionnels de la politique.

Parce que nous plaçons la liberté individuelle et collective au-dessus de tout, nous luttons contre l’état et contre l’autoritarisme (aussi bien dans les familles, à l’école, au travail ...). Adversaires de toute forme de domination, nous rejetons le système capitaliste basé sur l’exploitation et la soumission du salarié face à l’employeur. De même nous rejetons le sexisme, le racisme et la religion.

Nous n’acceptons pas que des millions de personnes vivent dans la pauvreté pendant que quelques autres s’accaparent les richesses. Nous pensons au contraire que travail et richesse devraient être répartis égalitairement, l’un en fonction des capacités de chacun, l’autre selon les besoins.

En définitive, nous défendons un ordre social basé sur la liberté, l’égalité et la solidarité dans lequel chacun, à tous les niveaux de la société, (commune, entreprise, lycées ...) puisse participer sans hiérarchie à la prise de décisions qui le concernent.

Cela est présenté par le pouvoir comme irréalisable et utopique, cependant (et sans compter les moments historiques où cela a été mis en pratique), nous demandons :

Qu’est ce qui est le plus logique et le plus juste :

- un système basé sur la soumission et la contrainte

- ou un ordre basé sur la liberté, l’entraide et la démocratie directe ?

L’un se fonde sur une hiérarchisation oppressante, l’autre sur l’égalité entre les personnes et les peuples.

N’oublions pas que la société n’est que ce que les êtres humains en font et que le pouvoir ne se maintient que grâce à notre passivité.

L’abstention au vote, ce n’est pas la passivité : il y a d’autres moyens de lutte.

L’ANARCHIE EST UN PROJET DE SOCIÉTÉ

Relayée de manière complaisante par les médias, la définition de l’anarchie qui serait synonyme de désordre et de chaos est bien sûr fausse. L’anarchie est un projet révolutionnaire pour abattre l’État et le capitalisme, et les remplacer par une société libérée de l’oppression économique.

Nous prônons l’égalité sociale, économique et politique en s’organisant en Assemblée Générale pour décider collectivement sur nos lieux de travail (lycée, usine, quartier...). Bien évidemment nous combattons le système représentatif, véritable chimère démocratique parce que nous ne pouvons pas nous émanciper à travers les élections et le système capitaliste. Un État, qu’il soit de droite ou de gauche n’a jamais apporté la liberté, et qui dit pouvoir, dit esclavage : s’il y a des dirigeants, c’est qu’il y a des dirigés. Et que l’on ne vienne pas nous dire qu’il y en a qui ont plus de capacités naturelles à diriger : on nous apprend à diriger ou à l’être ! Une société libertaire n’est pas basée sur le pouvoir de certains et la soumission d’autres, mais sur l’égale participation des individus à la vie politique.

Pour autant nous n’avons pas de programme, puisque ce sont les gens qui décident de la façon dont ils s’organisent, il serait absurde et dangereux qu’une minorité décide et impose. Mais l’anarchie n’est pas une utopie coupée de toute réalité comme on l’entend trop souvent, nous avons une manière de nous organiser et de fonctionner qui assure la liberté de tous.

Nos outils : la démocratie directe, prise de décision en AG, mandatés pour des tâches techniques révocables à tout moment...

Nos principes : l’internationalisme, l’action directe, l’anti-autoritarisme, l’antifascisme, aucun compromis ni avec les patrons, ni les forces répressives (police, gendarmerie, armée...), ni avec les réformistes (partis politiques, syndicats...).

Pour avoir une chance de changer le monde, il faut s’organiser et lutter !

D'après les Jeunes Libertaires de Toulouse.